30/10/2009

Une élection présidentielle déjà programmée

On est à quelques mois des élections présidentielles. Tout réussi au chef de l'exécutif qui anime une équipe soudée qui accumule les succès. Les Français dans leur majorité se montrent satisfait des réussites du pouvoir. Il y a bien quelques ratés ici ou là, mais dans l'ensemble le Gouvernement met en place le programme annoncé. A l'exception de quelques rares dissidents les Parlementaires de la majorité soutiennent le Gouvernement avec enthousiasme.

Aucun analyste ne doute : les prochaines présidentielles sont jouées d'avance. Il n'y a pas d'alternative réelle et crédible à la candidature du chef de l'exécutif. Arlette Chabot au journal de 20H interroge même Jacques Chirac sur la réalité de sa candidature.

La situation décrite plus haut est celle d'Edouard Balladur en 1994 et celle de Lionel Jospin en 2000. L'un comme l'autre pouvaient compter sur une certaine popularité, sur une capacité à fédérer leur majorité, sur des résultats réels. L'un comme l'autre ont été éliminé quelques mois plus tard au premier tour de l'élection présidentielle.

Nicolas Sarkozy de son côté souffre d'une profonde et durable impopularité. Il génère un profond mécontentement fondée sur des valeurs. Les troupes obéissent encore, mais en trainant les pieds de plus en plus lourdement. Pourtant tous les analystes et beaucoup de Français avec eux, ne parviennent pas à imaginer un cas de figure tout à fait probable de l'élimination dès le premier tour du Chef de l'Etat lors des prochaines élections présidentielles.

Nous avons du mal à imaginer un futur qui soit différent du passé alors même que l'histoire nous enseigne que tout n'est que bouleversements constants.

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23/10/2009

Des conseillers territoriaux au service des habitants plutôt que des partis

La réforme des collectivités qui prévoit de rapprocher départements et régions francaises serait une excellente réforme si le mode désignation garantissait que ces nouveaux conseillers territoriaux seront au service des habitants.

Ce n’est pas le cas dans le projet actuel du Gouvernement. Le projet présenté prévoit un mode de scrutin à un seul tour. Un tel mode de scrutin priverait les électeurs de leur souveraineté sur la présélection des candidats du second tour et confierait cette responsabilité uniquement à l’UMP et au PS.

Les électeurs de droite ou de gauche serait obligés de voter pour le candidat choisi par des partis de plus en plus petits, de plus en plus sectaires, de moins en moins représentatifs. Un tel mode de scrutin priverait de représentation institutionnelle locale les 54% de Français qui aux dernières européennes ne se sont reconnus ni dans le PS ni dans l’UMP.

Les Conseillers territoriaux seraient alors au service des intérêts partisans qui garantissent leur réélection plutôt qu’au service de l’intérêt général des habitants qui n’auraient plus qu’une influence limitée sur leur élection. On ferait un pas de plus vers une oligarchie partisane et loin de la démocratie.

Le projet de rapprochement entre région et département est bon. Les centristes l’ont proposé il y a 7 ans déjà. Mais le changement de mode de scrutin qui est proposé éloignerait les départements et régions des préoccupations des habitants.

Le Gouvernement doit renoncer à ce mode de scrutin qui imposerait aux Français un bipartisme qu’ils ne veulent pas. Si le Gouvernement persiste dans ce projet, il faudra construire une alternance en 2012 afin que les élections régionales de mars 2010 et les cantonales de mars 2011 ne soient pas les dernières élections locales libres de l’histoire de France.

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19/10/2009

Jean Sarkozy à l'EPAD : une offre qui ne se refuse pas

Comment Nicolas Sarkozy a-t'il pu convaincre le Maire et Conseiller Général de Meudon de démissionner de l'EPAD pour laisser son siège à Jean Sarkozy ? Comment peut-il convaincre les Conseillers Généraux qui siègent à l'EPAD de voter en faveur du plus jeune et du plus inexpérimentés d'entre eux ?

Hervé Marseille s'est vu proposer une nomination au Conseil Economique et Social et une investiture aux prochaines sénatoriales. En général à l'UMP lorsque les carottes ne suffisent pas on y ajoute des menaces pour en faire des offres "qui ne se refusent pas". Les Conseillers Généraux des Haut de Seine ont eux aussi voté pour un nouvel administrateur qui est le plus récent et le plus inexpérimenté d'entre eux. Des offres qui ne se refusent pas ont du aider. Les administrateurs de l'EPAD céderont ils eux aussi à des offres qui ne se refusent pas pour violer les principes républicains de la promotion au mérite et nommer un étudiant en situation d’échec ?

