27/08/2014

Invitez dans votre voiture l'automobiliste qui vous bouche la route

Le covoiturage est en plein essor dans notre région. Petit à petit, de plus en plus d'habitants découvrent les vertus du covoiturage en particulier la réduction des frais de déplacement, d'entretien et de stationnement de -50% à -66% ! Chaque mois, les places de village se transforment de fait en parking de covoiturage. Le nombre d'utilisateurs de la plateforme de covoiturage du Conseil Général de Haute-Savoie augmente chaque mois. Il y a déjà 500 covoitureurs inscrits sur le territoire de la Communauté de Communes du Genevois.

Le covoiturage est financièrement très attractif pour les covoitureurs. Il est aussi très attractif pour les budgets publics puisqu'il coûte à peu près rien à la collectivité.

Le covoiturage est particulièrement adapté aux territoires où l'habitat est encore trop diffus pour permettre un développement des transports en commun budgétairement soutenable. C'est le cas de nombreuses communes du Genevois français.

Le covoiturage est aussi particulièrement adapté pour les personnes qui parcourent chaque jour de longues distances : la proportion de covoitureurs augmente fortement au delà de 30km de distance entre le domicile et le travail. C'est le cas de l'agglomération du Grand Genève où la pénurie de logement contraints chaque année des milliers d'habitants à aller se loger toujours plus loin de leur lieu de travail.

A ce jour, il y a encore peu de covoitureurs. On compte deux passager dans seulement 1 voiture sur 10 environ. Il suffirait que seulement 10% des automobilistes supplémentaires covoiturent pour que nous circulions tous, tous les jours, aussi facilement que les mercredi.

C'est la raison pour laquelle, la Communauté de Communes du Genevois lancera dès la semaine prochaine une grande campagne d'information et de sensibilisation sur le covoiturage : banderoles, dépliants d'information, affiches.

En vous inscrivant maintenant sur cette plateforme de covoiturage, vous invitez dans votre voiture l'automobiliste qui est chaque jour devant vous et qui vous bouche la route tous les matins. Emmenez le à votre destination commune et vous circulerez tous les deux beaucoup mieux, beaucoup moins cher !

 

PS : Le mardi 16 septembre de 7h00 à 9h00 nous conduirons une action de promotion du covoiturage auprès des pendulaires de la Communauté de Communes du Genevois. Si vous souhaitez participer à cette opération, contactez-moi.

26/08/2014

Les rêves de la Gauche française éclatent contre le mur du réel

Lorsque j'étais encore "jeunes UDF", à l'occasion d'une Université d'Eté nous arborions témérairement une fameuse citation de Jean Jaurès : "Le courage, c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel."

La Gauche française s'est toujours distinguée en Europe par son manque de courage : l'incapacité à comprendre le réel. Etudiant j'ai côtoyé Arnaud Montebourg au sein de la Convention pour la 6ème République : un brillant avocat, un intellectuel des institutions mais qui n'a jamais eu l'opportunité d'expérimenter que la conquête de marchés ne se fait pas par de beaux discours. Depuis des années, la Gauche vend du rêve. Les dernières élections présidentielles ont dépassé tous les sommets. Les promesses étaient fondées sur des hypothèses de croissances irréalistes. La Gauche niait l'impérieuse nécessité pour la France de financer ses déficits et ses dettes monstrueuses : elle avait le culot certes mais aussi la naïveté, l'aveuglement et l'irresponsabilité d'insulter ceux qui la finance. La Gauche niait que notre système de protection sociale, par ses déficits successifs, n'est malheureusement plus un système mais une fuite en avant au détriment de la jeunesse de France. La Gauche continue de traiter les créateurs d'emplois comme des ennemis de la classe moyenne !?! La Gauche continue d'ériger des barrières réglementaires entre le marché du travail et les sans emplois : en voulant protéger les uns, elle exclue les autres.

