29/04/2009

Pourquoi l'UMP ne boucle pas ses listes aux européennes ?

A moins de 40 jours du vote, l'UMP n'a toujours pas établi la liste de ses candidats pour les européennes.

Depuis sa création l'UMP vit sur l'illusion donnée aux électeurs qu'elle fédère la droite et le centre. Pour donner corps à cette illusion l'UMP présente des candidats centristes qui en échange de leur investiture s'engagent à un mandat de silence et de soumission à des idées qui ne sont pas les leurs. C'est ainsi que Pierre Méhaignerie se tait au sujet du bouclier fiscal, les déficits ou le travail du dimanche ou déserte opportunément la séance. C'est ainsi que les députés "centristes de l'UMP" votent contre la riposte graduée au Parlement Européen.

Les électeurs centristes ne sont pas dupes et s'apercoivent bien que l'UMP ne les représente pas. Elections après élections ils continuent de voter pour leurs candidats.

Il reste un problème pour l'UMP : pour continuer à faire illusion, l'UMP doit ajouter à chaque élection une nouvelle couche de sédimentation de centristes ralliés. Les ralliés de la première heure (les démocratie libérale, les douste blazistes), puis Borloo, puis Lamassoure, puis ceux de 2006 (les de Robien et Santini), puis ceux de 2007 (les Nouveaux Centre), puis ceux de 2008 (Cavada, Cornillet..). Cela finit par faire beaucoup.

Au fur et à mesure de ses ralliements qui ne rapportent aucun électeur, le gateau électoral que l'UMP doit partager devient de plus en plus faible. A la fin, à force de vouloir prétendre fédérer la droite et le centre, les listes UMP risquent de devenir des listes composées uniquement de faux centristes aux ordres de l'UMP. Cela pose quelques problèmes en interne pour les UMP sincères qui ne peuvent plus être candidats.

Cette difficulté n'est pas seulement liée aux européennes. C'est une difficulté structurelle que l'on retrouvera lors des régionales de l'an prochain. C'est une difficulté d'autant plus profonde que l'UMP, faute de pouvoir fédérer lors des seconds tours, perd structurellement tous les scrutins depuis sa création (à la seule exception des Présidentielles et du premier tour des législatives). Cela réduit la capacité de l'UMP à fédérer les opportunistes prêt à vendre leur silence.

Il va devenir de plus en plus difficile pour l'UMP de laisser des places aux centristes. Elle devra soit se débarrasser des ralliés de la première heure au risque de créer une scission, soit constater qu'elle ne fédère pas les électeurs de la droite et du centre. La fin d'une illusion.

28/04/2009

Elections européennes : L'UMP n'a pas encore choisi ses petits soldats

A moins de 50 jours du vote, l’UMP n’a toujours pas annoncé ses candidats aux élections européennes du dimanche 7 juin.

A vrai dire cela n’empêche en rien les électeurs de faire leur choix. Lorsqu’il s’agit de députés UMP ou PS, la personnalité des candidats n’a aucune importance puisque les uns comme les autres sont soumis à une discipline de vote stricte. Le problème de la discipline de vote c’est que puisque de toute façon les députés ne sont pas libres de leurs votes, ils n’ont aucune raison d’aller écouter sur le terrain ce que pensent les électeurs. A vrai dire ils n’ont même pas vraiment de raison d’être présents au Parlement, ils préfèrent largement jouer les petits chefs dans leur mairie que les soldats aux ordres au Parlement.

Dimanche 7 juin, les électeurs ne sauront pas s’ils élisent un député UMP ou PS pro- ou anti-européen. Ils savent seulement que les uns comme les autres voteront ensemble lors des votes. Personne ne sait quelle majorité partisane interne déterminera de quel coté penchera la balance.

Au Mouvement Démocrate, nous avons comme principe éthique la liberté de conscience. Les uns et les autres discutent du fonds et chacun se fait son propre avis. C’est un principe éthique qui respecte l’article 27 de la constitution « Tout mandat impératif est nul ». Un principe constitutionnel violé quotidiennement par l’UMP et le PS.

Tous les candidats du MODEM estiment que les plans de relance, la préservation de la planète, la régulation économique seront plus efficace lorsqu’ils seront décidés par une Union Européenne plus transparente, plus démocratique et plus efficace.

