29/07/2011

Déficits publics : le PS et l'UMP et leurs attrape-couillons...vous laisserez-vous attraper ?

Voilà des années que le centre l'exigeait : une règle constitutionnelle qui contraigne les générations à ne plus jamais s'endetter sur le dos des suivantes. Contrairement à ce qu'a fait la génération des papyboomers actuellement au pouvoir qui va bientôt enfin prendre une retraite pas méritée depuis trop longtemps.

L'UMP a toujours refusé cette règle. En 2007, alors que la France avait explosé tous les records de dette publique, ces cinglés ont promis la plus grande baisse d'impôts de l'histoire de France. Une baisse d'impôt ciblée sur leur électorat ou comment assurer son avenir électoral en faisant sombrer le pays dont on a la responsabilité ! Mois après mois, l'UMP a refusé la demande insitante des centristes du Nouveau Centre d'imposer des règles constitutionnelles pour mettre fin à l'irresponsabilité.

L'UMP disposait d'une majorité considérable, au delà des 3/5ième du Congrès nécessaires pour une réforme constitutionnelle. Mais aucune initiative à ce moment là. L'UMP accepte enfin de considérer l'instauration de cette règle aujourd'hui.. et tout particulièrement à quelques semaines des sénatoriales de septembre au cours desquelles pour la première fois dans l'histoire de France la droite sera minoritaire au Sénat. Pourquoi prendre une telle initiative au moment précis de la législature où elle à le moins de chance d'aboutir ? Simplement parce que comme en début de mandat, l'UMP n'a pas si envie que cela d'une règle constitutionnelle qui limiterait sa capacité à baisser les impôts à ses "clients-électeurs" ! Il s'agit simplement d'une vaste affaire de communication... sur le dos du pays, de son avenir, de ses habitants : à VOTRE détriment.

Le PS pourrait avoir beau jeu de sauter sur l'occasion : peu importe que l'UMP se fasse sa pub à peu de frais si pour une fois on pouvait imposer des limites à l'irresponsabilité des générations futures (à défaut de corriger l'irresponsabilité des papyboomers). Mais non ! Entre l'intérêt du pays et l'intérêt partisan, le PS fait le même choix que l'UMP : l'intérêt du parti d'abord ! Les parlementaires socialistes refuseront de voter cette loi constitutionnelle pourtant bien faiblarde de peur que l'UMP ne puisse en bénéficier. Les socialistes dénoncent la vaste opération de communication.. et refuse de voter.. au détriment du pays, de son avenir, de ses habitants : à VOTRE détriment.

En 2007, le PS comme l'UMP vous ont pris pour des couillons : alors qu'on était déjà sur le point de dépasser les critères de Maastricht sur l'endettement, l'UMP vous proposait de réduire les impôts et le PS d'augmenter les dépenses. Mathématiquement, avec un peu de bon sens, il était pourtant évident qu'il fallait faire à la fois le contraire de ce que proposait l'UMP ET le contraire de ce que proposait le PS : réduire les dépenses et augmenter les impôts pour réduire l'endettement. Tout cela s'étalait à longueur de journaux... et pourtant il y a eu suffisament de couillons qui ont lu Gala, Paris Match et Voici sur les faux couples Sarko-Cécilia et Royal-Hollande pour se faire prendre dans ces attrapes-couillons d'explosion de la dette publique que nous devrons rembourser tôt ou tard !

Seule une union nationale pourra permettre de sortir de ces calculs partisans à court terme : à l'UMP et au PS, ils sont nombreux les élus responsables, mais aujourd'hui soumis à des majorités dogmatiques partisanes et sectaires. Avec ces minorités silencieuses de l'UMP et du PS, il y a de quoi construire une majorité pragmatique pour remettre la France sur les rails de son avenir. Ensemble ils pourront voter ces règles de bon sens. Seul le CENTRE peut être le pillier de cette union nationale si nécessaire pour construire à nouveau un avenir à notre pays.

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22/07/2011

Dette publique, budget européen, rapport média/politique : François Bayrou a raison depuis longtemps

La semaine dernière une personne m'a interpellé : depuis plusieurs mois chaque nouvelle chaque jour donne un peu plus raison au diagnostic et aux propositions de François Bayrou lors des élections présidentielles de 2007, pourquoi ne l'entend-on pas plus revendiquer la pertinence de ses propositions ?

Effectivement, la presse quotidienne montre chaque jour à quel point le diagnostic de François Bayrou est pertinent depuis longtemps. En 2007, François Bayrou alertait déjà sur l'impérieuse nécessité de réduire le train de vie de l'Etat, sur l'immoralité des déficits publiques laissés aux générations futures. Pendant ce temps là, le PS promettait une explosion des déficits publics par une augmentation considérable des dépenses : chacun avait droit à ses promesses. L'UMP promettait et à mis en oeuvre la plus grave explosion des déficits publics au travers de réductions massives d'impôts. Hors effet crise, et avant même la crise, aucun Gouvernement n'avait poussé la dette du pays aussi loin.

François Bayrou proposait de fixer des limites constitutionnelles à l'endettement de l'Etat. L'UMP et le PS le refusait.. et le refusent encore. Si l'UMP a proposé récemment de voter une loi constitutionnelle de limitation des déficits ce n'est pas pour imposer une limite.. mais simplement pour un objectif de communication car elle sait pertinement que depuis les élections sénatoriales de 2008, une telle règle ne peut plus être adopté à la majorité des deux tiers du Congrès (Sénat+ Assemblée nationale).