Il faut ici immédiatement souligner que le programme de la droite était fondé sur les mêmes hypothèses de croissance absurdes. Que les augmentations d'impôts de ces derniers mois ne sont que la conséquence mécanique des déficits votés par la précédente majorité. Et que les réformes menées par la droite en particulier sur les retraites étaient si peu à la hauteur, que même la gauche a dû les reprendre !

Les programmes de la Gauche et de la Droite étaient fondées sur les mêmes hypothèses mensongères. On peut les condamner certes, pourtant ces mensonges étaient visibles de tous. Cela interpelle sur notre responsabilité collective. Quand cesserons-nous de nous laisser infantiliser ? Quand nous conduirons-nous comme des individus responsables capables d'entende la vérité aussi crue soit elle sur la situation du pays ?

La mondialisation est un fait technologique sur lequel nous ne reviendrons pas : nous ne "désinviterons" pas les avions, les bateaux et les nouvelles technologies de l'information. La Gauche de la Gauche et la Droite de la Droite n'ont pas su prendre ces nouvelles réalités en compte.

La Gauche explosera sans doute la première entre ceux qui veulent continuer de rêver et ceux qui veulent améliorer le monde et la vie des gens. La Droite n'est pas loin de la même conclusion entre ses nationalistes qui imaginent un monde où chaque pays pourrait revendiquer séparément une souveraineté bien illusoire et ceux qui savent que la souveraineté de demain pour être forte doit être partagée.

Ces recompositions seront nécessaires pour redresser le pays.

 

25/08/2014

Ebola : comme un seau d'eau glacé sur la tête du monde

On a rarement l'occasion d'observer un phénomène exponentiel... et heureusement parce que par nature, ils sont difficilement contrôlables ! Dans la "nature", il y a les avalanches et les explosions nucléaires qui sont des phénomènes exponentiels. Il y a aussi les épidémies. La grippe par exemple, comme la grippe espagnole qui en quelques mois en 1918, a fait entre 30 et 100 millions de morts (contre "seulement" 19 millions en quatre an pour la première guerre mondiale).

Il y a en ce moment, deux phénomènes exponentiels dans le monde. Un que l'on observe facilement de Suisse ou de France : le défi du seau d'eau glacé sur la tête. Un défi de se mettre un seau d'eau glacé sur la tête et/ou de faire un don à une association contre la maladie de Charcot. En quelques semaines, ce défi s'est propagé à une vitesse fulgurante incitant des millions de personnes à faire un don à cette association. On a appelle cela un phénomène viral, car précisément c'est la vitesse à laquelle se propagent les épidémies, comme Ebola par exemple.

Ebola, fait pour l'instant moins de bruit. Pourtant entre mardi et mercredi dernier, il y a eu +10% de personnes contaminées en plus. A ce rythme, Ebola est encore plus contagieux que le défi du seau d'eau glacé. Ebola est mortel.

Pour l'instant, collectivement, l'humanité ne maitrise pas cette flambée épidémique. Il faudra une mobilisation de moyens humains et financiers colossale pour éviter que cette épidémie là ne se propage. Chaque jour qui passe et tant que l'épidémie progresse, il y a 10% de personnes contaminées supplémentaires et il faut donc 10% de moyens supplémentaires pour la maitriser. 10 euros ou 10 francs consacrés à la lutte contre Ebola aujourd'hui sont donc aussi efficaces que 1 euro ou 1 franc il y a 10 jours... et que 1000 euros ou 1000 francs dans 3 mois. Pour maitriser une épidémie, ce qui compte ce n'est pas seulement l'ampleur des moyens consacrés mais aussi la rapidité de la mobilisation de ces moyens.

Tout cela me donne envie de vous défier de contribuer à la lutte de MSF contre Ebola :

en France : https://soutenir.msf.fr/b/mon-don

ou en Suisse : https://www.msf.ch/nous-soutenir/faire-un-don/

 

16/08/2014

70ème anniversaire de la libération de Saint-Julien-en-Genevois

(Discours prononcé à l'occasion du 70ème anniversaire de la Libération de St Julien-en-Genevois et du dévoilement de la plaque de la rue Pierre Ruche, Commandant de l'Armée Secrète dans le secteur de St Julien)


C’est le 15 août 1944 que les forces alliées entament la seconde partie du débarquement par la Provence. Ce second débarquement doit faciliter le lien logistique qui doit permettre aux armées alliées de poursuivre leur offensive jusqu’en Allemagne.

