26/02/2010

Mark Müller doit des explications aux Genevois

Pascal Décaillet a proposé que Mark Müller et moi débattions ensemble des problèmes de logements dans le Genevois franco suisse.. et plus particulièrement du décallage entre les promesses du Conseiller d'Etat devant les Genevois en octobre dernier et des résultats de constructions de logements pour 2009 publiés la semaine dernière.

Mark Müller a refusé. A vrai dire, si Mark Müller doit rendre des comptes à des élus français ce serait plutôt au signataire français du projet d'agglo de 2007 sur lequel Genève s'était engagé à construire des logements. C'était le Président de l'ARC, Bernard Gaud, succédé depuis par Robert Borrel, Maire d'Annemasse, puis Etienne Blanc (Maire UMP de Divonne). Genève viole les engagements pris, mais le Président de l'ARC ne demande à ce jour aucun comptes à Genève. Il faut dire que certains Maires français ont quelques intérêts à court terme à accepter les promesses non tenues de Genève sur les logements car ils comptent sur des subventions de Berne à leur commune dans le cadre du projet d'agglo. Ces Maires se trompent... ces fonds bernois ne compenseront jamais les conséquences néfastes pour tous de cet exode massif de la jeunesse genevoise.

Dans tous les cas, il n'aurait pas été très respectueux des institutions que Mark Müller débatte avec un simple conseiller municipal, minoritaire qui plus est, de la seconde commune du Genevois français. Mark Müller ne rendra donc probablement pas de comptes aux élus français sur les logements qui n'ont pas été construits en 2009.

Le chiffre des constructions de 2009 est révoltant en soit. Ce qui est encore plus révoltant c'est que ce chiffre a été annoncé comme simple brève dans le journal Le Temps. M. Müller n'a fourni aucune explication. Le logement est l'un des principaux problèmes de Genève. L'un des slogan clef du parti libéral en octobre : rappelez-vous "+ de logements". Les chiffres pour 2009 sont désastreux.. et M. Müller part en vacances en envoyant un simple communiqué pour informer du désastre. Que dirait-on d'un Conseiller d'Etat qui annoncerait une augmentation du chômage de +20% par simple communiqué, sans explications et partirai en vacances ?

Heureusement, il y a beaucoup d'excellents journalistes à Genève. Il y a aussi d'excellents députés. Il s'en trouvera forcément quelques uns qui poseront quelques questions dérangeantes à Mark Müller. Des questions du genre :

  • M. Müller, pourquoi avez-vous annoncé une accélération imminente des constructions de logements à Genève en octobre et que les chiffres pour 2009 sont si mauvais ?
  • M. Müller, qu'allez-vous changer dans les prochains jours pour que les constructions de logements soient suffisantes pour loger la jeunesse genevoise ?
  • M. Müller, pensez-vous voir les moyens politiques ou juridiques pour qu'il y ait assez de logements à Genève ? Sinon, de quelle aide ou soutien avez-vous besoin ?
  • M. Müller, comment certaines communes ont pu construire aucun logement pendant 5, 10 ou 30 ans ?
  • M. Müller, comment mieux inciter les communes à participer à l'effort de construction ? Comment sanctionner celle qui n'y participent pas ?
  • M. Müller, pourquoi poursuivre la politique d'attraction des hege funds alors qu'il n'y a déjà pas assez de logements pour la jeunesse genevoise ?
  • M. Müller, quels sont les coûts pour Genève en terme de mobilité et d'infrastructures de transports d'attirer autant de population et de l'obliger à résider si éloignée de leur lieu de travail ?
  • M. Müller, peut-on construire une agglomération franco valdo genevoise équilibrée et cohérente si Genève continue de s'exonerer de ses responsabilité sur le logement, continue d'attirer autant de cadres, ne finance pas les infrastructures de transport nécessaire à la qualité de vie de tous -tout en empochant 600 millions de francs suisses d'impôts de ces employés qu'elle ne loge pas, ne soigne pas, ne scolarise pas ou dont elle ne garde pas les enfants ?
  • M. Müller, quel est votre objectif de construction de logement en 2010 ? Peut-on se revoir dans 3 mois pour faire le point sur les chiffres du premier trimestre 2010 ?

