08/04/2009

Elections cantonales de l’automne : pour un nouveau projet ecologique genevois (2/2)

Les élections cantonales de cet automne vont renouveler l’exécutif et le législatif cantonal. Ils sont aussi l’occasion pour Genève de revoir son projet politique. Les partis politiques travaillent actuellement à leur projet cantonal.

 

Le résultat de ces élections aura des conséquences importantes pour le Genevois français puisque notre agglomération devient de plus en plus imbriquée. Les doubles nationaux représenteront environ 15% des électeurs. Après le point de vue d’hier sur la politique économique, voilà un point de vue sur la politique écologique.

 

Le mandat qui s’achève s’était ouvert sur un large consensus sur la nécessité de construire des logements. 4 ans plus tard le bilan est maigre. Le nombre de logements construit augmente.. mais reste très largement inferieur à la croissance de la population Genevoise. La pénurie de logement s’est aggravée. Encore cette année, il se construit plus de logements sur la seule commune d’Annemasse que dans tout le canton de Genève. De nombreux projets de loi ont vu le jour mais les déclassements de terrain sont insuffisants au regard des besoins. Et les lobbys des locataires logés et des propriétaires de villa s’opposent à la construction de logements pour les jeunes. Les abus aux droits d’opposition entrainent des délais insupportables dans le contexte de pénurie actuel.

 

Ce déficit de logements augmente les coûts de logements pour les habitants, le coût de la vie, et pénalise le pouvoir d’achat des Genevois.

 

Ce deficit de logements contraint chaque année prés de 3000 genevois à aller se loger dans des communes frontalières qui ne sont pas desservies par les transports en commun. Cela augmente le besoin en transports – et oblige à y répondre par la voiture individuelle. Cette politique du logement encombre un peu plus la ville et détruit un peu plus la qualité de vie.

 

Le nouveau projet écologique doit favoriser la densification des habitations sur des axes de transport en commun. Il doit favoriser une densification concentrique qui commence par la ville de Genève. Ce projet écologique doit favoriser le petit collectif plutôt que le mitage par les villas. Le nouveau projet écologique doit utiliser les trois quarts des impôts des frontaliers conservés par le canton de Genève pour cofinancer des transports en commun transfrontaliers.

 

07/04/2009

Elections cantonales de l’automne : pour un nouveau projet économique genevois (1/2)

Les élections cantonales de cet automne vont renouveler l’exécutif et le législatif cantonal. Ils sont aussi l’occasion pour Genève de revoir son projet politique. Les partis politiques travaillent actuellement à leur projet cantonal.

 

Le résultat de ces élections aura des conséquences importantes pour le Genevois français puisque notre agglomération devient de plus en plus imbriquée. Les doubles nationaux représenteront environ 15% des électeurs. Voila quelques points de vue d’un conseiller municipal de Saint Julien sur le futur projet cantonal en commençant par l’économie.

 

L’activité économique de Genève dépend principalement de la banque privée, de l’horlogerie, des organisations internationales, du trading et des sièges de multinationales. L’horlogerie s’est développée sur la base de compétences historiques issues des traditions montagnardes. Les organisations internationales s’implantent à Genève en raison de l’histoire, de la neutralité de la Suisse et de la localisation de Genève. La banque privée et les multinationales se sont développées à Genève en raison d’attraits fiscaux – au détriment de pays voisins et partenaires. Pour toute, la qualité de vie du bassin lémanique a été un facteur clef de leur développement.

 

Le developpement exponentiel et la faible planification transfrontalière ont détruit une grande partie de la qualité de vie ces dernières années : embouteillages récurrents et croissants, coût de la vie trop élève, insuffisance des infrastructures d’accueil de la petite enfance et des écoles. Genève est en train de perdre l’un de ses atouts maitre.

 

A l’heure de l’interdépendance et de la mondialisation, les pays partenaires qui sont lésés par les conditions fiscales « spéciales » offertes par Genève ne resteront pas sans réagir. Il serait illusoire de penser que de telles conditions fiscales peuvent être accordées de manière durable dans un monde de plus en plus interdépendant. Il serait dangereux et risqué de bâtir l’avenir économique du canton sur le seul attrait fiscal.

 

Par ailleurs, si le canton affirme que ces conditions fiscales sont financièrement attractives (le manque a gagné sur l’impôt sur les sociétés serait compensé par les impôts sur le revenu ou le supplément d’activité économique), j’ai quelques doutes sur la pertinence de ces calculs lorsqu’on intègre le coût en équipement collectif nécessaires pour accueillir l’afflux de population. Au delà de cette question, l’afflux de société nouvelle si elle bénéficie financièrement aux comptes du canton, pénalise ses habitants. Pression immobilière, embouteillages, coûts des nouvelles infrastructures réduisent la qualité de vie des Genevois.

 

Mais surtout cette politique manque son objectif qui est de résorber le chômage. Les sociétés qui s’implantent viennent avec leurs employés. Elles en font venir d’autres, d’Europe et des autres cantons. Mais ne recrutent pas les chômeurs Genevois qui sont essentiellement des jeunes et des seniors – souvent peu qualifiés. Ils restent exclus du marché de l’emploi.

 

Genève doit repenser sa politique économique. Cette nouvelle politique économique doit permettre la création d’emplois qui correspondent aux qualifications des chômeurs genevois. Cette nouvelle politique économique doit pouvoir être pérenne sur le long terme – les incitations fiscales d’exception ne le sont pas. Cette nouvelle politique économique doit s’appuyer à favoriser le développement des entreprises locales plutôt que de favoriser l’implantation de sociétés qui viennent avec leurs salariés et aggravent les tensions sur l’immobilier et la mobilité. Cette nouvelle politique économique doit beaucoup plus s’appuyer sur la complémentarité entre le Genevois Français et le Genevois Suisse. Cette nouvelle politique économique doit avoir un volet formation qui permette de mettre en adéquation les qualifications des personnes sans emplois aux emplois non pourvus.

 

Demain un point de vue sur la politique écologique.