Dès que les armées alliées prennent pieds sur les côtes, la résistance s’active et prend en main le soulèvement national. Ce soulèvement national a des visées militaires bien sûres. Il désorganise les forces d’occupation et facilite l’avancée des alliés qui arrivent ainsi à Lyon le 3 septembre avec 70 jours d’avance sur les prévisions. Un mois seulement après le débarquement de Provence les hommes de la deuxième division blindée de Leclerc, rejoignent en Bourgogne ceux du Général de Lattre. Ce soulèvement national permet aussi de mettre la France à la table des vainqueurs de la seconde guerre mondiale.

C’est ainsi qu’en Haute-Savoie les combats sont planifiés pour le 17 août. Le 16 ce ne sont que des barrages qui doivent être mis en place dans le département. Un ordre absurde pour notre territoire frontalier maillé de postes frontières. Pierre Ruche, commandant de la résistance à St Julien, tente de le démontrer à son chef et demande l’autorisation de passer à l’attaque. Dans l’attente de la réponse, les préparatifs sont conduits. La réponse, négative, n’arrive qu’à 20h le soir du 15 août. Trop tard pour arrêter les opérations.

Ayant repéré les préparatifs de combat, les Allemands prennent l’initiative dès 7h du matin. Sur tous les points du secteur frontalier ce ne sont que fusillades et éclatement de grenades. Les forces d’occupation résistent. A midi aucun poste n’est tombé. Le commandant Ruche décide de concentrer les forces successivement sur chacun des postes. Après de lourds combats qui feront 1 mort coté français et 2 morts coté Allemand c’est le poste de Perly qui tombe en premier sous les yeux des habitants de Perly massés à la frontière. Le poste de Valleiry suit avec 22 morts coté Allemand et 2 morts coté français. Et enfin le poste de commandement de St Julien.

Les nazis reviennent à la charge de Fort l’Ecluse et incendient les villages de Bloux, Chevrier et Valleiry fusillant sept civils innocents. Ils sont finalement repoussés définitivement jusqu’au Pont Carnot.
Le bilan de cette journée de libération s’élève à 9 morts coté français et 24 coté allemand.

Saint-Julien-en-Genevois est la première ville de Haute-Savoie libérée après combat, par elle-même, ou plutôt par ces hommes qui ont pris l’initiative de se battre pour notre liberté jusqu’à la mort. Ils ont vécu jusqu’au sacrifice suprême cette maxime de la résistance héritée de la révolution : Vivre Libre ou Mourir.

Ces hommes se sont battus pour la patrie. Il s’agissait de vaincre les forces d’occupation étrangère. Mais il s’agissait surtout de vaincre une idéologie de haine, de répression et de terreur bien plus étrangère à ce qu’est la France. Ils se sont battus pour les valeurs de notre république qui ornent le fronton de l’hôtel de ville devant nous : Liberté, Egalité, Fraternité. Leur courage et leur abnégation au service de tous doivent être pour nous un exemple quotidien dans notre engagement au service de ces valeurs qui font la France et dont nous sommes fiers. C’est la raison pour laquelle le Conseil Municipal a souhaité honorer la mémoire de tous les résistants de la commune en donnant à une rue de la commune le nom de Pierre Ruche, responsable de l’Armée Secrète dans le secteur.

Nous sommes réunis ce matin ici en leur honneur. Nous sommes ici pour les remercier. Nous sommes aussi ici pour que leur bravoure et leur sacrifice soit pour nous tous un exemple au quotidien.

08/08/2014

Le coeur de ville de Saint Julien pour ses habitants et ses usagers

Notre projet pour Saint-Julien consiste à rendre notre commune plus conviviale. Saint-Julien doit devenir plus agréable à vivre. Cela suppose des espaces publics plus accueillants et de "reconquérir" le cœur de ville pour les habitants et les usagers de la ville.

Pour cela, nous introduirons au cours du mandat toute une série de mesures et d'aménagements destinés à réduire le trafic de transit (covoiturage et transports en commun) et à le reporter vers l'extérieur du centre ville (gare et autouroute).

Cela commence dès le mardi 19 août prochain avec le changement de sens de circulation dans le bas de la Grand'rue. Concrètement, la Grand'rue de Saint-Julien restera descendante entre la poste et l'avenue de Ternier mais sera montante entre l'Arande et l'avenue de Ternier.

Ainsi, Saint-Julien sera plus accessible pour les usagers de la ville qui viennent de tout le canton et qui bénéficierons ainsi d'un accès supplémentaire à la ville ou pour les habitants qui reviennent en provenance du sud. En revanche, avec un détour et deux stops sur l'avenue de Ternier, les automobilistes qui ne font que traverser Saint-Julien n'auront plus intérêt à passer par la Grand'Rue et le cœur de ville.

Cela permettra de réduire le trafic de transit dans la Grand'rue et de rendre plus agréable le cœur de ville pour les habitants et les usagers.

Nouveau plan de circulation dans la Grand'rue à partir du 19 août :
http://minilien.fr/a0ohyh

01/08/2014

Joyeuse fête nationale

Je souhaite aux lecteurs Suisses une joyeuse fête nationale, avec une pensée particulière aux près de 2000 citoyens helvétiques qui sont par ailleurs Saint-Juliennois.

Les fêtes nationales en disent long sur l'identité des nations.

Le 14 juillet dernier, j'avais profité de l'occasion pour rappeler la symbolique de la fête nationale française : la prise de la bastille et la révolution. En France, l'identité nationale est celle de la révolution contre le pouvoir absolu. La résistance s'inscrit dans cette identité. Nous la commémorerons à St Julien le 16 août prochain à 9H30 à l'occasion du 70ème anniversaire de la libération de la commune. L'attitude toujours contestataire des français face au pouvoir s'inscrit dans cette identité. Plus de 200 ans après la révolution, il serait temps dépasser cette mythologie nationale : concevoir un pouvoir plus participatif et moins infantilisant. Un pouvoir qui permette un dialogue social constructif permanent qui ne nécessite plus de passer par des révolutions sous toutes leurs formes : grèves, bonnets rouges et autre démonstrations d'oppositions. Cette identité nationale qui consiste à se laisser infantiliser par un pouvoir centralisé trop fort et à geindre sans cesse nous empêche de changer le pays comme il en a besoin pour être à la hauteur du XXIème siècle. Les institutions suisses sont à ce titre exemplaires. Elles permettent un dialogue permanent entre le pouvoir et le peuple. Pourtant, il n'y a pas besoin de changer les institutions, il suffit simplement de changer la manière de les utiliser.

Le 1er août s'inscrit lui aussi dans l'identité nationale. C'est la commémoration de l'acte fondateur de la confédération par les trois premiers cantons : Uri, Schwitz et Nidwald. L'objet de cet acte fondateur était un traité éternel de défense mutuelle contre les agresseurs extérieurs, en l'occurrence le Duc d'Autriche. C'est aussi une forme de révolution. Mais une révolution surtout orientée vers les tentations des pays voisins d'imposer leur loi et leur souveraineté aux cantons primitifs. Le vote du 9 février, ou les débats récents sur les P+R ou sur la convention de double imposition sur les successions peuvent se comprendre différemment à la lumière de cette identité nationale. Mais là encore, plus de 700 ans après le pacte fondateur, et alors que le monde change d'échelle, les ennemis d'hier sont devenus les partenaires d'aujourd'hui. En 1291, Uri, Schwitz et Nidwald on gagné leur souveraineté commune en renonçant très modestement à leur souveraineté cantonale. Les enjeux sont les mêmes aujourd'hui dans le dialogue constructif entre pays voisins.

