24/02/2012

Socialisme et spéculation immobilière : le mythe socialiste s'effondre à Ambilly

Dans la mythologie socialiste il y a les gentils et les méchants : les gentils salariés et les méchants patrons, les gentils locataires et les méchants propriétaires. Une mythologie d'ailleurs tout aussi absurde que la mythologie de droite pour laquelle il y a les gentils entrepreneurs et les fainéants syndicalistes, les gentilles fortunes qui paient trop d'impôts et les méchants exploiteurs qui abusent des systèmes sociaux. En réalité le monde est plus complexe : chacun agit selon ses intérêts particuliers, et la politique, la loi doivent fixer des règles, des sanctions et des pénalités pour que l'intérêt particulier ne s'oppose pas à l'intérêt général : et de ce point de vue là il y a beaucoup de boulot.

Dans notre région, les socialistes sont les premiers à dénoncer à juste titre la spéculation immobilière, les prix hallucinants. L'exploitation des régies. Les hausses de loyer des anciens locataires.. pourtant dérisoires comparées aux loyers des jeunes ménages.

Mais cette semaine un mythe s'est effondré. Un maire socialiste dont la commune était propriétaire de terrain à Thônex s'est vanté dans tous les journaux nationaux d'avoir vendu pour des terrains pour 110 millions d'euros à 2300 familles. Une petite division plus tard et on s'apercoit que le gentil socialiste a, selon la mythologie traditionnelle, "extorqué" 47 826 euros à chaque famille. 47 826 euros qui viendront s'ajouter au loyer, et amputer le pouvoir d'achat de familles modestes pendant plusieurs décennies. On pourrait s'attendre à ce que le banc et l'arrière banc socialiste montent sur leurs grands chevaux pour dénoncer cette "spéculation, ce profiteur qui exploite la pénurie. La spéculation éhontée d'un propriétaire qui profite du malheur des gens".

Et bien, non parce que le Maire d'Ambilly a pris une décision qui est conforme aux intérêts de la commune : vendre au plus offrant. C'est ce qu'avait fait son prédécesseur, c'est la décision qu'a confirmé le Maire actuel en changeant juste les modalités de paiement pour s'arroger la paternité de la décision. On aurait pu s'attendre à un peu plus d'humilité : faire une vente jackpot dans un contexte de pénurie absolue n'est pas plus honorable que faire des affaires au marché noir pendant la guerre.

Peut être que par cette expérience personnelle, les socialistes de notre agglomération comprendront que les décisions des régies, aussi regrettables et néfastes qu'elles soient ne sont que la conséquence logique d'une pénurie de logements qu'ils entretiennent en s'opposant aux constructions dans toutes les communes qu'ils dirigent. Peut être que les socialistes de notre belle région comprendront qu'il est plus raisonnable de construire l'avenir sur la réalité que sur des mythes. Peut être que les socialistes commenceront à chercher à comprendre le monde autant qu'ils aspirent, comme tout le monde, à le changer.

Peut-être.. ou peut-être pas ! C'est dur de renoncer à ses illusions.

01/03/2010

Quand les socialistes du genevois français remercient Genève de ne pas construire les logements promis !!!

Ce matin, Pascal Décaillet a invité les Maires socialistes de Saint Julien en Genevois et d'Ambilly pour débattre des positions que j'ai prises au sujet des dernières statistiques de construction de logement à Genève : seulement 1230 logements construits en 2009 contre 1600 promis dans la charte d'agglo de décembre 2007, 2500 promis en décembre 2009... et 5000 nécessaires pour stopper l'aggravation des problèmes de circulation. Vous pouvez écouter le débat de ce matin en ligne : émission du 1er mars.

Pour les camarades du parti socialiste, ça prend beaucoup de temps de construire des logements - merci pour l'évidence - et "ils y travaillent avec leurs collègues genevois et ça avance" - merci pour l'absurdité puisque les chiffres démontrent le contraire. Quand on commence à raconter des évidences et des absurdités on peut aussi bien dire "le soleil et dans le ciel et la terre est carrée", mais celà relève alors plus de la poésie surréaliste que de la politique. Je n'ai même pas pu répondre à ces propos. Pour y répondre il aurait fallu que leurs propos soient rationels.

Cela révèle en revanche deux biais. Le premier sur les relations institutionnels entre le Genevois français et les autorités du canton. Jusqu'à présent elles ont été fondée sur des naïves et hypocrites politesses : on signe une charte d'engagement d'agglo. Les personnes informées savent que le canton estiment ce projet d'agglo irréalisable et il n'a d'ailleurs pas la moindre intention de tenir ses engagements contractuels. Dommage parce que côté Français tout le monde a pris les promesses à la lettre et continuera de le faire. Et on a bien l'intention de contraindre le Conseil d'Etat à tenir ces engagements quitte à prendre à témoin les habitants de Genève eux-mêmes puisque les mêmes promesses leur ont été faites. Jean-Michel Thénard (PS) et Guillaume Mathelier (PS) ont la naïveté d'affirmer que les choses avancent alors que tout prouve que deux ans après la signature du projet d'agglo les constructions reculent ! Ils redoublent de politesses obligées. Pour améliorer la vie des habitants du Genevois franco suisse, la franchise et la sincérité feront beaucoup plus que des politesses naïves et hypocrites.

Le second biais c'est sur la vie politique française. Les camarades du parti socialiste ont grandi au biberon de la lutte des classes. A l'époque il fallait systématiquement dire le contraire de ce que disait un concurrent politique. Quelqu'un devrait dire à ces alliés de la faucille et du marteau au Conseil Régional que le mur de Berlin est tombé en 1989. Qu'il est temps de dialoguer de manière ouverte et constructive plutôt que de nier des faits dans le débat politique comme ils l'ont fait ce matin. Le problème c'est que dans la France du bipartisme, le débat politique n'est fait que d'invective entre les héritiers de la lutte des classes. Les déficits et les dettes explosent tant dans les comptes de l'Etat que ceux de la Région... et ils continuent de s'invectiver plutôt que d'assumer leurs responsabilités respectives.

Heureusement, nous sommes là pour porter les préoccupations des habitants sur le logement et l'explosion des dettes publiques. Pendant que Jean-Michel Thénard et Guillaume Mathelier remercient Genève de ne pas construire de logements, entre le quart et le tiers des nouveaux logements du Genevois français sont achetés par de jeunes suisses que le canton a expulsé faute de construire des logements. La pression foncière prive les infirmières, les fonctionnaires, les employés des entreprises, les retraités de pouvoir d'achat et de qualité de vie. Hier sur le marché de Collonges sous Salève j'ai rencontré un jeune qui travaille 6 jours sur 7 et qui s'est vu refusé un logement : son salaire ne lui permet pas de se loger. Les prises de positions électorales de Jean-Michel Thénard et de Guillaume Mathelier ce matin sont pitoyables au regard de la détresse de ce jeune... et des dizaine de milliers de genevois mal logés.