04/11/2010

L'UDC clémente pour les criminels suisses et les délinquants étrangers

Je suis bien trop stupide pour comprendre les raisonnements de l'extrême droite.

L'extrême droite suisse lance une initiative pour imposer une double peine aux criminels étrangers : une peine d'expulsion en plus de la peine de droit commun. Une initiative que prendrait sans états d'âme l'extrême droite française. Une double peine à laquelle même Sarkozy s'était opposé : on ne peut pas expulser des gens dont toute la vie et toute la famille est dans notre pays.

Imposer des peines sévères aux criminels, tout le monde ne peut qu'être pour. Mais s'en prendre uniquement aux criminels étrangers c'est manqué une bonne partie de la cible. Pour avoir été juré en cour d'assise et pour avoir lu quelques documents sur le sujet, les criminels sont 8 fois sur 10 des amis, des parents, des proches. Dans les quatre affaires que j'ai eu à juger il s'agissait du petit copain, de la fille, du mari trompé et d'un visiteur connu de la victime... pas d'un inconnu étranger qu'on croiserait au coin de la rue comme le fanstasme et les préjugés de l'extrême droite pourraient le laisser penser. Même si les affaires de criminels étrangers font souvent la une des journaux car ils font vendre. Même si les journaux ne mentionnent la nationalité des criminels que lorsqu'il s'agit d'étrangers. La Présidente de la cour d'assise s'était même fendu d'une bien curieuse remarque : "Nos meilleurs clients ce sont les beau-pères et les curés..". Quand l'extrême droite voudra vraiment s'attaquer à la criminalité elle proposera de la vidéo surveillance dans tous les foyers, mais elle n'a pas encore atteint ce niveau.

Mais ce qu'il y a surtout de très curieux dans l'initiative de l'UDC c'est qu'elle propose que la loi soit plus clémente pour les criminels de nationalité suisse. La justice doit pourtant sanctionner le crime pas la nationalité. Par ricochet, leur initiative prévoyant une sanction automatique d'expulsion pour les étrangers, les juges qui doivent se montrer justes devraient alors réduire les peines de droit commun pour les criminels étrangers. Par cette initiative, l'UDC propose donc que la loi soit plus clémente pour les criminels suisses et obligera donc les juges à se montrer plus cléments pour les criminels étrangers ! L'initiative de l'extrême droite suisse est donc une initiative de clémence envers les criminels.

Enfin, le plus grand des paradoxes c'est que si l'UDC préconise d'expulser les criminels étrangers, elle propose depuis longtemps d'accueillir en masse les délinquants étrangers. L'UDC défend l'idée que les lois suisses doivent faciliter l'accueil de personnes qui violent les lois dans leur pays. Je veux parler des délinquants fiscaux. Eux pas de problème, l'UDC les aime. L'UDC aime l'argent bien plus que le respect des lois. Pour ces individus, un compte en banque remplit vous masquerait une couleur de peau.

Ces positions de l'extrême droite ne visent pas à réduire la criminalité. Elles rappellent simplement que l'extrême droite, dans tous les pays, hait celui qui a un autre passeport... sauf s'il a de l'argent. Mon arrière grand père disait parfois "il y a des cons partout ce sont juste les proportions qui changent." Pourquoi haïr sur la base d'un passeport alors qu'il y a à peu de chose près autant de gens d'extrême droite quelques soient les passeports ?

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28/09/2010

La peur du débat en France et sa nécessité

Au coeur de la méthode démocrate, il y a le débat public. C'est le débat qui permet l'échange de points de vue qui crée des solutions nouvelles.

Les exécutifs français à tous les niveaux craignent le débat. Selon eux, le débat réduit leur influence sur la décision finale. Un exécutif ne peut pas maitriser un débat et craint les conclusions qui pourraient en sortir et qui pourraient être différentes de ce qui a été imaginé au départ.

Les exécutifs français mettent en place de très nombreuses stratégies pour éviter le débat :

1) La rétention d'information : cela se pratique couramment dans de très nombreuses municipalité. Les commissions ne sont pas convoquées comme à La Roche sur Foron ou sont occupées avec des sujets subalternes.

