17/05/2009

Européennes : comment l'UMP viole la démocratie

En 2003, le Gouvernement Raffarin avait modifié la loi électorale pour les élections régionales et européennes. Quelques soient les prétextes avancés, les modifications apportées avait pour conséquence de biaiser le résultat des urnes et d'accorder à l'UMP (et au PS) des sièges supplémentaires. Les ficelles étaient tellement grossières que même le Conseil Constitutionnel avait invalidé la loi électorale pour les régionales qui avait dû être refaite. Mais c'est cette loi de 2003 qui s'appliquera pour les européennes du 7 juin.

La loi créait des circonscriptions régionales. C'est ainsi qu'a été créé cette unité électorale du Sud Est dans laquelle nous votons et qui va de Bourg en Bresse à Bastia. Le prétexte avancé était de rendre les citoyens plus proches de leurs électeurs. Objectif manqué lorsqu'on constate que le 1er de la liste PS et le 2nd de la liste UMP sont tous les deux des parachutés (le MODEM a les siens ailleurs).

Mais il y a surtout un autre biais de représentation. Les listes arrivées en têtes ont une représentation disproportionnée. Vous trouverez ci-dessous la répartition des sièges avec la loi électorale appliquée aux européennes de 1999 et celle qui sera appliquée cette année, sur la base des intentions de vote actuelles. (le calcul est fait uniquement sur la base des sièges de métropole car la projection des intentions de vote sur la circonscription d'Outre Mer ne serait pas pertinente).

La loi actuelle votée par l'UMP lui permettrait -sur la base des intentions de vote actuelles - d'obtenir 6 sièges supplémentaires par rapport à la loi appliquée en 1999. 5 sièges supplémentaires pour le PS.

A l'époque ce scrutin visait à exclure l'UDF qui avait réalisé des scores inférieurs à 10% aux Présidentielles et Européennes précédentes. Mais à plus de 10% l'UDF à l'époque et le MODEM aujourd'hui est aussi avantagé par ce mode de scrutin avec un siège supplémentaire.

En revanche, les Verts perdent deux sièges, le FN 2, Libertas 4 et NPA 4. Avec 4% des intentions de vote le Front de Gauche n'aurait aucune représentation dans aucun des deux modes de scrutin. En revanche au dessus de 5%, le Front de Gauche serait aussi lésé de 4 sièges.

Joli abus de pouvoir qui permet à un parti qui obtient 28% des voix de s'arroger dans l'exemple ci-dessous 41% des sièges et de prétendre que le scrutin est proportionnel - et le pays démocratique !

La bipolarisation du pays n'est qu'un biais des lois électorales votées par le Parti Socialiste et l'UMP à leur propre profit. Le pays lui reste divers. Les intentions de vote ci-dessous montrent d'ailleurs que PS et UMP ne représentent à eux deux que la moitié des votants, qui eux mêmes représentent la moitié des électeurs qui eux mêmes ne représentent que 60% de la population.

Lorsque l'UMP et le PS votent des lois électorales, ils ont a coeur de favoriser leur propre représentation et pas la représentation des citoyens. Nous avons besoin au contraire d'institutions représentatives qui augmente la pertinence et la légitimité des lois et des exécutifs.

           Loi de 1999          Loi actuelle Différence
Intentions de vote - 14 mai Siège                   en % Sièges                 en % Sièges
UMP      28%    22 32%    28 41%     6
PS      22%    17 25%    22 32%     5
MODEM      13%    10 14%    11 16%     1
Europe Ecologie      10%      8 12%      6 9%     -2
FN        6%      4 6%      2 3%     -2
Libertas        5%      4 6%      - 0%     -4
NPA        5%      4 6%      - 0%     -4
Front de Gauche        4%       - 0%      - 0%     0
Lutte ouvriere        2%       - 0%      - 0%     0
Alliance Ecolo        2%       - 0%      - 0%     0

27/02/2009

José Manuel Barroso - un enjeu des élections européennes du 7 juin

Très peu d'Européens connaissent le nom du Président de la Commission, José Manuel Barroso. Un peu plus de Genevois, puisque celui-ci a fait des études et travaillé à l'Université de Genève.

En France, le Parti Socialiste et l'UMP vont suivre les recommandations de leurs groupes politiques qui proposent la reconduction du Président de la Commission. Nicolas Sarkozy a déjà annoncé son soutien à la candidature de Barroso, et on voit en général les élus UMP obéir plutôt aux ordres venus d'en haut plutôt qu'écouter les idées venues d'en bas. Côté socialiste, le groupe socialiste a récemment amendé un rapport parlementaire européen pour ne pas rappeler le rôle qu'a joué Barroso dans les avions prisons américains vers Guantanamo ni dans l'accueil du sommet des Açores qui planifiait la collaboration de pays européens à l'invasion de l'Irak. Signe de collaboration qui indique que le Parti Socialiste Européen soutiendra la candidature de Barroso le libéral.

Depuis les municipales à Saint Julien en Genevois et dans pas mal d'autres communes, ce sera bien la première fois que le Parti Socialiste et l'UMP vont défendre dans une campagne un même candidat pour un exécutif. Il faut que le candidat soit exceptionnel ! Non bien au contraire. C'est sa transparence qui plait. Les gouvernements préfèrent un Président de Commission transparents et soumis. Plutôt qu'un Président de Commission fort qui, comme Jacques Delors su le faire en son temps, fait avancer l'efficacité et la transparence de l'Union. Favorise l'intérêt général européen sur les intérêts nationaux. Les socialistes y gagnent au change une Présidence du Parlement Européen... Seul l'Europe et les Européens y perdent.

Je crois au contraire que nous devons avoir un Président de commission qui soit fort. Il doit avoir une stature de chef d'Etat. Il ne doit pas être aux ordres d'un ou de plusieurs chefs d'Etat qui ont des préoccupations électorales nationales. Le Parlement Européen ne doit pas simplement avaliser le choix des Etats, mais imposer le profil d'un candidat qui permettent de faire passer l'intérêt communautaire avant les intérêts nationaux. Les candidats du Mouvement Démocrate aux élections européennes du 7 juin appuiront la candidature d'un vrai Président de commission.