 

21/01/2010

Quelques certitudes sur le Mouvement Démocrate

Depuis une vingtaine d'année en France les électeurs tapent un grand coup de poing sur la table par intermittence : cohabitations, dissolution manquée, non au référendum sur le traité constitutionnel européen, élection surprise de Chirac en 1995, Le Pen au second tour en 2002, 20 région sur 22 au Parti Socialiste en 2004, score surprise d'Europe Ecologie en juin dernier... la gauche qui prendra inévitablement la majorité du Sénat en septembre 2011 pour la première fois dans l'histoire du Sénat... après avoir pris une majorité de département pour la première fois dans l'histoire de France. Notre démocratie est tellement malade que les Français s'expriment avec violence par intermittence lorsqu'une élection leur permet de s'exprimer.

Jamais élection française n'aura été aussi étrange que les élections régionales des 14 et 21 mars : Est-ce que le FN recueillera la confiance de 5% ou de 25% des Français dans ce qui pourrait être un vote miroire du vote anti minaret suisse ? Est-ce que l'UMP sera à 30% où dans le trou noir des 10% en raisons du grand écart de plus en plus difficile à tenir entre la droite républicaine et l'extrême droite ? Est-ce que les Verts renouvelleront-ils l'exploit d'Europe Ecologie où est-ce que les contradictions de fondamentales de valeurs entre les positions d'Europe Ecologie et le radicalisme vert deviendront-ils de plus en plus visibles - 20% ou 2% ? Est-ce que le Parti Socialiste saura construire sur le bilan honorable de sortants méconnus qui ont poursuivi les politiques précédentes où sera-t'il incapable de mobiliser un électorat durablement désenchantés par des querelles de personnes qui rendent visibles l'absence de valeurs communes 14% ou 25% ? L'extrême gauche divisée saura t'elle passer le cap des 5% des voix ou perdra t'elle définitivement ses élus régionaux et les financements correspondants ?

Le Mouvement Démocrate aussi est dans un nuage d'incertitude : saurons-nous montrer combien la méthode démocrate est nécessaire pour remettre sur pieds un pays en lambeau ? Saurons-nous gagner la confiance de 5% des électeurs ou de 25% ?

Jamais campagne n'a été aussi incertaine. A l'heure qu'il est il n'est d'ailleurs pas certain qu'il y ait campagne du tout. Les listes seront finalisée vers la fin du mois de janvier pour tous les partis; le temps de faire des photos et d'imprimer, le gros des documents n'arrivera que dans les deux semaines qui précéderont le vote.

Il y a en revanche plusieurs choses qui sont certaines au sujet du Mouvement Démocrate :

1) quoiqu'il arrive les élus du Mouvement Démocrate continueront à mettre en oeuvre la méthode démocrate qui consiste à écouter les gens, à travailler avec tous les autres Conseillers Régionaux pour élaborer des solutions qui vont dans leur intérêt. Nos positions ne seront jamais dictée ni par une idéologie périmée, ni par des notions de camp, mais bien par la réalité de la vie des Rhône Alpins. Nous voterons des budgets et des délibérations quand ils seront bons... sans nous soucier de la notion de "camp" qui dictent trop d'attitudes politiques.

2) quoiqu'il arrive les élus du Mouvement Démocrate respecteront toujours les élus d'extrême gauche et d'extrême droite qui répresentent des Français, mais ne se compromettront jamais avec les idées d'extrême droite et d'extrême gauche qui prônent l'exclusion et la haine fondée sur la classe sociale ou les origines.