Pourquoi prendre le risque de mettre sur la place publique de telles dérives institutionnelles ? Est-ce pour cacher en famille les dérives financières de l'EPAD ?

L'EPAD a été présidée par Nicolas Sarkozy en 2005. Des rapports accablant de la cour des comptes, signés par Philippe Seguin (UMP) en dénoncent la gestion en ces termes :

"M. le Président de la commission des finances du Senat,

Je crois utile d'attirer votre attention sur le fait que la cour n'est pas en mesure d'émettre un avis sur la régularité, la sincérité et l'image fidele du patrimoine, de la situation et des résultats de l'EPAD, en raison de la permanence de nombreuses et graves anomalies comptables." (le rapport complet est en lien ici)

Le rapport dénonce aussi les actions de l’EPAD en dehors de tout cadre légal. En dehors des règles d’urbanisme ou de répartition des compétences. Le principal quartier d’affaire de France est une zone de non droit d’affairistes et de promoteur immobilier. Un terreau fertile pour la corruption.

La cour des comptes avait déjà publié un rapport en 1999. La situation n'avait pas changée en 2005 sous la Présidence de Nicolas Sarkozy.

Cette situation est dénoncée aussi par Jean Arthuis, Président de la commission des finances du Sénat dans un rapport que l'on peut consulter ici sur le site du Senat.

On comprend mieux l'insistance du Parrain de la République à s'assurer que la Présidence de l'EPAD est dans des mains de confiance qui ne mettrons pas au jour "les écuries d'Augias" que dénonçait le Président actuel du Conseil General des Haut de Seine Patrick Devedjian (UMP).

Tout cela sent très mauvais pour la République. Les contre pouvoirs législatifs, médiatiques et judiciaires doivent fonctionner à nouveau pour cesser de donner un cheque en blanc à un homme seul tenté par toutes les dérives. Les électeurs doivent exiger des comptes et avoir des élus qui exigent de l'exécutif qu'il en rende. La République doit devenir démocratique non pas seulement dans les mots ou les textes mais dans la pratique du pouvoir et les comportements.

13/10/2009

Comment la désignation de Jean Sarkozy à la tête du quartier de La Défense est-elle possible ?

Un jeune étudiant de 23 ans qui n'a pas terminé ses études et n'a encore jamais fait de stage va se présenter à la tête du quartier de la Défense (EPAD). Etonnant dans un pays qui a besoin d'apprendre à faire confiance à sa jeunesse. Un pays où Michel Druker, Patrick Sébastien ou Patrick Sabatier sévissent encore dans les médias 30 ans plus tard, Claude Bébéar et Michel Pébereau dans la finance.. et où les Parlementaires se prénoment beaucoup plus souvent Michel ou Jean Pierre plutôt que Carine ou Philippe.

Il s'appelle Jean Sarkozy... ceci explique celà. Cette désignation du fils du Président de la République à la tête du premier quartier d'affaire d'Europe fait ressembler notre pays un peu plus à une république bananière fait la risée de la presse internationale jusqu'à Pékin et parfois en Une. Même les princes héritiers des monarchies d'Europe n'auraient pas droit à un tel traitement de faveur.

Pourtant rien ne confie pas au Président de la République le pouvoir de désigner le Président de La Défense. Alors comment est-ce possible ?

1) Les électeurs de Neuilly ont voté pour Jean Sarkozy. Comme les électeurs de Grenoble avait voté pour le repris de justice, Alain Carignon, qui était candidat de l'UMP lors des législatives. Avec aveuglement.

2) Les Conseillers Généraux UMP des Hauts de Seine ont porté Jean Sarkozy à la Présidence de leur groupe. Ils savent eux aussi que leur élection, les subventions à leur commune qui leur permettront d'être réélus dépendent du bon vouloir du Président de la République.

3) Hervé Marseille, Conseiller Général Nouveau Centre, vient de démissionner de son poste d'administrateur de l'EPAD pour laisser sa place à Jean Sarkozy. Hervé Marseille, comme presque tous les élus Nouveau Centre - à l'exception du Maire d'Annecy -, doivent leur élection au bon vouloir de l'UMP. Ils sont donc soumis aux ordres les plus iniques de l'UMP.