2) L'humiliation des instances délibératives : L'exécutif fait travailler des commissions ou des groupes de travail, les laisse faire des propositions... et choisi la décision opposée afin de s'assurer que plus personne n'aura plus jamais envie de contribuer, laissant le champ libre au pouvoir absolu de l'exécutif. Les Gouvernements français humilient sans cesse les partenaires sociaux avant de leur reprocher leur immaturité afin de mieux les infantiliser.

3) La menace : Cette méthode s'applique tout particulièrement aux députés majoritaires (mais aussi aux députés de l'opposition qui voudraient adopter une ligne plus constructive). S'ils ne suivent pas la ligne, ils seront exclus, privés d'un rapport ou d'une tribune. Tant que les électeurs voteront pour des étiquettes plutôt que pour des personnes, ils risquent de n'avoir pour députés que ces étiquettes plutôt que les cerveaux qui devraient y être attachés.

4) La discipline de groupe : On rappelle chacun à la discipline de groupe. On fait de chaque sujet une question de confiance sur l'ensemble de la politique. C'est ce qu'à fait François Cena, adjoint à l'urbanisme de Saint Julien en Genevois pour imposer aux conseillers municipaux majoritaires qui avaient des doutes de voter la décision de rendre constructible le terrain agricole de Norcier appartenant à la famille de l'ancienne présidente de l'association des commerçants de la commune.

5) Le débat caricatural : On caricature sans cesse les positions différentes pour faire du débat un affrontement plutôt qu'un échange constructif d'idée. C'est la méthode qu'utilise Jean-Michel Thénard lors des Conseils Municipaux de Saint Julien en Genevois. Il cherche sans cesse l'affrontement afin de cliver plutôt que de dialoguer et construire.

6) La confiscation du débat : On restreint le débat à quelques personnes choisies afin de mieux maîtriser et influencer le débat. C'est ce qui est fait à la Communauté de Communes du Genevois notamment au sujet du projet de territoire débattu uniquement par les 17 Maires plutôt que par les Délégués et les Conseillers Municipaux. L'intention est de la finaliser puis de le présenter tout fait pour validation au Conseil Communautaire. Cette méthode est mauvaise et ne peut aboutir qu'à un mauvais projet. Un projet qui ne peut pas être représentatif. Un projet qui ne pourra pas être mis en oeuvre dans les faits parce que les Conseillers Municipaux ne se l'approprieront pas. Cela avait aussi été utilisé lors du choix du Transport à La Demande alors que l'option des lignes virtuelles pourtant plus pertinente avaient été exclue sans débat.

7) Les contraintes au débat : On met au débat des obstacles insurmontables comme le doublement du nombre de parlementaires. On met au débat des contraintes de temps ou de budget qui en limite la richesse comme pour la réforme des retraites ou celle des collectivités territoriales.

8) Les pauvres débatteurs : Les partis choisissent des députés aux ordres. Les exécutifs municipaux composent des listes de béni oui oui... tant mieux s'ils sont durablement absents. Moins ils parlent plus ils servent l'exécutif en place.

9) Le débat technique : Il est facile de noyer des choix de société dans des discussions techniques. Le Gouvernement l'a manifestement fait sur la loi Hadopi. Cette méthode est facile à mettre en oeuvre dans des choix d'urbanisme par exemple. Cette méthode est notamment utilisée dans le projet d'agglo où l'on noit les participants sous des montagnes de données plutôt que de leur poser deux ou trois questions politiques simples : quel rythme de croissance économique, démographique et urbain ? Quelle densification ? Quels aménagements pour quels modes de transports ? Quelle équité entre les parties françaises et suisses de l'agglomération du Genevois franco suisse ? Et puisque leurs contributions au débat technique est nécessairement faible, elles sont facilement ignorées par le comité de pilotage.

Derrière toutes ces méthodes, il y a un mépris pour les habitants et les instances délibératives qu'on infantilise... avant de leur reprocher leur manque de maturité pour mieux leur retirer leur pouvoir de décision.

