06/12/2010

Tarifs TPG : les raisons des futures hausses continues, durables et exponentielles

Les principaux coûts des transports en commun sont les frais de personnel, le matériel et l'énergie. Ces coûts sont proportionnels à deux facteurs principaux : le nombre de personnes à transporter et tout particulièrement la distance moyenne des trajets.

Dans le Genevois franco-suisse la population augmente de 2% à 2,5% par an en raison des politiques économiques exogènes du canton. Par ricochet, puique les routes sont déjà saturée, et que chacun souhaite qu'une part croissante des transports soient faites en transport en commun, la croissance des usagers devra être de l'ordre de 3% à 4%. Les TPG en sont encore loin puisque l'an dernier la croissance du nombre de voyages n'a été que de +1,1%. (source rapport annuel des TPG)

Mais surtout, les oppositions aux logements à proximité des entreprises et des réseaux de bus à Troinex, à Veyrier, à Thônex, route de Chênes ou aux Cherpines, obligent chaque année des milliers de Genevois à aller vivre toujours plus loin de leur lieu de travail. Les nouveaux usagers des TPG en 2009 parcouraient en moyenne 5,3 kilomètres pendant que les anciens n'en parcouraient en moyenne que 2,3 ! Cela augmente considérablement les distances domicile-travail. Même si cette accroissement ne concerne qu'une infime minorité des usagers, son impact sur l'ensemble a augmenté la distance moyenne des trajets effectués l'an dernier de 1,5% !

Le double effet combiné de la forte croissance de la population et de son éloignement des lieux de travail devrait augmenter les coûts totaux des TPG de près de 6% par an... tant que les incohérences entre une politique économique exogène expansive et une politique du logement restrictive perdureront.

18/02/2010

L'écologie est dans tous les mouvements politiques

Christian Curdy, brillant candidat des Verts aux cantonales à Annemasse en 2001 et 2008 a souhaité être candidat sur les listes du Mouvement démocrate de Haute-Savoie. Bernadette Robert Wyss, conseillère régionale verte sortante est sur la liste du MODEM dans l'Ain. Yann Wehrling, ancien porte parole des Verts, conduit la liste du Mouvement Démocrate en Alsace. Jean-Luc Bennahmias, ancien secrétaire national des Verts est député européen MODEM.

article Dauphine Christian Curdy regionales.pdf

La liste est très longue de ces responsables écologistes qui ont rejoint le Mouvement Démocrate. Il est plus intéressant de comprendre leurs motivations.

Yann Wehrling constate que nos positions sont plus respectueuses de l'environnement que celles de Verts. Selon ses mots « chez les Verts le radicalisme est un masque qui cache mal l'absence d'idées et de propositions ». D'autres parlent même d'un vernis écologiste dénué de contenu.

Et à y réfléchir c'est vrai qu'on a du mal à lister les propositions des Verts français au delà d'un positionnement politique. A la différence des Verts Genevois qui eux ont des positions courageuses, constructives et respectueuses de l'environnement.

Par leurs positions radicales les Verts français sont en partie responsables du retard pris par la France dans la protection de son environnement. La Région Rhône-Alpes avait commencé à développer les Train Express Régionaux bien avant l'arrivée des Verts. En s'arcboutant sur des positions radicales comme refuser le mot "autoroute" dans les délibérations les Verts de Rhône Alpes ont perdu la crédibilité nécessaire pour faire avancer la protection de l'environnement.

A la communauté de communes du Genevois il n'y a pas de Verts pour défendre le développement durable. Ils sont trop radicaux pour participer à des équipes municipales ou alors parfois seulement comme faire valoir d'équipes qui ne les écoutent pas. En général, moins un Maire comprend les contraintes environnementales plus il va chercher un alibi Vert à mettre dans son équipe. Dans le Genevois c'est Pierre Curtenaz, Maire de Feigères et les membres de son équipe, Christian Burnier, Maire de Savigny, Frédéric Sansa, quelques autres et moi qui défendons les thèmes du développement durable : le développement des transports en commun, le recyclage des déchets, une urbanisation plus durable ou des normes de constructions respectueuses de l'environnement. Selon Yann Wehrling, c'est par paresse que les Verts français restent dans leur radicalisme et renoncent à influencer la société française.