27/04/2009

Le 7 juin choisissez le Président de la commission européenne

Plusieurs Chefs de Gouvernement se sont prononcés pour la reconduction de Jose Manuel Barroso. Un Président de la Commission si transparent dont peu de gens savent qu’il était présent au G20 à Londres. Pour les Etats membres un tel Président de Commission c’est du pain béni. L’assurance que l’Europe, dont le monde a besoin, n’avancera pas.

 

Le PPE, la droite Européenne soutient Barroso l’ultra libéral. Ils ont le mérite de la cohérence.

 

 

Le Parti Socialiste Européen soutient également Barroso l’ultra libéral. Les travaillistes anglais parce que Barrosso est ultra libéral, et les socialistes Ibériques parce qu’il est portugais.

 

 

Mais c’est à vous, électeurs européens, qu’il revient de choisir le prochain président de la commission grâce aux élections européennes.

 

 

En votant pour les candidats PS ou UMP vous contribuerez à la réélection d’un Président de commission transparent et ultra libéral. Un Président de commission qui n’a pas pris d’initiative importante durant ces mois de crise. Un Président de commission qui n’a pas contribuer à préserver ni vos emplois ni notre environnement.

 

 

Vous pouvez au contraire choisir de voter pour des listes démocrates qui contribueront à élire un Président de commission fort, qui impose la solidarité d’une croissance européenne par une politique d’investissement dans les infrastructures, la recherche et l’éducation, qui permette à une Europe forte de protéger la planète.

 

 

Le choix du Président de la commission vous revient le 7 juin.

24/04/2009

Classement des députés de l'Ain, de la Savoie et de la Haute Savoie

Vous trouverez ci-dessous un tableau récapitulatif du travail parlementaire des députés de l'Ain, de la Savoie et de la Haute Savoie. Encore une fois il ne s'agit que d'un classement avec toutes les limites que cela induit (quantité par rapport à qualité). Mais il a le mérite d'exister.

La situation de Bernard Accoyer est un peu particulière puisque sa fonction de Président de l'Assemblée nationale ne lui permet pas de remplir normalement son mandat de député. On peut seulement constater que l'Assemblee nationale a perdu beaucoup de sa crédibilité et de sa légitimité depuis que Bernard Accoyer en est président.

Les rapports sont des travaux importants. Mais a l'Assemblée nationale la compétence n'est pas le seul critère pour se voir confier des rapports. L'obéissance aux consignes partisanes du groupe est un autre critère. Etre rapporteur n'est donc pas un signe de travail parlementaire mais plutôt un signe de l'obeissance aux ordres du groupe plutot qu'aux attentes des habitants.

Le travail parlementaire de notre député Claude Birraux est inferieur de moitie a celui de Lionel Tardy, mais se situe plutot dans la moyenne supérieure. Marc Francina ne produit que le quart de ce que fait Michel Bouvard, et Martial Saddier a peine un dixième. Comme les sanctions financières prévues par le règlement ne sont pas appliquées, les indemnités d'élus sont les mêmes pour tous.

Dans certaines organisations, l'absence ne donne pas lieu seulement à des sanctions financières mais aussi a une déchéance du mandat.

Au sujet de l'absentéisme parlementaire, il était amusant d'entendre Bernard Accoyer dire sur France Inter qu'il n'aimait pas beaucoup le mot "sanction". Il aurait du préciser "sanction contre mes amis absentéistes" car il semble beaucoup plus apprécier le mot sanction lorsqu’il vote les lois les plus répressives de la République.

La France a besoin de Parlementaire engagés, présents, à l’écoute sur le terrain, disponibles. Ces Parlementaires ne doivent pas cumuler des mandats plein temps et doivent être à l’écoute des habitants plutôt que d’être aux ordres des partis.

Le total est calculé de la manière suivante : 1 point par question écrite, 5 pour les auteurs d'une proposition de loi, 1 point pour les signataires, 2 pour un rapport ou une intervention en séance ou commission.

