29/11/2011

Parrainages aux présidentielles, fausses candidatures et manipulations

La quasi totalité des candidats annoncés à l'élection présidentielle ne sont en réalité pas candidats à la Présidence de la République mais simplement à la participation à des émissions de télévision. Un peu comme Manuel Valls et Arnaud Montebourg qui n'ont pas été vraiment candidats à la candidature, mais on simplement utilisé les primaires pour tenter de prendre une longueur d'avance sur leurs concurrents. Avec de telles initiatives, l'élection présidentielle ressemble un peu à "Qui veut jouer des millions ?"... peu de chances de gagner, mais au moins on passe à la télé !

Même la candidature de Marine Le Pen est bidon. Marine Le Pen n'a jamais fait quoique ce soit pour être en situation de fédérer une majorité de Français. Au delà des provocations, son ambition se limite à faire parler d'elle.. Elle touchera peut être même le super jackpot de l'autopromotion en accédant au second tour de "Qui veut gagner des millions ?"... mais elle rentrera ensuite chez elle. Et la France continuerait alors son chemin d'une démocratie galvaudée. La présence du FN conforterait ainsi un peu plus le duopôle UMP/PS.

C'est la raison pour laquelle il y a le système des parrainages. Les parrainages ne constituent pas un vote. Le système de parrainage a simplement pour but de valider l'authenticité de la candidature.

Les Français croient souvent que c'est le vote qui fait le Président... alors qu'une grande partie du résultat des présidentielles se joue ces jours ci. En 2002, si Jean-Pierre Chevênement ou Christiane Taubira n'avait pas été candidats, Lionel Jospin aurait vraisemblablement été élu. Chirac, Mitterand et Sarkozy n'aurait pas été élus si des candidats proches de leurs idées n'avaient pas été dissuadés de se présenter.

Il y a de grandes manipulation dans les signatures. Il suffit de voir les signatures accordées par les élus de Haute-Savoie (cf ci-dessous). L'UMP passe la consigne à ses réseaux d'apporter les quelques signatures manquantes à des "petits" candidats de gauche ou du centre qui auraient des difficultés à atteindre la barre des 500 signatures. Si Chevênement ou Mélenchon veulent des signatures, ils peuvent contacter des maires proches de l'UMP qui voudront affaiblir le PS. Si de Villiers, Villepin ou Boutin veulent des signatures, ils peuvent contacter des maires de gauche qui voudront affaiblir l'UMP. Si Lepage et Morin veulent des signatures, ils peuvent contacter des maires UMP ou PS qui veulent affaiblir le centre ! Ainsi en 2002 et en 2007, la Haute-Savoie, département de droite, a été un très grand pourvoyeur de signature à Besancenot et à Corinne Lepage ! Ces manipulations du duopôle UMP/PS violent la souveraineté des Français. L'élection présidentielle n'est pas une opération de promotion et de communication mais le choix d'une orientation pour le pays qui doit être laissé à la libre appréciation des Français entre les candidats capables de fédérer une majorité.

 

Sur les signatures obtenues 500 sont tirées au sort pour être publiées par le Conseil Constitutionnel. Les listes de signataires sont consultable ici pour les signataires de 2002 et là pour les signataires de 2007.

2002 :

Brunot Megret : 2 signatures,

Lepage : 19 !!!!

Gluckstein : 4

Bayrou : 2

Chirac : 2

Le Pen : 7

Taubira : 1

St Josse : 0

Mamère : 1

Jospin : 1

Boutin : 2

Hue : 3

Chevênement : 1

Madelin : 6

Laguiller : 0

Besancenot : 10

 

En 2007 :

Besancenot : 10

Buffet : 2

Schivardi : 7

Bayrou : 8

Bove : 7

Voynet : 1

de Villiers : 0

Royal : 1

Nihous : 0

Le Pen : 3

Laguiller : 1

Sarkozy : 8

 

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27/11/2011

Présidentielles : candidats à Pâques, ministrables à Noël

Je suis embarassé quand je vois une amie députée verte genevoise défendre avec tant de conviction la candidature d'Eva Joly. Des millions de personnes en France et en Europe croient encore que les élections présidentielles françaises sont authentiques... et que les candidats sont vraiment candidats. Ils ne connaissent pas les arcanes de la vie politique française. Voilà quelques explications.