Voilà deux certitudes décisives alors que la haine et les notions de camps divisent dangereusement notre pays et le conduisent à la paralysie sur les problèmes urgents de déficits publics, de défis environnementaux ou de solidarité entre les générations.

 

19/01/2010

Les zones bleues : une incohérence politique

La Tribune de Genève annonçait hier que deux communes genevoises, Lancy et Chêne-Bourg ont demandé au canton l'introduction d'un macaron de zone bleu permettant d'augmenter l'espace des zones bleus et de le réserver aux résidants. Les obstacles se mutliplient qui empêchent les salariés de se rendre sur leur lieu de travail :

1) le canton incite ou oblige les employeurs à limiter la taille des parkings qu'ils mettent à disposition de leurs employés,

2) le canton incite très fortement les employeurs à facturer le parking aux salariés et leur interdit de le mettre à disposition, je connais une entreprise qui a augmenté les coûts du stationnement de +50% au 1er janvier, et dont plus de 300 salariés sont sur liste d'attente pour obtenir une place de parking !

3) l'extension sans cesse croissante des zones bleues pour interdire aux salariés qui ne peuvent pas venir en bus de s'y garer.

Ces politiques seraient idéales dans un environnement où l'offre de transport en commun serait suffisante. Tout le monde serait alors justement incité à utiliser les bus et les trams. Mais le plus souvent ils n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture car Genève n'a pas construit de logements près des transports en commun.

Genève continue d'offrir des avantages fiscaux exhorbitants qui attirent des entreprises et leurs salariés à un rythme frénétique. Ce sont 27 personnes de plus par jour qui s'installent dans le Genevois franco suisse. En raison de l'incapacité chronique de Genève de construire suffisament de logements, 18 de ces nouveaux installés doivent se loger dans le Genevois français et le district de Nyon. Loin des réseaux de transport en commun, ils sont contraints de se rendre sur leur lieu de travail en voiture ce qui encombre un peu plus les routes du genevois. Mais maintenant, ils découvrent chaque jour de nouveaux obstacles qui les empêchent de se rendre sur leur lieu de travail. Ils découvrent la quasi absence de transports en commun transfrontalier, leurs coûts deux fois plus élevés que les bus genevois.. ils paient pourtant autant d'impôts que tout le monde au canton de Genève !

Il faudra un jour que les politiques publiques du canton finissent par être cohérentes : que le nombre de logements construit soit cohérent avec le nombre de personnes que l'on fait venir à Genève ! Que le nombre de places de stationnement soit cohérent par rapport au nombre de personne qu'on oblige à venir en voiture sur leur lieu de travail !

Si Lancy et Chêne-Bourg veulent plus de zones bleues.. alors que ces communes construisent les 2% de logements supplémentaires par an qui correspondent aux besoins créés par Genève pour sa croissance économique. Ces communes doivent cesser d'expulser leur propre population loin des réseaux de transport pour ensuite leur interdire de se garer près de leur lieu de travail.

Cette cohérence est nécessaire pour que la jeunesse genevoise cesse d'en faire les frais sur le prix de leur logement. Cette cohérence est nécessaire pour que les embouteillages cessent d'empirer chaque jour !

13/01/2010

2500 logements : juste assez pour les traders ?

Pour information, vous trouverez-ci dessous le texte de la tribune libre publiée par la Tribune de Genève hier.

Ce titre résume l’objectif du discours de Saint Pierre de ne construire que 2500 logements par an et de continuer à faire venir des expatriés à Genève.

Les taxes dérogatoires accordées aux multinationales font venir plusieurs milliers de cadres par an. Depuis 2005, ce sont 27 habitants de plus à loger chaque jour. Faute de logements à Genève, 18 de ces nouveaux habitants ont dû se loger dans le Genevois français et le district de Nyon, loin des bus. Ils augmentent le trafic d’une dizaine de voitures chaque jour.