Les identités nationales contribuent à unir les nations. Elles sont aussi à utiliser avec modération.

 

20/07/2014

Moins de collectivités pour moins d'impôts

La France compte trop de collectivités. Trop de communes : près de la moitié des communes en Europe sont en France. Tous les autres pays Européens ont adapté leur découpage communal aux réalités d'aujourd'hui. Trop de régions : nos régions ne font pas le poids ni avec leurs concurrentes allemandes, espagnoles ou italiennes.

Mais surtout trop de collectivités superposées : les citoyens ignorent la répartition des tâches. Lors de ma première candidature aux élections cantonales, me présentant à un habitant, celui-ci me répond que je dois faire erreur, que j'ai passé la frontière, et qu'il n'y a pas de cantons en France ! Une partie importante des Français ignorent l'existence des Conseils Généraux et encore plus leurs responsabilités en matière de gestion sociale, de voirie ou de collège.. comment pourraient-ils demander des comptes à des élus d'une institution dont ils ignorent tout ?

Cela crée des surcoûts : surcoûts de décisions incohérentes, surenchères de communes qui veulent chacune leur équipement plutôt que de les penser à l'échelle des besoins des habitants. Surcoûts de l'absence de coordination comme le souligne l'exemple du CEVA : l'Etat, la Région, le Conseil Général, l'agglo d'Annemasse et le Bas Chablais ont chacun étudié le dossier, chacun validé sa pertinence, puis chacun discuté pendant 10 ans pour savoir celui qui en paierait le moins !?! Cela crée des surcoûts de décisions pas toujours pertinentes comme les 60 millions d'euros consacrés au pont de St Gervais qui n'est utile que les 4 samedis des vacances d'hiver !

Après 40 années de déficits publics, nous n'avons plus les moyens de nous offrir une telle gabegie sur le dos des générations futures comme l'a fait la génération qui nous a précédé !

Les communes ont été créées après la révolution française. A l'époque, alors que le tiers état avait du s'imposer face à la noblesse et au clergé, les révolutionnaires avait décidé de mettre un maire en face de chaque curé. Les communes reprenaient le découpage des paroisses. Les limites des paroisses ayant été fixées plusieurs siècles plus tôt. C'est ainsi qu'en mars dernier, nous avons une fois encore élu un maire à l'échelle de chaque paroisse du moyen-âge. Près d'un demi millénaire plus tard, nous continuons de décider des solutions aux problèmes des habitants à l'échelle des paroisses du moyen âge.

Les taux d'imposition : à l'échelle des paroisses. La politique culturelle, sportive : à l'échelle de paroisses du moyen âge. La carte scolaire, les rythmes scolaires, les cantines : elles aussi décidées à l'échelle des paroisses du moyen âge.

Cela n'a plus aucun sens. Les habitants bougent d'une commune à l'autre au cours d'un mandat : plus de la moitié des électeurs de St Julien quitteront la commune d'ici aux prochaines élections. Les habitants passent la majorité de leur temps en dehors de leur commune.

Le département, lui a été fixé du temps de Napoléon : il ne devait pas y avoir plus d'une journée de cheval entre tout point du département et la préfecture afin d'en assurer le contrôle par l'Etat. En 2014 encore, nous décidons des collèges, de la politique économique, de la gestion du RSA, de l'aide au handicap, de la petite enfance... à l'échelle de la journée de cheval. La caricature, c'est la gestion de la voirie... à l'échelle de la journée de cheval pour des véhicules motorisés qui comptent plusieurs chevaux dans le moteur.

Lorsqu'on se place au service des habitants, il doit y avoir deux échelles de réflexion : l'échelle des bassins de vie et l'échelle des bassins économiques.

C'est à l'échelle du bassin de vie qu'on doit prendre toutes les décisions relatives à la vie quotidienne des habitants : culture, sport, enseignement fondamental, solidarités locales, aménagement...