1) Les Verts ont leurs circonscriptions : ils n'ont plus besoin d'Eva Joly

Les Verts ont négocié avec le PS leurs circonscriptions. 60 circonscriptions dans lesquels ils seront les uniques représentants de la gauche dont 15 circonscriptions garanties qui leur permettront d'avoir un groupe à l'Assemblée nationale et des financements publics. Les négociations étant terminées, les Verts n'ont plus besoin d'avoir une candidate aux présidentielles : surtout si celle-ci, par un score trop faible venait à rendre illégitimes les concessions faites aux Verts. Semaine après semaine, ils vont la lacher. Tant pis pour l'Ecologie. Quand je songe à tous les écologistes authentiques qui seront abandonnés en rase campagne j'ai honte de la politique française.

2) Les "Nouveaux" centristes ménagent leur avenir

Cette semaine au Congrès des Maires à Paris, mes amis du Nouveau Centre étaient invité alternativement par François Sauvadet, président du groupe, et Hervé Morin, Président du parti et candidat aux présidentielles, qui ont dit tout le mal qu'ils pensaient l'un de l'autre. Et pour cause, François Sauvadet doit tuer la candidature de Morin pour préserver le soutien de l'UMP aux Nouveau Centre sortant, et Morin doit être candidat pour espérer obtenir un portefeuille ministériel en juin prochain. Tant pis pour les valeurs du centre. Quand je songe à tous les centristes authentiques qui seront abandonnés en rase campagne par ces ambitieux, j'ai honte de la politique française.

3) Mélenchon, Chevênement, Dupont Aignan, Le Pen..etc..etc.. font parler d'eux

Ne sont pas plus candidats aux Présidentielles. Aucun d'entre eux n'a jamais cherché à être en situation de rassembler une majorité de Français. Même la candidature de Marine Le Pen n'est qu'une tentative deséspérée de faire survivre le FN : même si Marine Le Pen était au second tour, cela n'aurait que pour seul effet de renforcé le duopole UMP-PS qu'elle prétend dénoncé. Ces candidats ont au moins le mérite de défendre des idées authentiques même si ce sont des idées sans lendemain. Mais quand je songe à tous les électeurs qui leur font confiance et dont l'existence politique sera réduite à néant dès la fin du premier tour, j'ai honte de la vie politique française.

4) Les Corine Lepage, Christine Boutin, Frédéric Nihous, Nicolas Stoquer.. espèrent trouver une tribune

Le filtre des 500 signatures a été concus pour limiter ces candidatures d'opportunistes.

 

Il restent seulement trois candidatures de projet, capables de fédérer une majorité de Français au second tour. Trois alternatives.

François Hollande qui conduit un attelage de l'extrême gauche anticapitaliste version Montebourg et Hamon à la sociale démocratie réformiste. Des gens qui ont très peu d'idée en commun sur la manière de remettre la France d'aplomb. Des anti et des pro européens dont le seul point commun est de s'unir pour préserver leurs mandats respectifs.

Nicolas Sarkozy qui conduit un attelage tout aussi hétéroclite allant de la droite populaire, nationaliste et xénophobe à une droite européenne, moderniste et humaniste. Des anti et des pro européens. Des personnes qui ont eux aussi très peu d'idées en commun sur la manière de remettre la France d'aplomb.. mais qui ont des intérêts électoraux en commun.

Les électeurs qui voteront pour l'un ou l'autre ne sauront pas si la France fera le chemin d'une intégration européenne plus poussée pour résoudre sa crise.. ou si la France contribuera à démenteler l'Europe.

Il n'y a qu'une seule candidature qui soit une candidature cohérente de projet. Il s'agit de la candidature de François Bayrou. Une candidature cohérente prouvée par le parcours de tous les centristes autonomes qui le soutiennent. Une candidature qui offre l'espoir de remettre la France d'aplomb en créant à nouveau des richesses et en les exportant.

 

* On ne connait toujours pas les tenant et les aboutissants du renoncement de Borloo : dossiers compromettant des années Tapie, pressions, menaces ? La vie politique française est aussi faite de celà. J'ai pu l'observer de près en tant que centriste en Haute-Savoie.

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03/10/2011

Ce blog a 5 ans : merci de votre fidélité !

Ce blog a commencé il y a 5 ans par une note : "La présidentielle est-elle une simple course de petits chevaux ?". Une note qui n'a pas perdu de sa pertinence 5 ans plus tard. Pas moins de deux petits chevaux se sont pris les pieds dans les premiers obstacles. DSK en mai, Borloo hier !