TOTAL
1 Michel Bouvard 715
2 Lionel Tardy 581
3 Michel Voisin 354
4 Claude Birraux 289
5 Etienne Blanc 195
6 Marc Francina 186
7 Dominique Dord 177
8 Herve Gaymard 129
9 Xavier Breton 128
10 Charles de la Verpilliere 97
11 Martial Saddier 79
12 Bernard Accoyer 61

Fichier complet :

Contribution des deputes de Savoie, Haute Savoie et Ain.xls

23/04/2009

Le Parlement Européen : un modèle pour le Parlement français

Nos députés ont une nouvelle fois brillé par leur absence lors du vote de la loi HADOPI. Ils n'étaient que 36 sur 577 à être présent dans l'hémicycle au moment du vote.

Un scrutin public :

Ce genre de chose n'arrivent pas au Parlement Européen. Au Parlement Européen, tous les votes sont enregistrés nominativement. Cette transparence permet à chaque électeur de constater la présence ou l'absence de son député européen. A l'Assemblée nationale il est rare que les scrutins soient publics. Cela permet aux députés de cacher leurs fréquentes absences.

Des contributions publiques :

Le site du Parlement européen indique pour chaque élu le nombre d'intervention, de proposition, d'avis et de rapport émis. Chaque électeur peut voir le travail effectué par son député européen. L'Assemblée nationale s'évertue à cacher l'absence de travail réel de ses députés. Les uns et les autres se cachent derrière le "travail en commission" sur lequel il n'y a aucune transparence pour prétendre qu'il travaille.

Un vote personnel :

Au Parlement européen, le vote est personnel. Seuls les députés présents peuvent voter. A l'Assemblée nationale un député peut donner une procuration à un autre député pour certains votes.

Des indemnités proportionnelles à la présence :

Les indemnités des députés européens sont proportionnelles à leurs participations aux votes. Ils sont présents. A l'Assemblée nationale le règlement prévoit la même chose. Mais la collusion entre les Présidents de groupe fait que ce règlement n'est jamais appliqué.

A vrai dire le Gouvernement est hypocrite lorsqu'il se plaind de l'absentéisme parlementaire. Des députés absents s'est parfois bien pratique. Ce sont des députés qui ne se plaignent pas. Ce sont des députés qui ne sont pas très exigeants. Le cumul des mandats était l'exception, il est aujourd'hui la règle. Un cumul des mandats qui conduit à un cumul d'absentéisme dans deux institutions.

Les députés européens assument leur responsabilité de Parlementaire. Pendant ce temps là, les députés français touchent des indémnités pour obéir aux consignes de vote partisane. Il y a une forme de traffic d'influence dans le fonctionnement de la politique française.

Heureusement les députés européens ont souvent le dernier mot. Le Gouvernement va faire revoter le texte de la loi HADOPI qui a été rejetté. Mais les tribunaux constateront que la loi européenne votée le 10 avril 2008 interdit l'application de la loi HADOPI.

22/04/2009

Riposte graduée ou de l'utilité d'avoir de bons députés européens

La loi HADOPI instaurant la coupure de la ligne internet aux internautes qui téléchargerait des fichiers a été rejetée la semaine dernière à l'Assemblée nationale par 21 députés contre 15 sur 577 - les autres étaient absents-. Le Gouvernement présentera une nouvelle mouture identique de la loi à l'Assemblée nationale et sifflera un peu plus fort pour faire venir en nombre ses députés aux ordres.

Peu importe. La future loi française déjà inapplicable sera bientôt contraire aux règlements européens. En effet, le 10 avril 2008, le Parlement Européen a déjà voté sur le sujet. Ils ont estimé que l'interruption de l'accès à internet allait à l'encontre des droits de l'homme, des droits civiques et des principes de proportionnalité, d'efficacité et d'effet dissuasif.

Le vote a été serré avec 314 Pour et 297 Contre.

Les députés Européens MODEM ont voté Pour le rapport du Parlement (qui s'opposait à la riposte graduée) avec une abstention. Les députés UMP et nouveau centre ont voté Contre (mais il y avait deux absents). Les socialistes ont voté Pour à 21 voix, 2 abstentions et 8 absents. Parmi les abents du PS ont compte Harlem Désir, Pervenche Bérès et Stéphane Le Foll qui sont à nouveau candidat. Les Villiéristes étaient tous absents, tout comme Marine Le Pen. Avant de se représenter ces députés européens devrait commencer par assumer leur mandat actuel.