Le bon sens voudrait que ces nouveaux habitants s’installent en ville, route de Chêne ou à la Jonction pour utiliser les bus et trams existants. Dans le Genevois, la croissance de la population a été au contraire « périphérisée ». Le canton impose au Genevois français et à Nyon d’assumer une croissance de leurs habitants deux fois été demi supérieure à celle que Genève assume. Le résultat est là : nous sommes tous paralysés dans des embouteillages qui détruisent ce qu’il reste de notre qualité de vie.

Le modèle économique de Genève est scandaleusement simple : Le canton vend la qualité de vie du Genevois et ne fait pas les investissements qui permettraient de la préserver. Le canton touche les impôts de ces nouveaux habitants et laisse à Nyon et au Genevois français la charge de la construction des logements, des écoles et des crèches. Le CEVA est un rare contre-exemple payé en totalité par la Confédération et quelques semaines d’impôts frontaliers. Il sera saturé le jour de son inauguration si, faute de logements, le canton continue d’expulser 18 jeunes ménages chaque jour.

Le problème du logement ne concerne plus seulement les mal-logés, jeunes, étudiants et ménages modestes – dont certains partis se désintéresseront tant qu’ils voteront aussi peu. La crise du logement concerne maintenant tous ceux qui ne peuvent plus circuler ; les commerçants dont les clients sont paupérisés ; les communes genevoises traversées par un trafic incessant ; les entreprises qui doivent répercuter partiellement ces coûts du logement sur les salaires ; le canton qui se vide de sa jeunesse et de son avenir ; même des multinationales sont consternées par la légèreté des réponses genevoises sur l’insuffisance de logements et les problèmes de circulation.

Alors combien de logements faut-il ? Avec sa politique économique, Genève génère une croissance de +1,2% à +1,6% de la population. Pour réduire les conséquences néfastes sur la mobilité, Genève doit construire +1,5% à +2% de logements par an : soit 3000 à 4000 logements. Et rattraper le retard en construisant chaque année quelques uns des 20 000 logements qui manquent depuis 30 ans. Faut-il aussi ajouter les 500 logements par an qui se perdent à Genève lorsqu’on passe des objectifs politiques à la construction réelle ?

La résolution de la crise du logement suppose donc de construire 5000 à 6000 logements par an à Genève – le double de ce que souhaite le Conseil d’Etat. Cela suppose que Genève, plutôt que d’expulser ses jeunes, construise suffisamment de logements pour les expatriés qu’elle fait venir à coup d’exonérations fiscales. Cela suppose que les communes deviennent parties prenantes de ce défi plutôt que d’avoir une fierté déplacée à s’opposer aux constructions. Cela suppose que les opposants assument les conséquences financières de leurs oppositions abusives plutôt que de les faire subir aux mal-logés. Cela suppose une nouvelle et forte détermination de tous les Genevois.

12/01/2010

Genevois franco suisse : le besoin de franchise et de sincérité

Il y a plusieurs conceptions sur ce que doivent être les relations entre le Genevois français et le Genevois Suisse.

Depuis plusieurs décennies la conception majoritaire était fondée sur l'ignorance réciproque. Chacun gère son territoire comme si la frontière était la limite du monde. On se rencontre de temps en temps dans des pinces-fesses un peu formel où l'on ne se dit rien... mais on ne coordonne pas nos politiques. Cela a aboutit à des aberration comme la campagne de Bardonnex qui jouxte le site d'Archamps. Ou encore une juxtaposition sans transition entre la ville et la campagne à la frontière d'Ambilly ou à celle de Saint Julien. Des aberrations sur l'implantation des logements et celui des emplois qui aboutissent aujourd'hui à des problèmes de circulation durablement insurmontables.  Le résultat c'est que Genève est la seule ville au monde dont la périphérie et le centre ville sont séparées par une campagne. C'est très joli.. mais invivable en terme de transports.

