21/04/2011

Le centre mérite qu'on se batte à le défendre

Dans notre petit bout de territoire frontalier on est frappé par le parallélisme des évolutions idéologiques de part et d'autre de la frontière. Décidément les frontières laissent maintenant tout passer : les nuages radioactifs, les changements climatiques, les flux migratoires, les frontaliers en quête d'emplois, les Genevois en quête de logements et même les courants de pensée !

De part et d'autre de la frontière on observe la lente dérive de la droite vers l'extrême droite, le conservatisme idéologique d'une gauche archaïque et au milieu un centre à l'abandon paralysé à l'idée de défendre ses valeurs et qui se mure dans un mutisme qui le condamne. Ce mutisme du centre est d'autant plus incompréhensible que les postures des idéologues sectaires font de la politique un simple jeu de rôles duquel plus aucun compromis n'émerge au service des habitants : la question du logement à Genève en est une caricature. Paradoxalement, au fur et à mesure que le centre renonce à se faire entendre, il devient chaque jour plus nécessaire au débat public.

En Haute-Savoie, il fut un temps où le centre contrôlait tout, décidait de tout. Dans les cartes électorales françaises, la Haute-Savoie était au centrisme ce qu'un phare est au marin : un rocher insubmersible qu'aucune tempête ne pouvait menacer. Mais d'alliances en compromis(sions), le Centre a cédé des villes, des cantons et des circonscriptions les unes après les autres, jusqu'à devenir marginal. Le Centre a perdu la guerre électorale à force de ne pas oser livrer de batailles. Si l'on met de côté les transmissions de fiefs et les "successions" organisées, le résultat des élections cantonales à St Julien est la première conquête électorale d'un centriste en Haute-Savoie depuis plusieurs décennies. Cette conquête doit en inspirer d'autres pour que ce ne soit que le début d'un vaste renouveau du centre si nécessaire à notre département et notre pays.

Il a fallu 5 défaites. Pas totalement des défaites : on a perdu des élections mais nous n'avons jamais perdu de campagnes. Elections après élections nous avons défendu nos valeurs, convaincu des électeurs supplémentaires. Nous avons réinstaller un centre qui ne s'affirmait plus de manière autonome depuis les législatives de 1978.

Après 30 ans d'alliances avec la droite, plus personne ne comprenait vraiment ce qui différenciait le centre de la droite. Petit à petit, le centre avait perdu son identité pour devenir une simple "droite light". Une droite light incapable de fédérer des pragmatiques de gauche et pas franchement passionante pour des pragmatiques de droite. Seuls les vrais centristes votaient encore pour cette droite light, mais nous étions incapables de fédérer au délà de nos propres rangs pour construire une majorité.

Il a fallu le courage de perdre pour affirmer nos valeurs. Le courage d'affirmer nos valeurs aux côtés de candidats de droite et de candidats de gauche d'abord aux élections cantonales de 2004, puis aux législatives de 2007. Les choses ont commencé à changé à ce moment là : un centriste qui se présente face à un sortant de droite devenait alors une option sérieuse pour des pragmatiques de centre gauche.

Mais le véritable déclencheur a été les élections municipales. Nous avons présenté une liste ouverte aux côtés de candidats UMP et de candidats PS. Là encore nous affirmions que le centre était aussi au centre qu'une tête sur les épaules ! Les masques sont tombés au second tour lorsque le PS et l'UMP ont conclut un accord par lequel le candidat UMP apportait son soutien au maire sortant PS par toutes sortes de moyens dont les plus déloyaux.

Cette alliance du PS et de l'UMP au second tour étonne les personnes qui croient encore au clivage droite/gauche. Il n'étonne pas ceux qui ont compris que le véritable clivage de la vie politique est celui des pragmatiques contre les idéologues. Une ligne de fracture qui tôt ou tard divisera en deux la droite aussi bien que la gauche. En s'alliant au second tour des élections municipales, l'UMP et le PS ont réussi à préserver leur duopôles pour quelques années mais ont révélé que le clivage gauche/droite n'est plus qu'un mythe.