Pourtant le débat est nécessaire. C'est lui qui permet de faire des diagnostics plus pertinents. C'est le débat qui permet de recenser toutes les solutions possibles. C'est enfin le débat qui permet de faire les choix les plus pertinents pour les habitants.

Effectivement, les exécutifs ont souvent raison : il est bien probable que la décision qui émerge du débat ne soit pas toujours celle auquel ils avaient pensé... mais peu importe puisqu'elle ne peut être que meilleur. Il faut avoir simplement le courage de passer cette phase de chaos nécessaire qu'est le débat.

21/07/2010

L'Allemagne complice de voleurs de fichiers bancaires

Pierre Weiss et Martine Brunschwig-Graf ont demandé au Conseil Fédéral d'étudier tous les recours juridiques contre l'utilisation faite par l'Allemagne de fichiers achetés à des voleurs qui ont violé les lois suisses sur le secret bancaire. La France a songé à en faire autant avant qu'Eric Woerth n'y renonce soudainement il y a quelques mois - on comprend peut être pourquoi maintenant. Les députés libéraux se font les portes paroles de nombreux Suisses choqués qu'un pays partenaire et ami puisse se faire le complice de voleurs qui violent les lois locales.

Le sentiment est fort. L'Allemagne est-elle un pays amis de la Suisse ?

Dans cette affaire, les Suisses scandalisés peuvent désormais parfaitement comprendre ce que ressentent les citoyens de tous les pays européens qui constatent que la Suisse se fait complice de fraudeurs fiscaux qui violent les lois de leurs pays comme les voleurs de fichiers violent les lois suisses. Par ses lois sur le secret bancaire, la Suisse protège des individus qui fraudent les lois des pays européens. La Suisse est elle un pays ami des pays européens ?

La Suisse est un pays souverain libre de ses lois. Les pays européens aussi sont des pays souverains dans leur droit à lever l'impôt auprès de tous les citoyens selon des règles établies démocratiquement par leurs représentants élus.

La réaction de Pierre Weiss et Martine Brunschwig Graf est aussi stupide que les réactions d'Arnaud Montebourg qui ne font qu'ajouter de l'huile sur le feu et donner l'illusion aux habitants que nos pays ne sont pas interdépendants. Il est temps que les banquiers suisses puissent faire la preuve que leur activité est dûe à leur compétence, à leurs conseils, à leur savoir faire plutôt qu'à leur capacité à se faire les complices de fraudeurs. Il est temps que la Suisse pacifie ses relations avec son premier partenaire économique plutôt que d'organiser le vol de ses ressources fiscales. Il est surtout temps que la Suisse contribue à une Europe où chacun contribue à l'impôt à hauteur de ses moyens comme prévus par les lois... plutôt que de permettre à ceux qui en ont les moyens de s'affranchir du paiement de l'impôt. La Suisse aurait tout à perdre de la faillite financière de ses voisins.

13/04/2010

486 visites par jour, merci de votre fidélité

audience blog Portevoix mars 2010.JPGVous trouverez ci-dessous les chiffres d'audience des deux blogs Portevoix (antoinevielliard.hautetfort.com et portevoix.blog.tdg.ch). Au total sur le mois de mars 2010, et selon les statistiques de la plateforme de blog - à prendre avec précaution -, vous avez été 5091 à consulter ce blog, en moyenne 3,3 fois dans le mois et vous avez consulté 2,6 pages à chacune de vos visites. Cela se traduirait donc par 15 052 visites (soit 486 visites par jour en moyenne), et 38987 pages vues (1258 pages par jour) pour le seul mois de mars 2010. Des chiffres qu'il faut minimiser.

Mois après mois vous êtes de plus en plus nombreux à venir de plus en plus régulièrement et à consulter de plus en plus de notes. Je vous remercie pour votre fidélité et vos commentaires.