L'ignorance ne peut plus durer. Tant que le Genevois français et le Genevois suisse existeront, ils seront voisins. Avec le temps, ils deviendront nécessairement de plus en plus imbriqués l'un dans l'autre. On ne peut plus s'ignorer comme on a pu le faire.

Il y a une autre conception qui s'installe. Celle de l'hypocrisie : "On se connait. On sait qu'on doit vivre ensemble.. mais surtout ne mettons pas sur la table les sujets qui fâchent. Ne parlons surtout pas de l'incapacité durable de Genève à tenir ses engagements publics sur la construction de logements de peur que Genève reproche au Genevois français son incapacité durable à créer des emplois. Faisons semblant de collaborer simplement pour donner l'impression d'une agglomération à Paris et Berne et décrocher les subventions nationales nécessaires.. pour le reste, de jolis sourires suffiront."

Cette hypocrisie doit elle aussi cesser. Nous devons pouvoir nous parler franchement pour établir une collaboration durable. Nous devons mettre Genève fasse à ses incohérences, à ses promesses non tenues sur le logement et surtout aux risques qu'engendre son incapacité durable à construire des logements pour notre qualité de vie à tous. Genève ne doit pas hésiter non plus à souligner notre incapacité à développer l'activité économique dans le Genevois français. Au delà de ce dialogue franc nous devons aussi nous aider à résoudre nos problèmes communs.

C'est pour rompre cette hypocrisie que j'ai adressé à la Tribune de Genève un texte intitulé "2500 logements : juste assez pour les traders ?". Un texte qui critique la volonté de Genève de faire venir les traders des Hedges funds à Genève avant de construire suffisament de logements. La Tribune de Genève publie ce texte aujourd'hui dans les pages opinions.

29/10/2009

2% de déchets en moins à Saint Julien

Dans une note publiée ici il y a deux mois je vous informais que la Communauté de Communes du Genevois proposait des composteurs individuels. Plus de 300 composteurs ont déjà été distribués depuis plusieurs mois. Vous trouverez plus d'explication et un formulaire de commande à l'adresse suivante :

http://minilien.com/?0J8Bx3TLcp

Le volume des déchets est en baisse de 2% sur l'ensemble du canton de Saint Julien. Des facteurs économiques expliquent probablement une partie de cette baisse. Mais les composteurs y contribuent également puisque chaque ménage équipé d'un composteur individuel produit environ 30% de déchets en moins !

Toute baisse du volume des déchets se traduit par une baisse de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères. En un mot, si vous voulez faire des économies sur vos impôts locaux de l'an prochain, vous pouvez recommandez à vos amis et voisins de s'équiper d'un composteur individuel.

28/10/2009

La droite dérive vers l'extrème droite en France comme à Genève

Dans la multiplicité des différences entre la politique Genevoise et la politique française, il est intéressant de constater quelques évolutions parallèles. C’est le cas de la lente et constante dérive de la droite vers l’extrême droite.

En 1998 à l’occasion des élections régionales en France, l’UDF se divise en deux entre les Libéraux qui veulent s’allier au FN pour défendre les intérêts économiques et les démocrates chrétiens qui refusent de telles alliances fort de leurs valeurs humanistes. Les Libéraux deviennent alors Démocratie Libérale et rejoindront l’UMP en 2002. Les Démocrates Chrétiens restent à l’UDF et décideront de former le Mouvement démocrate en 2007. 1ère étape en France.

En Suisse, le 10 décembre 2003, les parlementaires Libéraux Genevois apportent leur soutien à l’élection de Christoph Blocher. Candidat imposé par l’UDC en violation des traditions helvétiques qui recommandent qu’un parti présente plusieurs candidats. Ils renouvellent ce soutien le 12 décembre 2007 malgré le bilan de gouvernance désastreux. 1ère étape à Genève.