Quelques soit le résultat du vote de la nouvelle lecture de la loi HADOPI le mercredi 29 avril à l'Assemblée nationale, cela n'aura aucune conséquence sur le quotidien des internautes. Si la loi n'est pas censurée par le Conseil Constitutionnel, il est probable que cette loi ira rejoindre le vaste cimetière des lois qui n’ont jamais eu de décret d’application. Les tribunaux ne pourront pas appliquer cette loi qui est contraire au droit Européen.

Le seul vote qui compte est celui des élections européennes du dimanche 7 juin. Les internautes auront un grand besoin de députés européens présents et qui ne votent pas aux ordres sans réfléchir des lois inapplicables et  disproportionnées : nous avons besoin de plus de députés européens du Mouvement Démocrate.

17/04/2009

François Pérol et le renouveau de la démocratie française

Le Président de la République a nommé François Pérol, son secrétaire général de l'Elysée, à la tête du groupe Caisses d'Epargnes-Banques Populaires. Peu de gens conteste la compétence de François Pérol, mais beaucoup s'inquiète de la collusion avec le pouvoir politique. Après la collusion avec les médias, la mise sous tutelle des pouvoirs législatifs et judiciaire, l'Elysée contrôle désormais directement un important groupe bancaire qui dispose de moyens fianciers considérables. La loi pénale interdit à un fonctionnaire d'assumer des responsabilités dans une entreprise sur laquelle il a eu le contrôle en tant que fonctionnaire afin d'éviter les prises illégales d'intérêts.

François Pérol et l'Elysée aurait pu mettre un terme très rapidement à toute cette contestation en demandant l'avis de la commission de déontologie. Cela aurait protégé François Pérol de toute poursuite pénal et aurait mis un terme au débat. Ils ne l'ont pas fait. Preuve qu'ils estiment que cette nomination est illégale.

Mais alors pourquoi François Pérol accepte t'il une telle nomination passible de 2 ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende ? Il savait pourtant que des syndicats et des associations d'actionnaires porteraient plainte.

Il sait que cette plainte doit passé par le parquet. Que le parquet est sous l'autorité hierarchique de la Ministre de l'Intérieur qui est elle même sous l'autorité du Président de la République. Il a du avoir l'assurance que cette plainte serait classée sans suite.

Le classement de cette plainte devrait nous donner dans les prochaines semaines une nouvelle preuve de l'absence de séparation des pouvoirs. La démocratie française a sacrément besoin d'air frais.

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16/04/2009

Taxe Tobin : illustration du rôle du Parlement Européen

La taxe Tobin, du nom du prix nobel d'économie James Tobin consiste à instaurer une taxation des transactions financières internationale très faible de l'ordre de 0,05% mais suffisante pour décourager la spéculation à court terme.

Cette taxe permettrait de limiter les échanges financiers virtuels pour favoriser les investissements productifs dans l'économie réelle.

Cette taxe est l'objet de l'association ATTAC, classé habituellement à l'extrême gauche. Mais elle a aussi été défendu par de nombreuses personnalités politique y compris Jacques Chirac.

En 2000, le Parlement s'est prononcé sur une résolution donnant 6 mois à la Commission Européenne pour présenter un rapport de faisabilité. Le texte a été rejeté par 229 voix contre 223. Avec seulement 6 voix de différence.

Il a manqué seulement 6 voix. Plusieurs députés socialistes et communistes français n'ont pas pris par au vote - sacré absentéisme parlementaire franco-français. Alain Krivine - du même parti que Besancenot - s'était abstenu. Arlette Laguiller avait voté CONTRE - comme les députés UMP du PPE et les Villiéristes - ceux qui étaient présents en tout cas.

François Bayrou et les élus démocrates avaient voté POUR. Pasqua aussi d'ailleurs.

La crise actuelle aurait sans doute été un peu différente si en 1999 nous avions élus un peu plus de bons députés européens, un peu plus présents et un peu plus responsables.

