17/12/2008

Quels députés européens pour la France le 7 juin ?

Les hommes politiques français ont pour usage de rejeter sur l'Europe leurs propres manquements. Ils accusent l'Europe de tous les maux, même lorsque la commission européenne applique les décisions prisent par le Conseil composé par les Gouvernements nationaux. Ils passent ren revanche sous silence tout ce que l'Europe apporte à notre quotidien. Ces jours-ci ont mesure dans quel état serait la France si elle ne pouvait compter sur l'Europe. Une monnaie française n'aurait pas résisté à la crise actuelle. Nos déficits publics seraient encore plus irréaliste qu'ils ne le sont déjà. La lutte contre les cartels serait faible..etc..etc...

En France contrairement à de nombreux autres pays, les Français n'ont pas de porte-parole dans le débat Européen et l'Europe n'a pas de porte parole dans le débat public français. L'absence de députés Européens solide est flagrante.

Il y a une longue tradition de désigner des députés Européens qui se sont fait remarquer par beaucoup d'autres initiatives que leur passion du projet européen : des maitresses d'ancien Présidents de la République (son, des présentateurs de télé (Cavada), des coureurs automobiles (Vatanen), des femmes d'industriels qui finance des campagne (Janely Fourtou), des perdants aux législatives qui n'ont plus aucun mandat (Vincent Peillon), des magnats de la presse (Hersant)...

Le seul député européen que l'on connaisse bien en France c'est Daniel Cohn Bendit... qui est un député européen Allemand. Vincent Peillon et Benoit Hamon se sont fait récemment connaitre mais pas du tout pour leurs contributions au débat européen.

Les députés Européens français ne sont donc pas très présent dans le débat public... mais contrairement aux députés nationaux ils ont le méritent d'être présent en session. Les indemnités de Parlementaire sont versées proportionnellement à la participation au vote. Cela permet des taux de participation proche de 100% aux sessions du Parlement.

Nous avons besoin maintenant de vrai députés Européens. Pas de people qui ne savent pas défendre des convictions qu'ils n'ont pas toujours. Des députés qui s'engagent à venir au minimum une fois par an dans les départements pour rendre compte de leur mandat. Des députés qui ont des idées pour l'Europe. Des députés qui fassent le lien nécessaire entre les institutions européennes et les européens.

C'est la raison pour laquelle je soutien la candidature de Gilles Artigues à la tête de liste du MODEM pour la région Rhône Alpes PACA Corse le 7 juin prochain. Gilles Artigues a prouvé sa capacité à être proche des habitants. Il connait les devoirs d'un parlementaire de terrain. Gilles sera présent en Haute Savoie pour rendre compte de son mandat.

12/12/2008

Les Papy Boomers prennent l'oseille et se tirent en 2015

Le constat est unanime au Conseil des Etats et au Conseil National, les caisses du 2ieme pilier ne permettent pas de payer les futures retraites. Alors que le nombre d’années de vie augmente, les sommes économisées par les cotisations retraites doivent être utilisées sur plus d’années. Ce qui réduit les pensions. Les retraités d’aujourd’hui touchent des fonds qui viendront réduire les pensions des retraités de demain.

La logique de la solidarité entre les générations aurait voulu une baisse immédiate des pensions pour s’assurer que ce surcout soit partagé entre les générations. C’est ce que proposait le Conseil Fédéral avec une baisse échelonnée rapide jusqu’en 2010.

Le Conseil National a repoussé cette date à 2015. Date assez similaire à l’entrée en application complète de la réforme des retraites en France : 2012. Faites le calcul : pour la Suisse 2015 – 65 ans = 1950. Pour la France 2012- 60 ans = 1952. Dans un cas comme dans l’autre les Papy Boomers dont l’irresponsabilité de ces 20 dernières années nous a conduit au trou massif des retraites s’assurent que la réforme des retraites entre en application après leur propre départ.

La solidarité entre les générations exigerait que le surcout de l’allongement de l’espérance de vie soient partagés équitablement : autant par les papy-boomers que par les autres.

Par leur activisme, leur forte représentation politique – et pas mal d’égoïsme– les papy boomers seront sans doute ceux qui subiront le moins la réduction des pensions de retraite – rendu nécessaire par leur aveuglement de ces 20 dernières années.