4) Les membres du Conseil d'administration de l'EPAD n'ont pas encore montré s'ils se soumettront aussi. On peut le redouter puisqu'ils sont aux aussi dans ce département sous influence.

Cette nomination est grave. Elle montre la dérive de notre République. Mais elle a le mérite de rendre clair et transparent la manière dont sont prises les décisions en France aujourd'hui.

C'est parce que son investiture, ses indémnités, ses mandats de Conseiller Général et de Député et sa Présidence de l'Office Parlementaire d'Evaluation des Choix scientifiques et techniques dépendent du bon vouloir du Président et de sa clique que notre député Claude Birraux vote en faveur des décisions les plus stupides : déficits publics, suppression de la TVA pour la restauration, bouclier fiscal, HADOPI, nomination des Présidents de l'audiovisuel public. Il maquille cette forme de corruption en appelant cette trahison des Français une "fidélité à son camp".

Jean Paul Amoudry a longtemps été un excellent parlementaire. Un homme d'honneur. Il est aujourd'hui membre de la CNIL, plutôt ironique pour un homme qui connait très bien les collectivités et les problèmes de la montagne mais qui ne sait pas lire un SMS ni envoyer un email. En échange de cette nomination, Jean Paul Amoudry a abandonné tout esprit critique. Il vote lui aussi aveuglément tous les déficits publics que présentera le Gouvernement, présentant peu d'amendements pour le corriger et se satisfaisant de leur rejet.

Dans notre département, seul Lionel Tardy a un tout petit peu d'esprit critique. Il s'est opposé à la loi HADOPI... mais a voté presque tous les autres projets de loi stupides. Qu'à celà ne tienne, l'UMP se cherche déjà un nouveau petit caniche pour remplacer celui-ci qui se révèle indocile.

Nous pouvons mettre un terme à cette république bananière. En exigeant des comptes des parlementaires. En élisant des Parlementaires qui ont du caractère et un peu d'esprit critique plutôt que ces notables qui préfère être fidels à leur camp plutôt que d'être fidels aux Français. Il faudra aussi élire des hommes et des femmes qui aient un peu plus d'éthique et de valeur.

05/10/2009

Cessez de léguer des dettes à vos enfants

Le député Nouveau Centre Charles de Courson disait récemment que nos enfants viendrait pisser sur nos tombes le jour où ils réaliseront le montant de la dettepublique que nous leur léguons. Le montant dépasse les 80 000 euros par famille. Ils devront y consacrer l'intégralité de l'impôts sur le revenu. Il est probable qu'il faudra plusieurs générations pour rembourser les conséquences de l'irresponsabilité des papy boomers qui accumulent des dettes depuis 30 ans.

Notre député, Claude Birraux, élu depuis 1978 n'a jamais voté un budget à l'équilibre. Il est à l'image d'une génération politique qui a fait vivre la France aux dépens des générations suivantes : "après moi le déluge".

Lors des élections municipales, le candidat UMP reprochait au Maire de Saint Julien une gestion approximative. Il avait raison. Le budget 2009 qui augmentent toujours plus les dépenses inutiles et augmentent les impôts de 8,5%, a prouvé l'incapacité du Maire socialiste à dépenser la ressource publique avec parcimonie. C'est d'ailleurs le seul point sur laquelle sa gestion peut être qualifiée de socialiste. Pour le social il faudra repasser : budget social stable depuis 3 ans, une seule réunion de la commission sociale en 18 mois de mandat et record du plus faible nombre de logement sociaux de tous les maires de la commune.

Après une telle campagne municipale, on pourrait s'attendre à entendre l'UMP reprocher au Gouvernement sa camaliteuse gestion.. mais non. L'UMP et le PS ne se préoccupent pas de dire ce qui est vrai pour la France, ils ne se préoccupent que de défendre "leur camp" (sic). Le candidat UMP qu'on a tant entendu sur les déficits de la commune... se tait lorsqu'il s'agit de la dette de la France pourtant 40 fois supérieures (rapporté au nombre d'habitants).