François Bayrou avait alerté sur les risques pesant sur l'Euro tant que nous n'aurons pas une politique européenne forte et concertée. Cela n'est possible qu'au travers d'eurobonds. Lorsque les Etats empruntent de manière séparée ils paient des taux d'intérêts élevés. Lorsqu'ils emprunteront de manière solidaire au niveau européen, ils paieront des intérêts faibles. La crise de la dette aura alors disparu. Martine Aubry le propose aujourd'hui. François Bayrou le proposait il y a 5 ans.

L'affaire Murdoch en Grande-Bretagne revèle la puissance des groupes de média concentré sur la classe politique qu'elle fait élire. Elle révèle les dérives d'un système où le pouvoir n'a plus de contre pouvoir. Ne soyons pas naïfs, la classe politique française dépend tout autant des groupes Lagardère, Bouygues et Dassault : ces groupes n'investissent certainement pas dans les médias pour la rentabilité financière de ce secteur trop souvent déficitaire, mais bien pour le pouvoir que cela leur confère sur une classe politique soumise. La concentration des médias existe aussi en France. La collusion entre les médias et la classe politique n'est pas qu'une collusion d'actionnariat : presque tous les candidats et ex-candidats ont ou ont eu une relation avec une journaliste politique -Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair, François Hollande et Valérie Trierweiler, Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar, Nicolas Sarkozy et Laurence Ferrari, Jean-Louis Borloo et Béatrice Schöneberg-. Il est certains que les réseaux personnels de ces journalistes politiques ne sont pas sans rapport avec l'émergence médiatique d'une candidature. Seuls Manuel Valls, Eva Joly, Martine Aubry et François Bayrou n'ont à ma connaissance pas eu à séduire un/une journaliste pour séduire les médias et imposer leur candidature à l'opinion publique. La liaison de François Baroin avec Marie Drucker aura-t-elle été assez longue pour en faire un futur présidentiable ? Il est temps de poser des règles éthiques au pouvoir des médias. Il est temps d'imposer des lois qui interdisent la concentration des médias comme le proposait Français Bayrou déjà en 2007.

Sur tous ces sujets, François Bayrou avait déjà raison en 2007. Mais ce ne sera pas le sujet de la campagne de 2012 qui ne commencera qu'en janvier prochain. L'UMP a repris la limite constitutionnel aux déficits publics, le PS a repris l'idée d'obligations européennes.. mais il faudra pour cela une union nationale des pragmatiques. Toutes ces personnes qui à droite comme à gauche savent faire des additions et savent que les budgets doivent être équilibrés. Toutes ces personnes qui à droite comme à gauche savent que c'est dans le cadre d'une Union Européen plus forte, plus démocratique et plus efficace que nous pourrons construire l'avenir de la France. Toutes ces personnes qui savent que les faux clivages issus de la lutte des classes sont aujourd'hui archaïques et dépassées.

Les attaques entre la gauche et la droite fusent déjà. La course de petits chevaux des sondeurs a déjà commencé. Pas la campagne présidentielle qui ne commencera qu'en janvier 2012.

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21/07/2011

Conseils de voyage pour les amis centristes de l'Alliance des centres

Mes amis centristes du Nouveau Centre et du Parti Radical valoisien ont choisi de travailler ensemble au sein de l'alliance des centres. C'est une excellente nouvelle. Un début d'union de quelques chapelles centristes qui peut permettre l'émergence à nouveau d'un centre indépendant. Un centre autonome qui manque à la vie politique française depuis le milieu des années 80. Un centre pondérateur des débats publics qui s'est laissé galvauder dans ses alliances avec la droite.

Sur la route de leur autonomie ils vont rencontrer de nombreux écueils. Je me permets modestement de les lister à leur attention car avec quelques autres, nous avons réussi à passer ces récifs :

1) Se définir comme "centre" tout court et plus "centre droit" ou "centre gauche" : dès que le centre affirmera son identité, c'est à dire nécessairement ce qui le distingue de la droite, ils se feront insulter. Leurs ex amis les qualifieront de gauchistes, car aux yeux de la droite tout ce qui n'est pas de droite est nécessairement de gauche. La droite a le sectarisme en commun avec la gauche. Elle ne comprend pas que le centre est au centre aussi certainement qu'une tête sur les épaules n'est ni à droite ni à gauche. Au MODEM nous avons eu le droit à ces quolibets. Etre traité de gauchiste n'est certainement pas une insulte, mais simplement une négation du droit du centre à exister de manière autonome. C'est en étant candidat face à des candidats de droite et de gauche que j'ai pu, avec d'autres, élections après élections montrer aux électeurs ce qu'est la démarche centriste. Les candidatures de l'UMP et du PS aux cantonales de mars, même si elles se sont avérés être des candidatures de témoignage, m'ont permis de prouver une fois encore que le centre n'est ni la droite ni la gauche. Mes amis de l'Alliance des Centres devront faire ce long cheminement eux aussi pour l'affirmation d'un centre autonome.