L’Avivo en s’opposant à toute réduction de pension, prouvera jusqu'à la caricature l’égoïsme de certains représentants de cette génération. Après les papy-boomers, le déluge !

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10/12/2008

Différences entre concordance et proportionnelle

A écouter les commentaires récents on pourrait croire que l’UDC a « droit » à deux sièges au Conseil Fédéral. Ce serait effectivement le cas dans un système de représentation proportionnelle. Ce n’est pas le cas des institutions Suisses.

Les institutions prévoient un vote majoritaire. En Suisse un vote majoritaire classique qui établirait une majorité et une opposition conduirait au blocage en raison de la démocratie directe. La minorité pourrait à tout instant bloquer l’action de l’exécutif par des referendums et des initiatives.

Pour éviter cela, l’histoire Suisse a imaginé la concordance. Cette concordance permet de faire participer des partis minoritaires en contre partie de leur collégialité aux décisions prises.

L’UDC demande le bénéfice de la concordance : la participation au Conseil Fédéral. Mais l’UDC refuse les devoirs de la concordance : la collégialité. Elle l’a encore prouvé en ne proposant qu’un seul candidat acceptable au Parlement. Elle est sur le point de le prouvé en lançant une campagne contre le renouvellement des accords bilatéraux.

En votant pour Ueli Maurer aujourd’hui, le Parlement accepte à une courte majorité une dérive de la concordance vers un système proportionnel. Pour la troisième fois de suite depuis 2003, le Parlement a élu un Conseil Fédéral chef de parti plutôt qu’un bâtisseur de consensus. Une telle dérive si elle se confirmait par la pratique du pouvoir d’Ueli Maurer et une réélection en 2011, conduirait inévitablement à la paralysie politique.

Elle priverait le Conseil Fédéral de toute ligne politique. Elle soumettrait l’exécutif aux menaces référendaires partisans de l’UDC aujourd’hui… mais de tous les partis demain car il sera électoralement toujours plus efficace pour les partis de défendre des points de vue partisans plutôt que le consensus fédéral.

A terme, cette évolution conduirait à une paralysie totale des institutions Suisses. La fin de la concordance inter partisane deviendrait alors incompatible avec la démocratie directe. La Suisse devrait alors choisir entre concordance interpartisane et démocratie directe.

08/12/2008

Concordance : droits et devoirs de l’UDC

Lors des dernières élections fédérales, plus de 70% des Suisses n’ont pas voté pour l’UDC. La démocratie exige donc que l’UDC n’impose pas ses choix à la majorité des Suisses.

Voila maintenant plusieurs décennie que la Suisse fonctionne sur le modèle de la concordance. En raison des règles de démocratie directe, le modèle d’opposition et de majorité fonctionnerait plus difficilement en Suisse : les décisions de la majorité seraient susceptibles d’être constamment remises en cause par la minorité lors de consultations populaires. C’est pour éviter cette paralysie que la concordance est née : la majorité s’engage à intégrer la minorité dans la prise de décision en échange de quoi la minorité se montre solidaire des décisions collectives.

La logique de la concordance voudrait que l’UDC participe au Conseil Fédéral. Mais cette logique de la concordance impose aussi des règles à l’UDC.

Si l’UDC refuse les devoirs de collégialité de la concordance elle ne peut pas en exiger le bénéfice de la participation au Conseil Fédéral.

L’UDC a prouvé qu’elle ne renoncera a aucun recours populaire en contre partie de son intégration au Conseil Fédéral. La concordance dans ce cas ne se justifie donc plus. La fausse double candidature de Christoph Blocher et d’Ueli Maurer au Conseil Fédéral montre à quel point l’UDC n’a pas compris le principe même de la concordance dont elle revendique le bénéfice.

Il y avait jusqu'à il y a quelques années un autre principe de la concordance qui s’est perdu une première fois en 2003 avec l’élection de Blocher puis en 2006 avec l’élection de Doris Leuthard. Ce principe voulait que les candidats au Conseil Fédéral ne se recrutent pas parmi les chefs de parti. Les chefs de parti sont efficaces pour être les portes parole d’un point de vue partisan. Mais il faut des personnalités tout aussi efficaces mais moins partisanes pour faire avancer un travail collectif.