En 2002, Jacques Chirac tente de récupérer une partie de l’électorat FN en axant sa campagne sur le thème de l’insécurité. Jacques Chirac choisi le terrain politique le plus favorable à l’extrême droite. Cette stratégie a favorise la progression électorale du Front National qui pour la première fois atteint le deuxième tour de la Présidentielle. Jacques Chirac présente alors des candidats aux législatives face à tous les démocrates chrétiens afin de les faire disparaitre de la carte électorale. 2ième étape en France.

En 2009, la droite Genevoise place le thème de l’insécurité au centre de la campagne cantonale. Le MCG double son score électoral. L’extrême droite genevoise rassemble 24% des voix ! 2ième étape à Genève.

En 2007, Nicolas Sarkozy ne se contente pas seulement de reprendre les thèmes de l’extrême droite, il en reprend aussi les idées (identité nationale), les provocations (les racailles) et la gouvernance autoritaire et personnelle. Le résultat est flagrant : l’électorat FN vote avec enthousiasme pour ce candidat de cette droite qui vire à l’extrême. Nicolas Sarkozy annexe alors les derniers mohicans démocrates chrétiens du Parlement regroupés dans un Nouveau Centre réduit à l’état de mouvement croupion. 3ième étape.

Lorsqu’on entend certains responsables Libéraux Genevois évoquer à nouveau l’idée d’une alliance avec l’UDC à peine quelques jours après leur nouveau dérapage publicitaire et quelques semaines avant la votation contre les minarets, on comprend que certains Libéraux d’influence ont déjà fait leur choix. Quelques uns commencent à évoquer formellement des idées avancées jusqu’ici par l’extrême droite, j’y reviendrai dans les prochains jours. Ils attendent seulement le moment propice pour une nouvelle coalition avec l’UDC. La 3ième étape se prépare.

Ce moment propice arrivera tôt ou tard. Radicaux et Démocrates Chrétiens Genevois n’échapperont pas éternellement à la trappe du quorum des 7%. Leur difficulté à former une relève au-delà de quelques exceptions et leur difficulté à être identifié à des réalisations spécifiques au sein de l’entente rendent leur positionnement toujours plus difficile. La trappe approche.

En France, le centre a fini par perdre son identité centriste dans le confort d’une alliance électorale avec la droite. Nous le payons aujourd’hui et encore sans doute pour quelques années. A Genève, il est encore temps pour les Radicaux genevois et le PDC d’anticiper de futures coalitions avant de se retrouver nez à nez face à un partenaire de droite qui dérive vers l’extrême droite.

Les contradictions idéologiques entre le socialisme et l’écologie faciliteront ces coalitions nouvelles.

26/10/2009

Pénurie de logements à Genève => pénurie d'emplois dans le Genevois francais

Ce week end avec d’autres membres de la commission économie de la communauté de communes du Genevois, nous organisions une rencontre entre élus et chefs d’entreprises. L’objectif de cette rencontre était pour les élus de mieux comprendre les besoins de chefs d’entreprises afin de définir des politiques qui les aident à créer plus d’emplois.

 

A des années lumières des caricatures véhiculées par les héritiers de la lutte des classes, c’est à dire la droite et la gauche, la première préoccupation des chefs d’entreprise du Genevois était la question du logement de leurs salariés.

 De manière unanime, les coûts du logement de leur salariés dans le Genevois est ce qui pénalise le plus leurs affaires. Leurs salariés sont mal logés à des prix indécents. Cela pénalise leur pouvoir d’achat, leur qualité de vie et par conséquent leur capacité à contribuer pleinement et sur le long terme au développement de l’entreprise. La question de l’accès à des logements de qualité à des prix abordables est une priorité à la fois sociale et économique.

 

 

Ce phénomène n’est pas nouveau. En revanche ce qui est beaucoup plus nouveau c’est que les chefs d’entreprises ne décrivent plus un exode de leurs salariés vers la Suisse. Lorsque je discutais avec des chefs d’entreprises jusqu'à présent, ils me décrivaient un cercle vicieux dans lequel ils recrutaient des jeunes qualifiés d’autres régions de France, les logeaient et les voyait partir 6 mois plus tard lorsque ceux-ci avait réalisé que le coût de la vie dans le Genevois français les contraignaient à aller travailler en Suisse.