Aux élections cantonales, l'UMP et le PS se sont effondrés : l'UMP arrivait 5ième avec 12,25% des voix et le PS 6ième avec 10,46%. Il avait fallu 5 défaites pour affirmer les valeurs du centre, du pragmatisme. Il avait fallu 5 défaites pour reconstruire l'identité d'un centre indépendant capable de fédérer au delà du centre. N'étant pas à droite nous devenions à nouveau un choix pour des pragmatiques de gauche, n'étant pas à gauche nous étions également un choix pour des pragmatiques de droite.

Tout celà n'a été possible que par un travail de terrain acharné et persévérant sur la durée : 360 000 documents distribués dans les boites aux lettres à quelques uns sur les 7 dernières années, des milliers de kilomètres parcourus à pied, à vélo et en voiture, des milliers de portes auxquelles nous avons frappé, près d'un millier de notes rédigées sur ce blog, des milliers de courriers, des milliers d'heures de travail, de débat, de réflection d'affichage et de tractage. Un travail tellement titanesque que j'ai du mal à comprendre comment nous en avons été capables... un peu comme quand on a gravit une montagne et qu'on se retourne : il suffit de mettre un pied devant l'autre et de recommencer.

Je crois que les valeurs du centre méritent qu'on ait le courage de se battre à les défendre. De cette expérience, je retiens que le centre doit être capable de travailler avec tous les pragmatiques en veillant à le faire de manière équitable pour ne pas y perdre son identité propre.

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03/03/2010

Logements : les réponses évasives de Mark Muller produiront les mêmes effets

Ce matin sur Radio Cité, Mark Muller a tenté d'apporter des éléments de réponse à son incapacité à construire des logements à Genève conformément à ses engagements personnels de campagne, les engagements de Genève vis-à-vis du Genevois français et les engagements du Conseil d'Etat aux Genevois dans le discours de Saint Pierre. A écouter ici (émission du 3 mars).

Aucune explication d'un contexte particulier en 2009 qui aurait pu permettre d'expliquer le chiffre lamentable de seulement 1230 logements construits. Aucune proposition pour changer les choses en 2010. Mark Muller propose de continuer comme avant. Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, cela risque bien de se traduire par à nouveau 1230 logements construits en 2010 ! M. Muller le sait bien puisqu'il ne s'est pas fixé d'objectif public de constructions pour 2010. A ce rythme, d'expulsion de sa population dans le Genevois français il faudrait construire un nouveau CEVA tous les 7 ans pour simplement stabiliser l'engorgement des routes du Genevois franco suisse. Le vote du 2ième CEVA par le Grand Conseil aurait ainsi déjà un an de retard.

M. Muller prétend que le canton travaille avec les autorités françaises sur un deuxième projet d'agglo. Cessons cette mascarade : il ne peut y avoir un second projet d'agglo que le jour où M. Muller tiendra les engagements pris lors du premier projet conclu en 2007. Genève a déjà accumulé un retard de près d'un millier de logements. Les mots que j'emploie sont beaucoup moins violents que les conséquences sur la vie des gens des politiques incohérentes qui sont menées actuellement. Par ailleurs, il est bien plus néfaste pour le projet d'agglo que M. Muller ne tiennent pas les engagements pris plutôt que de le constater publiquement.

M. Muller rappelle justement que la construction n'est pas de l'autorité des communes. Pourtant lors des élections pour le Grand Conseil et le Conseil d'Etat les uns et les autres rappelaient à quel point l'implication des communes est nécessaire à la réussite des projets de construction. Pourquoi certaines communes parviennent à faciliter la construction de suffisament de logements et d'autres bloquent tout logement ?

Ce matin aucune proposition nouvelle de la part de M. Muller. Aucune proposition de modification des lois d'urbanisme et de construction. Constatant l'échec des lois cantonales genevoises pour construire suffisament de logements, M. Muller aurait par exemple pu proposer d'appliquer pendant une période transitoire le droit vaudois, ou au moins de s'inspirer de certaines règles vaudoises.

Aucune remise en question des choix économiques : est-il pertinent de vouloir continuer à faire venir les hedge funds de Londres tant qu'il n'y aura pas assez de logements pour les habitants ?

Aucune explication de blocage ou demande de moyens ou de pouvoirs spéciaux pour pouvoir apporter des solutions réelles à la pénurie de logement. Aucune demande d'aide.. M. Muller souhaite simplement poursuivre le travail avec des méthodes qui ont prouvé leur échec.