C'est à l'échelle des bassins économiques qu'on doit prendre les décisions relatives à la compétitivité économique : emploi, transports, formation professionnelle...

Les communautés de communes et d'agglo doivent se construire à l'échelle des bassins de vie.

Les régions doivent être à l'échelle des bassins économiques.

 

07/07/2014

Transports en communs : x8 en 8 ans à la Com Com du Genevois !

La semaine dernière nous avons lancé la prolongation de la ligne M, toutes les 30mn en heure de pointe entre St Julien et Beaumont. Désormais la ligne M relie Collonges, la douane de la Croix de Rozon, la technopôle d'Archamps, la Gare de St Julien, Vitam' et Beaumont... (et profitez-en, c'est gratuit pendant l'été) !

L'an dernier il y a eu 36 000 voyages sur la ligne M. La barre des 4000 voyages mensuels a été franchie en mars dernier. La progression est spectaculaire. Elle doit se poursuivre. Sur la ligne D également, on assiste à une progression de +14% an supérieur au taux de croissance des économies les plus dynamiques !

Le modèle économique et fiscal choisi par Genève impose à toute sa région un développement démographique et urbain à marche forcée. Cela conduit à une paralysie généralisée sur les axes de transport. Plus d'habitants et autant de voirie... la seule solution pour préserver ce qu'il reste de notre mobilité collective sera de mieux partager l'espace public de transport. Cela suppose un développement accéléré du covoiturage, de la mobilité douce et des transports en commun. Il n'en va pas seulement de l'intérêt des usagers des transports en commun, mais de notre intérêt collectif. Lorsqu'un habitant prend les transports en commun il s'astreint à des horaires, des trajets, des temps de parcours et un déplacement collectif. Il a certes un intérêt financier important puisque quelque soit le tarif le transport en commun est de très loin le mode de déplacement le plus économique, mais sa décision bénéficie à chacun d'entre nous : plus de mobilité et une meilleure qualité environnementale pour tous.

C'est la raison pour laquelle la Communauté de Communes du Genevois a multiplié par 8 en 8 ans ses dépenses de fonctionnement en faveur des transports en commun. De 150 000 euros par an en 2006 à plus d'1 million d'euros par an en 2014. Une évolution vertigineuse au regard des maigres moyens de la communauté. Une évolution qui ne pourra pas se poursuivre au même rythme dans les années à venir. C'est un pari sur l'avenir. Pour que cette offre de transport soit pérenne, il faudra que l'utilisation de ces transports continue de progresser au même rythme que ces dernières années.

Le département de la Haute-Savoie aussi a multiplié son engagement financier sur la mobilité transfrontalière : ligne LIHSA T72, T71, T74. La ligne T72 entre Annecy et Genève a la particularité d'être la ligne de bus dont les recettes commerciales sont les plus élevées en France en dehors de la région parisienne. Au total, l'engagement financier du département a été pratiquement décuplé en quelques années. Ce mois-ci le Conseil Général devrait voter l'ouverture d'une nouvelle ligne de bus entre Frangy et St Julien.

Le paradoxe c'est que les usagers de ces transports paient leurs impôts à Genève. La seule solution pour un développement pérenne des transports en commun transfrontalier c'est que les charges publiques transfrontalières soient prises en charge par les recettes publiques transfrontalières. A l'avenir, la répartition des charges publiques transfrontalières doit se faire selon les mêmes principes de proportionnalité que la répartition des recettes publiques transfrontalières.

30/06/2014

J'ai discuté avec des électeurs du Front National

Dans le cadre de la préparation des élections municipales j'ai rencontré des milliers de St Juliennois. J'ai eu l'occasion d'échanger avec eux. Le Front National n'a pas pu présenter de listes aux élections municipales car rares sont les volontaires à assumer auprès de leurs collègues, de leurs employeurs et de leurs voisins de défendre les thèses du Front National. Mais au vue de mes discussions avec les St Juliennois, je m'attendais à ce que le FN soit en tête lors des européennes dans la commune.

Bien sûr, j'ai rencontré quelques personnes xénophobes, islamophobes ou racistes. Ca existe ! Certaines le sont surtout par la peur d'un monde qui change rapidement. D'autres le sont aussi par des généralisation et des amalgames qui naissent de la méconnaissance les uns des autres.

Mais, le vote pour le Front National va bien au delà. J'ai rencontré des électeurs de gauche qui craignent que le filet social français ne les aident pas : "Quand ça va mal pour nous, il n'y a personne pour nous aider". J'ai rencontré des notables qui accepteraient plus facilement de payer beaucoup d'impôts et de charges sociales s'ils avaient un peu plus confiance dans la bonne gestion de ces aides.

J'ai rencontré des électeurs exaspérés de voir la gauche et la droite échanger de discours lorsqu'ils passent de majorité à opposition et réciproquement : sur la nécessaire réforme des retraites, sur la compétitivité de la France, sur l'assurance maladie des frontaliers, sur les équilibres financiers, sur la dépense publique...etc..etc... Ils attendent des élus qui éclairent les enjeux de manière responsable indépendamment de leurs propres intérêts électoraux.

J'ai rencontré des habitants qui ont du mal à comprendre ce que l'Europe leur apporte au quotidien. Qui leur à dit que s'ils peuvent acheter autant avec 1 euro aujourd'hui qu'il y a 1 an c'est grâce à l'Europe ? Qui leur a dit que sans l'Europe, leur facture de téléphone portable serait dictée par des cartels ? Qui leur a dit que si leurs ascenseurs, leurs bus, leurs espaces publics, les biens et services qu'ils achètent fonctionnent de manière générale à peu près correctement c'est grâce à des normes européennes drastiques qui s'imposent face aux lois du marché ? Qui leur a dit que s'ils ont la fierté d'être citoyens de pays moteurs dans la réduction des gaz à effet de serre, dans l'établissement d'un tribunal pénal international ou encore dans le traité contre les mines anti-personnelles c'est parce que leur pays est membre de l'Union et que sans cela aucun de ces sujets n'aurait avancé au cours des 10 dernières années ? Qui leur a dit que sans les règles imposées par l'Union et la vigilance de la commission, les Gouvernements Français avec la complicité des Parlementaires auraient conduit la dette publique française à des niveaux proches de ceux de la Grèce ? Vous et moi peut être mais nous ne sommes pas assez nombreux.

Les électeurs que j'ai rencontré et qui auraient pu voter Front National se moquent des leçons de morale et d'histoire de la gauche. Souligner les liens et les similarités entre les thèses fascistes et celles défendues par le Front National n'est que modérément pertinent, mais surtout totalement inefficace. Pensez-vous convaincre un électeur de Mélenchon de changer d'idées en lui rappelant que Staline aussi, était d'extrême gauche ?

La plupart des électeurs FN que j'ai rencontré veulent juste que nos systèmes sociaux soient gérés avec plus de rigueur. La plupart des électeurs que j'ai rencontré veulent juste comprendre en quoi l'Union Européenne est à leur service. Les électeurs que j'ai rencontré veulent juste qu'on se souvienne que lorsqu'on édicte des règles on les édicte pour tous de la même manière. Les électeurs que j'ai rencontré veulent juste que les élus soient au service du pays avant d'être au service de leur camp. Les électeurs que j'ai rencontré veulent que leurs élus soient des exemples. Les électeurs que j'ai rencontré aimeraient pouvoir à nouveau être fiers des performances de leur pays. Les électeurs que j'ai rencontré s'accrochent à l'illusion de la "grandeur de la France, phare du monde, mère des droits de l'homme, patrie des lumières", et tout le reste de la mythologie française, alors que nous ne pourrons défendre nos valeurs humanistes qu'à l'échelle du continent !

Si nous étions tous collectivement à la hauteur, les électeurs que j'ai rencontré ne devraient pas avoir besoin de voter pour un mouvement xénophobe, islamophobe et antisémite pour répondre à ces préoccupations. Ils ne devraient pas porter au parlement européen un vieil antisémite de 84 ans qui se distingue surtout par son absentéisme et ses élucubrations.