Une écologie durable c'est une politique qui investit massivement dans le développement des énergies renouvelables comme alternative durable au nucléaire comme le propose le Mouvement Démocrate ce n'est pas renoncer du jour au lendemain au nucléraire ou empêcher le traitement des déchets. Une écologie durable c'est une écologie qui s'attachent à développer massivement les transports en commun comme alternative à la voiture, ce n'est pas d'interdire la voiture là où elle est nécessaire. Une écologie durable c'est une écologie qui accélère des normes de construction environnementales. Pour que l'écologie soit durable et profonde, elle ne doit pas se faire au détriment des êtres humains, des relations sociales ou de l'emploi.

Quand on ajoute à ce vide de propositions la présence sur les listes d'Europe Ecologie pour les régionales de représentants du Parti Fédéraliste et Régionaliste de Savoie, on ne comprend plus très bien ce qui fait l'identité des Verts.

Les idéologies de la décroissance sont des idéologies du chômage de masse. L'écologie durable que propose le Mouvement démocrate avec les nombreux écologistes qui l'ont rejoint, c'est une écologie qui invente une nouvelle croissance qui préserve les ressources naturelles et le cadre de vie.

24/09/2008

Réguler des marchés financiers frelatés

En Chine, des industriels peu scrupuleux ont vendu du lait frelaté pour réduire leurs coûts et augmenter leurs profits au détriment de la santé et de la vie d'enfants. Pour éviter que celà ne se renouvelle, la Chine devra sanctionner les responsables et mettre en place les contrôles et la législation nécessaire.

Pour les mêmes motifs individuels, des banquiers occidentaux ont vendu des titres frelatés. Pris par leur propre concurrence, les uns et les autres ont ajouté à la surenchère des risques pour augmenter leurs primes de fin d'année et leurs résultats trimestriels. Les conséquences seront moins immédiates que les décès dramatiques d'enfants, mais pas moindre.

Il avait suffit de moins de 4 années pour que la crise de 29 se traduise en 1933 par la victoire des nazis en Allemagne. Il est inévitable que le déblocage par les Etats Unis de centaines de milliards de dollars en 24 heures pour venir en aide à des marchés qui dévissent.. aura des conséquences sur le vote de millions d'électeurs dans le monde qui se plaignent à juste titre depuis de nombreuses années de ne plus avoir les moyens de vivre, et qui eux n'ont pas beaucoup de réponses concrètes.

Le néo libéralisme est mort. Nous devons réinventer un nouveau libéralisme social qui s'attache au développement humain de tous plutôt qu'à une croissance économique qui ne bénéficient qu'à quelques uns.

Comme pour le lait frelaté, les responsables doivent être sanctionnés. Les primes qu'ils ont touchées pour les faux bénéfices des dernières années doivent être saisies pour contribuer au financement des conséquences de leurs actes. Les primes futures devront être attribuées sur des résultats réels de long terme et pas sur des résultats trimestriels ou annuels. Les produits dérivés devront être sérieusement régulés. Plus personne ne doit pouvoir vendre ou acheter des produits financiers qu'il ne comprend pas. Les actionnaires doivent à nouveau remplir leur devoir d'actionnaire c'est à dire voter aux Assemblées Générales et être rémunérés pour celà... les parieurs n'ont pas leur place sur les marchés financiers, ils doivent être financièrement pénalisés. La législation doit encourager les actionnaires durables qui contribuent au développement des entreprises. Des marchés sur lesquels la durée moyenne de détention des actions est de moins de 6 mois sont des marchés qui court à leur perte à moyen terme.