Ce blog a pour objet de sortir le débat politique de cette course de petits chevaux. D'apporter des points de vue pour nourrir votre propre réflexion personnelle. Il a pour objet de VOUS rendre compte..  vous qui êtes les souverains, à mon avis trop silencieux, de cette démocratie à la dérive.

En 5 ans il y a eu sur ce blog 600 000 visites pour 1 800 000 pages vues ! En moyenne 329 visites par jour et près de 1000 pages vues par jour. Merci de votre fidélité.

Quelques élus du Genevois français estiment que ce blog est l'une des explications de mon élection au Conseil Général en mars dernier. Je crois qu'ils sous estiment tout le travail de terrain que nous avons fait à plusieurs au cours de ces 5 années. J'ai voulu par ce blog nouer avec vous un contact direct afin de pouvoir vous servir directement. Quel chemin parcouru en 865 notes et 3800 commentaires !

Par sa différence avec les autres blogs politiques de Haute-Savoie, ce blog-ci contribue à montrer la spécificité de la méthode "démocrate" : il vise à promouvoir des points de vue sur notre vie publique locale et nationale alors que d'autres élus de Haute-Savoie réduisent leur blog à la fonction d'un simple pressbook d'inaugurations sans vision de notre société. Il y a quelques semaines un journaliste m'a dit "toi, tu es un médiateur" : une sorte de synonyme de "Portevoix". Un Conseiller Général de l'Ain me disait "t'es un guerrier". Sans doute un médiateur guerrier : à porter haut et fort les préoccupations des habitants dans le débat public pour qu'ils comprennent qu'ils sont partis prenante de cette société en construction.

A titre personnel, ce blog m'aide à formaliser mes points de vue. Je me suis surpris plus d'une fois à reprendre à l'antenne d'une radio une formule élaborée pour une note. Ce blog me permet de partager des points de vue bruts qui ne rentrent pas forcément dans les limites d'un communiqué de presse. Je n'en diffuse d'ailleurs presque plus...

Il a sans doute permis de poser dans le débat public certaines de vos préoccupations. C'était dès le départ le sens de son nom : Etre votre "Portevoix".Stats blog Portevoix sept 2011.jpg

 

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08/09/2011

Un enseignant en plus : St Julien marque un but contre la France

42 enfants par classe à la rentrée à St Julien en petite section à l'école maternelle du Puy St Martin. Mais seulement 19 enfants par classe à l'Ecole de Thairy. Résultat prévisible de l'entêtement du Maire qui malgré l'avis de la commission scolaire refuse de répartir les effectifs d'enfants par école ou de construire la classe supplémentaire nécessaire pour que l'Ecole de Thairy puisse avoir la taille critique pour accueillir suffisament d'élèves.

Une décision prise de manière totalement isolée par le Maire de St Julien en Genevois contre l'avis de la commission scolaire présidée par l'adjoint au scolaire. Une décision prise sans même informer les élus référents, même l'adjoint en charge des affaires scolaires. Dans son entêtement, le Maire était près à prendre en otage les enfants et les parents du Puy St Martin, ou à faire changer d'école des enfants de Thairy après la rentrée.

A première vue on pourrait croire que l'entêtement du Maire a payé : pour éviter la politique du pire, l'Inspecteur d'Académie a cédé. Il a accordé un poste de remplacement à la commune. Il a simplement obtenu un engagement du Maire à revoir la carte scolaire pour l'an prochain : pour demander une telle refonte depuis 3 ans et avoir entendu tant de promesses nous savons que les engagements du Maire n'ont de valeur que pour ceux qui veulent bien les croire. Pour cette année la classe de petite section du Puy St Martin sera dédoublée. Et à Thairy il y aura encore 19 enfants par classe.

Dans l'ancien monde des élus papyboomers irresponsables qui ont aggravé la montagne de dettes publiques à 58000 euros par famille on aurait qualifié cela de victoire. Dans ce monde là, tous les maires se gargarisaient d'avoir obtenus un peu plus de crédits d'Etat, d'avoir sauvé son bureau de poste désespérement vide, d'avoir obtenu tel ou tel cadeau d'Etat.. comme si ces "cadeaux" ne se payaient pas en augmentation d'impôts. Un ancien monde dans lequel à force de tirer sur la corde de la France, les élus locaux sont parvenus à faire craqueler le pays de toute part. Ce sont ces mêmes élus irresponsables qui désignent la faillite actuelle de la France du doux euphémisme "de désengagement de l'Etat".

