Une agglo contre les discriminations frontalières (31/07/2012)

Une étude récente a montré que loin de favoriser l'emploi de frontaliers les employeurs genevois ont plutôt tendance à discriminer les frontaliers dans leur recrutement. Une étude qui tort le cou aux slogans simplistes du MCG. Des slogans faux mais qui ont fait mouche auprès des Genevois qui voient sans cesse le flux de voiture s'amplifier à mesure que la pénurie de logements perdure à Genève.

Bien sûr une étude pour être fiable et précise doit se contenter de ne mesurer qu'une partie de la réalité : L'étude prouve qu'à compétence égale l'employeur recrute plus facilement un genevois qu'un frontalier. Mais "A compétence égale" ne correspond pas vraiment à la réalité de notre agglomération. L'absurdité du taux de change, déconnecté des parités de pouvoir d'achat en raison des flux de banque privée, donne une forte incitation financière à des frontaliers de postuler à des emplois sous dimensionnés par rapport à leurs compétences. Un ingénieur en Haute-Savoie a vu récemment sa sécrétaire démissionner pour un emploi en Suisse mieux payé que le sien. Bien qu'il y ait des discriminations antifrontaliers "à compétence égale", il peut tout de même y avoir recrutement d'un frontalier surqualifié qui verra sa rémunération augmentée bien qu'il occupe un emploi mons qualifié.

Ce phénomène se terminera avec la fin du franc fort.. et le franc fort se terminera avec le secret bancaire. Car si le franc suisse atteint des parités absurdes qui rendent de plus en plus difficiles les exportations suisses à l'étranger et coûtent des milliards chaque semaine à la BNS, c'est bien parce que le quart de la fortune privée mondiale échappe au paiement de l'impôt sur le revenu en venant en Suisse.

Ce qui me frappe dans les réactions à cette étude c'est qu'aucun responsable politique genevois ne s'érige contre la preuve qui est faite de ces discriminations. Partout ailleurs dans le monde, sauf peut être en Afrique du Sud avant Mandela, une étude qui prouve de telles discriminations sur le marché de l'emploi aurait fait un débat monumental : les uns défendant les principes de l'égalité, d'autres les principes de l'efficacité économique. A Genève, même des Libéraux se félicitent de l'existence de discriminations antifrontaliers, les démocrates chrétiens ne réagissent pas, les socialistes oubliant leurs idéaux pourraient même s'en réjouir. Preuve que le MCG s'il est politiquement très marginal à Genève, a déjà influencé les esprits faibles.

Les discriminations fondées sur la nationalité sont portées à leur paroxysme aux Services Industriels de Genève qui comptent plus de frontaliers de nationalité suisse que de frontaliers de toutes les autres nationalités réunies.

Aucune réaction pour s'érigée à des violations de la loi et des engagements internationaux de la Suisse. De nombreuses études ont montré que la Suisse n'a renoué avec la croissance économique que grâce et depuis la libre circulation. Les traités de libre circulation comporte des droits et des devoirs. Parmi ces devoirs, il y a l'absence de discrimination. L'étude de l'Université de Genève sera porté à la connaissance des diplômates européens en poste à Berne.

Les discriminations anti-frontaliers sont tout aussi néfastes que les discriminations pro-frontaliers.

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