04/02/2011

Le véritable coût de la politique d'accueil des multinationales

Le sujet principal des déséquilibres de notre agglomération c'est que nous faisons venir 15000 personnes supplémentaires par an alors que Genève est incapable de construire les ridicules 2500 logements par an qui ont été promis. Peu importe le coût de cette politique d'accueil des multinationales ce n'est pas le sujet.

Même si c'est hors sujet, il vaut tout de même la peine de démonter l'argument fallacieux des défenseurs de cette politique absurde. Selon eux, cette politique serait très peu coûteuse.. voir même marginale dans la politique économique genevoise. Pierre-François Unger cite souvent le chiffre de 10% des coûts de la politique économique. Ce chiffre ne prend en compte que les dépenses de personnel et d'efforts "commerciaux". Un chiffre déjà très élevé : pour quelle raison étrange l'argent public des Genevois est-il utilisé pour saturer un peu plus le marché du logement et expulser de leur canton les contribuables qui ont payé ces impôts ?

Mais surtout, ce chiffre ne prend pas en compte ce qu'on appelle ici "les dépenses fiscales" : des dépenses qui ne figurent pas dans les comptes publics mais qui sont pourtant des dépenses réelles. Ce sont les renonciations d'impôts. Les exonérations fiscales sont comptées comme des dépenses fiscales. Les exonérations fiscales accordées aux multinationales par rapport au droit commun qui s'applique aux entreprises genevoises sont difficile à estimer. Mais vu les montants en jeu, vu que les 27 pays de l'Union Européenne ont décidé de faire de ce sujet le sujet principal de leurs discussions avec la confédération helvétique, on peut sans grand risque de se tromper l'estimer à plusieurs dizaine de milliards d'euros, et sans doute proche de la centaine. Pour ce qui concerne Genève, la réduction d'impôt accordée aux entreprises multinationales doit probablement représenté quelque chose compris entre 30% et 60% du budget cantonal : environ 2 à 4 milliards de CHF. Un montant qui correspond à la quote part qui devrait être payée par les entreprises multinationales sur les frais d'infrastructures, de formation, de sécurité, de garde d'enfants, de transports en commun... et qui sont offert généreusement par le canton au détriment des contribuables genevois. L'honnêteté imposerait d'inclure ces dépenses fiscales dans le calcul du coût de la politique économique exogène. Curieusement, à ma connaissance, le souverain Genevois, malgré la démocratie directe, et le référendum obligatoire sur les questions fiscales, n'a jamais été consulté sur ce montant colossal qui représente la moitié du budget cantonal !

On devrait également calculer dans le coût de cette politique les dépenses d'infrastructures. Le CEVA pour commencer. Rendu nécessaire par l'exode massif de 2000 Genevois par an du canton depuis 20 ans, lui même imposé par l'arrivée massive de 15000 habitants par an. Mais ce n'est qu'un début, crêches, écoles, extension des hôpitaux, routes, trains, traversée de la rade, nouvelles voies d'autoroute, sécurité, extension de l'aéroport...etc...etc... la facture totale de cette croissance démographique hors de contrôle se chiffre à plusieurs dizaines de milliards de CHF également. A imputer quasi exclusivement à la politique économique exogène.

Des chiffres très éloignés des petits 10% cités par Pierre-François Unger.

La politique économique exogène est en réalité ruineuse à long terme, mais ce n'est pas le sujet... même si cette politique ne coutait rien aux finances publiques, elle resterait profondément destructrice pour la cohésion sociale, le pouvoir d'achat et la qualité de vie des Genevois tout en augmentant le nombre de chômeurs à Genève.

26/07/2010

Accord bidon sur le logement à Genève

Le 1er décembre 2006 à 11H du matin lors d'une conférence de presse était annoncé un accord sur le logement entre la parti libéral genevois - représentant le lobby des milieux immobiliers et des propriétaires de villa... et le partiAslociste représentant le lobby des locataires.

Un accord prétenduement historique qui allait enfin débloquer la situation et permettre de construire assez de logements. On s'entendait sur la proportion de logements sociaux, sur les moyens à mettre en oeuvre et sur les déclassements.

Quatre ans plus tard l'échec est évident. Le Genevois français subit toujours la colonisation rampante de Genevois contraints malgré eux de quitter la commune de leurs parents. Les salariés en euros perdent chaque jour un peu plus de pouvoir d'achat sous la contrainte foncière. Les entreprises privées et les services publics du Genevois français sont menacés de disparition à terme faute de pouvoir offrir des conditions de vie decentes à ceux qui les font fonctionner.

L'accord sur le logement de 2006 est bidon. Il ne couvre pas les points de contentieux principaux qui empêchent de construire :

1) Quel accord entre Verts et Libéraux sur la proportion de zone villa et la proportion de zone agricole à rendre construtible ? Tant qu'il n'y aura pas d'accord sur cette question les Libéraux continueront de s'opposer aux constructions à Veyrier, Cologny ou dans les communes de la Champagne et les Verts aux Cherpines. Faut-il que le Genevois français bloque tous les projets de transports en commun transfrontaliers pour que les Verts et les Libéraux assument leurs responsabilités ?

