07/05/2009

Une pandémie qui se propage... ou disparait !

Il y a trois facteurs importants dans la diffusion d’une épidémie : 1) la contagiosité, 2) la période de contagion, 3) le nombre de personnes avec lesquels un malade est en contact.

 

 

Pour l’exemple, prenons une grippe X qui aurait une contagiosité de 2% : c'est-à-dire que 2% des personnes rencontrées seraient susceptibles d’être contaminées. Supposons pour ce cas d’école que la période de contagiosité est de 24 heures seulement. C'est-à-dire qu’un malade ne peut transmettre la maladie que durant une journée (ce qui n’est pas le cas de la grippe A).

 

 

Si 100 malades arrivent dans une ville au moment des vacances, les rues sont désertes. Ils ne rencontrent que 45 personnes durant les 24 heures durant lesquelles ils sont contagieux.

100 malades x 45 personnes rencontrées x 2% de contagiosité= 90 malades le lendemain.

L’épidémie baisse de 10% chaque jour et disparaît après 50 jours.

 

 

A l’opposé si ces mêmes malades avec cette même maladie arrivent au moment des soldes. Les rues et les magasins sont pleins. Ils rencontrent cette fois 55 personnes par jour :

100 malades x 55 personnes x 2% = 110 malades le lendemain.

Cette fois l’épidémie touche 10% de malades de plus chaque jour. Elle touche 1 million de personnes en 73 jours.

 

 

Les mesures de précaution prises actuellement peuvent donc rapidement être efficaces… mais pour peu qu’elles soient maintenues jusqu'à la disparition complète de l’épidémie partout dans le monde. Chaque cas d’infection peut être une nouvelle source épidémique dès que les mesures de précaution sont levées.

 

 

Maintenir des mesures de prévention mondiales jusqu'à la disparition complète du virus partout dans le monde est pratiquement impossible. Dans de nombreux pays on ne connaitra jamais en temps réel la diffusion de la grippe. Par ailleurs, il sera difficile d’imposer des règles aussi sévères alors que l’épidémie semblera pratiquement disparue. Il est probable qu’elle reparte alors.

 

 

Le risque épidémique est un risque de plus en plus important lorsque la population est de plus en plus urbaine et lorsque les transports favorisent des mouvements massifs de voyageurs. Les pandémies mondiales ne pourront être maitrisées que par des institutions continentales et un grand effort de solidarité pour mettre en place des infrastructures de sante dans tous les pays du monde. Voila un autre enjeu des élections européennes du dimanche 7 juin prochain.