2) Le soutien des députés : Le divorce du Parti Radical et de l'UMP était programmé pour le printemps.. il a été repoussé à la fin de l'année car les députés radicaux faisaient preuve de mauvaise volonté. Depuis deux ont été nommé ministre du gouvernement UMP. Chaque député a été appelé par les responsables de l'UMP et mis en garde par le Président de la République lui même : si vous soutenez un centre indépendant on vous fera battre aux législatives. Il est peu probable que les députés Radicaux soient soudainement téméraires en décembre prochain. Au MODEM nous les connaissons : entre l'affirmation de leurs valeurs et la défense de leur mandat, ils ont toujours fait le même choix. Peut-être changeront ils d'avis ? Je doute que ce soit d'eux qu'il faille attendre des preuves de courage, de détermination et d'indépendance d'esprit. Accessoirement, quelques uns de ceux à qui on avait promis un soutien aux législatives ont été trahis par la suite et ne sont plus présents dans le débat public pour en témoigner. Au MODEM nous les connaissons, en pleine campagne des législatives de 2007 ils ont soutenu les candidats UMP qui se présentaient face à nous, ils ont promis de voter tous les déficits bugétaires les plus absudes en échange du soutien de l'UMP. Jean-Louis Borloo sera autant soutenu par les députés que François Bayrou. On dira alors "il est seul"... en oubliant que la seule proximité qui compte en politique c'est la proximité avec les électeurs... le reste en général et les opportunistes en particulier suivent.

3) Un centre autonome doit avoir un financement autonome : Une campagne présidentielle coûte très cher. Très très cher. Un parti aussi. Le Parti Radical est financé par une subvention de l'UMP. Le Nouveau Centre doit son financement aux soutiens de l'UMP à ses députés aux législatives. Bref, question financement, c'est l'UMP qui a les mains sur le volant du Nouveau Centre comme du Parti Radical. Il faudra trouver un financement autonome. Nous connaissons cela au MODEM, nous avons du présenter des candidats dans 500 circonscriptions pour mériter un financement autonome. Les modestes moyens financiers du MODEM, nous les devons aux électeurs et pas à un autre parti politique. Nos moyens sont certes modestes à côté des dizaines de millions d'euros de fonds publics attribués au PS et à l'UMP mais suffisants pour financer une campagne présidentielle.

J'espère sincèrement que mes amis centristes de l'Alliance des Centres iront jusqu'au bout de leur volonté d'indépendance. Au bout de ce chemin, ils trouveront le MODEM et nous pourront unir tous les centres. Cette union de tous les centristes permettra alors de former une majorité nouvelle en France : la majorité de tous les pragmatiques qui refusent les clivages archaïques et qui veulent travailler tous ensemble au service des Français.

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21/04/2011

Le centre mérite qu'on se batte à le défendre

Dans notre petit bout de territoire frontalier on est frappé par le parallélisme des évolutions idéologiques de part et d'autre de la frontière. Décidément les frontières laissent maintenant tout passer : les nuages radioactifs, les changements climatiques, les flux migratoires, les frontaliers en quête d'emplois, les Genevois en quête de logements et même les courants de pensée !

De part et d'autre de la frontière on observe la lente dérive de la droite vers l'extrême droite, le conservatisme idéologique d'une gauche archaïque et au milieu un centre à l'abandon paralysé à l'idée de défendre ses valeurs et qui se mure dans un mutisme qui le condamne. Ce mutisme du centre est d'autant plus incompréhensible que les postures des idéologues sectaires font de la politique un simple jeu de rôles duquel plus aucun compromis n'émerge au service des habitants : la question du logement à Genève en est une caricature. Paradoxalement, au fur et à mesure que le centre renonce à se faire entendre, il devient chaque jour plus nécessaire au débat public.

En Haute-Savoie, il fut un temps où le centre contrôlait tout, décidait de tout. Dans les cartes électorales françaises, la Haute-Savoie était au centrisme ce qu'un phare est au marin : un rocher insubmersible qu'aucune tempête ne pouvait menacer. Mais d'alliances en compromis(sions), le Centre a cédé des villes, des cantons et des circonscriptions les unes après les autres, jusqu'à devenir marginal. Le Centre a perdu la guerre électorale à force de ne pas oser livrer de batailles. Si l'on met de côté les transmissions de fiefs et les "successions" organisées, le résultat des élections cantonales à St Julien est la première conquête électorale d'un centriste en Haute-Savoie depuis plusieurs décennies. Cette conquête doit en inspirer d'autres pour que ce ne soit que le début d'un vaste renouveau du centre si nécessaire à notre département et notre pays.

Il a fallu 5 défaites. Pas totalement des défaites : on a perdu des élections mais nous n'avons jamais perdu de campagnes. Elections après élections nous avons défendu nos valeurs, convaincu des électeurs supplémentaires. Nous avons réinstaller un centre qui ne s'affirmait plus de manière autonome depuis les législatives de 1978.

Après 30 ans d'alliances avec la droite, plus personne ne comprenait vraiment ce qui différenciait le centre de la droite. Petit à petit, le centre avait perdu son identité pour devenir une simple "droite light". Une droite light incapable de fédérer des pragmatiques de gauche et pas franchement passionante pour des pragmatiques de droite. Seuls les vrais centristes votaient encore pour cette droite light, mais nous étions incapables de fédérer au délà de nos propres rangs pour construire une majorité.

Il a fallu le courage de perdre pour affirmer nos valeurs. Le courage d'affirmer nos valeurs aux côtés de candidats de droite et de candidats de gauche d'abord aux élections cantonales de 2004, puis aux législatives de 2007. Les choses ont commencé à changé à ce moment là : un centriste qui se présente face à un sortant de droite devenait alors une option sérieuse pour des pragmatiques de centre gauche.

