Portevoix de Saint Julien en Genevois par Antoine Vielliard

  • Au moins 1 habitant sur 45 est contagieux au COVID à Genève

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    Les recherches en neuromarketing montrent à quel point la manière de communiquer un chiffre peut influencer un comportement... ou pas ! Trop souvent les informations sont données aux habitants à l'échelle de l'ensemble de la population plutôt que de leur point de vue d'habitant.

    "Au moins 1 Genevois sur 45 est contagieux au COVID" est la même information que "l'incidence est de 2200 pour 100'000 habitants sur 14 jours", mais l'une permet d'appréhender la réalité d'un habitant dans la rue ou un centre commercial et l'autre décrit une pandémie à l'échelle d'une population.

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  • La FER renonce à appliquer les accords bilatéraux

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    Avant même de connaitre le résultat des votations du 17 mai sur l'accord de libre circulation, la FER rend les armes et renonce à les appliquer. Des accords bilatéraux la FER ne défend que les avantages pour la Suisse telles que les accords sur la recherche, sur la formation, sur l'accès aux marchés européens ou encore sur la liberté qu'utilisent de plus en plus de Suisses de pouvoir s'installer dans l'Union... mais pas les contreparties négociées trop efficacement par les diplomates suisses et qui en font l'accord le plus avantageux pour un pays tiers. Le beurre, l'argent du beurre et la crémière ne peuvent plus durer : l'Union Européenne doit désormais défendre les Européens et les marchés européens.

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  • Si le PLR Genevois était encore libéral ou radical...

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    Si le PLR Genevois était encore libéral ou radical, il défendrait sa vision d'un hyper-développement économique en ayant la cohérence d'assumer le développement urbain qui va avec les taux records d'imposition des entreprises de RFFA... mais le PLR est devenu seulement conservateur et il ne défend plus que les intérêts étriqués et contradictoires des propriétaires de villa d'une part et des actionnaires d'autre part. Ses incohérences créent chaque année des milliers de pendulaires supplémentaires qui saturent les infrastructures de notre agglomération.

    Si le PLR Genevois était encore libéral ou radical, il n'aurait jamais voté l'attribution d'un 14ième mois de salaire aux seuls haut-fonctionnaires résidant dans le canton de Genève. S'il était encore libéral ou radical, il se moquerait des lieux de résidence et n'accorderait de l'importance qu'aux compétences, au travail et aux réalisation. S'il était encore libéral ou radical, il ne jugerait les individus qu'à leur mérite et pas à leur nationalité ou à leur adresse. Mais le PLR Genevois est devenu seulement conservateur et ne renâcle plus à former des coalitions avec les populistes qui jugent les gens à leurs origines ou leur accent. 

    Si le PLR Genevois était encore libéral ou radical, il aurait défendu la libre concurrence entre les entreprises et n'aurait jamais soutenu avec autant d'ardeur des statuts spéciaux pour les seules multinationales, leur donnant un avantage concurrentiel sur les entreprises locales. Mais le PLR est devenu seulement un parti conservateur qui cache derrière l'euphémisme "accord cadre" une série de privilèges pour ceux qui en ont déjà.

    Si le PLR Genevois était encore libéral ou radical, il aurait l'honnêteté de défendre l'application pleine et entière des accords de libre circulation par la Suisse en général et par Genève en particulier au lieu de se contenter de défendre leur pérennisation lors des votations, et leur violation au quotidien par le canton de Genève. Mais le PLR est devenu un simple parti conservateur qui défend l'idée que la Suisse pourrait sans cesse obtenir des avantages sans jamais concéder de contrepartie à ses partenaires.

    Si le PLR Genevois était encore libéral ou radical, il ne défendrait pas non plus les forfaits fiscaux mais défendrait l'idée que chacun doit être traité avec égalité pour une concurrence pure et parfaite. Mais le PLR est devenu un simple parti conservateur qui défend l'intérêt des quelques uns.

    Si le PLR Genevois était encore libéral ou radical, il défendrait l'idée que le marché détermine avec efficacité l'affectation des espaces à construire. Il laisserait le marché œuvrer seul à la conversion des zones de villas en zones à bâtir des logements collectifs. Ce n'est pas la moindre des ironies de voir le PLR défendre des règles contraignantes d'urbanisme qui interdisent la construction d'immeubles. Mais le PLR est devenu un simple parti conservateur qui ne défend plus que les intérêts de quelques privilégiés.