15/04/2009

Positions des candidats PS sur le traité constitutionnel européen

ue_referendum220.jpgAu cours de ces 20 dernières années l'économie s'est mondialisée. Cela a créé énormément de croissance et d'emplois dans le monde mais cela a aussi créé des déséquilibres et une dérégulation. Pendant que l'économie et la finance devenaient internationales, la politique elle restait nationale. C'est par des politiques continentales et internationales que la politique pourra à nouveau imposer sa loi aux marchés devenus mondiaux.

De la même manière lorsque la protection de l'environnement consistait uniquement à organiser le recyclage des déchets, on pouvait prendre les décisions au niveau municipale. Maintenant qu'il s'agit de réduire les gaz à effet de serre, nous avons besoin de décision continentales et internationales pour avoir un début d'efficacité.

Seule une Europe plus transparente, plus efficace et plus démocratique peut permettre de réguler les marchés et de protéger l'environnement. Les listes MODEM sont composées uniquement de personnes convaincus qu'il faut renforcer l'Europe notamment sur les questions fiscales, sociales et d'affaires étrangères.

En attendant l'annonce d'une liste UMP qui a du mal à se boucler, la liste PS elle montre désormais les contradictions de ses candidats en position éligibles :

Quelles positions défendrons les candidats socialistes au Parlement Européen ? Difficile de répondre à cette question lorsqu’on mesure la parité de cette liste entre ceux qui ont voté POUR le traité constitutionnel Européen et ceux qui ont voté CONTRE. La liste socialiste fédère des individus qui ne partagent pas les mêmes convictions mais seulement un intérêt électoral commun.

En Île de France la tête de liste socialiste Harlem Désir (n°1) a voté POUR le traité constitutionnel Euopéen. Pervenche Bérès (n°2) qui l’a négocié a d’abord appelé à voter POUR, puis a suivi la consigne de Laurent Fabius et a voté CONTRE. Benoit Hamon (n°3) a voté CONTRE.
 
Dans le Nord Ouest, Gilles Pargneau (n°1) était POUR, sa suivante de liste Estelle Grellier (n°2) était contre. Jolie parité.
 
Parité à nouveau dans l’Est : Catherine Trautmann (n°1) était POUR, Liem Hoang Ngoc (n°2) CONTRE, Aurélié Fillipetti (n°3) POUR.
 
Situation plus étonnante dans le Sud Est : Vincent Peillon (n°1) était CONTRE mais le regrette "notre non a été mal compris" s’explique t’il sur son blog. On ne trouve pas en ligne de position pour ses trois colistiers en position éligible : Sylvie Guillaume (n°2), Karim Zeribi (n°3) et Farida Boudaoud (n°4). Leur implication dans la campagne a été si réduite qu’internet n’en a gardé aucune trace. En 2005, l’Europe intéressait-elle ces candidats aux élections européennes de 2009 ?
 
Parité à nouveau dans le Sud Ouest : Kader Arif (n°1) était POUR, François Castex (n°2) était CONTRE.
 
Dans l’Ouest, Bernadette Vergneault (n°1) était POUR, comme Stéphane Le Foll (n°2) mais contrairement à Isabelle Thomas (n°3) qui était CONTRE.
 
Dans le Centre Henri Weber (n°1) était CONTRE.
 
On ne trouve en ligne pas le point de vue d’Ericka Bareigts tête de liste dans les DOM TOM.
 
Si les militants socialistes ont voté à la majorité de voter POUR le traité constitutionnel, la plupart des candidats pour lesquels ils feront campagne ont voté CONTRE. La préservation de ce syndicat électoral socialiste sans convictions communes a donné lieu à la création d’un nouveau concept de liste chabadabada. Il ne s’agit plus de la parité homme femme mais la parité POUR-CONTRE.
 
Les électeurs qui voteront pour une liste socialiste le 7 juin ne sauront pas si leur voix contribuera à élire un député qui a voté POUR ou CONTRE le traité constitutionnel Européen .
 
