11/10/2009

Xénophobie MCG : une claque salutaire ?

Un nombre important et croissant de Genevois ont voté en faveur des thèses étriquées, sectaires et xénophobes du Mouvement des Citoyens Genevois lors des élections au Grand Conseil.

Avec 17 sièges, ce parti anti frontaliers devient le 2ième parti au Grand Conseil à égalité avec les Verts et devant les socialistes. Ce résultat est inquiétant pour les Genevois eux mêmes. Le MCG a pour habitude de bloquer les débats et de s'opposer à toutes les propositions. Avec un parlement fragmenté et des extrêmes aussi forts, il sera difficile de constituer des majorités sur des propositions constructives pour améliorer la situation des Genevois sur le logement, les transports et l'emploi. Il est probable que dans 4 ans, les problèmes de Genève n'ait pas beaucoup changé.. ils auront simplement ampiré de 4 ans. L'ensemble du Genevois franco suisse en souffrira.

Cette évolution est dangereuse : le discours xénophobes antifrontaliers pourraient donner des ailes aux discours xénophobes anti suisses. Des slogans réducteurs "Stop à la colonisation Genevoise" pourraient facilement répondre aux slogans réducteurs "Assez de frontaliers". De tels slogans n'apportant aucune réponse pratique aux problèmes qu'ils soulignent.

Les partis qui ont fait campagne sur le thème de l'insécurité ont servi la soupe au MCG et sont sanctionnés par les électeurs - à commencer par les Libéraux. Qu'ils en retiennent la leçon et qu'ils s'occupent dorénavant des problèmes de logement et de transports.

L'abstention massive qui s'élève à près de 60% et le score des partis extrêmes soulignent l'incapacité des partis de gouvernement à apporter des réponses aux problèmes des citoyens Genevois.

L'agglomération du Genevois franco suisse se construit sans doute un peu trop vite et trop secrètement pour beaucoup d'habitants. Cela fait 50 ans que de part et d'autre de la frontière les élus s'ignorent et se refilent leurs problèmes les plus chauds : emploi pour les uns, logements pour les autres. En quelques années, on est passé d'un discours d'ignorance et de frontière à un discours binational d'agglomération commune qui perturbe beaucoup d'électeurs. Les routes du canton sont paralysées par des voitures 74 et 01 de plus en plus conduites par des Genevois qui ont du émigrer faute de logement. La politique économique du canton de Genève continue d'attirer des multinationales, leurs employés et leurs familles... alors qu'il n'y a déjà ni logements pour les Genevois, ni moyens de transports pour leur mobilité.

Le débat sur l'agglomération doit être un débat public avec les populations et pas un débat dans des réunions d'élus initiés.

Pour mobiliser les 60% de Genevois qui s'abstiennent, les politiques genevoises devront remettre l'intérêt des habitants avant les intérêts fiscaux et budgétaires du canton. L'intérêt des habitants suppose de construire des logements pour tous, de créer des emplois localement pour les chômeurs et de lancer les infrastructures de transports dont tout le monde à besoin... plutôt que de continuer à faire venir un millier de cadres et leurs familles chaque années à coup d'exonérations fiscales.

Si la claque du score du MCG incite les partis de gouvernement à agir enfin efficacement alors cette triste journée électorale aura un impact positif pour le Genevois franco suisse.