Si le Conseil Fédéral est élu au scrutin majoritaire et pas à la proportionnelle c’est bien pour que le Parlement contrôle les qualités « collégiales » des candidats. Des candidats trop partisans auraient plus de mal à faire adopter leurs propositions au Parlement. Il ne revient donc pas au groupe UDC d’imposer ses candidats, mais bien au Parlement de les élire à la majorité.

La fausse double candidature UDC montre que la cure d’opposition de l’UDC lui a permis de faire de petits progrès par rapport à l’an dernier dans la compréhension des principes de concordance, mais prouve aussi que ce travail n’est pas achevé.

10/11/2008

Elections européennes du 7 juin 2009

Le 7 juin prochain nous voterons pour les élections européennes.

Dans le contexte actuel, on mesure à quel point les règles européennes sur les déficits publics nous ont un peu protégé de l'arrogance et de l'irresponsabilité des députés et ministres français. En juillet dernier, ils ont dilapidé dans le paquet "cadeau" fiscal toutes les marges de manoeuvres financière de l'état pour le reste du quinquennat. Ils auraient sans doute été encore plus irresponsables sans les règles communes de l'Europe. Daniel Bouchet (UMP) dénoncait avec vigueur durant les municipales les 2000 euros de dettes par famille accumulées par la municipalité socialiste mais restait silencieux sur les 80 000 euros de dette par famille accumulées par l'Etat UMP. Je pense au contraire que la loyauté au pays doit toujours passer devant la loyauté partisane. Cela devient une question de survie pour le pays.

On mesure encore la chance que l'on a d'avoir une banque centrale européenne qui n'a pas écouté les appels urgents d'élus qui ne comprennent pas grand chose à l'économie et qui appelaient la BCE à baisser ses taux pour suivre les excès de la Fed américaine. La crise nous touche, mais grâce à la BCE dans une moindre mesure qu'elle ne touche les Etats Unis.

Enfin, on mesure l'atout que constitue l'Euro dans ce contexte : nos banques sont en difficulté certes, mais dans certains pays européens qui n'ont pas l'Euro - Islande, Slovaquie ou Danemark - ce sont les Etats qui ont en difficulté. Faute d'avoir choisi l'Euro, les citoyens y paient par des taux d'intérêts excessifs la faillite de leur Etat.

Le plan d'urgence est adopté - avec le soutien du MODEM. On a paré au plus pressé. Il est probable que le coût pour la collectivité sera important. Mais le plus important reste à faire : changer ce système économique qui nous a conduit à notre perte. Remettre l'être humain au centre de la société plutôt que le capital. Les propositions sont sur la table - je mentionnais en juin/juillet dernier déjà mes propositions. Mais nous aurons besoin de la force et de l'unité de l'Europe pour avoir l'influence de les proposer au monde.

De tous les courants de pensée, seul le courant démocrate a toujours été sans équivoque sur ce sujet. Nous avons besoin d'Europe et l'Europe a besoin de nous.

Pour lancer la campagne Européenne, le Mouvement Démocrate de Haute Savoie, Annecy démocrate et les Jeunes Démocrates organisent une conférence débat à Annecy le 27 novembre à 20H à la salle Yvette Martinet. Vous y êtes chaleureusement invité.

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05/11/2008

Une victoire qui inspire tous les démocrates

Comme souvent en politique, ce qui semblait immuable il y a quelques mois a changé aujourd'hui. La candidature d'Obama il y a 18 mois semblait une utopie : Hillary Clinton disposait de beaucoup plus de moyens financiers, de réseaux et de notoriété. Il était peu probable que Barack Obama emporte la primaire démocrate. Il était encore moins probable qu'il batte les républicains sur leur terrain de la levée de fonds et de l'organisation logistique de mobilisation. Et pourtant ce qui semblait impossible il y a peu est devenu réalité aujourd'hui.

Changer ce qui semble immuable, ici aussi nous le pouvons.