    Si le PLR Genevois était encore libéral ou radical, il défendrait la liberté du lieu d'enseignement pour les Genevois contraints à l'exil par la pénurie de logements, mais le PLR est devenu un simple parti conservateur et défend l'idée que les Genevois vivant en dehors du canton seraient devenus des citoyens et contribuables de seconde zone.

    Bref, le PLR a perdu tous ses repères, ses valeurs et son identité. Il défend le conservatisme dans un monde qui change inexorablement et de plus en plus vite.

    Que le PLR genevois se rassure... il y a encore plus déboussolé que lui : la droite à St Julien est tellement perdue qu'elle fait liste commune avec le Parti Socialiste et soutient la candidature d'une ancienne candidate PS aux législatives et aux sénatoriales !?!?!?

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  • GLCT du Grand Genève : la question de la scolarisation des Genevois de France

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    (Vous trouverez ci-dessous mon intervention à l'assemblée du GLCT du Grand Genève ce matin au sujet de la scolarisation des élèves genevois - le Président du Conseil d’Etat a refusé d’ouvrir le débat sur cette question)

    Monsieur le Président, chers collègues,

    Merci Monsieur le Président d’avoir accepté de mettre à l’ordre du jour ce sujet qui nous tient à cœur. J’aimerai ajouter « ENFIN depuis 2 ans que nous le demandons » tant cette instance devrait être le lieu de dialogue transfrontalier plutôt que les tribunaux et les médias.

    Genève fait le choix pour nous tous d’une hypercroissance économique exogène qui attire plus de 10 000 emplois par an dans notre agglomération au travers de dispositifs fiscaux particulièrement agressifs.  Dans le même temps le canton n’a construit que 1000 à 2000 logements par an. Par ricochet des milliers de genevois chaque année ont été contraints par la pénurie de logements à s’exiler dans le canton de Vaud et le Genevois français. Une fois exilé, ils subissent la double peine de la multiplication des exclusions à l’emploi, à l’accès aux soins et aux services publics. En moyenne sur les 30 dernières années ce sont près de 3500 Genevois par an qui se sont installés dans le Genevois français. Cette émigration, que l’on pourrait qualifier de masse, a conduit à une croissance frénétique des besoins en investissement dans le Genevois français. En particulier s’agissant des écoles.

    Bien sûr, vous me répondrez que c’est notre responsabilité de réduire le rythme des constructions. Oui, nous le faisons. Mais comment empêcher les Genevois de surenchérir sur le parc de logements existants et d’en chasser la jeunesse de nos communes ? Souhaitons-nous collectivement qu’après le Genevois français l’exode des Genevois se reporte au-delà du Grand Genève vers Annecy, Aix les Bains et Chamonix ?

    A St Julien nous n’arrivons déjà pas à faire face à la croissance des effectifs scolaires qui ont augmenté de +30% en seulement 5 ans, alors même que Genève se plaignait devant la chambre administrative genevoise de la croissance de ses effectifs scolaires qu’elle jugeait excessive à seulement +4% en 15 ans !?!

    A peine 4 ans après la mise en service de l’extension de l’école du Puy St Martin, nous terminons actuellement la construction d’un groupe scolaire de 22 classes pour un investissement de 16 millions d’euros. Cette nouvelle école n’est pas encore terminée que nous lançons en parallèle les travaux d’extension de l’école des Pré de la Fontaine, l’ouverture d’une nouvelle école à Cervonnex et une nouvelle extension de l’école du Puy St Martin. Au total, en 5 ans, ce sont environ 23 millions d’euros que la commune aura consacré à l’augmentation de nos capacités d’accueil dans les écoles. Notre capacité d’autofinancement s’élève à environ 3 millions d’euros annuels : En 5 ans, nous avons donc dépensé une fois et demi notre capacité d’autofinancement aux constructions scolaires. Cela se traduit par une augmentation de +30% de notre endettement simplement pour l’accueil des enfants dans les écoles et avant même que ne tombe votre décision unilatérale de report de charges publiques.

    La mise en œuvre de votre décision, si elle avait lieu, conduirait la commune de St Julien a devoir renoncer durablement à tout investissement dans les mobilités douces, dans les équipements culturels et sportifs, ou dans les aménagements urbains ! Mais nous avons appris ces dernières années que la capacité de la société genevoise à prendre en compte les problèmes qu’elle crée chez ses voisins n’est pas la première de ses qualités – permettez-moi cet euphémisme.