Nouveauté, depuis quelque jour, Google a attribué un « pagerank » de 4 sur 10 au site « antoinevielliard.hautetfort.com ». Le pagerank est une échelle exponentielle de 1 à 10 qui permet de classifier les sites dans les recherches Google. Les sites des grands medias ont une note de 10/10. Les meilleurs blogs parviennent à une note de 5 ou 6. Avec un Pagerank de 4, ce blog obtient le meilleur pagerank des blogs politiques de Haute-Savoie. Curieusement l'excellent blog de Lionel Tardy a lui été dégradé du niveau 4 au niveau 3 - malgré les liens en provenance du site de l'Assemblée nationale qui lui confère un avantage pour le classement Pagerank. Ce nouveau Pagerank a eu un effet immédiat sur la fréquentation au mois d'avril.

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30/03/2010

Le fossé croissant entre la politique et la jeunesse

Plusieurs articles ces derniers jours ont souligné l'abstentionnisme massif dans les banlieues. Des analystes ont à juste titre analysé que cette exclusion politique est plus inquiétante que les violences de 2005 parce qu'elle traduit une marginalisation sociale toujours plus forte.

Ce que ces analystes ont en revanche manqué, c'est que cette exclusion politique et sociale de la jeunesse de France n'est pas spécifique aux banlieues. Elle est plus visible dans les banlieues parce que la part de la jeunesse dans la population y est plus élevée. Mais on observe cette même exclusion politique et sociale de la jeunesse à Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie) - commune parmi les plus aisées de France.

Le graphe ci-dessous montre le nombre de votants par classe d'âge aux régionales de 2010 dans la commune de Saint-Julien. En blanc les abstentionnistes, en noir les personnes qui ont voté aux deux tours et en gris ceux qui n'ont voté qu'a un seul tour. Ce graphe montre l'abstentionnisme de masse des jeunes mais aussi leur tourisme politique : ils sont plus nombreux à avoir voté à un seul tour qu'à avoir voté aux deux tours consciencieusement.

Nbre d'électeurs par classe d age.JPG

Chacun doit assumer sa part de responsabilité dans ce divorce entre la politique et la jeunesse : la politique s'éloigne de la jeunesse aussi parce que la jeunesse s'éloigne de la politique - et réciproquement. Aux municipales, il était désespérant de constater que les jeunes mamans de Saint Julien ont aussi peu voté que dans toutes les autres communes bien qu'on ait fait de leur préoccupation de l'accueil de la petite enfance un thème clef de notre projet municipal.

 

Chez les Saint Juliénois de 20 à 25 ans, seulement 11% ont voté aux deux tours. 15% ont manqué l'un des deux tours et 74% ont manqué les deux tours !!! Aucune élection ne traite aussi spécifiquement des sujets importants pour les jeunes : emploi, trains régionaux et formation sont les compétences principales de la région. A l'opposé on peut se demander pourquoi le taux de participation est si élevé chez les électeurs âgés de plus de 70 ans dont la plupart ne sont plus très concernés ni par les trains, ni par les lycées, ni par les formations professionnelles, ni par la politique de l'emploi.

Nos démocraties perdent leur jeunesse. Les jeunes encore plus que les autres, ne croient pas à la politique, à la démocratie.. et presque en l'avenir du pays. Dans nos democraties vieillissantes la jeunesse est minoritaire. Les jeunes constatent que les règles démocratiques ne permettent pas de prendre en compte leurs préoccupations minoritaires : crise du logement, chômage de masse des jeunes, insuffisance de l'accueil de la petite enfance, défense des avantages acquis au détriment des jeunes qui n'ont aucun avantage, crise environnementale, crise morale, dettes publiques... passent après la question récurrente et pour eux dérisoire de l'insécurité, de la burqa ou de l'identité nationale. Notre société a du mal à faire une place à sa jeunesse... ou seulement aux « fils de » Higelin, Chedid, Drucker, Sarkozy, Gainsbourg... Scrutin après scrutin la majorité la plus âgée lui impose des choix de société qui ne sont pas les siens.

A ce sujet, les dernières présidentielles sont caricaturales : Ce sont les plus de 50 ans et particulièrement les retraités qui ont accordé une majorité au Président de la République et son thème du « travailler plus pour gagner plus ». Une règle de vie imposée en particulier par les retraités inactifs à des actifs qui au contraire recherchent un équilibre de vie entre vie professionnelle et vie privée.