Aucune proposition pour inciter les communes à s'impliquer dans la construction de logements. Elles continueront à s'opposer plutôt qu'à jouer leur rôle d'intermédiaire avec les opposants.

Aucune proposition pour que les tribunaux puissent imposer aux opposants abusifs d'assumer financièrement les surcoûts de construction qu'engendrent leurs oppositions abusives. Ces surcoûts continueront d'être payés par les mal logés.

Aucune proposition de réquisitionnement.

Bref aucune proposition pour construire des logements pour les Genevois et cesser d'exporter cette pression foncière intolérable. Le slogan des Libéraux durant la campagne cantonale était pourtant "+ de logements". Cette absence de réponse est inquiétante pour la qualité de vie et le pouvoir d'achat de tous les habitants du Genevois franco suisse... et semble inquiéter jusque dans les rangs Libéraux genevois.

 

PS : Contrairement à ses espoirs, M. Muller m'aura encore sur le dos après les élections régionales du 22 mars et tant qu'il ne tiendra pas ses engagements tant vis à vis des Genevois que du Genevois français... il devrait aussi avoir pas mal de députés, de journalistes et de Genevois sur le dos.

11/02/2010

Le gone du Chaâba

Il y a quelques jours j’ai revu le film “Le gone du Chaâba”. Un film adapté du roman autobiographique d’Azouz Begag. Un film qui raconte son enfance. Né en France de parents algériens, Azouz y raconte les difficultés d’un enfant qui façonne son identité dans les bidonvilles de la banlieue lyonnaise. Encourageé par l’ambition d’un père pour son fils, il suit avec passion l’enseignement de l’école républicaine.

Depuis Azouz est devenu chercheur, écrivain et ministre. Il enseigne la sociologie dans divers universités à travers le monde. Son parcours en fait une personnalité unique dans un monde politique où tout est plus ou moins formaté par les années de cumul de mandat.

Il sera ce jeudi soir l’invité de l’émission d’Arlette Chabot dans « A Vous de Juger » en seconde partie de soirée sur France 2.

08/02/2010

Le mercato des régionales ou la fin des idéologies

Ces élections régionales vont apporter une grande nouveauté : des UMP figurent sur des listes PS (Romero à Paris ou Gérard Perissin Fabert, le Maire du Grand Bornand en Haute Savoie), des Verts sur des listes PS et MODEM, des MODEM sur des listes PS et des listes UMP, des PS sur des listes MODEM (en PACA) , des PS sur des listes UMP (la Gauche moderne), des PC et des PS sur des listes verts... des combinaisons dans tous les sens. Il y a quelques années ce type de candidatures n'existaient que pour les élections municipales. Les structures partisanes y avaient peu d'influence faute de pouvoir proposer des projets de ville pour chaque commune. On y voyait alors ces listes de rassemblement municipal.

Mais de toutes les élections, ce sont bien les régionales qui sont les plus partisanes dans leur mode de désignation. Ces "échanges" que Jean-Luc Bennahmias appelle le "mercato" des régionales, apportent une nouvelle preuve que les idéologies sont désormais incapables d'apporter des solutions toutes faites. Face à la crise financières qui impose à la fois des nationalisations de banques et une régulation sans précédent, les recettes miracles des idéologies de droite et de gauche sont périmées. Il faut désormais aborder les problèmes avec pragmatisme. La diversité des équipes qui pouvaient être source d'incohérence du temps des idéologies devient désormais source de diversité de solutions.

Ces échanges peuvent permettre des débats internes. Mais ils sont insuffisants pour rassembler. C'est pourtant le rassemblement de tous les Français et les Rhône Alpins qui pourra permettre d'apporter des solutions aux problèmes de dette publoique, de croissance, d'emploi, de révolution environnementale et de formation qui se posent.

Alors que leurs propres listes fédèrent des personnalités de gauche et de droite, il va devenir compliqué pour la gauche de traiter la droite en ennemi et reciproquement. Il est désormais temps que les élus quelqu'ils soient s'acceptent les uns les autres comme représentant d'une partie des français avec lesquels nous devons construire l'avenir... ce qui se fait chaque jour dans toutes les communautés de communes de France.