A première vous on pourrait penser qu'il s'agit d'une victoire pour les enfants de St Julien. Mais si l'inspecteur d'académie a cédé. S'il s'est montré laxiste face aux menaces et pressions du Maire de St Julien, s'il s'est contenté d'une promesse en l'air, on peut aisément supposer que lui et ses collègues se sont montrés tout autant laxistes dans plusieurs milliers de communes de France. Plusieurs milliers de postes ont été créés alors qu'il aurait suffit que les communes équilibrent les effectifs par école. Des milliers de postes inutiles dont le coût s'ajoutera à la dette. Ce matin les parents d'élèves du Puy St Martin et de Thairy sont contents. Mais dans 6 mois, un an peut-être, plus personne ne pourra nier la situation du pays : suppression massive de services publics, réduction drastique des traitements des fonctionnaires... tout cela ne sera rien à côté des dettes publiques supplémentaires qu'une telle décision fait peser sur les enfants de St Julien. Des enfants que l'on réduit à l'esclavage à force de les couvrir de dettes publiques qu'il passeront leur vie à rembourser... s'ils trouvent un emploi, s'ils parviennent à se loger, avant de ne jamais toucher une retraite qui n'existera plus.

Je pense au contraire que nous devons construire un avenir pour les enfants de St Julien comme de toute la France. Je pense au contraire que les élus locaux doivent être des modèles de responsabiltié plutôt que de se comporter comme des citoyens ordinaires interessés par leur intérêt particulier à court terme. Je pense au contraire que la France c'est nous, que les budgets publics doivent être gérés aussi rigoureusement que chaque Français gère son budget.

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07/09/2011

Nouveau recul de l'UMP sur les taxations de plus values des résidence secondaire : "Possédez plus pour gagner plus"

Le plan de rigueur de Fillon était déjà ridicule : seulement 11 milliards d'économies pour 149 milliards de déficit annuel et 1700 milliards de dettes publiques. Mais les députés UMP sont incapables de mettre en oeuvre ce mini plan de mini économies. Ils renoncaient aux 90 millions d'économies que permettait l'augmentation de TVA de 5,5% à 19,6% sur les parcs à thème. Ils s'opposent désormais à l'imposition des plus values sur les résidences secondaires... alors qu'il faudrait sans doute au contraire imposer les plus values sur les résidences principales.

Il est absurde de constater que dans notre pays, les Français "gagnent" plus en étant propriétaires qu'en travaillant ! Et encore plus absurde de constater que les plus value des propriétaires sont totalement exonérées d'impôts alors que les salaires du travail sont taxés de manière confiscatoire. L'avantage fiscal accordé aux propriétaires français est unique au monde. Il est exorbitant : non imposition du revenu locatif du propriétaire de sa résidence et non imposition de la plus value. A la frontière suisse nous mesurons la différence de traitement en particulier avec l'imposition du loyer théorique que les propriétaires suisses devraient se payer à eux-mêmes. Une imposition assez logique pour un revenu du patrimoine.

Avec une telle renonciation le programme de l'UMP se résume à "Possédez plus pour gagner plus !".

Bien sûr, augmenter les impôts dans un pays qui atteint déjà des niveaux records est aussi absurde ! Il faut en parallèle réduire drastiquement nos dépenses publiques, produire des richesses et les exporter pour pouvoir financer notre train de vie. Mais en attendant, il faut bien augmenter les impôts pour couvrir les dettes collossales d'une génération de papy boomers qui dépenses votre argent comme si vous viviez encore dans les trentes glorieuses.

07:56 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

06/09/2011

Taxes sur les parcs d'attraction : le premier pas pour escalader la montagne de dettes

Les députés UMP ont renoncé pour l'instant de taxer à 19,6% les parcs d'attraction. Un recul qui s'explique notamment par l'intense lobbying d'Eurodisney, installé à Marne La Vallée à proximité de la circonscription de Jean-François Copé, président de l'UMP.

Pour rappel, il existe en France deux niveaux de TVA : l'un à 5,5% pour les biens de première nécessité comme les denrées alimentaires, l'autre à 19,6% pour tout le reste. Ces deux taux de TVA permettent de corriger l'absence de progressivité du premier impôt de France. La TVA est en effet la première ressource de l'Etat. Mais elle est fondée sur la dépense : elle touche donc plus les ménages modestes qui dépense l'intégralité de leurs revenus que les ménages aisés dont l'épargne est exonérée de TVA. La TVA réduite s'applique donc aux biens de première nécessité qui représentent une part plus importante des dépenses des ménages modestes. Il est franchement surprenant que les parcs d'attraction bénéficient d'un taux de TVA réduit : difficile de défendre l'idée qu'ils soient un service de première nécessité. Il est tout aussi incompréhensible de constater que les forfaits de ski bénéficient aussi d'un taux de TVA réduit - et scandaleux que ce taux réduit ait été accordé aux restaurants. Parcs d'attraction, sorties au restaurant et forfaits de ski ne sont pas accesibles aux ménages modestes ou certainement pas autant qu'aux ménages aisés.