Mais le véritable déclencheur a été les élections municipales. Nous avons présenté une liste ouverte aux côtés de candidats UMP et de candidats PS. Là encore nous affirmions que le centre était aussi au centre qu'une tête sur les épaules ! Les masques sont tombés au second tour lorsque le PS et l'UMP ont conclut un accord par lequel le candidat UMP apportait son soutien au maire sortant PS par toutes sortes de moyens dont les plus déloyaux.

Cette alliance du PS et de l'UMP au second tour étonne les personnes qui croient encore au clivage droite/gauche. Il n'étonne pas ceux qui ont compris que le véritable clivage de la vie politique est celui des pragmatiques contre les idéologues. Une ligne de fracture qui tôt ou tard divisera en deux la droite aussi bien que la gauche. En s'alliant au second tour des élections municipales, l'UMP et le PS ont réussi à préserver leur duopôles pour quelques années mais ont révélé que le clivage gauche/droite n'est plus qu'un mythe.

Aux élections cantonales, l'UMP et le PS se sont effondrés : l'UMP arrivait 5ième avec 12,25% des voix et le PS 6ième avec 10,46%. Il avait fallu 5 défaites pour affirmer les valeurs du centre, du pragmatisme. Il avait fallu 5 défaites pour reconstruire l'identité d'un centre indépendant capable de fédérer au delà du centre. N'étant pas à droite nous devenions à nouveau un choix pour des pragmatiques de gauche, n'étant pas à gauche nous étions également un choix pour des pragmatiques de droite.

Tout celà n'a été possible que par un travail de terrain acharné et persévérant sur la durée : 360 000 documents distribués dans les boites aux lettres à quelques uns sur les 7 dernières années, des milliers de kilomètres parcourus à pied, à vélo et en voiture, des milliers de portes auxquelles nous avons frappé, près d'un millier de notes rédigées sur ce blog, des milliers de courriers, des milliers d'heures de travail, de débat, de réflection d'affichage et de tractage. Un travail tellement titanesque que j'ai du mal à comprendre comment nous en avons été capables... un peu comme quand on a gravit une montagne et qu'on se retourne : il suffit de mettre un pied devant l'autre et de recommencer.

Je crois que les valeurs du centre méritent qu'on ait le courage de se battre à les défendre. De cette expérience, je retiens que le centre doit être capable de travailler avec tous les pragmatiques en veillant à le faire de manière équitable pour ne pas y perdre son identité propre.

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15/11/2010

Le Centre, phénix du remaniement ministériel

Il y a deux manières de faire de la politique.

 La version idéologique de la droite et de la gauche. On reste dans le combat camp contre camp, idéologie contre idéologie, sectarisme contre sectarisme. « On se profile » sans aucun pragmatisme comme dise nos voisins Suisses : contre les Rom, contre les criminels étrangers, ou contre les logements aux Cherpines. UMP et PS utilisent des modes de scrutins pervers pour que leurs 30% des électeurs, puissent s’arroger une majorité politique dans les institutions. Les décisions sont imposées. Rarement suivi d’effet ou suscitant des oppositions d’une majorité de citoyens qui voit un pouvoir toujours plus éloigné.

Il y a par ailleurs la version centriste qui contribue à des compromis, qui contribue à façonner des majorités réelles. Qui met le holà sur les excès des idéologues. Qui place la nécessité de faire avancer le pays par des décisions consensuelles au dessus de la nécessité de « profiler » un parti par des divisions.

Dans beaucoup de pays européens, nous en sommes actuellement au point culminant d’un mouvement de balancier qui a marginalisé le centre. C’est vrai en France où le centre, éclaté, émietté a pratiquement disparu hier du Gouvernement pour la première fois depuis 9 ans. Divisé, le Centre est dans un tel état de faiblesse que Nouveau Centre et Parti Radical soutiennent un Gouvernement auquel ils ne participent plus pendant que le MODEM a lui quasiment disparu du Parlement. En Suisse, le phénomène est assez similaire sous un aspect très différent. Les votations du 28 novembre avec une initiative de l’UDC et une initiative du Parti Socialiste fait la part belle aux partis de Gouvernement des deux extrêmes qui une fois de plus se font de la pub contre le Gouvernement auquel ils participent.

Ce mouvement extrême de balancier pourrait bien engager une forte dynamique en faveur du centre. En Suisse, l’hypothèse d’un Gouvernement à nouveau majoritairement centriste où UDC et PS devraient choisir entre leurs sièges au Conseil Fédéral et leurs initiatives est désormais une hypothèse de travail. Puisque la solidarité gouvernementale a vécu, la formule magique aussi pourrait bien avoir vécu.

En France, le remaniement d’hier montre l’échec de toutes les divisions centristes. Le Mouvement Démocrate a déjà prouvé son échec. Je l’ai développé ici au lendemain des élections régionales sans concession pour nous memes. Par son indépendance, le Mouvement Democrate a réussi à préserver l’identité centriste comme le montre encore les indices de notoriété, de popularité et d’intentions de vote. Mais, isolé, le Mouvement Démocrate s’est trouvé dans l’impossibilité de fédérer le courant de pensée centriste pour en faire des victoires électorales.

Les centristes ralliés à l’UMP en 2002, mais aussi les centristes du Parti Radical et ceux du Nouveaux Centre ont fait la semaine dernière et hier aussi un constat d’échec. Echec à imposer l’une de leur très rare revendication : le scrutin proportionnel aux élections territoriales. Echec à être représentés dignement dans le Gouvernement. Ils font désormais publiquement le constat que le centre ne peut peser dans une coalition Gouvernementale que lorsqu’il est nécessaire à cette coalition.