    Lors de la réunion du CRFG la semaine dernière l’éducation nationale a minoré l’impact de votre décision. Pourtant d’après leurs propres chiffres, la croissance des effectifs scolaires à St Julien a été de 44 élèves en septembre 2017, 40 élèves en septembre 2018… et 50 élèves en septembre 2019. Soit 10 élèves additionnels à une croissance déjà délirante. Pour l’éducation nationale 10 de plus ce n’est rien. Pour nous c’est le seuil qui oblige à créer une classe supplémentaire à 600’000 euros pièces. Mais surtout pendant que depuis 2 ans, l’éducation nationale dans des comités de travail tente de comptabiliser l’augmentation additionnelle des effectifs à court terme, le tsunami arrive à l’horizon et ce tsunami, personne à ce jour n’en contester l’ampleur : le Genevois français devra accueillir 2000 élèves supplémentaires d’ici 10 ans, construire une centaine de classes supplémentaires. Alors que le tsunami des 2000 élèves se pointe à horizon 10 ans, l’éducation nationale est un peu comme un baigneur au bord de la plage qui regarde le niveau de la mer et prétend que jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Pourtant tôt ou tard, même les fonctionnaires d’état finiront par comprendre l’ampleur du transfert de charges publiques. Au passage, Monsieur le Président, c’est une catastrophe écologique que d’abandonner une centaine ce classes dans le canton et d’en construire une centaine supplémentaires dans le Genevois français. A 600'000 euros la classe, 5600 euros par élève de coûts d’enseignement, plus de 1000 euros par élève de coûts scolaires et périscolaires –estimation basse des coûts induits pour qu’ils soient incontestables-, cela représente un report de charges que l’on peut estimer à 25 à 30 millions par an dans 10 ans – vous trouverez un tableau détaillé de ces reports de charges. A combien d’équipements sportifs et culturels, à combien d’infrastructures de mobilité devront nous renoncer pour financer tout cela ? Ces montants représentent des sommes très très nettement supérieures aux subventions obtenues par les collectivités françaises dans le cadre de tous les projets d’agglo cumulés !!!

    Comment peut-on décemment prétendre que cette décision prise dans le cadre d’un programme d’économies et qui selon ce qui a été dit au Grand Conseil permet au canton d’économiser plus de 3 millions de franc dès la première année pourrait ne pas être un report de charges publiques ? Surtout lorsqu’on sait que 10 ans plus tard, ces plus de 3 millions de francs deviendront plus de 30 millions de francs. Si un jour le canton souhaite œuvrer à la bonne intégration des Genevois dans le Genevois français, il serait souhaitable qu’il évite de le faire dans le cadre d’un programme d’économie, sa sincérité sera alors plus évidente. Le canton pourrait ainsi par exemple supprimer toutes discriminations qui incitent les genevois de France à la fraude telle que cette discrimination-là.

    Pour rappel, les communes genevoises perçoivent plus d’impôts à la source des frontaliers que les communes françaises. Elles assument peu de charges publiques transfrontalières à ce jour : en tout cas aucune charge publique sociale, de santé et désormais plus aucune de formation. Les recettes du canton sont tellement abondées par les frontaliers au travers de l’impôt à la source ou encore de la contribution des frontaliers à la productivité de l’impôt sur les personnes morales qu’il serait légitime que le canton assume une partie moins négligeable des charges publiques liées aux frontaliers.

    Sachez que la mise en œuvre de cette mesure est tout simplement impossible dans les communes limitrophes du Genevois français. J’espère que le Conseil d’Etat aura la sagesse de revenir sur cette décision. Dans le cas contraire, j’espère que le Grand Conseil montrera plus de sagesse pour imposer un changement de règle. Pour notre agglomération, cela serait préférable à une saisine des « juges étrangers » de la Cour de Justice de l’Union Européenne, qui eux sont indépendant des partis politiques genevois, pour faire constater cette nouvelle violation des accords de libre circulation et en prononcer l’annulation.

    Merci de votre attention.

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  • Ecoliers frontaliers : nécessité d'une procédure de règlement des différends Suisse-UE

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    La chambre administrative genevoise a rendu sa décision et juge légale la décision du canton de Genève d'exclure les enfants de ses citoyens et contribuables qui résident en France. A ce stade, j'ignore l'argumentation de la Chambre administrative puisqu'elle a estimé plus important de publier un communiqué de presse que de communiquer son argumentation juridique aux familles concernées. Est-ce d'abord de la communication ou d'abord du droit ?

