17/02/2010

Des raisons d'espérer dans un peu plus de justice et d'équité

Les gens que je rencontre dans cette campagne perdent espoir. Ils font face à des difficultés quotidiennes insurmontables. Ce matin une dame me racontait l'histoire de ce petit voisin de 9 ans qui avait récupéré un chat accidenté sur la route. Il l'avait amené chez le vétérinaire. Puis l'avait ramené chez lui. Sa mère n'avait pas les moyens de s'occuper d'un chat alors le petit a dû le remettre à la où il l'avait trouvé. Mais il était enregistré chez le vétérinaire comme propriétaire du chat. Responsable des vaccinations. L'huissier envoie une relance puis deux. L'affaire passe devant le juge de proximité qui condamne la mère à payer 95 euros pour absence de vaccination. La mère, illettrée, se sent démunie face à cette injustice. Elle a dû payer ces 95 euros qui ont amputer son budget mensuel.

C'est le sentiment qu'on ressent dans cette campagne. Pas seulement de la part de gens aux revenus modestes. On sent cette même désespérance de la part des Maires de Haute-Savoie. Eux aussi sont atterés par les errances du pouvoir. Ils voient avec terreur s'approcher la mise en faillite de l'Etat qui rejaillira sur les finances de leurs communes. Ils observent incrédules les erreurs de jugement profonde de responsables départementaux qui composent une liste entre amis professionels de la politique du bassin annécien. Ils écoutent affligés le PS et l'UMP se dénoncer l'un l'autre pour leur mauvaise gestion respective à la tête de l'Etat et de la Région. Beaucoup ont renoncé à dire ce qu'ils pensent de ces dérives - intimidés par les menaces politiques. Lors des municipales à Annecy, Chamonix ou Saint Julien, ils ont constaté de quoi le parti majoritaire est capable pour préserver ses intérêts partisans au détriment de l'intérêt général. Alors ils gardent le silence... en tout cas publiquement, mais ne renoncent pas à leurs convictions.

Quand ils nous voient sur les marchés ou à faire du porte à porte, certains nous font part de leur découragement. Peut-on encore lutter contre ce parti unique - et son allié objectif du bipartisme, le parti socialiste - ? Peut-on lutter contre un pouvoir allié aux holdings des BTP, de l'armement et des médias qui a mis sous sa coupe le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire ? Ils croyaient que nous avions abandonné.

Ils nous voient alors poursuivre ce combat. Tenir tête. Expliquer nos projets pour la région. Ils lisent notre projet de société humaniste. Ils nous voient refuser de monter la moitié de la France contre l'autre. Financer nos campagnes avec nos économies. Prendre de notre temps pour aller à la rencontre des gens. Ils constatent que nous gardons espoir. Alors eux même reprennent espoir.