Affaiblis parce que divisés, les centristes n’influencent plus du tout la politique française : ils ne parviennent pas à imposer une réduction des déficits significatives, à imposer leur pragmatisme et leur humanisme, ils ne parviennent pas à contribuer à l’accélération de la construction européenne, ils ne parviennent plus à contribuer à une réglementation des excès de la financiarisation de l’économie.

Pourtant tous les centristes partagent un même diagnostic. Notre pays a besoin de sortir des faux clivages pour élaborer de vraies solutions majoritaires dans le pays. Notre pays a besoin d’humanisme, de valeurs républicaines, d’Europe aussi.

Ce double constat d’échec tant du Mouvement Démocrate que des autres centristes est un fort signal à l’union des centristes. Désormais chacun arrive à la même conclusion. Le centre ne sera utile au pays qu’uni. Le centre est désormais au pied du mur, il doit désormais choisir entre la disparition ou l’union.

J’ai quelques doutes que quiconque choisisse la disparition.

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10/11/2010

PS et UMP croient s’être débarrassés du FN, du PC, d’Europe Ecologie, du Nouveau Centre, des Radicaux et du Modem

La réforme des collectivités territoriale a été adoptée par le Sénat à deux voix près mardi. Le vote sera désormais une formalité dans une Assemblée nationale aux ordres. Quelques sénateurs centristes se sont fait porte pâle lors du vote, victimes des méthodes de barbouze qui ont valu au Préfet de Haute-Savoie d’être révoqué en Conseil des Ministres aujourd’hui pour avoir écouté le « mauvais » député.

Il y a quelques bonnes choses dans cette réforme comme un renforcement de l’intercommunalité ou encore une meilleure coordination entre régions et départements. Pour notre territoire du Genevois français il y aura la possibilité de s’organiser en pôle métropolitain qui pourra mieux se coordonner face à Genève.

Il y a aussi beaucoup d’éléments néfastes. Les métropoles auraient du remplacer les départements lorsqu’elles sont crées plutôt que de créer un échelon administratif supplémentaire dans un mille feuille déjà incompréhensible. Les Conseils Régionaux seront pléthoriques avec deux fois plus d’élus régionaux… mais deux fois moins de mouvements politiques représentés.

Mais il y a surtout un défaut majeur. Un mode de scrutin qui permet au PS et à l’UMP de se débarrasser de presque tous les élus régionaux d’Europe Ecologie, du FN, du PC, du Parti de Gauche et du Nouveau Centre.

 

Projection sur la base des voix obtenues aux régionales 2010

Scrutin actuel

(nbre de sieges)

Nouveau mode de scrutin de la reforme territoriale(Projection de nbre de sieges)

Gain ou perte

PS

48

Entre 125 et 154

Entre +77 et +106

UMP-NC

40

Entre 125 et 154

Entre +85 et +114

Front de Gauche

10

Environ 15

+5 environ

EE

37

Environ 15

-22 environ

PRG

5

Environ 5

Egal

FN

17

-

-17

Femmes

50%

15%

-35%

En Birmanie aussi on change les modes de scrutin lorsque ceux-ci vous sont défavorables.

Ce mode de scrutin uninominal majoritaire a fait ses preuves à l’Assemblée nationale et dans les départements pour son incapacité à assurer la parité de la représentation : au scrutin majoritaire, les femmes occupent 15% des sièges au lieu des 50% actuels dans les Conseils Régionaux.

Les cantons de Haute-Savoie seront redécoupés en territoires de taille plus grande en moyenne. L’élection territoriale sera à la fois une élection régionale et une élection départementale qui sera conduite au niveau national. Elle sera donc plus partisane. Pour notre département, ce mode de scrutin pourrait permettre à l’UMP seule de s’arroger plus de la moitié des sièges en ne représentant que le tiers des Haut-Savoyards.

Ce mode de scrutin pourrait étendre au niveau des départements et des régions les clivages stériles du bipartisme qui conduisent la France à son effondrement. PS et UMP qui élection après élections représentent à eux deux de moins en moins d’électeurs auront de plus en plus d’élus ! Les électeurs de l’UMP qui ont marqué leur désapprobation de la politique gouvernementale en mars dernier en votant pour Europe Ecologie ne pourront désormais plus le faire.

Ce mode de scrutin au détriment de l’extrême gauche comme d’Europe Ecologie n’a pu être adopté en commission mixte paritaire qu’avec le soutien des élus socialistes (l’UMP n’y disposant pas de la majorité absolue). N’ayons aucun doute là dessus, la volonté d’hégémonisme du PS est à la mesure de celle de l’UMP.

L’UMP et le PS qui sont incapables de travailler ensemble sur les sujets qui comptent pour l’avenir de la France : retraites, déficits, formation, emploi… sont en revanche comme cul et chemise lorsqu’il s’agit de préserver leurs intérêts partisans.

Il faut travailler des aujourd’hui a des coalitions nouvelles qui permettront rapidement de mettre fin a ce bipartisme stérile et qui abuse de sa position dominante.