28/01/2010

Les enfants des retraités aussi ont droit à l’espoir d’une retraite méritée

Les systèmes de retraites vont droit vers l’implosion. Le diagnostic est posé depuis les années 80. Il a été renouvelle à chaque fois qu’une commission d’experts ou une commission d’enquête parlementaire s’est penchée sur le sujet.

Le constat est vrai en France ou devra s’ouvrir un n-ième débat sur les retraites. Si ce débat est nécessaire c’est que les réformes précédentes ont été insuffisantes pour assurer l’avenir du système de retraite. Un aveu d’échec pour les prétendues reformes courageuses entreprises précédemment par Fillon. L’enjeu du débat en sera essentiellement l’âge de départ en retraite, l’emploi des seniors et des incitations nouvelles à la maternité – 3 domaines dans lesquels la France fait figure d’exception en Europe.

Le problème existe aussi en Suisse avec la votation du 7 mars sur la baisse du taux de redistribution du capital en rente sur le deuxième pilier. Une baisse honteusement retardée par les élus âgés du Conseil des Etats et du Conseil National afin qu’elle ne concerne pas leur propre génération. Une baisse nécessaire que les socialistes suisses et les syndicats veulent refuser. Un refus de cette baisse conduirait à des baisses plus drastiques encore demain dont les actifs actuels seraient les victimes – les frontaliers aussi.

L’absence de réformes conduirait les systèmes de retraites dans des situations inextricables qui conduiraient inévitablement à des retraites insuffisantes pour vivre pour les retraités de demain.

La solidarité entre les générations exige que nos systèmes de retraite fonctionnent correctement. Elle exige que la génération des papy-boomers assume sa part du coût généré par l’augmentation de l’espérance de vie et la baisse de la natalité. Les rentes de la retraite doivent être adaptées à des données démographiques, sociales et de santé qui ont changé. Le poids démographique croissant et l’influence électorale prépondérante des retraites ne peut être utilisée pour imposer des lois qui seraient si pénalisantes pour les enfants des retraités.

Préserver cette solidarité entre les générations est impératif pour pouvoir à terme assurer le financement de la dépendance.

22/01/2010

On circule parfaitement bien à Genève, de quoi se plaint-on ?

Beaucoup d’habitants se plaignent d’être coincés dans les embouteillages, de mettre deux fois plus de temps dans leurs déplacements quotidiens qu’il y a seulement quelques années. Les études statistiques montrent d’ailleurs que la circulation est si mauvaise que la distance moyenne a été réduite : les Genevois se deplacent moins loin depuis qu’ils circulent moins bien. Découragés par les encombrements permanents, ils renoncent à des activités. On passe de la mobilité à l'immobilité.

J’ai une excellente nouvelle pour tous ceux qui estiment que ces embouteillages détruisent la qualité de vie du Genevois franco suisse. Dans quelques années, ils s’en souviendront comme de la belle époque durant laquelle on pouvait encore circuler dans le Genevois. Dans quelques années, si rien ne change, ce qui nous semble aujourd’hui être un enfer de circulation nous semblera alors un paradis.

Dans quelques années et d’après le projet d’agglomération, si le canton maintient ses politiques d’exonération fiscales, ce sont 200 000 personnes qui se seront installées dans le Genevois franco suisse à la demande de leur employeur. Dans quelques années, si le Canton se limite à l’objectif dérisoire de ne construire que 2500 logements par an, ce sont plus de 100 000 de ces nouveaux résidents s’installeront dans le Genevois français et 20 à 30 000 dans le district de Nyon. Avec un habitat aussi dispersé et une offre de transport insuffisante, ce seront environ 50 0000 à 70 000 voitures supplémentaires que nos routes actuelles devront accueillir.

On se rappellera de nos embouteillages quotidiens actuels comme de la belle époque !

Il y a aussi une autre solution : mettre en cohérence la politique économique du canton, sa politique du logement et sa politique de mobilité. Construire suffisamment de logements proches des réseaux de transports en commun pour que ces nouveaux habitants ne se transforment pas rapidement en automobilistes supplémentaires. Développer l’offre de transports en commun. Maitriser le flux migratoire en axant la politique économique sur la création d’emplois sur place qui correspondent aux compétences et qualifications des chômeurs Genevois plutôt que d’aggraver nos problèmes de transports et de logement par des exonérations fiscales exubérantes.