L’histoire de ces dernières années montre que le Parti Socialiste est favorable à l’Europe lorsqu’il est au pouvoir mais opposé à l’Europe lorsqu’il est dans l’opposition : il a proposé et appellé à voter POUR Maastricht en 1992, et a laissé sa minorité faire campagne CONTRE le traité constitutionnel européen en 2005. C’est exactement pour les mêmes raisons que le RPR et l’UMP ont laissé leur minorité faire campagne CONTRE Maastricht et ont fait campagne POUR le traité constitutionnel Européen.
 
La France a besoin de députés qui ont des convictions et qui ne font pas de l’enjeu de la construction Européenne un enjeu de politique partisane. Et qui sont activement présent dans les débats du Parlement Européen.

14/04/2009

Notre engagement pour l'Europe

Pour une fois, je déroge au principe de ne publier que des notes personnelles en mettant en ligne un texte de François Bayrou sur nos engagements pour l'Europe. Il exprime de manière beaucoup plus synthétique que je ne pourrai le faire mes convictions pour l'Europe.

 

1 - L’union de l’Europe, maintenant, plus de doutes possibles.

Dans l’histoire de l’humanité, jamais des peuples libres n’ont choisi de se rap-procher pour relever ensemble les défis de leur temps. C’est l’entreprise historique la plus pacifique et la plus novatrice de tous les temps. Mais comme toutes les constructions humaines, après des succès impressionnants, il est arrivé à l’idéal européen de s’émousser et d’être un sujet de désillusion. Parfois, les peuples ont douté, beaucoup, ou un peu. Aujourd’hui, le doute n’est plus permis. La crise prouve que le chacun pour soi rend impuissant. En revanche, ensemble, on peut agir. L’euro a résisté à la crise et nous a évité les catastrophiques dévaluations d’autrefois. Où en serions-nous si l’euro n’avait pas existé ?

Nous proposons une réponse coordonnée de l’Union européenne à la crise, avec un grand emprunt européen de 3 % du PIB, destiné, en particulier, à aider les PME à préparer l’avenir. Nous proposons que les grandes politiques de lutte contre la crise, par exemple le plan automobile, fassent l’objet d’une démarche concertée et coopérative des États de l’Union, en tout cas de la zone euro.

 

2 - L’Europe, ce n’est pas seulement une économie, c’est un projet de société, des valeurs humanistes.

Ceux qui ont voulu limiter l’union de l’Europe à un marché ont trahi l’idéal européen. L’Europe ne peut pas se ré-sumer à la défense de la concurrence en tous domaines et sur tous sujets. Pour nous, démocrates français et européens, l’exigence sociale, civique et écologique doit servir de point de repère. Ce sont les valeurs de l’humanisme européen qui doivent maintenant être défendues, notamment dans nos relations avec les autres puissances mondiales.

Nous proposons que l’exigence sociale, démocratique et écologique soit placée au même niveau que la concurrence.

 

3 - En Europe, la compétition doit être rendue équitable.

Nous ne pouvons pas continuer à imposer à nos entreprises, à nos agriculteurs, des normes légitimes et justes, par exemple en matière d’environnement, et accepter qu’entrent chez nous des produits qui ne les respectent pas.

Nous demandons l’équité : les produits qui entrent en Europe doivent être soumis aux mêmes règles que ceux que nous fabriquons chez nous et l’Europe doit les aider à y parvenir.

 

4 - L’Europe, affaire de citoyens.

Les gouvernants de nos pays et les dirigeants européens préparent toutes les décisions entre eux, dans le secret, sans que nul ne soit informé. Des choix très importants, qui nous concernent tous, sont ainsi décidés. Cela ne doit plus être accepté par les peuples. Pour nous, toutes les décisions qui concernent l’avenir des citoyens européens doivent être prises en pleine lumière : c’est aussi notre affaire de citoyens.

Nous proposons que les délibérations des gouvernements, au sein du conseil, soient publiques, télévisées ou diffusées sur internet. Nous proposons que toute préparation de décision de l’Union soit annoncée aux citoyens, sauf urgence, trois mois avant d’être prise, par voie de presse, de manière qu’ils puissent donner leur avis et saisir leurs députés européens.

 

5 - L’Europe ne peut pas organiser la concurrence sauvage des États euro-péens entre eux.

 Elle doit, au contraire, les conduire à la coopération. Depuis des années, chaque pays essaie de marquer des points contre les autres. C’est une démarche vouée à l’échec et qui conduit à une impasse.