Cette mesure, totalement anecdotique, ne rapportait que 90 millions d'euros annuel à comparer aux 1700 milliards d'euros de dette publiques. Soit moins de 5 euros par famille française et par an : une économie ridicule au regard des près 58 000 euros de dettes par familles accumulées par une génération, une économie ridicule au regard des 11 000 euros par famille de dettes supplémentaires accumulées par les députés UMP au cours des 5 dernières années, une économie ridicule au regard des 5000 euros de déficits publics annuels par famille. Une mesure qui n'est rien de plus que le premier pas en direction de la montagne. Les députés se sont montrés incapables de faire ce premier pas... et ont préféré céder au clientélisme. On aurait pu discuter sur la mise en oeuvre, donner à ces entreprises quelques années pour s'adapter à cette nouvelle donne en maintenant leur activité.

La règle constitutionnelle de limitation des déficits est totalement nécessaire pour nous protéger de ces élus irresponsables.. mais elle n'est manifestement pas suffisante. Les députés UMP contestent maintenant l'imposition des plus values sur les résidences secondaires : pourtant chacun peu constater l'absurdité d'un pays dans lequel les habitants gagnent plus d'argent en étant propriétaires plutôt qu'en travaillant et que ces plus-value de propriété ne sont pas taxés contrairement au salaire du travail ! "Possédez plus et gagnez plus, travaillez plus et soyez taxés plus" !

Cette irresponsabilité des députés UMP confirment les propos de François Bayrou dans son dernier livre 2012, Etat d'urgence : " Ces deux majorités potentielles (de droite et de gauche) sont l'une comme l'autre liées à des intérêts antagonistes, intérêts de classe, ou intérêts corporatistes, qui empêcheront les décisions nécessaires."

08:26 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

29/08/2011

Intervention sur TV8 Mont Blanc au sujet du miniplan d'économisettes du gouvernement

Vous trouverez ci-dessous la vidéo de mon intervention sur TV8 Mont Blanc au journal de jeudi dernier au sujet du miniplan d'économisettes du gouvernement.

5 chiffres à retenir :

  • Dette publique en 2007 : 47 000 euros par famille française
  • Dette publique en 2010 : 58 000 euros par famille française !!!
  • Déficit annuel en 2007 : 1500 euros par famille
  • Déficit annuel en 2010 : 5200 euros par famille
  • Plan d'économies de François Fillon la semaine dernière : seulement 386 euros par famille !!!!!

Les députés français n'ont plus voté de budget à l'équilibre depuis 1978 !!! Toute une génération vit depuis 30 ans sur le dos des générations suivantes.

3 solutions :

  1. réduire drastiquement les dépenses en commançant par le train de vie de l'Etat pour montrer l'exemple : c'est à dire l'exact contraire de ce que propose la gauche.
  2. augmenter les impôts bien qu'ils soient déjà élevés pour combler le déficit : c'est l'exact contraire de ce qu'à fait la droite depuis 2007
  3. aider les entreprises en général et les PME en particulier à exporter car nous devons produire des richesses pour avoir les moyens de vivre !

 

PS : Je serai l'invité demain matin mardi de la radio One FM à 7H05 sur 107FM et ce soir lundi dans un sujet de l'édition France 3 région - édition Alpes, Grenoble au sujet de l'impact de la hausse du franc suisse sur les salariés en euros et les services publics dans le contexte de pénurie de logements à Genève !

 

22/08/2011

"2012 : Etat d'urgence"... si votre propre avenir vous intéresse !

François Bayrou-Aix les Bains-15.jpgJe vous recommande vivement la lecture du livre de François Bayrou : "2012 : Etat d'Urgence" que je viens de terminer.

