23/02/2010

Plus que quelques mois pour tenir les engagements de Genève sur les logements

Sur les 10 dernières années ce sont 10 000 personnes qui se sont installées chaque année dans le Genevois franco suisse. C'est leur employeur attiré par les exonérations fiscales exorbitantes (exonération totale d'impôts sur les sociétés sur le profit réalisé à l'extérieur de la Suisse) qui a obligé ces personnes à venir s'installer dans le Genevois franco Suisse. Un tiers a pu s'installer à Genève et les deux tiers ont du s'installer dans le genevois français et le district de Nyon faute de logements à Genève.

Pour loger une partie de ces personnes à proximité des transports en commun et pour rattraper le retard, il faudrait que Genève construise 5000 logements par an. Lors de la signature du projet d'agglo en décembre 2007, Genève avait pris l'engagement d'en construire seulement 1600. Un chiffre dérisoire mais accepté par les partenaires français - augmenté depuis à 2500 logements par an. Les chiffres pour 2009 viennent de sortir : seulement 1230 logements dans le canton. Il y a de moins en moins de logements et le Conseil d'Etat souhaite encore faire venir les Hedges Funds de Londres !!!

Les élus français qui ont contribué au projet d'agglo se sentent trahis, violés. Nous avons fait notre part du travail : plus de 100 millions d'euros investits dans le CEVA. La capacité de la ligne D augmentée de +50% en décembre 2009. Pendant ce temps là, Genève a continué à faire venir du monde et à ne pas construire de logements.

L'exaspération cède le pas à la colère. Les élus qui avaient travaillé de manière constructive à l'élaboration du projet d'agglo sont trahis. Côté Français les infirmières, les assistantes maternelles et les maçons ont déjà dû quitter le genevois français. Si la pression foncière augmente il n'y aura bientôt plus de professeurs, de gendarmes, de caissières, de policiers ni de fonctionnaires territoriaux : les coûts des logements ne leur permettent pas de vivre décemment. Il n'y aura pas plus de petits enfants que de grand parents.

Nous avons été patients - ça fait 30 ans que ça dure ! Nous avons fait confiance à Genève. Mais notre patience à des limites. A quoi bon contribuer à réduire les problèmes de mobilité si Genève continue de les aggraver par les incohérences de ses politiques économiques et du logement ? A quoi bon construire le CEVA pour 50 000 usagers quotidiens si Genève expulse 50 000 de ses habitants dans le Genevois français tous les 7 ans ? A quoi bon augmenter la capacité de la ligne D et créer de nouvelles lignes si celà ne sert qu'à permettre à Genève de fuire sa responsabilité sur la construction de logements ?

Genève n'a plus beaucoup de temps pour convaincre ses partenaires de sa bonne foi. Si les prochaines statistiques sur les constructions de logements à Genève sont aussi desastreuses, il n'y aura plus de majorité en France pour financer les projets de transports en commun transfrontaliers. Ceux-ci devront être suspendus à la tenue par Genève de ses engagements contractuels du projet d'agglo. On pourra préparer les études, bloquer les financements.. mais il n'y aura pas un seul coup de pioche ou de marteau piqueur, pas une seule commande de bus, tant que Genève ne construira pas suffisament de logements. Le Maire d'Annemasse et le Maire de Saint Julien, interessés par les subventions de Berne pour leurs gares respectives, n'auront pas de majorité d'élus derrière aux pour apporter la signature française nécessaire au nouveau projet d'agglo. Sans signature française sur le projet d'agglo, Genève devra laisser filer les subventions fédérales pour Zürich et Bâle.

Le genevois français n'a pas les moyens financiers d'empêcher Genève de se suicider dans la paralysie des embouteillages par ses incohérences politiques.