L'excuse toute trouvée de la crise économique et financière ne tient pas.. puisque l'accélération des déficits date du budget 2007 qui a précédé la crise. Bouclier fiscal, paquet fiscal.. l'UMP n'a pas lésiné sur les cadeaux fait à quelques uns alors que la France était déjà "en faillite" selon les propres mots du Premier Ministre et que "les caisses étaient vides" selon ceux du Président de la République.

Pour ce budget 2010, les députés doivent supprimer l'exonération de TVA pour les restaurateurs qui est un échec économique trop coûteux pour l'Etat. Ce clientèlisme électoral doit être supprimé pour corriger un tout petit peu les déficits. La publicité sur les médias du service publique doit être remise tant pour des questions financières que pour garantir l'indépendance éditoriale. Les bonus excessifs que le Gouvernement dénonce doivent être imposés à des taux confiscatoires. Les députés et sénateurs auront ils le courage d'être responsables.. ou préféreront ils suivrent leur camp dans l'aveuglement ? Je ne me fais pas beaucoup d'illusions sur l'intégrité morale de ces individus que l'exécutif corromp à coup de nominations à la CNIL, de Présidence de commission Parlementaire, et d'investitures...

Lors de la campagne des élections présidentielles, la surenchère de promesse de l'UMP auquelle répondait celle du PS était irresponsable. La faillite de l'Etat condamne déjà Rhône Alpes, la Haute Savoie et Saint Julien en Genevois à une réduction continue des aides de l'Etat. Seul le Mouvement démocrate a défendu un programme financièrement équilibré et seul le Mouvement démocrate défendra avec responsabilité des comptes équilibrés lors des élections régionales du mois de mars.

 

PS : Le député Nouveau Centre Charles de Courson a de bonnes idées et les défends avec courage. Il présentera de nombreux amendements d'économie.. ceux ci seront presque tous rejetés par la majorité UMP, et malheureusement le député Nouveau Centre comme le reste de son groupe votera ce budget déficitaire... il s'y est engagé en 2007 en contre partie de l'investiture de l'UMP.

10/09/2009

MODEM / Nouveau Centre : Quelle différence ?

Sur la vision de la société il y a suffisamment peu de différences pour que nous ayons défendu le même projet national lors des élections présidentielles de 2007. Preuve que le Nouveau Centre partage la même vision que nous de la société française. Le Nouveau Centre comme le Mouvement Démocrate défendent des valeurs européennes, libérales et sociales, valeurs historiques du centre. Le Mouvement démocrate a ajouté à cela les principes démocratiques au cœur de son projet.

 

Alors quelle différence ?

 

La version des adhérents du Nouveau centre consiste à prétendre que le MODEM est de centre gauche alors que le Nouveau Centre serait de centre droit…. Explication qui tombe rapidement lorsqu’on constate que Jean Luc Rigaut (Nouveau centre) a été élu à la tête de l’agglo d’Annecy avec le soutien du Parti Socialiste et que de mon coté j’ai conduit une liste face à un Maire PS soutenu par l’UMP au second tour. Nous sommes tous deux des centristes.

 

Notre version à nous au MODEM, c’est que le Nouveau Centre est soumis à l’UMP. Tous ses parlementaires ont été élus avec le soutien de l’UMP. Redevables de leur élection à l’UMP ils soutiennent tous les projets de l’UMP au Parlement. Même si nous partageons les mêmes points de vue sur la société, eux ne votent pas en conscience. Ils ont ainsi voté le 30ieme budget déficitaire consécutif de l’Etat, ils ont voté les réformes institutionnelles, la loi HADOPI (pour la plupart), la nomination des présidents de l’audiovisuel public, les boucliers fiscaux…etc..etc.. Ils pensent comme nous mais ils votent comme l’UMP.

 

La situation est un peu différente en Haute Savoie ou la volonté d’hégémonie de l’UMP est telle qu’elle a franchit un pas supplémentaire dans l’humiliation du Nouveau centre en présentant des candidats face à Bernard Bosson et Jean Luc Rigaut à Annecy. Le Nouveau Centre est un peu plus autonome en Haute Savoie mais paradoxalement il y est tout aussi obséquieux vis-à-vis de l’UMP.

07/09/2009

Les arguments stupides des cumulards

Le cumul des mandats était une exception au début de la 5ième République. Elle s'est depuis généralisée. Aujourd'hui 9 parlementaires sur 10 sont des cumulards.