Si ces changements sont apportés. Si les magistrats actuels changent de vision pour Genève, ou s’ils sont remplacés par une nouvelle génération, alors Genève peut encore s’en sortir. On se souviendra alors à peine de ces années d’embouteillage comme d’un mauvais rêve.

Compte rendu du Débat d'Orientation Budgétaire de Saint Julien en Genevois

Hier soir avait lieu au Conseil Municipal le Débat d'Orientation Budgétaire.

Les données présentées sur le budget 2009 ont montré que les commentaires que nous avions fait lors de la discussion budgétaire se sont tous réalisés :

1) L'augmentation considérable de la population de Saint Julien conduit à une augmentation des recettes d'impôts locaux considérables. Ce n'est que le début puisque les habitants des nouvelles constructions sont temporairement éxonérés d'impôts locaux. L'an dernier lors de la discussion budgétaire on nous avait parlé d'un "effet ciseau" entre les dépenses et les recettes, on constate que l'augmentation des recettes sera considérable et durable. Ce sont environ 230 000 euros d'impôts supplémentaires qui ont été perçus par la commune en raison de ces nouveaux habitants - nous estimions cette hausse entre 150 000 et 300 000 euros lors du débat budgétaire. L'effet sera encore plus important en 2010.. et n'est pas pris en compte dans le document préparatoire au budget.

2) Les fonds frontaliers ont considérablement augmenté eux aussi, puisque la plupart de ces nouveaux habitants sont nécessairement des frontaliers en raison des prix atteints par l'immobilier qui excluent les travailleurs français et en raison de la poursuite de la pénurie à Genève. Le nombre de frontaliers recensés (Permis G ou citoyen suisse) est passé de 3039 à 3286. Près de 10% de frontaliers en plus dans la commune qui représentent désormais un peu moins de 60% des actifs ! La croissance a été encore plus forte à Saint Julien. L'augmentation des recettes de fonds frontaliers est de 273 000 euros, nous l'estimions à 300 000 euros lors du débat budgétaire. Nous pouvons faire encore mieux par un recensement des frontaliers qui ne se limite pas aux familles et parents mais aussi aux célibataires. La pénurie de logements à Genève promet de nouvelles années de croissance. Il est probable que tôt ou tard, l'Etat Français en faillite voudra toucher la part qu'il lui revient de ce bientôt milliard de Françs Suisses prélévés par le canton de Genève sur des résidents français. Mais il devra alors en reverser une somme équivalente aux communes pour éviter une faillite de toutes les communes du Genevois français.

3) Les taux d'intérêts ont baissé. Cela semble se traduire par une baisse des intérêts payés sur la dette de 150 000 euros nous l'estimions à 100 000 euros lors du débat budgétaire. L'économie est encore supérieure aux estimations maximales que je faisais lors du débat budgétaire. Il était paradoxale de prévoir une situation de crise où toutes les recettes fondaient... mais les taux d'intérêts restaient élevés.

Au total ce sont 653 000 euros de recettes supplémentaires qui n'étaient pas prévues au budget, que nous avions nous prévu avec justesse et qui sont tombées dans l'oreille de sourds... elles auraient pourtant rendues inutiles l'augmentation des impôts de 8,5% infligée aux habitants. 264 000 euros d'impôts supplémentaires et inutiles qui ont pénalisé leur pouvoir d'achat.

On pourrait penser qu'il s'agit d'une constitution de réserve prudente. La gestion est effectivement plus prudente avec l'arrivée dans l'équipe de l'adjoint au finance Michel de Smedt. Mais à quoi serviront ces réserves ? A financer de manière excessive et en dehors des procédures le Festival Guitare en Scène, à financer une piscine qui générerait des déficits chroniques pour la commune, à financer un budget fêtes et cérémonies manifestement excessif et en augmentation constante, ou à financer un budget communication lui aussi excessif et croissant ?

La situation aurait pu être plus difficile c'est vrai. Mais la municipalité avait budgeté chacun des risques à 100% sans prendre en compte leur probabilité. Ce faisant elle a constitué des réserves considérables qui ont facilité des dépenses inutiles pour les habitants.

Puisque toutes les prétextes qui ont servi à justifier l'augmentation d'impôts s'avèrent faux, il serait logique de revenir aux taux d'imposition de 2008.

