14/05/2009

Quand des députés UMP votent une loi qu'ils ne comprennent pas

NB : Sur les députés UMP interrogés dans cette vidéo, Henri Plagnol qui démontre son ignorance a voté POUR la loi, Jean-Pierre Grand qui ne parle que le Français s’est abstenu, Guénhaël Huet qui ne peut pas expliquer a voté POUR, Charles de la Verpilliere (député de l’Ain) qui doit demander à ses fils a voté POUR.

Il y a quelques semaines, une note sur ce blog décrivait l’absence de diversité des élus dans les institutions françaises. Une analyse des prénoms des députés, sénateurs et maires montrent à quel point ils ont les mêmes origines culturelles, les mêmes milieux sociaux, le même sexe et la même génération.


Cela pose de très nombreux problèmes pour les politiques publiques. Ils négligent par exemple le problème de l’accueil de la petite enfance qu’ils ne côtoient pas. Ils méprisent les déficits publics excessifs qui conduisent à des dettes faramineuses que les générations futures devront rembourser toute leur vie au détriment de la qualité du service public ou de leur pouvoir d’achat. Sur les questions des retraites, ils privilégient honteusement les intérêts de leur génération au détriment des générations futures contraintes de cotiser
à un système qui ne leur garantie pas de retraite.

Cette semaine, faute de diversité, ils ont voté une loi qu’ils ne comprennent pas. La loi Hadopi qui sanctionne le téléchargement illégale de fichiers par une coupure de la ligne internet décidée par une autorité administrative… avec l’obligation pour la personne sanctionnée de continuer à payer les factures d’un service qu’il ne reçoit pas.

Les députés et sénateurs essentiellement des hommes, blancs de 60 ans ne comprennent pas grand-chose à internet. Ils ignorent que cette loi va sanctionner des parents pour les fautes de leurs enfants. Ou des colocataires collectivement. C’est le premier exemple depuis la deuxième guerre mondiale de sanction collective dans notre pays. Sanction qui ne sera pas prononcée par la justice mais par une administration.

Les députés ne savent pas que le téléchargement n’est qu’une petite partie de l’iceberg : le Peer to Peer. En Peer to Peer (ou P2P) les internautes s’échangent entre eux des fichiers au moyen de logiciels ad hoc. Ils peuvent aussi être consultés en « streaming » c'est-à-dire que le fichier n’est pas récupéré sur un ordinateur X mais consulte en ligne directement. La technique ne permet pas d’identifier les téléchargements en peer to peer ni le streaming. La loi va manquer son but. Elle va laisser les majors dans l’illusion qu’elles peuvent continuer à facturer hors de prix des CD et de DVD alors que la technologie pourrait leur permettre de rendre la culture abordable a des prix pour tous.

La vidéo ci-dessous montre l’ignorance des députés sur ce que sont ces technologies de telechargements. Cette video montre qu’une bonne partie des députés UMP qui ont vote POUR le projet de loi HADOPI propose par le Gouvernement n’ont agit que sur ordre sans rien connaître sur le sujet sur lequel il devait légiférer. Dans l’ignorance, ils auraient du s’abstenir. Ils ont vote POUR, pour suivre la consigne partisane et assurer le soutien de leur parti à leur future investiture et garantir leurs indemnités et leur statut social. Le Parti pour faire plaisir à leur Président et le Président pour faire plaisir à sa femme d’artiste. Elena Ceausescu elle aussi, avait le pouvoir de faire voter des lois à des députés aux ordres. En Roumanie aussi à l’époque de la dictature il y avait un semblant de Parlement.

Les cumulards prétendent que le cumul des mandats permet d’être en contact direct avec la réalité du pays. Un Maire n’est pas le mieux placé pour comprendre cela. Un député doit être sur le terrain à l’écoute des habitants pas dans un bureau de Maire.

Nous avons besoin d’une plus grande diversité sociale des élus. Nous avons besoin d’élus qui votent en conscience. Nous avons besoin de députés qui assument leurs responsabilités plutôt que des les cumuler dans l’absentéisme.

09/05/2008

Adhésion à un parti et engagement

L’an dernier en pleine campagne présidentielle, l’UMP et le PS avaient doublé le nombre de leurs adhérents. L’UDF devenu MODEM en avait fait autant le lendemain des présidentielles. Une nouvelle génération d’adhérents arrivait. Un peu d’air frais dans les appareils partisans.