Petit à petit ils renoncent à exercer leurs responsabilités de contrôle de l'exécutif et de législateur pour se concentrer sur leur mandat local qui leur laisse beaucoup plus d'autonomie, beaucoup plus de satisfaction personnel. Leur égo se satisfait beaucoup plus d'être le chef dans leur commune ou leur département... qu'un député lambda à l'Assemblée nationale.

Ils renoncent aussi à aller écouter les Français dans leur circonscription : à quoi bon aller écouter ce que pensent les gens sur le terrain puisque de toute façon, les députés UMP et PS sont soumis à la discipline de vote partisane qui les empêche de voter en conscience. C'est ainsi que beaucoup de députés UMP et PS ont voté en dépit de leur avis personnel sur la loi HADOPI, la réforme constitutionnelle, la nomination des Présidents de l'audiovisuel public, le bouclier fiscal, les déficits budgétaires... Les Français n'ont plus de député à l'Assemblée nationale, ce sont les partis qui ont des VRP dans les départements.

Ils renoncent aussi à être simplement présent au Parlement. Les polémiques à répétition sur l'absentéisme Parlementaire le montre. Le mandat de Parlementaire devient de plus en plus un mandat qui consiste à toucher des indémnités en échange d'un silence contraint lorsqu'ils sont majoritaire.. ou en échange d'une opposition automatique ridicule lorsqu'ils sont minoritaires. Une forme de corruption des institutions.

Dans ce contexte, le cumul des mandats est un moyen pour les élus de faire à nouveau un peu de politique locale. C'est un moyen de compléter leurs indémnités d'élus. C'est aussi une forme d'assurance chômage faute de statut de l'élu.

L'argument utilisé à répétition est celui de la proximité avec le terrain. Comme si seuls les Maires connaissaient la réalité de la vie des Français. Il y a de toute évidence des Maires totalement déconnectés du terrain. Les défaites des Maires sortants aux élections municipales le confirment. Mais surtout un Maire est surtout dans sa commune. Particulièrement dans son bureau. Beaucoup avec les fonctionnaires de sa mairie. Un député Maire est donc moins présent sur le terrain de sa circonscription. Il n'a pas la même disponibilité pour aller à la rencontre des syndicats, des usagers, des retraités, des scolaires, des entrepreneurs et des associations.

Dans tous les autres pays d'Europe le cumul des mandats est rare... je pense que nul part ailleurs les Parlementaires sont aussi éloignés des préoccupations des habitants, et aussi peu présent dans l'hémicycle.

02/09/2009

La France tombe dans la monarchie "élective" absolue

La séparation des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires est l'un des principes fondamentaux de la démocratie. Il permet à l'exécutif de diriger, mais garantie que les lois sont votées au nom des Français et qu'elles sont appliquées équitablement.

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy ces principes de séparation des pouvoirs sont remis en question. D'abord avec ce nouveau pouvoir qu'est le pouvoir médiatique : il contrôlait les médias privés par l'intermédiaire de ses amis que sont Dassault, Lagardère et Bouyggues. Par la loi il s'est assuré de l'autocensure des journalistes des médias publics qui dépendent hiéarchiquement de Présidents qui sont nommés par l'exécutif.

Il contrôle des Parlementaires soumis et cumulards dont l'indémnité et le statut social dépendent uniquement de leur réélection et de leur investiture. Des députés un peu trop indépendants d'esprit comme Lionel Tardy en Haute Savoie se voient menacés de n'être plus investit par leur propre parti faut d'avoir voté la loi HADOPI. L'UMP trouvera bien d'autres caniches pour le remplacer pour quelques miliers d'euros par mois. Y aura t'il encore des électeurs pour élire cette nouvelle génération de caniches ?

Voilà le dernier centre de pouvoir qui avait encore un peu d'indépendance qui va être mis aux ordres de l'exécutif. La suppression proposée du juge d'instruction retirerait tout droit d'investigation à la justice pour le confier aux procureurs qui dépendent hiérarchiquement de l'exécutif. Aucune enquête ne pourrait plus avoir lieu sans l'accord de l'exécutif : plus d'affaire Urba, plus d'affaire Elf, plus d'affaire du sang contaminé, plus d'affaires de faux électeurs, plus d'affaires de financement occulte des partis, plus d'affaires des Lycées en Ile de France, plus d'affaires de commission sur vente d'armes... ou seulement les quelques affaires politiques qui concernent des opposants (Villepin ou Julien Dray).