20/10/2010

"Faire de la politique en France" pour les nuls

Il n'y a rien de plus facile que de s'engager en politique en France :

Première étape se choisir UN CAMP ! A droite ou à gauche. Si vous choisissez la droite, vous devrez défendre les intérêts particuliers des entrepreneurs, des créateurs d'entreprise et des investisseurs selon la droite... ou des possédants, des rentiers et des riches selon la gauche. Si vous choisissez la gauche vous devrez défendre les intérêts des classes laborieuses, des modestes, des humbles, des exploités, des courageux selon la gauche... ou des profiteurs, des fainéants selon les autres. Une fois le monde divisé en deux.. tout deviendra très simple : "sus à l'ennemi". Ni les uns, ni les autres n'ont conscience que l'ouvrier à sacrément intérêt à ce que son entreprise fonctionne bien et l'entrepreneur a intérêt que ses collaborateurs s'épanouissent dans leur vie autant qu'au travail. Les uns et les autres défendent des intérêts particuliers au détriment de l'intérêt général.

On peut désormais débattre sans écouter puisque désormais il y a les gentils et les méchants. Il suffira d'opiner à ce que diront les "gentils" et de dire systématiquement le contraire de ce que diront les "méchants". Si d'aventure un méchant commençait à faire des propositions pas trop stupides qui pourraient convaincre des gentils, il faudra simplement l'attaquer, l'insulter ou caricaturer son propos pour recréer artificiellement ces clivages. Pas besoin de réfléchir à l'état du pays, il suffit de cliver, camp contre camp. Plus il y a d'agressivité moins il y a de raison, plus les individus se fient à leur instinct grégaire. Plus il y a de clivage plus il y a d'infantilisation. Peu importe que ces clivages artificiels bloquent le pays constamment.. puisque ces clivages favorisent les intérêts partisans des uns et des autres.

L'avantage dans la politique droite/gauche telle qu'elle existe en France c'est qu'il n'y a pas besoin d'aller trop se préoccuper des gens. La vérité ne vient pas du terrain mais du dogme. "Il faut corriger les injustices de la société selon les uns" ou "il faut aider ceux qui travaillent à créer de la valeur" selon les autres. Une fois qu'on part de ces principes, pas la peine d'aller vérifier les injustices et les créations de valeur sur le terrain. Il suffit de tenir des permanences électorales auxquelles plus personne ne croit... mais de le faire savoir dans les journaux.

Il y a d'autant moins besoin d'aller travailler que de toute façon personne n'a son mot à dire dans ce système là. Il suffit d'être aux ordres du chef de meute celui de droite ou celui de gauche selon le camp choisit au départ. Discipline partisane, discipline ! Dans ce système politique là, il suffit de réfléchir une bonne fois pour toute lorsqu'on choisit son camp... puis plus rien.

Imposez vos décisions par la force. Tuez le débat, ça pourrait diviser votre camp en faisant apparaitre des solutions nouvelles.

Pour ceux qui ne choisirait pas cette facilité, il y a le centre ! Le centre c'est plus compliqué. Le centre ça impose d'aller sur le terrain à l'écoute des gens parce qu'on estime que la vérité ne vient pas des dogmes mais du terrain - ça s'appelle le pragmatisme. Le centre ça oblige chacun à réfléchir, parce que le centre a pour principe la liberté individuelle de vote et pas la discipline comme les autres : on ne peut pas compter sur l'autre pour réfléchir pour soi-même, c'est plus difficile. Le centre c'est beaucoup plus difficile à synthétiser dans des slogans simplistes pour la communication. Le centre doit faire l'effort d'expliquer chacune des positions, expliquer encore chaque jour, dans des blogs par exemple.

Quand on est au centre il faut travailler deux fois plus parce que les esprits simplistes de droite ou de gauche vous classent définitivement dans l'autre camp parce qu'un jour les positions que vous avez défendues ont été différentes des consignes qu'ils ont reçues. La droite et la gauche sont tellement déstabilisées par le centre qu'elles préfèrent parfois faire une trève à leur fausse guerre civile pour s'en prendre au centre : on l'a encore vu lors des élections municipales à Saint-Julien-en-Genevois (document en lien) comme dans beaucoup d'autres villes de France où la droite a fait la courte échelle à la gauche et réciproquement.

Le centriste n'est pas irréprochable : parfois il confond pragmatisme et opportunisme. Parfois il conlut des coalitions d'intérêt plutôt que des coalitions de projet. Parfois, entouré de tant de boue, il s'y tache. Parfois pris à parti, il se défend plutôt que de laisser pisser. Le centriste est humain lui aussi.

Etre centriste c'est beaucoup plus compliqué, plus long, ça demande beaucoup plus de travail mais c'est le seul choix qui soit utile pour les habitants au service desquels vous voulez être.

14/10/2010

La grève, la monarchie élective, la révolution et l'infantilisation

François Chérèque ces derniers jours reconnaissait que le recours à la grève était un aveu d'échec pour notre pays. Face à mes collègues qui viennent de tous les pays du monde, nous autres Français sommes souvent gênés par ces grèves à répétition. Sommes nous donc incapables d'avoir des attitudes adultes ? Sommes nous incapables dans notre pays d'avoir un dialogue démocratique et social au travers d'institutions plutôt que dans la rue ? Non, nos institutions et notre pratique du pouvoir ne nous le permettent pas.

La France a une autre particularité en Europe : c'est le seul pays de l'Union représenté par son Chef d'Etat pour la signature des traités européens. Les autres sont représentés par des Premiers ministres. La grève est aussi irrémédiablement liée à nos institutions de monarchie élective que la révolution est intrinsèquement liée à la dictature.