    La décision est elle même surprenante car trois spécialistes suisses du droit européen ont été consultés sur cette question et ont rendu des avis de droit et que deux sur trois estiment la décision illégale et contraire aux accords de libre circulation.

    De toute évidence, la commune de St Julien ne peut pas compter sur la chambre administrative genevoise pour veiller à la bonne application des traités. Nous attendons les attendus du jugement pour décider de faire appel à la justice fédérale. Nous pourrons alors voir si la justice suisse est suffisamment indépendante pour veiller à la bonne application des traités et des engagements pris par la Suisse. Cette affaire souligne la nécessité d'une procédure de règlement des différends entre la Suisse et l'Union Européenne. Il revient à une justice indépendante des parties prenantes de dire le droit.

    Par ailleurs, le report sur les collectivités françaises de la charge de la scolarisation de 2000 élèves genevois dont les parents sont contribuables du canton pose nécessairement la question du financement de cette charge publique supplémentaire. Genève ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre : les impôts des frontaliers sans les charges publiques. La décision de la Chambre Administrative doit nécessairement conduire à une nouvelle répartition de l'impôts à la source des frontaliers pour permettre aux communes d'assumer cette charge.

     

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  • La Suisse ne peut dire ni oui ni non à l'Europe

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    Nous arrivons au bout de l'impasse de plusieurs décennies de dénigrement de l'Union Européenne. La Suisse se trouve coincée : incapable de dire "Oui" à un accord que ses autorités ont pourtant mis plusieurs années à négocier, mais pas plus capable de dire "Non". Le parallèle avec la situation britannique est frappant.

    Incapable de dire "Oui" car voilà maintenant 20 à 30 ans, que le peuple Suisse est inondée d'un discours dénigrant sur l'Union. L'UDC prétend que l'Union est antidémocratique, et aucun des autres partis ne réponds que c'est l'Union qui organise la seconde élection la plus importante au monde. Aucun responsable politique ne rappelle que les instances démocratiques de l'Union sont le parfait reflet des instances fédérales : le Parlement Européen pour le Conseil National, le Conseil Européen pour le Conseil des Etats et la Commission Européenne pour le Conseil Fédéral. Les plus lâches font même semblant d'oublier que les processus de décision de l'Union à la majorité qualifiée ressemblent à l'exigence fédérale de double majorité du peuple et des cantons. L'armée Suisse est une fierté nationale, mais la sécurité de la Suisse est grandement assurée par les pays de l'Union. Les nationalistes prétendent que sa monnaie serait une monnaie de singe, et les autres responsables politiques craignent de rappeler que c'est bien à cette prétendue monnaie de singe que la BNS a arrimé le franc suisse tant les économies sont interdépendantes. Mais surtout, personne n'a expliqué publiquement que la Suisse a des valeurs plus proches des valeurs de l'Union que celles de la Chine, de la Russie ou des Etats-Unis. Que sa politique environnementale ne sera réellement efficace qu'à l'échelle du continent. Qu'il est particulièrement difficile pour 8 millions de Suisses d'imposer leurs choix souverains à des multinationales ou à des continents s'ils n'instaurent pas un dialogue démocratique avec les 512 millions d'européens qui les entourent. Comment ces dirigeants qui dénigrent l'Europe depuis 20 à 30 ans pourraient ensuite convaincre le peuple suisse d'approuver des accords avec l'Union ?

    Comme il est curieux de constater tout ce que la Suisse pourrait apporter à l'Union de son savoir faire historique en débat public et en construction du consensus mais qu'elle choisit plutôt de se réfugier dans l'arrogance paradoxale d'un curieux complexe d'infériorité.

    La Suisse n'est pas non plus capable de dire "Non". Car chacun sait qu'il n'y aurait plus d'économie suisse sans accès aux marchés européens. La Genève internationale du XXIème siècle serait grandement handicapée par une sortie de Schengen. La plupart des multinationales ont fait le saut de s'installer en Suisse que lorsqu'elles ont eu l'assurance d'une stabilité des relations avec l'Union. Il n'y aurait pas plus de recherche suisse ou d''échanges universitaire sans accord avec l'Union. Le contrôle des migrations et de la grande criminalité serait impossible sans la coopération avec l'Union. A terme, avec le développement des énergies renouvelables les black out électriques deviendront récurrents sans accord avec l'Union. Il est impossible de dire "Non" tout simplement parce que la Suisse est en Europe... et même en plein milieu !