En revanche, nous pouvons exprimé la satisfaction de voir nos priorités reprises presque intégralement par la municipalité : Petite enfance, Transport, Aménagement de la ville et Commerce - pas forcément de la même manière que nous l'aurions fait. La municipalité semble avoir renoncé à quelques unes de ses autres promesses de campagne : piscine, grand parc urbain de 5 hectares, résidence pour jeune près de la Gare, espace culturel etc...etc.. et ils y ajoutent le maintien de la Maison de Justice, du Trésor Public et de la Maison de l'emploi comme grande priorité. (cf document de campagne de la municipalité ici : Profession_de_foi.pdf)

Nous passons ensuite au reste de l'ordre du jour du Conseil Municipal : autorisation de dépenses en attendant le vote du budget en mars, perception de subvention, subvention au foot, réservation de contingentement de logements sociaux -enfin 60 logements sociaux, le plus grand programme mis en oeuvre par le Maire depuis son élection en 2001 -, renouvellement de la convention avec Trait d'Union pour les chantiers d'insertion, création d'un emploi fonctionnel de Directeur des Services Techniques, plateforme de dématérialisation des marchés publics, et demande de classement de Saint Julien en commune touristique. Nous votons sans hésitation toutes ces excellentes délibérations d'affaires courantes. Aucune délibération sur ce qui vient d'être annoncé comme les priorités de la municipalité. Il y a quelques jours un élu du canton me disait "Saint Julien, morne plaine"... les priorités des habitants de Saint Julien n'ont pas avancées au Conseil Municipal d'hier soir.

 

Je vous recommande de relire ici la note que j'écrivais juste après le débat budgétaire de l'an dernier.

19/01/2010

Débat d'orientation budgétaire municipal à Saint Julien en Genevois ce jeudi

Vous trouverez ci-dessous en lien un document préparatoire au débat d'orientation budgétaire qui se tiendra jeudi soir au Conseil Municipal de Saint Julien en Genevois. Comme l'an dernier un excellent document préparé par les services de la Mairie et l'adjoint au finance, Michel de Smedt.

Ce document confirme a posteriori les positions que nous avions défendues l'an dernier. La hausse des impôts extravagante s'est avérée inutile... elle a été dilapidée à 50% par la subvention exceptionnelle accordée à Guitare en Scène en dehors de tous les processus d'attribution de subvention habituels suivi par toutes les autres associations de la commune.

Les recommandations que la minorité avait faite pour un meilleur recensement des frontaliers ont rapporté 70 000 euros supplémentaires à la commune - qui s'ajoute à la croissance observée par ailleurs dans toutes les communes du département. Nous avons fait d'autres recommandations pour un meilleur recensement des frontaliers qui porteront leur fruit l’an prochain. Si vous êtes vous-même frontaliers (Suisse, Français ou Europeen), veillez à être bien recensé en Mairie afin que la commune puisse toucher la rétrocession plus de 800 euros par frontalier.

L'argument clef de la crise avait été utilisé pour justifier une augmentation d'impôt extravagante. De nombreux risques ne se sont pas matérialisés en 2009. Il y a même quelques bonnes surprises comme les fonds frontaliers. Dans le même temps, des dépenses exagérées ont été faites en 2009. Tout indique qu'il serait donc pertinent pour la commune de supprimer l'augmentation des impôts de l'an dernier et revenir a des taux plus modérés. C’est une question de pouvoir d’achat pour les habitants de la commune.

Espérons que contrairement à l’an dernier, cet excellent document conduise à d’excellentes décisions.

Telechargez le document ici :

DOB 2010.doc

 

18/01/2010

Ordre du jour du Conseil Municipal du 21 janvier 2010

Vous trouverez ci dessous l'ordre du jour du Conseil Municipal de Saint Julien en Genevois du jeudi 21 janvier. Le Conseil Municipal se reunira en reunion publique en Mairie. Vous y etes chaleureusement invite. Vous pouvez par ailleurs nous faire part de vos remarques au sujet de l'ordre du jour - sur ce site au travers d'un commentaire ou par mail ou telephone (section a propos).

