26/11/2008

Le monopole publicitaire de TF1

TF1 voit son audience chuter. Les téléspectateurs ne se satisfont plus des programmes de TF1. Ils ont maintenant accès à un large choix de télévisions grâce au numérique Hertzien. Conséquence normale de cette chute d'audience dans un système de libre concurrence, les bénéfices de TF1 auraient dû être en chute libre. Dans la théorie économique, l'idée étant que les chaines ont des rentrées publicitaires proportionnelles à leur audience - c'est à dire à leur capacité de satisfaire la demande des téléspectateurs.

Mais les choses ne vont pas se passer ainsi. En remerciement du soutien accordé lors de l'élection présidentielle, le pouvoir va garantir un quasi monopole de fait à TF1. En supprimant la publicité sur les chaines publiques, en fixant des obligations de programmes aux chaines publiques sur la tranche de prime time, le Gouvernement va établir un monopole de fait pour TF1. Les annonceurs qui souhaitent toucher un public large n'auront plus qu'un seul média audiovisuel pour le faire.

Les monopoles publics sont choquants lorsqu'ils interviennent dans un secteur sur lequel l'Etat n'a pas de légitimité. Mais un monopole privé est révoltant : il consacre la force publique au seul bénéfice de quelques actionnaires.

Il faut savoir que l'idée de la suppression de la publicité sur le service publique est venue au Président de la République lors du déjeuner la veille des voeux à la presse. Nicolas Sarkozy était à court d'idée pour occuper les médias ce jour là. Il demande conseille à Alain Minc qui lui souffle cette idée. Sans en avertir aucun parlementaire ni aucun ministre concerné, le Président de la République annonce l'idée à la presse le lendemain. A son bon vouloir ! Et ces jours ci, des parlementaires aux ordres vont obéïr en votant une loi au détriment des Français.

Nous devons mettre fin à cette monarchie républicaine au service de quelques amis et parains du président. Les députés et sénateurs doivent faire leur travail au service des Français plutôt que comme petits VRP d'un Gouvernement aux ordres.