19/03/2010

Logements : Apprendre des erreurs faites à Puplinge, Avully et Onex

Avully et Puplinge partagent deux points communs : ce sont les deux seules communes genevoise qui n’ont construit AUCUN logement pour leurs enfants de 2004 à 2008. Ce sont aussi deux communes qui ont vu leur taille plus que doubler à un moment de leur histoire.

 

Ce doublement de taille s’est fait de manière abrupte, soudaine et violente. La construction de trop de logements, trop vite et trop mal dans ces deux communes a laissé des séquelles durables sur les finances de ces communes aussi bien que sur la capacité des habitants d’accepter de nouveaux logements.

 

Cela s’est payé cher : pratiquement aucuns logements construits à Avully pendant plus de 40 ans, et à Puplinge pendant plus de 30 ans. Pendant que l’immobilisme communal se prolongeait, ce sont deux générations d’habitants qui ont vu le jour… les enfants des habitants et maintenant leurs petits enfants ont du quitter la commune et souvent même le canton. Ce sont désormais de nouveaux automobilistes qui encombrent les routes.

 

Onex est dans une situation assez proche. Le canton dans son ensemble est traumatisé par des projets de logements, gigantesques et mal pensés au départ. La construction de nouveaux logements qui doit être naturel pour tous les habitants qui ont des enfants est vécue comme un traumatisme.

 

Pour éviter de nouveaux drames, il est nécessaire que l’effort de construction de logements soit partagé entre toutes les communes, qu’il soit continu et progressif plutôt que d’être concentré dans certains lieux et se faire par paliers. Les mégas projets de 15 000 logements peuvent soulager la crise du logement de manière temporaire, mais ils peuvent aussi l’aggraver à long terme en renforçant l’opposition populaire aux mega projets de logements trop artificiels.

 

Le besoin en logements est d’environ 2% de logements par an. Pour arriver à une telle moyenne, il est nécessaire que toutes les communes construisent au minimum 1% de logements par an et que les communes les mieux desservies par les transports en commun en construisent 3% par an. Les constructions continues, progressives, bien reparties entre les communes seront plus acceptables pour les habitants que des grands projets concentrés sur certaines communes et de manière soudaine.

 

Pour que cette évolution se fasse de manière continue et progressive, il est nécessaire 1) d’intéresser fiscalement et financièrement les communes à la construction de logements et 2) de déclasser des surfaces équivalentes dans toutes les communes en même temps pour éviter que la pression foncière ne s’exerce trop fortement et successivement sur les trop rares terrains déclassés.