Maigre satisfaction, à St Julien, le centre est arrivé devant le Front National.

09/06/2014

Accueillir les enfants des Genevois dans les écoles

La France va mal. Son commerce extérieur est largement déficitaire et depuis longtemps. Ses comptes publics sont largement déficitaires et depuis longtemps. Mais elle est encore en situation d'accueillir ses enfants dans les écoles de la République.

Il semble que Genève aille plus mal que la France à en juger par la décision du Conseil d'Etat de ne plus accepter automatiquement dans les écoles les enfants des citoyens et contribuables genevois contraints d'aller se loger en France en raison de la pénurie de logements. Des obstacles administratifs ont été imaginés pour refuser ces enfants genevois dans les écoles genevoises. Il faudrait d'abord une étude de dossier et ensuite déposer une demande avant le mois de mars !  Genève doit sans doute être la seule République au monde a imaginer des obstacles administratifs pour l'école obligatoire de ses citoyens et contribuables. Je doute qu'il y ait un autre pays développé au monde qui refuse l'inscription à l'école de ses propres enfants.

Déjà 50 enfants ont été "pris en otage" pour équilibrer le budget cantonal. Ce sont là les chiffres officiels et ce n'est qu'un début. Il y aura d'autres familles d'ici la fin de l'année... et il y en aurait des centaines d'autres l'an prochain et des milliers d'autres l'année suivante.

Alors pourquoi une telle mesure ! Par économie ! Une économie chiffrée à près de 10 millions de Francs suisses sur le dos des familles genevoises, des communes françaises et de l'Etat : soit pratiquement les coûts de 15 P+R ! Des communes Françaises qui devront assumer les coûts de la construction d'écoles et l'Etat les frais de scolarisation. Si véritablement le canton en est au point de n'avoir plus les moyens d'accueillir les enfants des Genevois dans les écoles, et dans un esprit de solidarité, on pourrait effectivement imaginer les accueillir dans les écoles Françaises. Il aurait été aimable d'en discuter auparavant plutôt que de le faire en douce, de le nier publiquement et de le faire discrètement en imaginant des obstacles administratifs. Peut-être aurait-on pu imaginer un financement : que Genève fasse des économies est louable, nous devons tous en faire, mais peut être pourrait-elle prendre à sa charge le surcoût généré en France ? Mais les familles dans tout cela. En particulier celles qui ne sont installés en France que pour quelques années et dont les enfants devront tôt ou tard revenir dans le système scolaire suisse : les enfants ne parleront pas l'Allemand, n'auront pas les mêmes niveaux dans les mêmes matières !

Au même moment, les autorités cantonales ont annoncé que moins de la moitié de l'objectif de 2500 logements avaient été construits en 2013. On comprend mieux pourquoi : les Genevois installés en France rapportent beaucoup au budget cantonal et coûtent peu. En particulier en terme de formation qui représente le quart du budget cantonal ou en terme de santé (ils paient le même tarif que les étrangers au HUG alors que le canton subventionne le séjour des résidents)...etc..etc..

Coté français, nous accueillons aussi dans nos écoles les enfants des Genevois non déclarés ! Des habitants dont Genève touche l'imposition à la source et ne fait aucune rétrocession. Une recette supplémentaire et indue estimée à 40 millions d'euros par an pour Genève.

Tôt ou tard, nous devrons mettre à plat les coûts publics transfrontaliers et les recettes publiques transfrontalières. Tôt ou tard, il faudra que les uns et les autres cessent de refiler en douce les charges d'aménagement, de transport et de formation. Tôt ou tard, le grand public, souverain de part et d'autre de la frontière devra mieux comprendre les enjeux financiers de l'agglomération.

Car tôt ou tard, il faudra bien que l'on gère de manière transfrontalière, une agglomération qui l'est depuis des siècles mais chaque jour un peu plus.