19/12/2011

Avis de la Haute-Savoie sur le plan directeur cantonal de Genève

Ce matin se réunit la commission permanente du Conseil Général de Haute-Savoie. Parmi les nombreux points à l'ordre du jour figure l'avis de la Haute-Savoie sur le plan directeur cantonal de Genève. Un plan directeur cantonal qui prévoit environ 50 000 logements supplémentaires dans le canton de Genève d'ici à 2030.

Le plan directeur cantonal est manifestement insuffisant puisqu'il prévoit seulement 2500 logements par an. Pourtant à la base du projet d'agglomération il y a une volonté partagée de répartir les logements rendus nécessaire par la politique économique genevoise de manière équitable : 50% pour le canton de Genève, 40% pour le Genevois français et 10% pour le district de Nyon. Mais voilà, la machine démographique s'emballe depuis la première signature du projet d'agglomération. Il faudrait aujourd'hui entre 3000 et 3500 logements par an à Genève.

Quand on voit l'opposition dans certaines communes aux Maires irresponsables on se dit qu'il faudrait en réalité un Plan Directeur Cantonal avec des objectifs 3 fois plus ambitieux pour avoir un espoir que la moitié des logements promis soient réalisés.

Pour la Haute-Savoie le respect des engagements pris par Genève en matière de construction de logements est une condition sine qua non de la poursuite du projet d'agglomération le 30 juin 2012. Si Genève continue de rejeter sur ses voisins toutes les nuisances urbaines de son développement alors cessons tout de suite de développer les transports en commun transfrontaliers : nous avons quintuplé les dépenses publiques en 4 ans, ce qui a eu pour effet de doubler le nombre d'usagers.. mais reste insuffisant pour ramener tous les pendulaires que Genève créé par sa pénurie de logements !

Quelques faits importants à rappeler, qui explique le ton de l'avis de la Haute-Savoie :

1) en ce moment 80% des achats de logements dans le Genevois français sont réalisés par des Genevois qui ne parviennent plus à se loger à Genève; même les frontaliers ne peuvent plus être acquéreur car il faut désormais un apport en Franc Suisse; les salariés en euros (pompiers, infirmières, policiers, enseignants) sont chassés à des dizaines de kilomètres au détriment de l'équilibre du territoire.

2) 55% des votants qui ont refusé la construction de logements à Chêne-Bougeries ont plus de 60 ans;

3) le nombre d'électeurs Genevois résidant en France augmente 6 fois plus vite que le nombre d'électeurs genevois résidant à Genève au point que les premiers représentent plus de la moitié des électeurs supplémentaires du canton depuis 10 ans;

4) les électeurs genevois résidant officiellement dans le Genevois français représentent aujourd'hui déjà 8% des électeurs du canton;

5) quand on constate que les listes transfrontalières du PDC et des Verts ont obtenu la moitié de leurs votes compacts dans le canton de Genève (et l'autre moitié parmi les Genevois transfrontaliers), on peut en déduire qu'environ la moitié des Genevois installés en France ne sont pas déclarés.

6) les pendulaires de Haute Savoie créés en seulement un an par l'incohérence entre la politique économique genevoise et la politique de production de logements ont parcouru ensemble 80 millions de kilomètres et émis 16 000 tonnes supplémentaires de Co2... même Thomas Barth, le Maire de Veyrier, qui refuse de construire des logements respire cet air là.

7) les 3 cantons de Haute-Savoie où le nombre de pendulaires a le plus augmenté sont les plus éloignés : Chamonix, Alby sur Chéran et Rumilly alors que les trois cantons où le nombre de pendulaires a le moins augmenté sont des cantons proches : Douvaine, Boège, St Jeoire. Non, il n'y aura jamais de CEVA jusqu'à Chamonix pour transporter ces pendulaires là. Nous devons les loger plus près si nous voulons éviter leurs voitures.

De nombreuses communes genevoises émettent un avis négatif contre le plan directeur cantonal estimant au contraire qu'il n'y a pas assez de logements. Pour la plupart il s'agit simplement d'une posture de négociation avec le Grand Conseil qui a le tort de n'écouter que les raleuses plutôt que d'auditer celles qui ont des propositions à faire. La plupart se dise favorables à des logements, mais "pas ici, pas maintenant, pas comme ça et pas autant" : bref, elles se foutent de la gueule des Genevois qui exigent des logements et ne font aucune proposition sur comment construire rapidement les logements que les Genevois exigent ! D'autres ignorent que leurs enfants fuient en masse le canton et par effet ricochet obligent des milliers d'habitants chaque année à aller se loger toujours plus loin de leur lieu de travail.

PS : l'avis du Conseil Général est concerté et cohérent avec celui des communes du Genevois français réunit dans l'ARC Syndicat Mixte.