 

 

Les chefs d’entreprises nous ont dit que ce phénomène était terminé. Lorsque leurs salariés comparent la situation totale, ils préfèrent rester en France : 35 heures comparé a 41h ou 42h, 8 semaines de vacances plutôt que 4 seulement, le coût de transport et de parking qui peut atteindre 1500 euros par an, le temps perdu dans les transports… et les conditions sociales qui font de l’emploi à durée indéterminé en Suisse un emploi précaire. Les conditions sociales ne sont pas attractives pour les employeurs mais le sont pour les salariés qualifiés. A cela s’ajoute un rééquilibrage partiel des salaires. D’après nos interlocuteurs, les salaires dans le privé sont entre 15% et 30% plus élevés dans le Genevois français comparé à un emploi similaire dans une autre région française.

 

 

Les Chefs d’entreprises ont particulièrement souligné le handicap des charges sociales… beaucoup plus que le coût de la fiscalité. Les charges sociales représentent plus de 70% du salaire en France contre moins de 30% en Suisse. Avec une telle différence, il est difficile de créer durablement des emplois en France. Des chefs d’entreprises demandent la création d’une zone franche sur les charges sociales afin de rééquilibrer la création d’emploi entre le Genevois français et le Genevois suisse – à l’image de ce qui se fait dans d’autres zones franche en France.

 

 

Mais le handicap du logement reste. Seuls des couples dont les deux personnes travaillent – et si possible l’un comme frontalier- peuvent payer les loyers exorbitants du Genevois français. L’insuffisance des capacités d’accueil pour la petite enfance contraint des salariés qualifiés à quitter la région faute de pouvoir payer un loyer avec un seul salaire.

 

 

Les Chefs d’Entreprises soulignent que l’attrait de la région pour leurs salariés vient de la qualité de vie : les lacs, les montagnes et les loisirs qu’ils offrent. D’après eux, le temps personnel est une dimension clefs de la vie de leurs employés. Ils décrivent notamment le cas de salariés dont le salaire est faible mais qui préfèrent prendre tous leurs jours de RTT plutôt que de toucher des heures supplémentaires. Loin des slogans « travailler plus pour gagner plus » leurs salariés qualifiés mettent leur emploi comme un moyen de vivre et non pas une fin.

 

 

L’incapacité de Genève de construire suffisamment de logements ne nuit pas seulement à la jeunesse Genevoise contrainte à l’exile et aux déplacements pendulaires en voiture, elle pénalise aussi le pouvoir d’achat des salariés en euros et le développement des entreprises du Genevois français.

 

 

Il faudra de nouveaux efforts de coordination des politiques Genevoises de chaque coté de la frontière pour empêcher que l’atout de notre qualité de vie ne soit détruit par des embouteillages croissants.

19/10/2009

Jean Sarkozy à l'EPAD : une offre qui ne se refuse pas

Comment Nicolas Sarkozy a-t'il pu convaincre le Maire et Conseiller Général de Meudon de démissionner de l'EPAD pour laisser son siège à Jean Sarkozy ? Comment peut-il convaincre les Conseillers Généraux qui siègent à l'EPAD de voter en faveur du plus jeune et du plus inexpérimentés d'entre eux ?

Hervé Marseille s'est vu proposer une nomination au Conseil Economique et Social et une investiture aux prochaines sénatoriales. En général à l'UMP lorsque les carottes ne suffisent pas on y ajoute des menaces pour en faire des offres "qui ne se refusent pas". Les Conseillers Généraux des Haut de Seine ont eux aussi voté pour un nouvel administrateur qui est le plus récent et le plus inexpérimenté d'entre eux. Des offres qui ne se refusent pas ont du aider. Les administrateurs de l'EPAD céderont ils eux aussi à des offres qui ne se refusent pas pour violer les principes républicains de la promotion au mérite et nommer un étudiant en situation d’échec ?