Cette concentration des pouvoirs est révoltante même lorsqu'elle est confiée à quelqu'un d'élu démocratiquement. Mais l'UMP ne s'arrête pas là. Elle propose aussi de remplacer les modes de scrutins à deux tours en mode de scrutin à un seul tour pour les élections régionales et départementales. Un tel mode de scrutin permettrait à un parti qui ne dispose que de 30% des voix (un peu comme l'UMP) de conquérir le pouvoir sans majorité.

Nous serions alors dans un pays où l'armée, la police, les parlementaires, les juges, les contrôleurs fiscaux, les journalistes dépendent tous du pouvoir hiérarchique d'un seul homme. Le titre de Président de la République ne serait alors plus adapté à ce qui serait une monarchie absolue.

01/09/2009

Les dérives de l'élection directe du Président de la République

A l'approche de l'élection le 16 septembre prochain d'un nouveau Conseiller fédéral certains commentateurs et politiciens carressent l'idée d'une élection du Conseil Fédéral au suffrage universel direct. A l'exemple de la France, du Brésil, des Etats Unis (via l'intermédiaire un peu particulier des grands électeurs), du Gabon, de l'Iran et de quelques pays dans le monde.

L'élection du chef de l'Etat par le suffrage universel direct est dans le monde une exception parmi les démocraties plutôt qu'une norme. Dans l'Union Européenne, très peu d'Etats y ont recours. Ceux qui élisent leur chef d'Etat au suffrage universel direct confient l'essentiel des pouvoirs au Premier Ministre comme au Portugal. En Grande Bretagne, en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Hollande, au Danemark, en Grèce, en Irlande... pour ne citer que ces quelques pays, le chef de l'exécutif est élu par le Parlement.

L'élection du chef de l'exécutif au suffrage universel direct à deux avantages : elle augmente considérablement la diffusion de la presse durant l'année électorale. On y parle de sondage. Des partenaires civils ou sexuels des candidats. Les plus grandes idées politiques se façonnent dans la contrainte de ce qui fait un bon titre de presse : de la provocation en 4 mots. On y aborde alors des idées aussi fondamentale que "passer les quartiers au Karcher"... La presse people bénéficie alors de tirages bien supérieur à la presse d'opinion. Elle couvre alors pendant plus de 12 mois l'actualité sentimentale de couple aussi fictifs que Nicolas et Cécilia ou Ségolène et François.

Le second avantage d'une telle élection c'est d'accorder une notoriété planétaire à ses dirigeants : les chefs d'Etat élus au suffrage universel sont connus de manière totalement disproportionnée. Lula, Ahmadinejad, Obama ou le futur chef d'Etat du Gabon seront bien plus connu à travers le monde que le Premier Ministre Japonais qui vient de démissionner. Et alors ?

En revanche, l'élection au suffrage universel direct ne permet pas un débat sur les idées et les propositions. Cinq candidats ne peut pas à eux seuls animer un débat politique sur des dizaines de sujets avec plusieurs dizaines de millions de citoyens comme peuvent le faire 3000 candidats parlementaires. Le résultat c'est qu'un pays se retrouve avec un chef d'Etat avec une légitimité fondée sur la notoriété de son couple fictif que tous les électeurs connaissent 100 fois mieux que ses idées. Celui ci applique alors un programme qui n'a souvent plus d'actualité 6 mois plus tard alors que le contexte mondial a changé.

Fort de cette légimité il annonce de manière unilatérale des décisions dont il a eu l'inspiration durant le déjeuner qui précède la conférence de presse comme la nomination des Présidents de l'audiovisuel public, comme le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan. D'autres fois il décide contre l'avis des experts qu'il a pourtant nommé comme le mode de scrutin inique proposé pour l'élection des conseillers territoriaux ou contre l'avis de sa majorité parlementaire comme sur les institutions, le bouclier fiscal ou la loi Hadopi.. mais ceux ci finissent par voter quand même faute de légitimité propre. Il décide de supprime le juge d'instruction afin de contrôler aussi le pouvoir judiciaire après avoir controlé le législatif et les médias. Rare sont les décisions qu'il prend qui étaient dans le programme.. que peu d'électeurs ont lu car ils savent que les candidats se sentent peu liés par ces programmes. Il décide seul, sans l'avis du peuple qui par paresse délègue tout pouvoir à ce monarque absolu élu.