Les entreprises doivent à nouveau se concentrer sur la croissance de leur chiffre d'affaire (seul indicateur de santé à long terme), plutôt que sur leurs profits à court terme. L'augmentation constante des marges signifie simplement que les actionnaires s'arrogent une part plus importante des revenus au détriment des salariés, des fournisseurs et des clients. Nous devons mettre en place un taux d'imposition faible pour les bénéfices qui croissent de manière conforme à la croissance du chiffre d'affaire et des taux d'imposition dissuasifs sur les entreprises dont les bénéfices nets croissent de manière supérieure au chiffre d'affaire. Les marchés financiers ne doivent plus être en position d'exiger des bénéfices en croissance de 15% lorsque la croissance économique mondiale est dans les 5%, c'est illusoire à long terme pour eux et catastrophique pour les équilibres sociaux.

Les lois existantes doivent être appliquées : les primes des traders ne doivent plus être supérieures à leur rémunération fixe... en toute illégalité elles sont aujourd'hui jusqu'à 50 fois supérieures. C'est aux actionnaires de prendre des risques et d'en être responsable sur le capital investit, pas à des salariés qui n'empochent que les primes.. mais ne paient pas les désastres.

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05/06/2008

Conséquences ou vérité... pour les pêcheurs, les agriculteurs et les camionneurs

Rêvons un instant qu'un ministre ou un parlementaire affirme publiquement que 1) les ressources en pétrole vont se tarir, 2) la demande va continuer à augmenter jusqu'à ce que les Chinois et les Indiens consomment autant de pétrole que nous, 3) que la hausse des prix du pétrole pourra connaitre des hauts et des bas mais que sur le long terme la hausse ne pourra que se poursuivre.

Rêvons un instant qu'un ministre ou un député ait le courage de l'honnêteté. Cela reconstruirait un peu plus de confiance dans nos institutions plutôt que les promesses illusoires sur le pouvoir d'achat suivie d'un "je ne peux rien les caissses sont vides".

Les solutions de subventions publiques ne sont pas tenables à long terme - les agriculteurs, les pêcheurs et les camionneurs le savent. Elles agravent le déficit de l'Etat et ne changent rien au problème. Il n'y a que deux solutions durables et pertinentes : baisser la consommation d'énergie et augmenter les autres sources d'énergie tout particulièrement les énergies renouvelables.

Collectivement il y a de nombreuses pistes pour baisser la consommation d'énergie :

- Améliorer les normes de construction, investir massivement dans les transports en commun, favoriser l'habitat collectif, conclure des accords multilatéraux pour taxer le kérosène...

- pour les particuliers, une conduite souple et des pneus bien gonflés peuvent réduire la consommation d'essence de plus de 30%, consommer des produits locaux permet de réduire également les frais de transport... Certains transporteurs routiers appliquent déjà ces techniques pour réduire leur consommation.

- l'Etat et l'Union Européenne doivent sans cesse imposer des normes plus strictes en matière de consommation d'énergie. Les constructeurs automobile ont prouvé leur incapacité à s'autodiscipliner pour baisser le consommation des véhicules. Les législateurs et les exécutifs doivent imposer des normes environnementales constamment plus faibles. Ces normes ne doivent pas concerner seulement l'industrie automobile mais toutes les industries.

Collectivement nous devons aussi investir dans les autres énergies :

- les énergies renouvelables ne pourront améliorer leurs rendements que lorsque nous investirons dedans. Les panneaux solaires doivent devenir des normes de construction partout où ils sont possibles.

Mais il revient surtout aux pêcheurs, aux agriculteurs et aux camionneurs de définir comment leur métier doit évoluer dans un monde où le pétrole atteindra inévitablement les 200 dollars un jour ou l'autre : nouvelles cultures ? nouvelles techniques ? L'aide de l'Etat ne peut que se limiter à faciliter temporairement cette transition. Tout autre type d'aide ne ferait que tromper ses bénéficiaires dans une illusion néfaste d'un pétrole pas cher.

 

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