Notre pratique du pouvoir centralisée et personnalisée conduisent à une absence de débat démocratique. Dans tous les autres pays européens, ces débats là ont lieu dans les Parlements. Notre parlement est de moins en moins représentatif, de moins en moins crédible, de moins en moins légitime. Les Parlementaires n'y sont plus les représentants des habitants mais simplement les soldats d'un Gouvernement ou ceux d'une opposition qui y jouent un jeu de rôle trop prévisible et trop inutile.

Notre pratique du pouvoir autoritaire conduit à une infantilisation des Français. Une fois tous les cinq ans nous déléguons la gestion du pays à un individu.. plutôt que de nous en préoccuper au quotidien : "rendez-vous dans cinq ans". De temps en temps on a recours à un référendum.. et lorsque le résultat ne convient pas au pouvoir, celui-ci se débrouille pour le contourner dans un processus encore plus infantilisant. Pourquoi les Français se soucieraient-ils des monstrueux déficits budgétaires puisque les élus leur ont sans cesse fait croire que l'Etat serait toujours là pour tout financer et que les partis présentent des projets manifestement infinançables ?

Les querelles incessantes entre la gauche et la droite sont une autre technique d'infantilisation. Le débat sur les retraites en a été la caricature. La gauche s'est unie sur le thème simpliste de la retraite maintenue à 60 ans. Elle sait que celà n'est pas tenable. Son projet politique le constate en appliquant des décotes maximales pour les salariés qui s'aviserait à prendre leur retraite à 60 ans. Mais elle en a fait son mot d'ordre, car il est plus facile de fédérer dans une opposition factice camp contre camp que sur des propositions. L'opposition systématique entre la droite et la gauche est une paresse qui permet à chacun de ne pas aller au fond des débats.

Ne sont infantilisés que ceux qui veulent bien se laisser infantiliser. Contrairement aux précédents mouvements, les syndicats ont montré une plus grande responsabilité. Ils reconnaissent que la réforme est nécessaire. Ils n'ont pas appelé à son retrait. Leurs mots d'ordre me semblent excessifs.. mais il n'est que la réponse du berger à la bergère d'un Gouvernement qui n'a même pas écouté ses propres députés très réticents au relèvement de l'âge maximal de 65 à 67 ans.

Les grèves continueront tant que cette pratique du pouvoir centralisée et autoritaire continuera. Il est temps que le pouvoir cesse d'infantiliser les Français et que les Français se montrent eux mêmes plus responsables.

05/09/2010

Majorité socialiste au Sénat en septembre 2011 : Chronique d'un tremblement de terre politique annoncé

Dans un peu plus d'un an aura lieu un tremblement de terre qui détruira certaines fondations de la République française : le Parti Socialiste sera majoritaire au Sénat. Certains s'en réjouissent, d'autres le redoutent, les Français dans leur majorité l'ignorent et s'en moquent.

Ce changement de majorité est irrémédiable. Le corps électoral sera composé à près de 98% des conseillers municipaux élus lors des municipales de mars 2008. Ce corps électoral a déjà voté en septembre 2008 dans un tiers des départements et a donné une surprenante majorité au Parti Socialiste même dans des départements classés habituellement à droite comme l'Ain pour prendre un exemple proche du Genevois. En septembre 2011, pour la première fois, les grands électeurs ne renouvelleront pas seulement le tiers mais la moitié des sénateurs. L'ampleur des gains du PS sera d'autant plus importante. L'UMP avait perdu la majorité en 2008, sauf boulversements d'ici là, le Parti Socialiste gagnera la majorité en 2011.

Si l'élection de 2011 se passe comme celle de 2008, le Centre disparaîtra du Sénat alors que le Centre y a presque toujours été majoritaire jusqu'en 1998.

Ce sera la première fois dans l'histoire de France que la gauche sera majoritaire au Sénat. La composition du Sénat est fondée sur les territoires - elle favorise le monde rural généralement à droite au détriment du monde urbain généralement à gauche. La composition du Sénat est issue d'un compromis entre Républicains et Royalistes à la fin du XIXième siècle par lequel, les Royalistes divisés acceptaient la République à la condition que le mode d'élection du Sénat et des Conseillers Généraux leur garantisse un rôle prépondérant dans la République. Le Sénat a longtemps été critiqué parce que son mode d'élection interdisait toute alternance démocratique. Le mode de scrutin n'a pas changé mais l'état de délabrement de notre République mettra la majorité du Sénat à la porté de main d'un parti socialiste sectaire, irresponsable, moribond, divisé et sans projet -comme le prouve encore ses dernières réactions sur la réforme des retraites.

La majorité Socialiste du Sénat créera des déflagrations puissantes :

1) la droite ne pourra plus ignorer que son sectarisme, son aveuglement, sa xénophobie et son autoritarisme la conduisent à sa perte, à quelques mois des présidentielles. La perte du Sénat après celles des communes, des départements et des régions, et à quelques mois de la perte probable de la Présidence de la République et de l'Assemblée nationale ouvrira une période longue et profonde de remise en cause de la droite : elle lèvera le voile sur l'état de délabrement et la vacuité de ce qu'il en reste. Les remises en causes seront soit très longues, ou au contraire très rapides avec un changement brutal de chef de file pour les Présidentielles.