Ce chef de l'exécutif élu au suffrage universel direct s'approprie la souveraineté du pays au détriment du peuple en violation de la constitution.

La légitimité disproportionnée confère à l'exécutif un pouvoir exhorbitant par rapport au Parlement. Le lien direct avec les électeurs est alors rompu. Les parlementaires ne consultent plus les citoyens dont ils ne peuvent pas se faire les portevoix au Parlement. Bon exemple de cette dérive, Claude Birraux tiendra ce vendredi une permanence à Saint Julien. La première permanence depuis 2 ans.. et à laquelle se rendront peut être 4 ou 5 des 30 000 habitants du canton. Voilà à quoi se limite l'écoute par le pouvoir de la population de Saint Julien.

Appliqué à la Suisse un tel mode d'élection conduirait à nier les minorités. Un tel mode de scrutin pousserait des partis dans des formes d'opposition qui conduirait à des initiatives incessantes, des blocages permanents... et de manière ultime inévitablement à un abandon de la démocratie directe.

Je pense au contraire que la France doit abandonner l'élection du Président de la République au suffrage universel direct pour retrouver un fonctionnement démocratique sain. Seul le peuple souverain peut avoir autant de pouvoirs entre les mains.

28/07/2009

Supprimer les élections perdues…

La simplification du millefeuille administratif commune-département-région-Etat-Europe est une évolution capitale pour éviter la faillite de l’Etat en France.

Pour compromettre cette simplification, le Chef de l’Etat a proposé que les Conseillers de la région et du département soient remplacés en 2014 par des conseillers territoriaux. Il propose un mode de scrutin mixte. Majoritaire dans les zones rurales où l’UMP est majoritaire et proportionnelle dans les zones urbaines où l’UMP est minoritaire. Un tel mode de scrutin permettrait à l’UMP d’avoir des majorités d’élus même en étant minoritaire dans le pays ! La France sortirait alors des principes généralement admis de ce qui constitue une république et une démocratie.

Une telle proposition avait été jugée inconstitutionnelle par la commission Balladur, pourtant nommée par le chef de l’Etat.

Comme si cela ne suffisait pas, le Chef de l’Etat a aussi proposé que ces élections soient faites à un seul tour. Effectivement, l’UMP faute d’alliés a perdu les seconds tours des cantonales de 2004 et 2008, des régionales de 2004, des sénatoriales de 2008, des municipales de 2008, des législatives de 2007. Puisque l’UMP perd presque tous les seconds tours… elle propose de les supprimer. L’UMP est plus astucieuse que les dirigeants Iraniens et Birmans.. elle supprime les seconds tours avant de les perdre.

Un tel mode de scrutin aurait conduit à la victoire de Mitterrand en 1974, à celle de Giscard en 1981 et à celle de Jospin en 1995. Il permettrait à un parti arrive en tête mais minoritaire de remporter des élections avec les voix de seulement 30% des votants. Le pays lui, deviendrait ingouvernable avec un peuple opposé à 70% à ses dirigeants.

Un tel mode de scrutin priverait de toute légitimité les institutions prétendument représentatives de la République, accroitrait le fossé entre les institutions locales et les habitants. Il conduirait tôt ou tard à une désobéissance civile généralisée. Les élus seraient un peu plus soumis au bon vouloir de partis sectaires omnipotents plutôt qu’au service des habitants dont les votes auraient une influence moindre.

Il est probable que les Parlementaires aux ordres de la majorité, dont les revenus, les prébendes et le statut social dépendent du bon vouloir de l’UMP, votent aveuglement une proposition aussi dangereuse pour la République. Il est possible que le Conseil Constitutionnel rejette une telle proposition.

Dans tous les cas, ce projet prouve une fois de plus la dérive perverse d’un parti devenu sectaire et anti républicain. Quelques soient les convictions des uns et des autres, les Républicains de toutes convictions doivent s’unir pour préserver le pays de ces dérives dictatoriales qui mettent le pays au service d’une caste et de ses pourvoyeurs de fonds.

Le mode de scrutin ne doit pas servir des intérêts partisans mais dorénavant être inscrit dans la constitution pour garantir la représentativité des institutions.

La simplification des mille feuilles administratives est une simplification bien trop importante pour le pays pour y mêler des intérêts partisans à court terme si néfastes.

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