Nous autres, plus très jeunes qui avons la politique pour passion sommes des ovnis déjà plus très représentatifs de notre génération. Nous sommes déjà dans la moitié la plus âgée de la population mais nous sommes considérés comme des jouvenceaux impubères et peu crédibles dans les milieux politiques. Avec les familles qui se délitent, nous sommes pourtant l'un de ces dernier fils qui relient encore le pays à sa jeunesse.

Les jeunes ont du mal à se reconnaître dans des références idéologiques périmées et n'ont plus de cadre de pensée pour comprendre le monde et le changer. Ils doutent à juste titre de la capacité du politique à changer les choses. Ils constatent que les politiques sont trop soumises à l'économie et à la finance : la crise du logement qui perdure dans le Genevois et l'incapacité à réguler la finance sont de nouvelles preuves de l'impuissance du politique.

Lors des élections municipales l'âge médian des votants était de 50 ans. Deux ans plus tard l'âge median des votants aux régionales est de 54 ans. L'âge median des votants augmente plus vite que le temps qui passe !!!

La jeunesse de France se mobilise sur des élections à enjeu lisibles et claires - ce que n'ont pas été les dernières régionales. On peut espérer que les prochaines présidentielles le soient. Les jeunes ne votent pas sur des cadres idéologiques périmés mais sur des thèmes forts et clairs. Les jeunes enfin auront besoin de preuves que la politique peut imposer la volonté populaire sur les contraintes économiques et financières. C'est sur des réponses concrètes à leurs préoccupations et des résultats visibles que l'on pourra remobiliser la jeunesse à participer à la construction de l'avenir du pays.

09/03/2009

L'escroquerie pyramidale de Madoff, de l'Avivo et des Partis Socialistes

Madoff a mis en place une escroquerie de grande ampleur fondé sur le vieux système des pyramides, ou chaine de Ponzi ou encore cavalerie. Le principe est simple : Madoff attirait des investisseurs en leur offrant des rendements élevés. Ces rendements étaient financés par les nouveaux investisseurs. Ces sytèmes pyramidaux ne créent aucune valeur ajoutée et ne fonctionne que tant que les nouveaux investisseurs sont suffisament nombreux pour payer les rendements élevés proposés aux premiers.

Dans une excellente note publiée récemment, les libéraux du Mouvement démocrate soulignent les similitudes entre l'escroquerie de Madoff et nos systèmes de retraite. Nous cotisons en espérant pouvoir toucher une retraite. Cette retraite ne pourra être effectivement payé que si la croissance démographique est suffisante. Nous savons déjà que ce ne sera pas le cas.

En France comme en Suisse la gauche et l'extrème gauche connaissent très bien la situation depuis longtemps. Les premiers rapports sur le problème ont été publiés dans les années 1980 - en particulier un livre blanc lorsque Michel Rocard était Premier Ministre. L'allongement de la durée de vie et la baisse de la natalité conduisent nos sytèmes de retraites à un effondrement certains. Les socialistes en France comme en Suisse se sont opposé à toute réforme qui aurait permis d'en assurer la solvabilité pour les personnes âgées de demain.

En France, la réforme des retraites, pourtant insuffisante pour garantir la solvabilité du système, n'entrera en application complète qu'en 2012. Précisément l'année durant laquelle les derniers papy boomers prendront leur retraite.

En Suisse le Conseil Fédéral proposait une baisse du taux de redistribution du deuxième pillier. Le Conseil National - composé largement de papy boomers - a décidé de retarder cette modification insuffisante et urgente. Le Parti Socialiste Suisse et l'Avivo lancent actuellement une pétition pour rejeter toute modification.

Le violent conflit de génération qui résultera inévitablement de la poursuite d'un tel aveuglement est évitable. Il nécessite qu'une nouvelle génération se lève et assume ses responsabilités dans la société. L'espoir d'une solidarité entre les générations est possible si les jeunes prennent en main leur destin, votent, se portent candidats et fassent entendre un autre point de vue dans le cadre de la démocratie. Ce n'est que de cette manière que le système de retraite qui permet cette solidarité pourra devenir solvable à long terme.