A vous livrer mes impressions, je vais tâcher d'éviter l'écueil de passer pour un groupie écervelé ou une pompom girl. Je le fais avec d'autant plus de liberté que je m'aperçois que depuis 21 ans que je suis électeur je n'ai voté que 15 fois pour un candidat centriste sur 29 votes (*). Souvent c'était faute de candidat centriste ou parce que j'estimais que le candidat ou le programme de mon propre parti n'était pas à la hauteur. Aujourd'hui encore, je tâche de garder cet esprit critique, je m'abstiendrais d'écrire cette note si j'estimais que François Bayrou n'était pas à la hauteur des problèmes de la France.

Jusqu'à aujourd'hui il me semblais urgent d'attendre que la situation se clarifie au centre avant de prendre position - en particulier au sujet du parrainage d'un candidat. Je m'engage aujourd'hui par cette note en faveur de François Bayrou parce que j'estime que la situation est désormais clarifiée au centre : Jean-Louis Borloo se sent suffisament proche des valeurs de l'UMP pour être encore membre de son groupe parlementaire, et le Parti Radical, malgré la volonté majoritaire de ses membres, n'a toujours pas coupé le lien d'allégeance qui le lie à l'UMP.

La première impression qui se dégage à la lecture de ce livre c'est l'optimiste réaliste et enthousiasmant. L'optimiste de celui qui a des solutions fiables à proposer aux Français et sait qu'il est en position de pouvoir les porter au pouvoir. Ce ton tranche avec le ton catastrophiste de 2007 qui dévrivait si bien l'état de la France qui se révèle à tous aujourd'hui. Un ton très sincère et honnête sur une situation que les autres candidats vous cachaient... mais un ton de découragement général plutôt que de mobilisation générale vers les bureaux de vote. A mon avis aussi, un ton défaitiste qui laissait planer le doute sur notre confiance réelle en notre propre capacité à les porter au pouvoir : on espérait fortement sans trop y croire. Manifestement avec ce livre le ton a changé : il révèle au contraire, la confiance de celui qui comprend la situation, a des propositions fiables pour y rémédier et sais pouvoir les porter au pouvoir. François Bayrou est venu en Savoie à la rencontre de chefs d'entreprise il y a 3 mois dans le cadre de la préparation de ce livre. J'avais été frappé par sa sérénité alors que nous avons tant de mal à faire connaitre nos propositions, notre méthode et nos équipes. Je retrouve dans ce livre cette même sérénité de celui qui connait très bien ses atouts pour les prochains mois parce qu'il a expérimenté déjà deux campagnes présidentielles.

L'Etat d'urgence impose de faire des choix de priorités. Elles sont clairement établies ici : l'éducation et la production pour l'exportation en particulier grâce aux PME. Tout le reste en dépendra : l'intégration sociale dépendra de notre capacité à créer des emplois. Notre capacité à investir dans des énergies nouvelles et dans la préservation de l'environnement dépendra de notre capacité à créer de la richesse. Notre capacité à préserver notre systéme de santé, à améliorer l'efficacité de notre système judiciaire dépendra des moyens publics qui eux mêmes dépendent de l'éducation et de la production. Notre capacité à maintenir notre système social et nos services publiques dépendra aussi de notre capacité à produire des richesses à court terme grâce aux exportations et à long terme grâce à la performance de notre système éducatif.

L'exemple de l'Allemagne est cité en modèle qui en à peine quelques années est passé d'une situation aussi dramatique que la nôtre aujourd'hui en moteur de l'Union, exportateur exemplaire. A l'époque, l'Allemagne et la France rétrogradaient ensemble dans les classements internationaux sur les systèmes éducatifs : l'Allemagne a corrigé ses erreurs pendant que les responsables Français contestaient ces classements. Les lignes directrices sont traçées dans ce livre. Elles seront développées durant la campagne.

Bien sûr, pour cela il faut construire une majorité. Elle existe naturellement dans le pays. Il y a à droite comme à gauche pléthore de responsables politiques pragmatiques qui se reconnaissent plus dans les propositions de François Bayrou que dans les programmes absurdes, extrêmistes et électoralistes de leurs propres partis. Ils le disent en privé souvent. Un ami militant socialiste m'écrivait ces quelques lignes il y a quelques jours : "...je me dis que ca vaudrait vraiment le coup de faire un gouvernement d Union Nationale… Le spectacle Républicain / Démocrate est vraiment affligeant et je ne suis pas sur que l’on fasse mieux en France…" Certains commencent à le dire en public. Ces pragmatiques de gauche et de droite sont minoritaires chacun dans leurs "camps" respectifs. Soumis à la majorité extrême la plus à gauche de la gauche et la plus à droite de la droite. Il est symbolique de constater que Bernard Accoyer, qui est le parlementaire le plus à droite de notre département, devrait être aussi marginal que ses positions politiques. Face à la gravité de la situation du pays et l'urgence d'agir, les pragmatiques, minorisés à droite comme à gauche, se rassembleront pour former une majorité nouvelle. Ils le feront  si les Français, souverains, leur impose de s'unir au travers de leur vote à la Présidentielle. Pour s'unir ils avaient encore besoin d'un candidat qui soit légitimement centriste et manifestement indépendant tant de la droite que de la gauche : ils l'auront pour la première fois en 2012.