    Pour ma part, j'estime inévitable une crise majeure entre la Suisse et l'Union dans les prochaines années. Fruit de plusieurs décennies de lâcheté de responsables politiques, économiques et médiatiques, qui ont préféré dénigrer l'Union plutôt que d'expliquer l'interdépendance entre l'Union Européenne et la Suisse. La crise pourra être repoussée, d'un an, de deux ans.. peut être même plus si on va dans l'extrême lâcheté à ne pas poser les problèmes. Mais tôt ou tard, la Suisse devra faire un choix, souverain : "oui" ou "non".

    C'est assez rare pour le souligner, mais je partage ici le point de vue de l'UDC : la voie bilatérale, initiée par l'UDC est un échec. C'est un processus particulièrement lourd tant pour la Suisse que pour l'Union. C'est un processus injuste puisqu'il accorde un traitement particulier à un pays au détriment des autres. Mais c'est surtout un traité qui reste inappliqué. Genève étant un excellent exemple de la capacité des autorités helvétiques à n'appliquer des traités européens que les clauses qui les arrange sans appliquer les contre-parties durement négociées. S'agissant de la discrimination à l'embauche, nous sommes aujourd'hui dans une politique d'exclusion systématiques des frontaliers qui représente un recul par rapport à la situation des quotas qui pré-existait aux accords bilatéraux : Genève veut impérativement l'accès aux marchés européennes pour les entreprises qui s'installent dans le canton, mais refuse d'ouvrir l'accès des européens à son marché de l'emploi, ou seulement à ses conditions. Alors que le chômage baisse à Genève, il est passé de 8,9% en 2010 à 12,3% en 2015 à St Julien qui est pourtant dans le même bassin d'emploi. Tout cela alors que des entreprises suisses et des régies publiques profitent des accords bilatéraux pour venir prendre des marchés publics. La publication récente des avis de droit sur l'accès des frontaliers aux écoles à mis au grand jour, qu'à l'automne 2018, le Conseil d'Etat du canton de Genève, tel une organisation criminelle, sans autre fondement juridique que deux avis de droit qui lui confirmait l'illégalité de la décision, a refusé d'appliquer les accords de libre circulation dont Genève bénéficie en refusant l'inscription des enfants de frontaliers. Comment l'Union Européenne pourrait-elle faire confiance à des autorités publiques cantonales qui violent délibérément des traités ?

    Pour ma part, j'estime que les traités existants doivent être appliqués ou guillotinés. A ce jour, ils ne sont manifestement pas appliqués, en particulier par le canton de Genève qui en est pourtant le premier bénéficiaire. Peu importe qu'ils soient guillotinés ou pas. De toute évidence ils sont amenés à mourir : soit de mort lente à force d'abandon, soit suite à l'impatience de l'Union et de ses membres, soit sous l'un des multiples coup de boutoir de l'UDC qui depuis qu'elle a préconisé les accords bilatéraux à exigé et obtenu près d'une dizaine de votations supplémentaires sur le sujet (Schengen, chaque nouvelle adhésion, les armes... et maintenant les accords eux-mêmes). Tôt ou tard, dans un an ou dans 10 ans, elle renouvellera son exploit de l'initiative contre l'immigration et parviendra à faire tomber les accords bilatéraux qu'elle préconisait hier. Faire tomber les accords bilatéraux est sans doute la meilleure manière de conclure de nouveaux accords plus solides.

    Pour ma part, j'estime que ces décennies de lâcheté et d'hypocrisie devront être rattrapées par une ou deux décennies de récession économique pour que le peuple Suisse puisse faire l'expérience de l'interdépendance économique entre l'Union et la Suisse comme ce fut le cas dans les années 90 après le refus de l'adhésion à l'EEE et qui a conduit finalement aux bilatérales. Inévitablement, cette interdépendance de fait doit conduire à un accord : que ce soit l'adhésion ou l'un des accords cadre qui existe avec d'autres pays. Le cheminement sera long et douloureux.

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  • Ce dimanche 26 mai pour une Rénaissance de l'Europe

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    Renaissance.jpgCe dimanche 26 mai de 8h à 18h, vos élus communaux, des centaines de milliers d'assesseurs et scrutateurs un peu partout en France seront mobilisés bénévolement toute la journée pour vous accueillir dans les bureaux de vote afin de recueillir votre voix sur les politiques européennes pour les 5 prochaines années. Quelque soit votre point de vue, votez. Votre participation rend plus difficile les manipulations des scrutins par des pays tiers, tels que la Russie, comme cela a été le cas en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis.