Pourquoi prendre le risque de mettre sur la place publique de telles dérives institutionnelles ? Est-ce pour cacher en famille les dérives financières de l'EPAD ?

L'EPAD a été présidée par Nicolas Sarkozy en 2005. Des rapports accablant de la cour des comptes, signés par Philippe Seguin (UMP) en dénoncent la gestion en ces termes :

"M. le Président de la commission des finances du Senat,

Je crois utile d'attirer votre attention sur le fait que la cour n'est pas en mesure d'émettre un avis sur la régularité, la sincérité et l'image fidele du patrimoine, de la situation et des résultats de l'EPAD, en raison de la permanence de nombreuses et graves anomalies comptables." (le rapport complet est en lien ici)

Le rapport dénonce aussi les actions de l’EPAD en dehors de tout cadre légal. En dehors des règles d’urbanisme ou de répartition des compétences. Le principal quartier d’affaire de France est une zone de non droit d’affairistes et de promoteur immobilier. Un terreau fertile pour la corruption.

La cour des comptes avait déjà publié un rapport en 1999. La situation n'avait pas changée en 2005 sous la Présidence de Nicolas Sarkozy.

Cette situation est dénoncée aussi par Jean Arthuis, Président de la commission des finances du Sénat dans un rapport que l'on peut consulter ici sur le site du Senat.

On comprend mieux l'insistance du Parrain de la République à s'assurer que la Présidence de l'EPAD est dans des mains de confiance qui ne mettrons pas au jour "les écuries d'Augias" que dénonçait le Président actuel du Conseil General des Haut de Seine Patrick Devedjian (UMP).

Tout cela sent très mauvais pour la République. Les contre pouvoirs législatifs, médiatiques et judiciaires doivent fonctionner à nouveau pour cesser de donner un cheque en blanc à un homme seul tenté par toutes les dérives. Les électeurs doivent exiger des comptes et avoir des élus qui exigent de l'exécutif qu'il en rende. La République doit devenir démocratique non pas seulement dans les mots ou les textes mais dans la pratique du pouvoir et les comportements.

10/10/2009

Azouz Begag, candidat à la Présidence de la Région Rhône Alpes

Photo Antoine Vielliard et Fabienne Faure avec Azouz Begag.JPGJeudi soir, après une réunion de travail sur le projet régional à Saint Etienne, les 8 présidents de fédérations de la région Rhône Alpes ont rencontré Azouz Begag, candidat à l'investiture du Mouvement Démocrate pour les élections régionales de mars prochain.

Le processus de désignation des candidats du Mouvement Démocrate suit son cours. Les candidatures seront recues jusqu'à fin octobre. Un groupe de travail du Comité Exécutif fera une recommandation au Conseil National qui sera soumis au vote des militants de la région avant noël. Tant pour la tête de liste régionale que pour les têtes de listes départementales.

Je connaissais Azouz Begag au travers de ses interventions médiatiques. J'ai fait la connaissance d'un homme de coeur. Passionné par son engagement. Déterminé à promouvoir des valeurs humanistes pour la société française et pour la région Rhône Alpes. Confiant dans notre capacité à convaincre les électeurs de nous confier la responsabilité de diriger la région Rhône Alpes. Volontaire pour aller mobiliser cette écrasante majorité des électeurs de notre pays qui ne s'inscrivent plus sur les listes électorales, qui ne votent plus car le discours politique ne les concerne plus.

Comme les 7 autres Présidents de Fédération, j'ai décidé de soutenir la candidature d'Azouz Begag auprès des adhérents du Mouvement Démocrate, auprès des Haut Savoyards et des Rhône Alpins. Je vous engage à faire la connaissance de celui à qui je souhaite de devenir notre Président de Région dans quelques mois.