09/02/2009

Exstension des accords bilatéraux à la Croatie

Nos voisins Suisses ont voté ce week end pour l'extension des accords bilatéraux à la Bulgarie et à la Roumanie. Elections après élections le camp pro-européen gagne du terrain en Suisse. Les électeurs ne se laissent pas convaincre par les raccourcis abusifs, les caricatures et les préjugés des extrêmistes. Des arguments qui rappellent ceux de Laurent Fabius contre le traité constitutionnel Européen.

Le paradoxe c'est qu'en décidant de ne pas adhérer la Confédération ne participe pas à la prise des décisions, mais doit les appliquer si elle veut conserver les avantages des relations bilatérales. Si elle avait adhéré à l'Union Européenne, la Suisse aurait eu un droit de véto sur l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie - sans avoir à renoncer à tous les accords. Si elle adhérait aujourd'hui elle aurait un droit de véto sur l'adhésion bientôt proposée de la Croatie. Si elle n'adhère pas elle devra soit l'accepter ou renoncer à tout. Hors de l'Union elle perd une partie de sa souveraineté et applique les décisions de Bruxelles. La Suisse ne retrouvera cette souveraineté qu'en adhérant à l'Union.

Il en va de même pour la France sur beaucoup de sujet qui ne sont pas traités au niveau Européen. En ayant refusé en 1954 la communauté européenne de défense, l'Europe a renoncé à sa souveraineté militaire. Sarkozy va un pas plus loin en proposant unilatéralement et sans aucune consultation l'intégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. Une intégration qui signifie que le commandement militaire des armées Françaises est désormais américains. Avec une telle intégration, la France aurait dû engager ses troupes en Irak en 2003. Faute d'organisation Européenne, la France perd sa souveraineté militaire. Faute d'organisation politique forte, transparente et efficace, l'Europe se voit dans l'incapacité de réguler efficacement les marchés financiers, les rémunérations et les systèmes de taxation des bénéfices distribués. Elle incapable de proposer au monde de nouveaux mécanismes de protection de l'environnement.

Aux élections Européennes du 7 juin prochain, les listes extrêmistes proposeront moins d'Europe comme les extrêmistes helvétiques. L'UMP, le PS et les Verts afficheront des têtes de liste fédéralistes qui permettront l'élection de suivants de liste nationalistes. Seules les listes MODEM seront composées à 100% de fédéralistes qui rendront à la France la souveraineté que la mondialisation nous enlève.

18/01/2009

Tromperie sur la marchandise en vue pour les Elections Européennes

L'UMP commence à annoncer ses têtes de liste aux élections Européennes. Elle choisit des personnalités de valeur. Des personnes qui ont fait la preuve de leur engagement européen. Des personalités qui ont une autonomie de pensée qui tranche avec la moyenne des élus UMP. Des centristes de tradition ou de pensée pour la plupart.

Pour autant ne nous y trompons pas. Ces têtes de liste ne sont pas l'enjeu des élections. Les têtes de liste de tous les partis seront élus. Nos votes devront départager les suivants de liste. Et le spectacle se corsera à l'UMP qui devra bien donner des gages à son aile eurosceptique et nationaliste.

Chaque voix qui se portera sur Michel Barnier ne changera rien à l'élection acquise de Michel Barnier, mais contribuera à l'élection d'un eurosceptique nationaliste dans la plus pure tradition de l'UMP.

Un eurosceptique qui empêchera toute émergence d'une régulation européenne des marchés financiers. Un eurosceptique qui empêchera l'émergence de politiques de sauvegarde de l'environnement. Un eurosceptique contribuera à la disparition des pays européens de la scène mondiale.

 Retrouvez la note du jour sur le blog Portevoix

Pour le renouvellement des accords billatéraux

Les citoyens Suisses voteront le 8 février prochain pour confirmer ou non les accords billatéraux avec l'Europe et sa conséquence logique : l'extension aux nouveaux pays membres de l'Union que sont la Roumanie et la Bulgarie.