    Pour ma part, je voterai avec conviction pour la liste d'union et de rassemblement entre La République en Marche, le Mouvement Démocrate (auquel j'appartiens et que je préside en Haute-Savoie), le Mouvement Radical, et AGIR : la liste Renaissance conduite par Nathalie Loiseau.

    Parce que la lutte contre le réchauffement climatique implique des choix qui pour être efficaces doivent être pris à l'échelle européenne. 

    Parce que la mondialisation des échanges doit s'accompagner de règles environnementales et sociales que seul un bloc uni tel que l'Union peut imposer à des pays continents de plus en plus agressifs.

    Parce que la transition énergétique serait ridicule si elle se faisait en ordre dispersé avec des orientations contradictoires à quelques kilomètres, elle doit se faire démocratiquement, souverainement à l'échelle de notre continent et seul l'Union Européenne le permet.

    Parce que notre monnaie unique qui nous a protégé de l'inflation et des dévaluations à répétition, qui nous a apporté des taux d'intérêts faibles qui permettent aujourd'hui d'investir dans le privé comme dans le public, y compris à l'échelle de St Julien, doit être renforcée et défendue.

    Parce que des multinationales, devenues plus puissantes que les nations tentent d'échapper aux lois sociales et fiscales des pays souverains ne pourront être contrôlées démocratiquement qu'à l'échelle du continent : les multinationales de la téléphonie ont ainsi du supprimer le racket du roaming, les multinationales du numérique doivent désormais rendre des comptes sur la protection des données et devront demain payer des impôts comme les autres entreprises.

    Parce qu'à St Julien nous mesurons à quel point c'est l'Union Européenne qui nous a permis la suppression des quotas de permis de travail en Suisse, c'est grâce aux traités obtenus par l'Union Européenne que le droit sera dit sur l'accueil des enfants frontaliers dans les écoles genevoises. Nous avons besoin de la protection de l'Union Européenne face aux discriminations qui se multiplient en Suisse. Pour cela nous avons besoin d'une Europe plus forte.

    Parce que la sécurité européenne a besoin d'une politique de défense européenne pour affirmer et défendre ses valeurs universelles. Nous ne pouvons plus dépendre de gouvernement erratiques et imprévisibles, de pays tiers pour assurer notre défense. Notre sécurité ne doit plus se décider sur Twitter au petit matin.

    Plusieurs de mes amis sont candidats sur la liste Renaissance comme Marina Ferrari, Adjointe au maire d'Aix les Bains ou encore Christophe Grudler, conseiller départemental du territoire de Belfort qui est en charge des questions liés aux relations Suisse-UE. Je vous recommande fortement leur candidature.

    A dimanche !

     

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  • Le MCG fait la loi à Genève

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    Malgré son échec sévère aux élections cantonales le MCG a acquit le pouvoir de faire la loi à Genève. Le PDC et les Verts perdant petit à petit leur pouvoir de construire des ponts nécessaires au consensus, ils abandonnent au MCG le pouvoir législatif. 90% des lois importantes à Genève ont été adoptées ou rejetées par le MCG... les autres partis n'ont pu adopter ou rejeter que 50% à 60% des lois.

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  • Assumer les conséquences d'un taux d'imposition parmi les plus faibles au monde

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    Choisir les taux d'imposition les plus faibles au monde c'est bien... mais encore faudrait-il assumer l'hypercroissance du nombre de logements, des investissements, du trafic individuel, des services publics qui doivent aller avec !

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  • Genevois, vos impôts ne vous donnent aucun droit !?!

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    Ce titre qui pourrait sembler provocateur n'est pourtant que le résumé de l'argumentation provocatrice du canton de Genève pour s'exonérer des charges publiques liées à la scolarisation des enfants de frontaliers. Ainsi, selon les juristes du canton, les 7000 francs d'impôts à la source par an dont s'acquitte en moyenne chaque frontalier ne leur donneraient aucun droit. Pourtant, ce sont précisément ces charges publiques des frontaliers qui légitiment le droit du canton à prélever l'impôt à la source. Si les frontaliers cessent d'avoir les mêmes droits que les autres contribuables, alors le canton cessera d'avoir le droit de prélever et conserver l'impôt des frontaliers.

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