Il y a plusieurs enseignements pour tous ceux qui veulent changer les choses. Un grand espoir dans le fait que les nouvelles technologies ont permis aux citoyens américains de s'organiser eux mêmes, de défendre leur point de vue, de mobiliser leurs proches. C'est la mobilisation financière et militante des citoyens engagés qui est une grande revanche sur la mobilisation des lobbys et des entreprises qui ont financé les victoires électorales précédentes. Cela devient possible en Europe aussi. A mesure que les réseaux de citoyens s'organisent, l'influence électorale de Bouygues, d'Arnault et de Lagardère se réduit tout comme celle de syndicat sous influence. Une victoire de la démocratie sur la capitalocratie.

Le second enseignement c'est la capacité d'une génération à prendre la rélève quand elle se mobilise. La mobilisation record d'hier à permis à toutes les générations de se prononcer. C'est la très forte mobilisation des jeunes en particulier qui a donné la majorité au changement de génération. Un grand contraste avec les élections à la constituante genevoise qui avait vu un très faible taux de participation des plus jeunes se transformer en plébicite des anciens. Le message d'espoir y est pour quelque chose. Les jeunes électeurs se mobilisent pour des propositions et des candidats qui leur parlent à eux également. Nous avons besoin de ce changement de génération pour construire l'avenir de l'Europe.

Le troisième enseignement c'est sur la diversité. Alors que nos assemblées européennes restent monocolores, monosexes et monogénérationnelles, les Etats Unis nous donnent une grande leçon de diversité. Leçon selon laquelle un élu d'une minorité doit toujours représenter l'intérêt général et qu'il revient à chacun de voter en fonction des idées, des projets, des équipes et des personnalités plutôt que sur les signes distinctifs minoritaires. Ne laissons pas les supposés préjugés des autres influencer notre opinion sur les candidats à la candidature. C'est en rassemblant toutes les minorités dans la République que nous pourront construire l'avenir.

Merci aux amis américains qui ont soutenu Barack Obama, il est bien possible que cette élection là, ait plus d'influence sur notre quotidien que de nombreuses élections dans nos pays respectifs.

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09:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : barack obama |  Facebook | | | |

14/07/2008

Un projet politique democrate et independant

Pour information, vous trouverez ci-joint un lien vers la contribution de Francois Bayrou mise au voix des adherents du Mouvement Democrate le 17 juillet 2008. Elle precise la ligne politique du Mouvement Democrate que certains elus souhaitaient contester avec le soutien de l'Elysee.

Pour un projet politique democrate et independant

10/07/2008

Traité de Lisbonne et démocratie

Lors de la campagne référendaire sur le traité constitutionnel en 2005, il y avait une objection qui me prenait de court. Je la trouvais tellement surréaliste que je ne savais pas comment y répondre : "je vais voter non juste pour les faire chier... de toute façon quelque soit le résultat du référendum ils feront passer le traité. Voter non n'a donc aucune conséquence sur la construction Européenne, et au moins je les emmerde".

J'étais pris au dépourvu. ll me semblait que cet argument montrait une mauvaise connaissance des institutions et de la vie politique du pays. A posteriori mon interlocuteur avait à peu près raison, les députés aux ordres ont adopté le traité de Lisbonne plutôt que de convaincre les Français et d'en être les porte paroles. Le traité de Lisbonne a été rejeté par les Irlandais, mais ne doutons pas que le Conseil Européen trouvera un moyen pour se passer de devoir écouter les citoyens de l'Europe.

Certains se demandent encore si le référendum était une bonne idée. Dans une démocratie c'est le peuple qui est souverain et les décisions importantes comme celle là doivent être décidée par le peuple. Avec des décisions comme celle-ci on s'apercoit que notre pays est de moins en moins démocratique et dérive de plus en plus vers la monarchie élective. Je refuse cette évolution. Il nous revient à chacun de réapprendre les vertus de la démocratie.

La démocratie est le meilleur des systèmes politiques pour plusieurs raisons. D'une part l'intelligence collective est presque toujours supérieure à l'intelligence des experts ou d'un clan. Pour prendre un exemple familier, mais cité parfois précisément par des experts, dans le jeu "qui veut gagner des millions" le public a beaucoup plus souvent raison que le joker de l'ami expert. Il y a dans le public des individus qui se trompent, mais ceux qui se trompent se répartissent équitablement dans les différentes réponses.

