28/11/2010

Les Troinésiens choisissent les voitures plutôt que les logements : ils ne vont pas être déçus !

Au delà des votations fédérales et cantonales, nos voisins troinésiens étaient appelés à voter sur un crédit pour la construction de logement. Pour rappel, Troinex est l'une des communes genevoise qui a le moins construit de logements ces 10 dernières années. Une des communes genevoises qui a le plus contribué à la crise du logement et à l'exil de la jeunesse genevoise qui désormais représente les deux tiers de la croissance démographique dans le Genevois français. Une commune qui ne construit pas de logements mais qui en revanche soutien par ses votes la politique d'exonération fiscale qui fait venir 15 000 habitants supplémentaires par années dans le canton : dont encore 100 traders supplémentaires annoncés la semaine dernière.

A 52% les Troinesiens ont refusé ce trop rare projet de logements à Troinex.

Un tel égoïsme, une telle incohérence dépasse les bornes. Mme Surchat Vial, chef de projet du projet d'agglo affirmait en recevant le 8ième grand prix européen d'urbanisme que Genève était décidée à construire. Le résultat du jour lui donne clairement tort. Il est probable que Genève n'ait déjà plus les capacités de production nécessaires pour construire des logements, mais en plus si on en juge par ce sondage grandeur nature, Genève n'en a pas la volonté.

Ce rejet donne un signe clair. Les Genevois ne sont pas prêt à assumer les conséquences urbaines de leurs politiques économiques expansives et vont donc continuer à expulser leur jeunesse, accroitre les nuisances de la circulation, péjorer les conditions de vie des salariés en euros... et en plus à demander au Genevois français de payer les infrastructures rendues nécessaires par les conséquences démographiques de leur dumping fiscal !

Faut-il rappeler que le premier parti genevois, le parti Libéral auquel appartient le Conseiller d'Etat en charge des constructions Mark Muller, a appelé à voter contre le projet de logements ! Un parti qui pourtant faisait campagne lors des dernières élections cantonales avec le slogan "+ de logements". La responsabilité du Parti Libéral Genevois est extrêmement lourde alors que le vote s'est joué à 2% des voix seulement. Il est temps que le parti Libéral clarifie une bonne fois pour toute s'il est en faveur du logement conséquence du développement ou s'il s'y oppose.

Il faut cesser de se laisser berner par un projet d'agglo que peu ont l'intention de mettre en oeuvre mais destiné uniquement à faire financer par Berne des transports en commun pour expulser toujours plus d'habitants le plus loin possible dans le Genevois français au détriment des salariés en euros.

Le temps est sans doute venu de travailler à un contre-projet d'agglomération. Un projet qui consisterait à :

1) construire des tours à proximité immédiate des plus petits postes de douane pour loger la jeunesse genevoise. Tout particulièrement à proximité de Troinex, mais aussi de Veyrier. Aidons ces communes irresponsables à devenir des autoroutes puisqu'elles ne veulent pas construire de logements pour les personnes qu'ELLES font venir dans la région.

2) suspendre tous les financements de tous les transports en commun tant que la pénurie de logements ne sera pas résolue à Genève.

Un contre projet d'agglomération qui ne serait qu'une menace. Mais une menace qui pourrait être mise à exécution rapidement si Genève continuait à traiter le Genevois français d'exutoire de ses incohérences.

Genève fait le choix de s'asphyxier sans prendre en compte les conséquences sur le Genevois français et sur tous les habitants de la région. Le Genevois français ne peut pas sauver Genève de ses propres incohérences et de son incapacité à assumer ses choix.

Avant de prétendre élaborer un projet d'agglomération, Genève doit choisir si elle veut être une ville internationale ou une bourgade de campagne. Si elle veut être une ville internationale alors elle devra en construire les logements. Si elle veut être une bourgade de campagne elle devra cesser de faire venir 15 000 expatriés par an à coup d'exonérations fiscales. Ces deux politiques ne peuvent plus perdurer en même temps.