12/10/2009

Le Mouvement des Citoyens Haut Savoyard ferait aussi 15%

Côté Français, certains seront prompts à faire l’amalgame entre le discours xénophobe du MCG et les Genevois dans leur ensemble. Les réactions des parlementaires de Haute Savoie et de Jean Jack Queyranne à la publicité outrancière de l’UDC étaient de ce niveau.

Pourtant, les élus français qui font du terrain, entende des propos miroirs cote français : « il y en a marre de la colonisation » « on n’est plus chez soi ». Ces propos d’humeurs n’apportent pas de solution mais cette frustration est compréhensible de la part de salariés en euros dont les emprunts immobiliers sont refusés par leur banque sous prétexte qu’ils ne sont pas frontaliers. Ou de la part de fonctionnaires ou de salariés du privé payés en euros qui n’ont plus les moyens de vivre une fois qu’ils ont payé la facture de l’inflation immobilière exportée par Genève.

Côté Genevois, le vote MCG révèle plus une frustration devant l’accélération du phénomène frontalier plus qu’une haine des frontaliers. La géographie du vote le prouve : le MCG remporte ses meilleurs scores dans les communes bloquées par le trafic plus que dans les communes touchées par le chômage. Il s’agit plus de « placophobie » contre le trafic que de « xénophobie » contre la concurrence sur l’emploi des frontaliers comme le croit le MCG.

Le changement de discours politique réciproque ces 30 dernières années à l'agglomération commune depuis 3 ans a été trop rapide et sans doute trop restreinte aux milieux informés pour être totalement comprise par la population du Genevois franco suisse. Le débat sur l'avenir du Genevois franco suisse doit désormais être un débat public entre les habitants directement.

Le MCG n’apporte aucune solution. Les réactions anti-suisse coté français pas plus. Même la tectonique des plaques ne peut rien contre le fait que le Genevois français est durablement implanté à coté du Genevois suisse. Au contraire, mettre de l’huile sur le feu reviendrait à revenir à ce qu’ont fait les élus depuis 30 ans : cohabiter sans collaborer. Laisser notre agglomération se paralyser petit à petit par des embouteillages que nous n’avons pas anticipés.

Les solutions existent :

1) Genève doit construire les 4000 logements par an nécessaires pour loger sa population. Les blocages des uns et des autres doivent cesser par la loi s’il le faut. Les propos de campagne irresponsables des Libéraux qui s’opposent aux constructions dans leurs communes aussi. Les Genevois doivent construire des logements pour leurs enfants.

2) Côté français nous devons créer nos emplois. Réduire notre dépendance économique vis-à-vis du canton.

3) Ensemble nous devons construire les infrastructures de transport en commun pour préserver notre qualité de vie commune.

4) Le canton doit mettre un terme à cette politique économique qui importe des salariés qu’on ne peut ni loger ni transporter, plutôt que de créer des emplois pour les chômeurs du canton : des jeunes et des seniors essentiellement. Nous n’avons pas de quoi loger les professionnels des Hedge Funds de Londres.. laissons-les payer leurs impôts comme tout le monde en Angleterre.