Suite au refus de justesse du peuple Suisse de s'engager vers une adhésion il y a près de 20 ans maintenant, les relations entre l'Union Européenne et la Suisse se construisent par la voie d'accords billatéraux. Ces accords sont nécessaires pour organiser le commerce, les échanges culturels et scientifiques. Dans un monde aussi interdépendant que le nôtre il serait stupide que des voisins ne collaborent pas de manière constructive. C'est pourtant ce type d'autarcie que recommande les opposants.

L'acceptation de ces accords permettra de poursuivre la collaboration entre l'Union Européenne et la Suisse. C'est nécessaire.

Un rejet de ces accords ouvrirait une période d'incertitude et d'instabilité qui nuirait à l'emploi et au développement équilibré de notre région. Il marquerait la fin de la voie billatérale. A terme il contraindrait la Suisse à choisir entre l'autarcie et l'adhésion.

Les opposants sont incohérents avec eux mêmes puisqu'ils s'opposent aujourd'hui à la voie billatérale qu'ils ont pourtant souhaité. La voie billatérales a des avantages et des inconvénients pour la Suisse. L'un de ces inconvénients étant que la Suisse n'a pas de droit de vote dans les décisions Européennes. Il est incohérent pour les opposants d'avoir recommandé la voie billatérale au peuple, mais aujourd'hui d'en refuser la conséquence : la confédération n'a pas son mot à dire sur l'adhésion de nouveau pays.

Les accords billatéraux ont été conclus dans une période ou l'Union Européenne souhaitait l'adhésion de la Suisse. Ou l'Union n'était composé que de 15 membres. Aujourd'hui l'Union compte 27 pays membres et n'est pas dans le même état d'esprit vis à vis de la Suisse. Une renégociation des accords billatéraux ne se présenterait pas sous les meilleurs hospices pour la Suisse.

Un NON le 8 février me semble souhaitable pour l'Union Européenne car elle abolirait des accords billatéraux qui sont plus favorables à la Suisse qu'à l'Union. Par la crise des relations UE-Suisse qu'un NON créerait, il réouvrirait inévitablement à terme le débat de l'adhésion de la Suisse à l'Union. Débat qui s'ouvrirait très favorablement puisque la voie bilatérale aura prouvé son échec.

Cependant, à court terme et dans le contexte incertain actuel, il me semble que le OUI est plus sûr pour le développement équilibré de notre région.

19/12/2008

L'Europe et la souveraineté Suisse

Depuis le refus de justesse d'aller vers une adhésion à l'Union Européenne, la Suisse a choisi la voie bilatérale. Elle négocie des accords au cas par cas avec l'Union mais refuse une adhésion de plein droit.

Le 8 février prochain, les Suisses devront confirmer ou non cette voie bilatérale en acceptant ou non l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie. Cette votation est aussi ridicule que si l'Union Européenne refusait d'étendre le bénéfice des accords bilatéraux à Schwytz ou Uri. Il ne revient pas plus à l'Europe de décider des cantons Suisses qu'à la Suisse de décider des membres de l'Union Européenne.

Cela illustre le paradoxe de la voie bilatérale qui diminue la souveraineté Suisse. La Suisse applique la plupart des règlements Européens. La Suisse pouvait encore avoir un peu d'influence dans des négociations bilatérales avec une Europe à 15. Mais l'Europe à 27 est déjà suffisament compliquée à organiser. L'Europe des 27 pourra de moins en moins s'adapter aux souhaits Suisses. Le résultat sera que la Suisse appliquera de plus en plus de décision auxquelles elle n'aura pas pris part ou devra renoncer à tout.

Si la Suisse avait adhéré à l'Union Européenne, elle aurait eu un droit de véto sur l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie. Hors de l'Europe, sans députés au Parlement Européen et sans représentant au Conseil et à la Commission, elle doit soit accepter cet état de fait, soit renoncer à tous les avantages des bilatérales. Les positions de l'UDC sont incohérentes sur ce point : si l'UDC veut que la Suisse ait son mot à dire sur les nouveaux membres alors elle devrait proposer une adhésion de plein droit à l'Union.