Evidemment, il faut bien reconnaitre que François Bayrou a aussi "peu" de chances que Barack Obama en 2008 d'être élu : il a aussi tout un système contre lui, il lui manque aussi les réseaux d'influences, les moyens financiers et humains. Le duopole PS-UMP a tous les atouts de son côté - comme il y a encore quelques mois les chefs d'Etat de l'Egypte, de Lybie et de Tunisie. Certains estiment que Marine Le Pen fera un score éclatant : personnellement, je ressens parmi les gens que je rencontre une exaspération beaucoup plus profonde qui ne se contentera plus comme en 2002 d'un vote protestataire de premier tour sans espoir de majorité au second. Dans ce livre, François Bayrou écrit cette phrase que je trouve si juste : ce sont les Français qui se mettent en campagne, pas les candidats. Tant il est vrai qu'une élection se décide - et de plus en plus - par la mobilisation de chacun des Français dans son entourage respectif. Je pense que les lignes traçées dans ce livre offrent enfin un espoir pour l'amélioration de la vie de chacun d'entre nous et je suis confiant dans notre capacité de les porter au pouvoir  : je vous recommande vivement de le lire et de le partager.

 

(*) Mes 29 votes : 3 référendum, 15 votes pour de bons candidats centristes, 3 pour de bons candidats Verts ou Génération Ecologie, 3 votes pour des candidats PS et 3 pour des UMP soient parce qu'ils étaient modérés et compétents soit parce qu'il n'y avait plus trop le choix au second tour, 1 pour un divers droite et un vote blanc : parce qu'il ne restait que de mauvais candidats au second tour.

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18/08/2011

Mettre un terme à la crise de la dette avec l'Europe

Le niveau des dettes accumulées par les pays européens est tel qu'il est bien souvent le premier, le second ou le troisième poste de dépense des états de l'Union ! Si la crise perdure, les taux d'intérêts payés par les Etats augmenteront et ce sera alors le premier poste de dépense. Cela entrainerai alors une faillite des Etats qui se traduirait comme en Grèce par du chômage de masse (particulièrement pour les jeunes déjà sacrifiés), par des baisses de salaire, des réductions des services publics aux habitants. On paierait plus pour en avoir moins.

Il y a une solution simple à comprendre. Il suffit d'une solidarité européenne sur la dette. Un peu comme quand un jeune couple se porte acquereur d'un logement -ça existe encore dans d'autres régions que la nôtre-. Si ce couple s'endette seul sur la base de ses revenus, il risque de se voir refuser son prêt ou de le payer plus cher. Si en revanche, les parents respectifs se portent caution le prêt sera plus facilement accordé à des taux plus faibles. Cela peut s'appliquer aussi au niveau de l'Union Européenne. Si tous les pays sont solidaire alors le risque est moindre et les taux plus faible.

Mais encore faut-il que les parents acceptent de se porter caution. Ils le feront volontiers si les enfants savent gérer un budget et dépenser avec mesure. Ils auront plus de mal face à des enfants qui seraient aussi irresponsables que les gouvernements européens actuels. De la même manière, les enfants savent qu'en demandant aux parents de se porter caution, ils acceptent aussi que les parents ait un peu leur mot à dire sur leur manière de gérer leur budget.

Il se passe la même chose au niveau européen. Les obligations européennes seraient une solidarité entre pays de l'Union pour la dette. Cette solidarité ne peut se concevoir qu'en contrepartie d'un droit de regard des pays de l'Union sur les budgets de chacun de ses membres. Un peu comme l'Etat aujourd'hui fixe des contraintes dacroniennes qui interdisent tout déficit aux régions, aux départements et aux communes.