La démocratie est surtout le meilleur des systèmes car c'est le seul qui peut susciter une large adhésion. Il serait déjà suffisament insupportable de voir notre avenir dicté par un Président de la République a la personnalité pour le moins troublée. Cela deviendrait totalement intolérable si l'on imaginait que cela ne procéderait pas de la volonté populaire majoritaire mais de quelques manipulations de sondages de dernier jour plaçant Jean Marie Le Pen au second tour, de média sous contrôle et de la mise sous tutelle de responsables politiques apatés par quelques prébendes. Sans la démocratie, la désobéissance civile deviendrait légitime.

Le référendum constitutionnel me semble encore aujourd'hui largement préférable au traité de Nice qui régit encore l'Europe. Pourtant le Non au traité m'a appris beaucoup de choses sur la construction européenne et le besoin de rapprocher beaucoup plus l'Europe de ses citoyens. De redonner sens au projet Européen. C'est avec les Européens que l'Europe doit se construire.

La démocratie exige la liberté de parole - qui n'est que partielle en France avec des députés réduit au silence des militaires -, elle exige aussi la liberté de la presse - mise sous tutelle un peu plus chaque jour -, elle exige la pluralité politique - dont notre pays est privé depuis 2002 avec le détournement des scrutins majoritaires - elle exige des coutre-pouvoirs judiciaires et parlementaires - dont notre pays est privé par la mise aux ordres de la justice et la soumission des députés-. Notre démocratie se perd petit à petit.

L'expérience de l'année au sein du Mouvement Démocrate où l'on a beaucoup parlé de démocratie m'incite désormais aussi à penser que la démocratie ne s'invoque pas. L'invective "tu n'es pas un vrai démocrate" était le plus souvent prononcée par ceux qui écoutaient le moins les avis opposés. Dans l'histoire, les plus grands dictateurs se sont souvent érigés en démocrate à commencer par les Démocraties populaires de l'Europe de l'est. Il suffit aussi de considérer à quel point L'Union Démocratique du Centre n'a pas grand chose démocratique dans son fonctionnement ou ses propositions qu'elles voudraient imposer à la majorité des électeurs suisses.

La démocratie ne s'invoque pas mais se pratique personnellement : par l'écoute des autres, en s'informant avec exigence (plutôt que par des magazines peoples et des journaux qui les imitent), en refusant l'évolution monarchique du pays, en refusant les clivages partisans stériles, en affirmant haut et fort ce qui est juste même lorsque cela déplait au prétendu "souverain" (local ou national), en consultant la population et en faisant savoir ses souhaits, en refusant les idéologies toute faite (de droite comme de gauche) qui empêchent de comprendre la réalité et la complexité du monde.

De nombreuses études montrent à quel point nos comportements individuels changent le comportement de notre entourage par l'exemple. De proche en proche, nos comportements individuels changent nos sociétés. Nous avons un gros travail de démocratisation de la France à faire. Ce travail commence par nous même.

 

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13/06/2008

Un document sur les municipales de Saint Julien

42% des électeurs qui ont voté pour le candidat UMP au premier tour des municipales se sont porté sur le candidat PS au second tour. Un relevé des listes électorales montre que si une partie des électeurs a changé entre les deux tours, ils s'agit sociologiquement exactement du même électorat par âge, sexe ou lieu de naissance - on peut donc bien statistiquement calculer un report de voix.

Il est tout à fait de leur droit pour l'UMP et le PS de s'entendre aux dépends de leurs propres électeurs et aux dépens de leurs valeurs. En revanche il me semble encore plus pervers que ces accords soient secrets. Or depuis les élections les uns comme les autres n'assument pas leurs actes.

Dans ce contexte et dans un souci de transparence vis-à-vis des électeurs il me semble juste de publier le document ci-dessous qui prouve cette entente. Ce document s'ajoute aux fausses rumeurs qui ont été propagées auprès de l'électorat UMP sur notre soi disant volonté de financer la construction d'une mosquée à Saint Julien (alors que nous défendions l'idée laïque selon laquelle la municipalité ne devrait pas s'opposer à un projet privé de quelque manière que ce soit). Elle s'ajoute surtout à l'intervention du candidat UMP sur France Bleu Pays de Savoie le jeudi 13 mars indiquant qu'il voterait pour le candidat PS.

Bernard Accoyer, Président départemental de l'UMP a exclu de nombreux adhérents qui n'ont pas obéis aux ordres (à Annemasse, à Saint Julien et dans de nombreuses autres communes du département). Aucune sanction n'a frappé Daniel Bouchet. On en conclu logiquement que ces accords entre le candidat PS de Saint Julien et le candidat UMP ont été conclu avec l'accord ou à la demande de Bernard Accoyer.

Ce document permettra aux uns et aux autres de mieux savoir à quoi s'en tenir sur le prétendu clivage gauche-droite lors des prochaines campagnes.

 Document mis en ligne le mardi 11 mars 2008 sur le site de Jean-Michel Thenard, Maire PS sortant et réélu le 16 mars 2008... puis retiré rapidement.

 

Bonjour,

Au soir du premier tour, j'ai demandé au responsable de la liste Mieux Vivre à Saint Julien (Antoine Vielliard) s'il voulait entrer en matière afin de discuter du deuxième tour.

Ce fut une fin de non-recevoir pure, simple et définitive.

Hier (lundi) j'ai rencontré Daniel Bouchet pour étudier les possibilités du deuxième tour. Elles sont au nombre de trois :

1. un retrait de sa liste

2. un maintien

3. une fusion des listes

Les deux premières relèvent de sa responsabilité et il m'a indiqué hier qu'il consultait ses collègues et colistiers le soir même.

En ce qui concerne la fusion, j'ai expliqué que nos deux listes avaient chacune leur projet réel pour la ville de Saint Julien. Puisque nous travaillons tous les deux pour l'avenir de notre ville sans nous préoccuper de politique politicienne, il est évident qu'une très large part des projets se recouvrent, sans doute avec des différences de méthode et de sensibilité mais avec un grand compatibilité.

Pour la part restante, je lui ai dit qu'il était difficile de construire un projet commun en si peu de temps sous peine de proposer aux électeurs une sorte de copié-collé.

En outre et d'un point de vue humain, il apparaît impossible d'évincer en quelques heures des membres de nos deux listes. Etant donné les sensibilités politiques respectives de certains membres des deux listes, cette action aurait sûrement manqué de clarté vis-à-vis des électrices et des électeurs qui seraient sans doute surpris. Ils pourraient en effet alors considérer que seule la place nous intérresse comme nous pouvons le voir par ailleurs.

Nous sommes tous les deux attachés à une transparence réelle et non de pacotille. L'ouverture, c'est aussi la clarté.

Il m'a indiqué qu'il m'informerait rapidement de sa décision définitive. Je rédige ce compte-rendu avec des "je" mais je crois pouvoir dire que j'aurais pu tout aussi bien employer le "nous".

Cependant, comme je n'ai pas consulté Daniel Bouchet sur ce texte, j'en assume l'entière responsabilité.

Ecrit par : <http://jmt2008.hautetfort.com/>Jean-Michel Thénard | 11.03.2008

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18/04/2008

Les centristes continuent de convaincre

Depuis les municipales, les différents mouvements centristes s’accusent d’avoir plus perdu les uns que les autres comme pour justifier leur propre stratégie d’autonomie (MODEM) ou d’alliance (Nouveau Centre). Les uns comme les autres ont perdu. Des villes pour le Nouveau Centre, des élus pour le MODEM. Dans les 90% des communes de moins de 10 000 habitants, de nombreux centristes ont été élus. Ici, dans le Genevois Haut Savoyard nous comptons 23 Conseillers Municipaux MODEM dans 7 communes, des Nouveau Centre et de très nombreux élus locaux centristes indépendants.

Défaites toutes relatives lorsqu’on la met en perspective des performances de l’UMP Haute Savoie qui décline partout dans le Genevois : défaite des maires de Fillinges, Arthaz et Feigères. Scores faibles ou décevants dans les 4 communes où il y avait une liste UMP à part entière (Gaillard, Annemasse, La Roche et Saint Julien). Personne ne se réjouit de défaites de concurrents, mais elles interpellent.

Le centre est aujourd’hui le troisième courant de pensée en France. Dans d’autres pays, cela assurerait au centre une représentation politique importante. Dans un système majoritaire il faut composer une coalition majoritaire comme cela se faisait jusqu’en 2002 (RPR+UDF d’un coté, PS+PC+Verts de l’autre). Mais depuis 2002 l’UMP et le PS utilisent leur prépondérance et détournent le système majoritaire pour éliminer leurs anciens alliés respectifs.

La volonté hégémonique de l’UMP et du PS conduit à avoir un pouvoir soutenu par une minorité de la population. Un pouvoir impuissant faute de soutien populaire. Un Parlement dont sont exclus de représentation 41% des électeurs de la présidentielle de 2007. Cela conduit à un débat public qui se résume à des anathèmes plutôt qu’à des débats constructifs. PS et UMP s’invectivent sur les déficits plutôt que de trouver la meilleure manière de réduire les dépenses. La France a besoin d’un centre fort pour contraindre la droite et la gauche à s’écouter pour trouver ensemble des solutions aux problèmes du pays.

Dans ce contexte quel est l’avenir du centre ? S’allier comme l’affirme le Nouveau Centre, pour reconduire les coalitions majoritaires du passé ? Ou l’indépendance comme le prône le MODEM pour parvenir au niveau électoral à partir duquel tout bascule et l’on passe du statut de troisième éliminé à celui de second en position de force ?

Le centre a pour vocation de former des coalitions. C’est l’essence même de son projet de rassemblement au delà des clivages. Mais pour former ces coalitions le centre doit d’abord gagner le respect de ses futurs partenaires dans les urnes. C’est parce que la vieille garde centriste n’avait plus été à la conquête depuis les législatives de 1978 qu’elle s’est retrouvée en situation de faiblesse face à l’UMP en 2002.

A ce jour le centre ne peut pas s’allier à une UMP dirigée par des individus qui organisent activement l’extermination politique du centre par toutes sortes de manœuvres : seulement 22 députés Nouveau centre sur 577 soit 4% pour représenter les 18% d’électeurs de Bayrou, appels à voter PS au second tour lorsque le centre est en seconde position, investiture à un maire PS à Pau, menaces sur les financements publics… etc...etc... Cette extermination politique vise autant le MODEM que le Nouveau Centre que les anciens UDF. Pour faire des alliances encore faut-il avoir des alliés qui vous respectent. L’UMP a été une machine à broyer les centristes ambitieux : Méhaignerie et Douste-Blazy n’ont plus voix au chapitre, de Robien non plus… Morin, Santini et Létard bientôt, Cornillet, Arthuis et Mercier vont bientôt échanger leur poids politique pour un maroquin. En politique, on n’a d’influence qu’à proportion des électeurs que l’on représente. Moins on a de liberté de parole, moins on exprime les points de vue de ses électeurs, moins on a d’électeurs et donc d’influence.

Le centre ne peut pas non plus aujourd’hui, s’allier avec un PS qui ne sait toujours pas s’il doit réguler le libéralisme ou le rejeter. Le centre, lui, est libéral et social. Il ne pourra s’allier avec le PS que lorsque celui-ci deviendra un mouvement social démocrate comme tous les autres PS en Europe qui ont renoncé à l’idéologie antilibérale. Seul un profond changement du PS à son Congrès de l’automne 2008 pourrait en faire un partenaire possible du centre.

Le centre doit donc continuer à convaincre pour atteindre le seuil à partir duquel tout bascule. Le problème du scrutin majoritaire lorsqu’il est détourné comme c’est le cas depuis 2002, c’est qu’il élimine le troisième. Jusqu’au jour ou le troisième devient second. L’histoire politique a prouvé que ce qui parait éternel un jour peut disparaître le lendemain.

Les centristes ont le choix entre une disparition programmée sous tutelle à l’image de ce qui arrive aux Verts et au PC ou, petit à petit, de convaincre suffisamment de Français pour atteindre le seuil qui leur permettra de devenir seconds.