2) Le gain du Sénat par le seul Parti Socialiste pourrait bien être définitif. Voilà des décennies que le Parti Socialiste affiche son opposition au Sénat et à son mode d'élection qui interdit toute alternance. Ces critiques sont fondées à de nombreux égards. Les Socialistes n'ont jamais pu réformer le Sénat même lorsqu'ils étaient majoritaires dans le pays car il aurait pour cela fallu l'accord du Sénat lui même. Une fois majoritaires au Sénat, les Socialistes auront la liberté d'imaginer un mode de scrutin qui leur sera aussi durablement avantageux que le précédent l'était pour la droite : nombre de grands électeurs proportionnel à la population, élection au suffrage universel ou par les délégués intercommunaux, mode de scrutin proportionnel dans tous les départements. S'ils gagnent aussi en 2012, ils pourront même l'inscrire dans la constitution. La République en sera profondément modifiée. Les territoires ruraux durablement marginalisés. Cela aura des conséquences profonde sur la carte administrative de France.

Le basculement de majorité du Sénat pour la première fois dans l'histoire de France aura de nombreuses et profondes répercussions. Je suis étonné de ce que ce tremblement de terre politique prévu et planifié ne fasse pas l'objet de plus d'analyses politiques. Ne nous intéressons nous qu'au présent immédiat ? au dernier fait divers ou au dernier communiqué ?

25/08/2010

La France et l'illusion de l'homme providentiel

La France vit dans l'illusion qu'une nation peut être guidée par un homme providentiel... une femme le cas échéant. A chaque élection présidentielle elle se prend à rêver qu'un individu pourrait seul donner un avenir à une nation. A chaque élection elle croit tenir son Moïse ou son Messie avant de tomber dans de cruelle désillusion.

Le cas de la France est unique en Europe : il n'y a qu'un seul Chef d'Etat qui signe les traités européens, tous les autres pays sont représentés par leur Premier Ministre qui tire sa légitimité du Parlement. La différence pourrait sembler de pure forme, elle est majeure. Dans tous les autres pays européens des Parlementaires sont constamment sur le terrain dans leurs circonscriptions. Ils écoutent et font remonter ce qu'ils entendent. Si le Gouvernement s'écarte trop, ils le rappellent à l'ordre et parfois le renverse.

En France, les quelques députés qui ont encore quelques illusions sur leur rôle vont sur le terrain pour expliquer la politique du Gouvernement. S'ils s'écartent trop de la ligne gouvernementale, ils perdent leur investiture.. ou parfois même, leur mandat peut être écourté par une dissolution.

Les anglo saxon appeleraient le modèle parlementaire en court en Europe de Bottom Up... le modèle Français de Top Down. Notre modèle Top Down a montré encore récemment toute la preuve de son innefficacité en Russie. L'autoritarisme centralisateur laisse bientôt place à un "à quoi bonisme" de tous ceux qui pourraient faire avancer le pays.

La France va bientôt ouvrir la course de petits chevaux. Comme en 2007, les meilleurs tirages seront pour les journaux de la presse people qui parleront de ces futurs potentiels couples présidentiels qui s'avéreront fictifs a posteriori. Chaque jour, tout un peuple placera ses espoirs et ses angoisses dans la progression dans les sondages de leur "cheval". On parlera parfois un peu de chômage, de logement, d'emploi dans des sujets de 45 secondes diffusés sur les antennes.

Et le jour J, tout un peuple confiera aveuglément tous ses problèmes à un seul homme : rendez-vous dans 5 ans pour faire le point, nous on ne veut pas s'occuper de notre pays. Aux Etats Unis comme en France l'élection au suffrage direct ne donne jamais le meilleur, et dans quelques cas cela donne le pire.

Tout celà est bien illusoire. L'échec de Nicolas Sarkozy ne fait que suivre l'échec de tous ses prédécesseurs. Ceux qui ont été réélus n'ont du leur réélection qu'à l'échec pire encore de l'alternance de cohabitation.

Il faut bien plus qu'un seul homme pour qu'un pays construise son avenir. Il faut une vision commune, il faut des valeurs, il faut des débats permanents et constants. Il faut du travail collectif. Il faut des partis politiques ouverts, vivants, organisés qui animent le débat. Les partis français sont tous moribonds : l'UMP en France compte presque autant d'adhérent que le PDC en Suisse !!! Il faut de l'écoute mutuelle. Il faut des institutions représentatives. Il faut du travail permanent. Il faut des médias dotés de suffisament de moyens pour informer. Le Parlement doit être le lieu de ce renouveau du débat public en France.

Quelques hommes ont pu parfois dans l'histoire incarné à eux seuls tout cela. Mandela sans doute, de Gaulle diront certains. Mais cela n'a pu être le cas que dans des situations extrêmes où le seul choix possible était celui de se retrousser les manches pour tout reconstruire.

La personnalisation du pouvoir n'était pas aussi dramatique avant que le quinquennat et la concommitance des élections présidentielles et législatives n'aient totalement soumis le pouvoir législatif au pouvoir exécutif. Le Parti majoritaire unique et le cumul des mandats ont fini de décrédibiliser l'Assemblée nationale comme lieu du débat national.

La course de petits chevaux va bientôt commencer. Faudra-t'il un nouvel échec présidentiel pour arriver à la crise de régime ?

L'élection du Président de la République au suffrage universel confie bien trop de pouvoirs politiques à un seul homme. Bernard Bosson ne pensait pas possible que le peuple puisse renoncer à se choisir son Président. Les Kirghizes l'on pourtant fait récemment. La France continuera d'échecs en échecs tant qu'elle renoncera au débat collectif et ne se préoccupera d'elle même qu'une fois tous les 5 ans pour se remettre entièrement à un seul homme.