Nous proposons que soit mis en place une harmonisation fiscale qui permette une coopération et non pas des politiques de dumping qui visent à voler les entreprises des uns pour les installer chez les autres.

 

6 - Le savoir et la connaissance priorités de l’Europe.

 Nos pays développés savent désormais que la mondialisation donnera la victoire aux mieux formés, à ceux qui maîtriseront le mieux les découvertes scientifiques et les nouvelles technologies.

Nous proposons un doublement progressif du budget européen pour la recherche et, en liaison avec les Etats membres de l’Union, une aide efficace au dépôt de brevets.

 

7 - Pour que l’Europe agisse dans des domaines aussi importants que la recherche, il lui faut des moyens réels.

Un budget limité à 1 % de la production annuelle, c’est infiniment trop bas. D’autant que ce budget est utilisé pour la moitié par la politique agricole (essentielle).

Nous proposons un budget européen dont le volume serait décidé par le parlement européen et alimenté par un impôt unique sur l’ensemble des pays de l’union, par exemple un prélèvement sur les transactions ban-caires et boursières.

 

8 - L’Europe, zone de sécurité.

En Eu-rope, il n’y a pas de frontières pour les réseaux de criminels ou pour les mafias, mais policiers et juges sont eux, arrêtés par les frontières. La partie n’est pas égale et tous les trafics, y compris de drogue ou d’êtres humains, en profitent de jour en jour davantage.

Nous proposons un procureur européen avec autorité sur les polices et les autorités de poursuite de chacun de nos pays.

 

9 - La responsabilité de l’Europe en matière de politique agricole est plus importante que jamais.

En cette ma-tière si sensible, qui touche à notre alimentation, à notre environnement, à notre paysage, à l’avenir de l’espèce humaine, notre approche ne peut pas être seulement de marché.

Nous dé-fendrons une politique européenne d’agriculture de qualité qui visera à la fois la sécurité alimentaire de l’Europe, l’exigence environnementale, et le maintien d’un vrai tissu d’exploitations agricoles de taille humaine.

 

10 - Aucun des progrès nécessaires de l’Europe ne pourra se faire sans volonté politique.

L’organisation à 27 est souvent paralysante, les discussions sont interminables, il n’en sort rien. Plus la crise avancera, plus le monde deviendra incertain, plus il nous faudra coopérer pour avancer.

Nous défendrons l’idée d’une avant-garde européenne, qui sera capable de faire bouger les choses. Pour nous, c’est la zone euro, les seize pays qui ont une monnaie unique en partage qui doivent former cette avant-garde. Libre aux autres pays de les rejoindre pour renforcer l’ensemble.

 

11 - Il faut convaincre les Européens que l’Europe n’écrase pas leur identité, au contraire qu’elle la garantit.

Pour nous, Français, la nation est un bien commun. La langue française, la création culturelle, sont protégées : elles doivent l’être encore plus efficacement. Les régions sont une richesse de l’Europe, elles doivent être mises en valeur, avec leur langue et leur culture. L’Europe est un vivier d’identités et de cultures.

Nous défendrons l’Europe qui garantit les identités, les modes de vie, les langues et les cultures sur son sol et dans le monde.

 

12 - L’immigration est la partie visible du plus grand drame de l’humanité : le sous-développement et la pauvreté. 

Comme ils ne peuvent plus vivre chez eux, les immigrés prennent tous les risques pour passer nos frontières. Seule une politique d’ensemble, associant tous les pays européens, pourra

répondre à ce drame. Mais la vraie ré-ponse, la seule qui compte, c’est le dé-veloppement.

Pour nous, il faut mettre un terme aux politiques de pillage et de corruption du tiers-monde que nous appelons le monde abandonné. Il faut protéger leurs marchés, leur permettre de produire ce qu’ils mangent et de fabriquer ce qu’ils consomment, et cesser de piller leurs matières premières. Pour cela la lutte contre les paradis fiscaux qui abrite l’argent de la corruption est un impératif. Nous proposons qu’on ne reconnaisse plus, en Europe, les contrats signés avec des paradis fiscaux.

 

François BAYROU

Mars 2009