Est-ce possible ? Le centre devra pour cela venir à bout de trois handicaps. En premier lieu il y a les moyens financiers. Les subventions publiques du centre sont environ 5 fois inférieures à celles du PS et de l’UMP. Deuxièmement, la prime au sortant rend les conquêtes difficiles. Plus de 8 sortants sur 10 sont réélus aux élections cantonales, législatives et municipales. Entre la longévité des carrières politiques et la prime au sortant, le territoire des conquêtes possibles se limite au maximum à 30% des unités électorales. Troisièmement, le centre est pénalisé par ses multiples divisions.

Mais le centre dispose aussi de deux atouts. En premier lieu une nouvelle génération de candidats qui élections après élections s’implantent. D’abord une centaine lors des législatives de 2002, puis environ 400 lors des cantonales et régionales de 2004, puis 500 lors des législatives de 2008, et environ 10 000 conseillers municipaux lors de ces municipales. Voilà une armée de candidats en marche qui tranche des tergiversations de la vieille garde centriste. Le centre se trouve en position d’être le premier parti politique qui pourra répondre à l’attente forte de renouvellement politique de la génération post baby-boom.

En second lieu pour sa défense, sa capacité de nuisance est très forte. L’UMP avait été créé pour être une machine à gagner les élections. Mais son incapacité à fédérer les électeurs du centre l’a transformé en machine à perdre : perte avec fracas des élections régionales et cantonales de 2004, perte du second tour des législatives de 2007, perte encore des municipales et cantonales de 2008. Les pertes de l’UMP sont tellement invraisemblables que le PS contrôle presque toutes les régions, une majorité des départements et bientôt peut être même le Sénat ! Quant aux présidentielles et législatives est-ce bien l’UMP ou Sarkozy qui les ont gagnées ? Le jour où l’UMP aura pour objectif de gagner, elle devra respecter le point de vue des français du centre. Le PS engrange les victoires, sans leader et sans projet... par la seule incapacité de la droite à fédérer le centre.

Entre le PS et l’UMP la tentation est grande d’isoler le centre pour rester dans un duopole confortable qui conduit à l’alternance des incapables. Ils peuvent éliminer des candidats, mais ils ne pourront jamais supprimer un courant de pensée dans la population. Le premier des deux qui forme une coalition avec le centre sera dans une position majoritaire durable. Le PS le fera t’il en premier à l’automne en se transformant en mouvement social démocrate ? Ou l’UMP voudra t’elle en premier sortir de la spirale infernale de ses défaites successives ?

Que peuvent faire les centristes ? Exercer le pouvoir au détriment de ses idées ou défendre ses idées et ne jamais participer au pouvoir ? Le dilemme n’est que d’apparence : à quoi bon exercer le pouvoir si on ne peut y mettre en œuvre ses convictions comme le proposent PS et UMP à ce jour qui ne veulent du centre que comme faire valoir électoral plutôt que comme partenaire respecté. Hervé Morin, Ministre de la défense, ne participe aux décisions qu’à la faible mesure de ses 4% de parlementaires, c'est-à-dire qu’il exécute plutôt qu’il ne co-décide.

Notre seul choix c’est de continuer de convaincre patiemment un à un les Français. De gagner un peu plus d’électeurs à chaque élection que l’on perd, pour parvenir un jour au point de bascule du système majoritaire. C’est parce que l’UMP et le PS savent que cette menace du point de bascule est à portée des centristes qu’ils s’acharnent à détruire le centre quitte à s’entendre entre eux. C’est aussi parce que ce point de bascule est à notre portée que nous nous acharnerons à convaincre les Français de la justesse de nos convictions. Pour tous les centristes, la seule solution pour faire progresser le centre c’est de convaincre chaque jour quelques Français supplémentaires que la France a besoin à nouveau de son centre pour mettre fin au déclin et commencer à trouver des solutions à ses problèmes.

Lors de son congrès de Lyon en janvier 2006, l’UDF avait fait le choix de la liberté. Avec la liberté vient la responsabilité. La responsabilité de défendre ses convictions parce que la France a besoin de son centre.

 

Croire en quelque chose et ne pas le vivre c’est malhonnête (Gandhi)

Retrouvez la note du jour sur le blog Portevoix et cette note sur : http://antoinevielliard.hautetfort.com/archive/2008/04/18...