 

Ordre du jour du Conseil Municipal de Saint Julien en Genevois du 21 janvier 2010.pdf

Retrouver la passion dans son travail pour créer plus

La semaine dernière j'ai rencontré une personne passionée par son travail. J'ai soudainement réalisé que cela faisait longtemps que je n'avais pas entendu quelqu'un parler avec passion et enthousiasme de son travail. Beaucoup sont las. Ils s’y investissent moins et n’y trouvent plus beaucoup d’autre sens que celui de survivre.

Des discussions annuels de performances baclés, des responsables qui ne font même plus semblant de s'intéresser à ce que font leurs équipes... et même des commerçants, eux même patrons, qui finissent par se lasser de se faire engueuler sans cesse par des clients toujours plus exigents et rarement reconnaissant du travail accompli. : même les patrons ont des patrons - leurs clients-.

Il y a de multiples causes à cette désaffection :

1) Des exigences de rentabilité excessives des marchés ont conduit les dirigeants à produire du cash à court terme plutôt que d’investir dans leur avenir. Au bout de la chaine les salariés constatent le non sens des décisions qu’ils doivent appliquer. Ils constatent que ces décisions reviennent à scier la branche sur laquelle ils sont assis. Il en va par exemple des décisions d’investissement dictées par des normes comptables ou des mesures internes. Les mécanismes qui ont conduit les banques à acheter des subprimes aux taux élevés mais sans solvabilité sont encore à l’œuvre. Pour afficher 15% de croissance des bénéfices par an dans une économie mondiale dont la croissance dépasse rarement les 4%, il faut réduire les investissements, augmenter les prix et réduire la qualité. Exiger 15% de rentabilité c’est tuer la poule aux œufs d’or des entreprises. Les salariés le constatent et n’ont plus de passion pour leur métier.

2) Des réorganisations constantes qui conduisent à la disparition du management. Un cadre supérieur m’expliquait récemment assez justement : « quand j’ai commencé à travailler un manager avait deux, trois ou quatre personnes qui lui rapportaient. Il savait parfaitement ce qu’elles faisaient. Il pouvait les former, les suivre, les aider et les évaluer. Aujourd’hui non seulement il a une dizaine de personnes qui lui rapportent mais il a aussi un travail à temps plein pour lui. Il ne sait pratiquement pas ce que font ses salariés et n’est plus capable ni de les former ni de les évaluer. » Il continuait en expliquant que les évaluations ne se faisaient plus sur le travail produit mais sur le travail montré. Ce qui conduit aussi à enlever toute passion au travail.

3) Une relation de confiance qui a été détruite : la nouvelle génération de salariés qui prend de nouvelles responsabilités dans les entreprises ont compris les limites de la relation de confiance entre employeurs et employés. Ils ont vu leurs parents être licenciés à 55 ans. Ils ont vécu la valeur purement vénale du contrat de travail qui se réduit à un échange économique. La destruction de la composante humaine du contrat de travail a conduit à déshumaniser le travail et à lui retirer une partie de la passion nécessaire.

La passion est pourtant nécessaire au travail. Il faut de la passion pour qu’il y ait de la créativité. Il faut de la créativité pour qu’il y ait de l’innovation, de la croissance ou une meilleure efficacité.

Contrairement au slogan simpliste "travailler plus pour gagner plus" qui a berné surtout des électeurs de retraités, gagner plus ne suffira pas pour réintroduire de la passion dans le travail. Il faudra redonner du sens au travail.

Cela passera par une incitation fiscale pour les entreprises à investir dans leur avenir plutôt que de se réduire à l’état de machine à cash. Les salariés devront avoir confiance de travailler à l'avenir de leur entreprise et pas à en faire de simple vache à lait. L’économie sociale et solidaire peut introduire une nouvelle concurrence sur les marchés qui redynamise l’activité économique et lui donne un sens nouveau. Paradoxalement, les carcans du droit du travail en France, considérés jusqu’à présent comme un handicap pour l’économie, pourrait bien devenir un atout pour réinstaurer une meilleure confiance dans les entreprises françaises. Il faudra aussi faire de l’entreprise un lieu de formation continue où l’on apprend constamment les nouveaux métiers qui apparaissent. Alors que les carrières de plusieurs décennies sont de plus en plus l’exception, il faudra imaginer de nouvelles formes de formation continue qui ne soient pas nécessairement organisée par l’employeur mais par la collectivité.