2) Quel accord sur les procédures ? Il est fait un usage manifestement abusif des droits au recours à Genève comparé aux autres cantons Suisses. Ces abus doivent être encadrés par la loi. Quel accord politique sur une révision des lois qui empêchent de construire suffisamment de logements pour les Genevois ? Il y a un fort consensus politique pour construire des logements mais pour l'instant aucune proposition pour permettre d'imposer la volonté démocratique face à des intérêts particuliers abusifs.

3) Quelles modalités financières pour les communes ? Les communes genevoises sont aujourd'hui pénalisées financièrement lorsqu'elles construisent. Il n'y a pour l'instant aucun accord qui permette de compenser cet impact pour les communes. Elles s'opposent aux projets de construction alors qu'elle devraient en être les moteurs. Les communes doivent être partie prenantes du défi de construction de logement en étant financièrement intéressées à l'arrivée de nouveaux habitants.

4) Comment inciter les propriétaires à construire ? Des zones ont été rendues constructibles et ne sont toujours pas construites après plusieurs décennies. Quelles incitations ? ou quelles mesures coercivites doivent être mis en place pour que les propriétaires construisent ou vendent les terrains constructibles ? Il n'y a pas d'accord non plus sur cette question. Des menaces très vagues et très théoriques d'expropriation ont été brandies. C'est insuffisant.

5) Quelle répartition entre les communes ? Certaines communes craignent d'être les dindons de la farce du logement. Quelle répartition de construction sur le territoire cantonal leur garantisse qu'il s'agit d'un effort partagé ? Quelles sanctions pour les communes qui ne contribuent pas à l'effort de construction en prenant des initiatives ? Il n'y a pas d'accord non plus sur ces questions.

Les belles intentions genevoises sur le logement sont évidentes. Nous autres, élus français, avons cru aux bonnes paroles des responsables politiques Genevois. Les chiffres montrent que nous avons eu tort. Seul un véritable accord sur le logement qui couvre les principaux point de contentieux pourra permettre de sortir de la pénurie actuelle.

28/09/2009

Couacs sur la fumée passive : 87 morts à Genève

La loi sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics à Genève a été confirmée lors du vote d'hier.

Un parcours politique intéressant. Une première initiative populaire avait été adoptée avec le soutien de 4 Genevois contre 1. Une telle marge est inhabituelle. Elle laisse supposer que l'interdiction de fumer dans les lieux publics est soutenue par une majorité des habitants depuis plusieurs années ou décennies. Une attente que les élus n'avaient pas su retranscrire dans les lois.

Le Gouvernement genevois avait promulgué à la va vite une loi qui mettait en pratique le souhait des Genevois. L'UDC Soli Pardo qui prétend habituellement défendre les droits populaires avait déposé un recours contre cette loi. La loi a été annulée par le Tribunal Fédéral.

Une nouvelle loi a été votée au Grand Conseil Genevois. Des amendements soutenus par les Radicaux et quelques PDC  contre l'avis manifeste des électeurs ont atténuée la porté de la loi en autorisant des fumoirs. La loi a été contestée par les cafetiers et restaurateurs.. mais confirmée par les électeurs Genevois ce week end.

Près d'une vingtaine d'étude ont mesuré l'impact en terme de santé publique de l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Elles évaluent la baisse du nombre d'arrêt cardiaque entre 17% et 25% dès la première année. L'impact s'accroit au cours du temps. Cela ne compte pas encore les impacts sur les cancers à plus long terme.

A Genève, environ 500 personnes décèdent chaque année d'un arrêt cardiaque en dehors de l'hôpital. Les couacs sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics ont coûté deux années d'impact. La dépendance politique de certains élus envers les cafetiers et restaurateurs à coûté sans doute une dizaine d'année. Dans l'estimation basse cela représente 87 décès par an qui auraient pu être évité à Genève. 87 morts sur la conscience de l'UDC Soli Pardo.

09/06/2008

Une nouvelle constitution pour Genève

Les Genevois ont décidé récemment d'élire une Assemblée Constituante qui aura pour tâche de rédiger une nouvelle constitution pour le canton d'ici quatre ans. On pourrait penser à tort que cela ne nous concerne pas ! Pourtant c'est bien avec Genève que nous pourrons restaurer la qualité de notre cadre de vie qui nous échappe depuis plusieurs années (embouteillages, mauvaise urbanisation, crise du logement..)

Les décisions politiques de part et d'autre de la frontière ne sont pas coordonnées. Un élu PDC de Plan-les-Ouates m'expliquait que lors que la commune avait implanté la zone d'activité de Plan-les-Ouates elle avait pris soin de protéger une zone agricole aux abords de la frontière... à quelques mètres de là où nous avons implanté la zone d'Archamps quelques années plus tard. Prises isolément ces deux décisions sont justes.. mais mises côte à côte comme elles le sont dans la réalité, elles se révèlent stupides. Nous devons améliorer la co-gouvernance de la région. La future constitution Genevoise doit le permettre.

Il revient à chacun d'entre nous de participer au débat sur la future constitution pour que notre région ait les moyens politiques de décider de son avenir.

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