Un an plus tard, plus de la moitié sont partis de l’UMP et du PS. L’état des lieux n’est sans doute pas beaucoup plus favorable au MODEM bien que notre désorganisation soit telle que nous ne sommes même pas en mesure de l’estimer.

Localement, j’ai rencontré des adhérents de l’UMP furieux de l’attitude de leur parti à Annemasse, à La Roche, à Gaillard ou à Saint Julien. Beaucoup se sont réveillés brutalement des rêves de la présidentielle.

Au PS, il y a beaucoup de déçus des querelles d’éléphants. Des déçus de Royal ou des déçus du sort réservé à Royal. Il y a aussi des déçus sur la composition des listes aux municipales ou sur la manière de renoncer à ses valeurs pour parvenir à la victoire.

Au Modem il y a des déçus de la démocratie interne. Des déçus de la désorganisation. Des déçus aussi des directions prises. Il y a encore des déçus des municipales à Annemasse ou à Lyon. Ou de notre incapacité à avoir plus de candidats.

Tous ces déçus n’ont pas renouvelé leur adhésion.

Pour que les partis politiques français soient plus proches des réalités et plus ouverts nous devons éviter de les abandonner aux plus sectaires d’entre nous. L’acte d’adhésion n’est pas un acte consumériste qui consiste à acheter une carte d’un parti lorsqu’on est d’accord et à l’abandonner lorsqu’on ne l’est plus. C’est un acte d’engagement pour changer les choses de l’intérieur – ne serait-ce qu’en participant simplement aux votes internes pour le choix des dirigeants et des candidats. Personnellement, j’aurai plutôt tendance à m’engager deux fois plus lorsque je ne suis pas d’accord pour changer les choses dans le parti dont je suis le plus proche. Etant centriste je voterai souvent pour des candidats centristes… alors autant participer à leur choix en adhérent. Parce que les adhérents sont 100 fois moins nombreux que les électeurs, leur pouvoir d’influence sur la vie politique est mathématiquement 100 fois plus élevé.

Les déçus doivent poursuivre leur engagement pour ne pas abandonner leur famille de pensée aux plus sectaires.

Retrouvez la note du jour sur le blog Portevoix et cette note sur : http://antoinevielliard.hautetfort.com/archive/2008/05/09...

06/05/2008

"Attrape couillons"

Pour que cesse en France l’usage généralisé du mensonge en politique, nous devons nous comporter en citoyens adultes et responsables. Cela signifie qu’il est temps de cesser de se laisser berner par la première promesse venue. Il y a un peu plus d’un an je qualifiais « d’attrapes couillons » les programmes proposés dont les coûts excédaient très significativement les capacités budgétaires de la France.

Après avoir dépensé 15 milliards d’euros dans le paquet fiscal, François Fillon reconnaissait à l’automne que la France est en faillite. C’est en janvier que Sarkozy admettait que les caisses sont vides. Bien loin des promesses par millions de la campagne. A peine quelques mois pour reconnaître que le programme proposé était bien un attrape couillons.

Le programme de Ségolène Royal n’était pas plus réaliste.

Cette accumulation de déficit est une épée de Damoclès sur la cohésion du pays. Comment les générations futures pourront-elles supporter le poids du financement des retraites en plus du poids de la dette publique qui s’accumulent ? Cessons d’accuser l’Europe, puisque tous les autres pays de l’Union font mieux que nous. Et commençons à regarder d’un peu plus près les projets politiques qui nous sont proposés par les candidats.

Les députés doivent avoir un rôle de premier plan dans la maitrise des dépenses. Plutôt que de demander sans cesse des subventions pour leur circonscription, ils doivent regarder de plus près chaque dépense publique. Consulter les fonctionnaires qui vivent de l’intérieur la désorganisation de l’Etat qui conduit à des dépenses inefficaces. Pour cela il faut que les députés cessent de cumuler des mandats pour avoir le temps d’assumer leur responsabilité. Les députés doivent s’arroger un peu de liberté de parole, plutôt que de soutenir ou de s’opposer aveuglement selon des consignes partisanes.

La loyauté partisane doit enfin cesser de primer sur la loyauté au pays.

Retrouvez la note du jour sur le blog Portevoix et cette note sur : http://antoinevielliard.hautetfort.com/archive/2008/05/06...