Si les pays qui ont géré leur budget avec rigueur acceptent de se porter caution des budgets des autres ils ont besoin d'avoir des garanties que ce n'est pas à fond perdu mais qu'ils auront les moyens à l'avenir d'éviter que les déficits irresponsables se renouvellent. Ces garanties existaient déjà dans le passé au travers du traité de Maastricht.. abondament trahi par la France et l'Allemagne il y a qq années. Les nouvelles contraintes doivent être plus forte. La règle d'or en est une qui doit nous permettre de nous garder de nos propres excès. La règle d'or ça revient un peu à mettre la bouteille de whisky au coffre fort ! Cette règle aurait du être adoptée en début de législature.. et pas après avoir fait exploser tous les compteurs de la dette.

En votant pour des majorités de droite dépensières par les réductions d'impôts et des majorités de gauche dépensières par l'augmentation des dépenses, nous avons renoncer à notre souveraineté nationale pour la concéder à nos prêteurs. La reconquête de notre souveraineté ne pourra se faire qu'au travers d'une Europe plus forte, plus unie, plus démocratique et plus efficace.

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11/08/2011

Pour s'affranchir des agences de notation et des marchés... il suffit de n'avoir plus de dettes !

La stupidité des réactions de la classe politiques française à la crise de la dette souligne une fois de plus qu'une classe politique composée exclusivement d'hommes papyboomers avocats, médecins, enseignants ou énarques n'est décidément pas qualifiée pour répondre aux défis qui attendent la France.

Les uns s'en prennent aux agences de notations qui pourtant constatent avec beaucoup de retard ce que tout le monde sait depuis longtemps. Avec toutes leurs équipes d'analystes, les agences de notation tirent la sonnette d'alarme de l'endettement public avec 5 ans de retard sur François Bayrou. Si elles sont condamnables ce n'est pas d'alerter le monde sur l'état des finances publiques mais bien de le faire avec tant de retard.

On peut, comme le font les socialistes avec leur habituelle absurdité, en vouloir aux marchés de douter de la capacité des Etats à rembourser leur dette. On peut s'en prendre aux agences de notations avec autant d'aplomb. Encore faudrait il avoir l'honnêteté de souligner que si la plupart des pays développés ont abandonné leur souveraineté aux marchés financiers c'est bien à l'initiative des partis de droite et de gauche qui ont voté des budgets déficitaires... 33 budgets déficitaires consécutifs dans le cas de la France : 15 budgets déficitaires votés par la gauche, 18 par la droite.

Hollande, Aubry et Fabius ont beau jeu de dire que les déficits publics français ont été considérablement augmentés avant la crise par le bouclier fiscal de l'UMP. Ils ont parfaitement raison. Mais s'ils étaient honnêtes ils diraient également que le programme du PS en 2007 prévoyait une augmentation considérable des dépenses publiques tout aussi néfaste pour le budget de l'Etat.

Les déficits de droite se sont caractérisés par des baisses d'impôts. Les déficits de gauche par des augmentations des dépenses. Les uns comme les autres restent des déficits. Il aurait fallu une politique centriste pour équilibrer les comptes publics : augmenter les impôts, c'est à dire le contraire de ce que proposait la droite, ET baisser les dépenses c'est à dire aussi le contraire de ce que proposait la gauche !

La situation me semblait assez désespérée il y a quelques années. Aujourd'hui je suis beaucoup plus confiant. Depuis j'ai simplement constaté que la génération des papyboomers actuellement au pouvoir dépense simplement comme si nous étions toujours dans les 30 glorieuses. Il suffira d'un changement de génération et d'un peu de bon sens pour remettre les finances publiques d'aplomp. Il faudra réduire de moitié le nombre de députés et des deux tiers le nombre de sénateurs pour que les millions de fonctionnaires sachent qu'il est temps de vivre à la hauteur de nos moyens. Pour notre génération, la politique consistera à choisir ce qu'on ne fait plus plutôt qu'à choisir ce que l'on fait. Il faudra encore plusieurs décennies pour effacer les montagnes de dettes de cette génération de papyboomers flambeurs. Lorsque nos dettes seront remboursées, les agences de notations et les marchés n'auront plus leur mot à dire sur les politiques publiques.

Les crises sont très souvent douloureuses. Elles sont aussi souvent salutaires. C'est la crise de 2008 qui a permis de mettre un terme au scandale des subprimes et à l'arnaque de Madoff. Elle a durablement entamé la crédibilité de banques qui ont abandonné des principes éthiques pour améliorer des résultats trimestriels. Cette crise ci va peut être permettre à une génération de réaliser l'immense immoralité qu'il y a eu à vivre pendant 30 ans sur le dos des générations futures.

07:39 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook | | | |