02/09/2011

Seulement 17 logements construits dans le canton de Genève au 2ième trimestre 2011

Les statistiques de l'OCSTAT sur la production de logements sont tombées pour le deuxième trimestre 2011 (en lien ici, colonne C ligne 54). Nouveau record d'incompétence : seulement 17 logements contruits dans tout le canton en trois mois selon le tableau statistique*. Pour rappel dans la charte d'agglomération, Genève s'est engagé à construire 50% des logements de l'agglo soit environ 938 logements par trimestre... et pas 17 ! Le Conseil d'Etat s'est solennellement engagé devant le Grand Conseil et les Genevois à la construction de 625 logements par trimestre au cours de la législature... et pas 17 logements !

  • Les deux tiers des policiers genevois résident dans le Genevois français... et les Genevois se demandent pourquoi il est si difficile de faire venir de nouveaux policiers dans cette agglo sans logements et pourquoi il y a des problèmes d'insécurité !!!!
  • 78% d'une classe d'âge de Genevois est contrainte chaque année de quitter le canton faute de logements. Le quart des logements construits dans tout le canton de Vaud chaque année est occupé par des Genevois, exilés de leurs cantons en raison de la gravissime pénurie de logements. Des milliers de Vaudois sont à leur tour contraints d'aller se loger dans le canton de Neuchatel.
  • Environ 10 000 Genevois sont des réfugiés du logement sans papiers établis en France.
  • En France, les services publics commencent à disparaitre en raison de l'exportation par Genève de sa crise du logement et de son coût de la vie.
  • L'engorgement des voies de circulation s'aggrave de 10 à 20km chaque année dans le canton en raison du nombre de pendulaires supplémentaires créé par l'incapacité de Genève à construire des logements à proximité des réseaux de transport.
  • Les tarifs de TPG augmentent exponentiellement à mesure que les habitants doivent être transporté sur des distances domicile-travail qui augmentent elle mêmes exponentiellement.

Pendant ce temps là, Genève continue de faire venir 15 000 habitants supplémentaires par an dans l'agglo à coup de conditions fiscales fédérales dérogatoires.. et à ne construire au printemps 2011 que 17 logements !!!! Depuis que le Conseil d'Etat genevois a fait en 2009 la promesse aux Genevois de construire 2500 logement par an.. il a déjà accumulé un retard de 1877 logements en seulement 18 mois. Toujours aucune initiative pour modifier la longueur inadmissible des projets. Un plan directeur cantonal ridicule qui n'est pas à la mesure des prétentions économiques du canton... et qui reporte de manière irresponsable sur le canton de Vaud et le Genevois français l'intégralité de la charge d'urbanisation et des charges publiques. Aucun parti politique, aucun leader politique genevois ne s'exprime de manière forte sur cette grave crise du logement à l'origine de toutes les autres crises genevoise : mobilié, sécurité, éducation, santé !

Cette question du logement est au coeur du projet d'agglomération... mais depuis bientôt un an, Mark Muller, Conseiller d'Etat Genevois, reporte, annule ou décline les réunions sur de la commission logement du Comité Régional Franco Genevois qu'il copréside : négligence ? incompétence ? ou mépris ? Depuis bientôt 18 mois les partenaires français demandent qu'une analyse soit faite sur les causes de l'incapacité genevoise à construire des logements. Que des réponses crédibles soient apportées. Que des objectifs contraignant soient ajoutés au projet de nouvelle charte d'agglomération. Les autorités cantonales se refusent à ne faire ne serait-ce qu'un diagnostic ! Elles utilisent les mêmes méthodes qui conduisent aux mêmes échecs.

Les rares maires du Genevois français qui défendent encore l'attitude irresponsable des autorités cantonales genevoises devront en rendre compte en 2014 devant leurs électeurs. Il est temps que l'on commence à mettre en oeuvre le projet d'agglomération... et pas seulement pour décrocher des subventions fédérales mais réellement pour construire une agglomération vivable pour tous ses habitants.

 

(*) les méthodes de comptage ont changé à la fin de l'année 2010. Mais il n'y a pas de changement de méthode entre le 1er et le 2ième trimestre 2011. L'OCSTAT a quelque mal à comptabilisé les nouveaux logements.. mais à vrai dire, compter les 17 nouveaux logements sur les 220 000 logements à Genève c'est comme compter des aiguilles dans une motte de foin !

Les conditions fiscales dérogatoires cause de "l'immigration massive" en Suisse

Contrairement à ce qu'affirmaient les populistes il y a quelques années, l'immigration en Suisse ne vient pas des pays d'Europe de l'Est. Elle vient principalement de France et d'Allemagne. Si l'extrême droite suisse était honnête plutôt que de surfer sur les préjugés, elle aurait dessiné sur ses affiches caricaturales des pantalons de flanel et de belles chaussures de cadres supérieurs. Elle le sait et c'est pour cela que les visages ne figurent pas sur les affiches : mais électoralement et à court terme il est plus efficace de tromper les électeurs suisses en surfant sur leurs préjugés.

Cette immigration massive est la conséquence directe des conditions fiscales dérogatoires proposées aux multinationales et sociétés de trading qui s'installent en Suisse avec leurs fournisseurs. Si l'extrême droite suisse voulait sincèrement stopper cette "immigration massive" il lui suffirait de lancer une initiative proposant que les entreprises locales suisses puissent bénéficier du statut fiscal le plus favorable. Il est assez incroyable de penser que l'UDC, qui prétend défendre les Suisses, est favorable à ce que les entreprises étrangères paient 3 à 4 fois moins d'impôts que les entreprises suisses.

Bien sûr une telle initiative ne sera pas prise par l'UDC : l'UDC ne s'en prend jamais aux étrangers lorsqu'ils sont fortunés ! Une telle initiative d'équité fiscale entre les entreprises Suisses et les entreprises étrangères pourrait pourtant recueillir une majorité populaire, réduire l'afflux de population et permettre de résoudre plus calmement la gravissime pénurie de logements qui poussent les Genevois dans le canton de Vaud et en France et les Vaudois dans le canton de Neuchatel !

01/09/2011

Immobiliers : les premières faillites personnelles arrivent

Il y a quelques années j'ai été directeur marketing de la banque Cortal Consors. J'ai pu observé à quel point dans leurs décisions d'investissement, les particuliers réagissent toujours avec un train de retard. Souvent ils investissent sur le bouche à oreille : "tu devrais investir dans XXXX, untel a beaucoup gagné d'argent". Vous pouvez remplacer le XXXX par immobilier, action ou or, peu importe. Le particulier arrive toujours après la bataille.. et paie toujours les pots cassés ! On devrait inventer le "bouche à elliero".. une forme de bouche à oreille dans lequel l'oreille comprend le contraire de ce que dit la bouche !

Mais s'il y a bien un domaine où les réactions des particuliers sont absurdes c'est bien l'immobilier. Habituellement, sur le marché du dimanche, moins un légume est cher.. plus il y a d'acheteur. Dans l'immobilier c'est le contraire : plus l'immobilier augmentent plus les particuliers se jettent dessus ! Allez y comprendre quelque chose. Mais on s'apercoit surtout qu'on est dans une bulle à partir du moment où l'on entend, ce que l'on entend actuellement : "Ca ne peut que monter !" C'est le moment à partir duquel les acheteurs renoncent à tout raisonnement rationnelle et s'inscrivent dans une bulle spéculative pour prendre une décision d'achat. Quand sur un marché vous entendez "Ca ne peut que monter".. c'est qu'a priori vous êtes dans une bulle spéculative et que les prix vont s'écrouler !

Paradoxalement, les premières faillites arrivent dans le Genevois français. Certes l'immobilier augmente de manière vertigineuse.. mais pas assez pour compenser la hausse du franc suisse dans laquelle est libellée la plupart des dettes des nouveaux propriétaires. Démonstration :

Un Genevois a acheté dans le Genevois français un bien d'une valeur de 300 000 euros en 2009. Il a emprunté alors 400 000 CHF qu'il a converti à un taux de change de 1,6CHF/EUR pour 250 000 euros. Depuis 3 ans il a remboursé environ 30 000 CHF. Il lui reste donc à rembourser 370 000 CHF.. mais au cours actuel de 1,16CHF/EUR cela représente 319 000 euros : il doit donc rembourser un montant supérieur à la valeur initiale du bien. Avec la variation de taux de change, notre "investisseur" a perdu son apport personnel de 50 000 euros, ses remboursement de 30 000 euros.. et doit encore 19 000 euros à la banque.

Etranglé il ne peut pas vendre. S'il y est contraint pour un divorce ou pour une mutation professionnelle il est dans une réelle difficulté. Certains expats sont entrain de perdre plus dans leur achat immobilier et leur crédit hypothécaire qu'ils n'ont épargné en trois ans de travail à Genève ! Mais ce qu'il se passe actuellement c'est que les acheteurs étranglés par leurs dettes en CHF se contentent de rembourser mensuellement et refusent de vendre en attendant que le Franc Suisse baisse à nouveau. Pendant ce temps là, des acheteurs au pouvoir d'achat en CHF exorbitant arrivent en masse sur le marché. Aux cours actuels ils peuvent acheter à n'importe quel prix.. mais il n'y a pas de vendeurs. Alors les prix montent en flêche chaque semaine... surtout avec la pénurie de logements à Genève qui n'a produit que 17 logements dans tout le canton au deuxième trimestre 2011.

25/08/2011

Quand certaines "commissions" sont moins chères en Suisse qu'en France !

Avec la hausse vertigineuse du Franc Suisse beaucoup sont tentés d'aller faire leurs "commissions" dans le Genevois français. D'autres au contraire vont faire leurs "courses" à Genève. Certains font plus de 1000km pour ça ! Effectivement les produits illicites sont beaucoup moins chers à Genève.

  • Le cannabis y coute environ 20% de moins qu'en France
  • L'héroïne y coute 80% de moins qu'en France
  • La cocaïne y coute environ 20% de moins qu'en France... et jusqu'à 80% moins cher pour ceux qui prennent 5g d'un coup !

... cette note n'apprendra rien aux usagers qui connaissent ces chiffres... mais il est utile de les porter à la connaissance des électeurs souverains que vous êtes.

Dans le Genevois français cela n'est pas sans conséquences. La proportion de toxicomanes suivis est 2 à 3 fois supérieure dans le Genevois français que dans d'autres territoires de France. Un chiffre directement lié à l'abondance de l'offre. Coca Cola a cette stratégie commerciale de mettre une bouteille de coca à proximité de tout buveur grâce aux distributeurs de boisson : plus Coca est présent partout plus chacun d'entre nous boit du Coca. A Genève, il semble qu'il y a presque autant de dealers de cocaïne que de distributeurs de Coca Cola !

Pourquoi une telle différence de prix. La demande doit être très importante puisque l'usage de ces drogues est très développé dans certaines des professions que Genève et la Confédération font venir à coup de dumping fiscal. Les usagers concernés disposent à Genève de revenus très élevés qui permettent de ne pas être trop regardant sur les prix. Une demande qui devrait au contraire tirer les prix à la hausse. C'est tout le contraire qui se produit. L'abondance de la demande est submergée par l'archi abondance de l'offre.

Il y a sans doute de multiples facteurs. Personnellement j'en vois un principal : les sous effectifs policiers à Genève. Les effectifs n'augmentent pas proportionnellement aux besoins. Il suffit de se promener à Plainpalais à la nuit tombée : le marché hebdomadaire des fruits et légumes laisse place à un marché nocturne quotidien où l'on ne vend pas que de l'herbe ! La raison de ces sous effectifs c'est que le pouvoir d'achat et les conditions de vie des policiers ne sont pas des conditions attractives pour les candidats Suisses venus des autres cantons. Genève leur propose de réduire leur pouvoir d'achat par rapport à leur canton d'origine, de devoir vivre dans le Genevois français à 20-30km de leur lieu de travail...

Dans le Genevois français nous sommes parfois aussi touchés par des problèmes de sous effectifs. Le coût de la vie est un facteur qui réduit l'attractivité de notre territoire pour les gendarmes et les policiers : il y a parfois des vacances de poste. Un problème partiellement résolu avec les casernes de gendarmerie - la nouvelle caserne de St Julien ouvrira la semaine prochaine ! Par ailleurs, les effectifs sont répartis en France proportionnellement à la population et les Genevois qui résident dans le Genevois français et n'y sont pas déclarés ne sont donc pas comptabilisés dans la population résidente.

Même les traders et les expats ont besoin de gendarmes et policiers.. mais les policiers n'ont plus les moyens de vivre dans une ville où la proportion élevée de traders et d'expats et la pénurie de logements tirent le coût de la vie vers le haut. A ma connaissance, environ les deux tiers des policiers genevois résident dans le Genevois français ! Il faudra donc construire aussi des logements pour les policiers pour leur proposer des conditions de vie attractives, un pouvoir d'achat supérieur à leur canton d'origine et venir à bout des sous effectifs chroniques. Ceux qui s'opposent à la construction de logements à Genève empêchent le recrutement de nouveaux policiers et favorisent l'augmentation de la délinquance, de la criminalité et de l'insécurité !

En attendant que Genève trouve des solutions de logements pour ses policiers supplémentaires, du côté du Genevois français nous devons développer les programmes de préventions aux dépendances à un niveau adapté à l'étendue et l'ampleur que prend le problème dans la région frontalière. Nous y travaillons.

 

PS : J'ai entendu Isabel Rochat affirmer sur la TSR que Genève avait plus de problèmes de sécurité que Bâle en raison de la proximité de Genève avec Lyon. Je n'ai pas vu beaucoup de Lyonnais sur la place de Plainpalais. Bien sûr il y a aussi à Lyon comme à Genève des marginaux qui viennent chercher l'argent là où il trouve un refuge bienveillant ou un fisc peu regardant, mais l'explication semble tout de même un peu légère ! J'ai une profonde admiration pour les Libéraux Genevois qui manifestement vont jusqu'au bout de leur logique du moins d'Etat et la mettent en oeuvre par un original "Moins de Conseillers d'Etat", deux de moins pour être précis. A vrai dire il est assez logique que quand on est Libéral et compétent on ne s'engage pas au service d'un état qu'on juge inutile, on préfère gagner de l'argent en étant avocat contre le canton dans un procès de la BCG et détourner la loi qui interdit la publicité aux avocats en faisant un peu de politique à ses heures perdues.

24/08/2011

Répartition des "frontaliers 2011" dans le canton de St Julien en Genevois

Comme chaque année le recensement des frontaliers est en cours. Les chiffres que j'ai à ma disposition pour le moment sont les suivants pour le canton de St Julien (17 communes, 33 000 habitants)

  • 9531 titulaires d'un permis G travaillant à Genève (1)
  • 3565 citoyens suisses travaillant à Genève (2)
  • soit déjà 13096 actifs travaillant à Genève et résidant officiellement en France
  • A ce chiffre il faudrait ajouter environ 1000 frontaliers suisses non déclarés
  • Environ 1000 frontaliers de toute nationalité travaillant dans le canton de Vaud
  • ... soit environ 15096 actifs travaillant en Suisse (je ne sais pas trop où sont comptabilisés les fonctionnaires internationaux !)

On peut estimer qu'il y a 18 800 actifs dans le canton (actualisation des chiffres du recensement). Il reste donc 3704 actifs qui ne sont pas frontaliers. Certains travaillent à Annemasse ou Annecy.

Mais il y a 10 900 emplois dans le canton de St Julien. L'écrasante majorité de ces emplois sont nécessairement occupés par des personnes qui ne résident pas dans le canton de St Julien.

Ces chiffres montre l'absurde et gigantesque transhumance quotidienne qu'induit l'aménagement absurde de notre agglomération. Quand Genève par sa politique du logement contraints ses actifs à vivre dans le Genevois français elle contraint dans le même temps les actifs du canton de St Julien à vivre encore plus loin. Nous nous retrouvons tous chaque jour sur des voies publiques engorgées. Il est temps d'appliquer le projet d'agglomération qui prévoit que Genève construise la moitié des logements rendus nécessaires par sa politique économique.

(1) il y a dans ces permis G d'anciens résidents genevois, français ou ressortissants de l'UE qui sont venus à Genève avec leur emploi et ont ensuite décidé de fuire la pénurie de logements du coeur de l'agglo. Pour rappel il y a environ un tiers d'étrangers dans la population genevoise.

(2) Il y a a l'opposé dans les citoyens suisses des maris et des femmes de citoyens suisses qui n'ont jamais vécu ni à Genève ni en Suisse ! Ou des descendants d'immigrés suisses qui ont fuit les famines du début du XXième siècle.. et qui n'ont plus vécu en Suisse depuis.

28/07/2011

Modèle de croissance genevois : la voie du centre

Entre les ayatollah de l'hypercroissance exogène qui voudraient volontiers chasser 100 000 genevois de la classe moyenne et les remplacer par 100 000 expatriés de plus et les khmer verts de la décroissance qui voudraient ajouter du chômage de masse à la pénurie de logement il y a un boulevard pour un projet raisonnable.

Les ayatollah de l'hypercroissance sont aussi irresponsables que les khmer verts : les uns sont obnubilés par les chiffres de PNB du canton de Genève et ignorent que ce PNB du canton de Genève est de moins en moins un PNB genevois. Ces ayatollah de l'hypercroissance exogène croient que les Genevois sont nombreux à profiter autant qu'eux de ce modèle de croissance : mais les Genevois ne sont pas tous propriétaires fonciers, avocats d'affaires ou promoteurs immobiliers. Tôt ou tard ces ayatollah de l'hypercroissance exogène seront confrontés à la réalité de la démocratie : le canton devra tôt ou tard se placer au service des habitants plutôt que des contribuables fortunés. Un canton c'est une communauté humaine et pas une entreprise qui publie des bénéfices trimestriels !

Les khmer verts de la décroissance sont tout aussi irresponsable. La décroissance on sait ce que c'est : le chômage de masse, l'accroissement des inégalités, des tensions sociales... parfois la décroissance dégénère en guerre, en populisme, en fanatisme.

Ces deux bandes d'extrêmistes sont tellement éloignés qu'entre les deux il y a la place pour des milliers d'autres politiques économiques. Des politiques qui reviennent à l'essence de ce que doit être une politique économique : permettre à tous les habitants de subvenir à leur besoin et de se développer personnellement. Une politique économique dont le premier enjeu est de créer des emplois pour les chômeurs : échec majeur de la politique économique actuel qui importe des emplois qui ne correspondent pas aux qualifications des chômeurs.

Les pistes sont nombreuses. La première, la plus évidente à mon avis en tant que voisin et ami de la Suisse, c'est que les entreprises locales qui développent des richesses réellement locale puissent toujours bénéficier du statut fiscal le plus favorable. On s'étonne de constater que les entreprises étrangères qui génèrent tant de coûts publics par leur arrivée paient trois à quatre fois moins d'impôts que les entreprises locales. Prévoir que les entreprises suisses bénéficient toujours du statut le plus favorable permettrait d'aider les entreprises locales à se développer. Favoriserait l'entrepreneuriat. Une proposition qui pourrait recueillir le soutien de la gauche, du centre et même d'une partie de l'extrême droite nationaliste suisse. Il serait aussi absurde de chasser les entreprises implantées qu'il est absurde de continuer à en faire venir d'autre dans l'état de surchauffe actuelle.

La croissance économique doit se fonder sur la création de valeur. La valeur se crée au travers de la formation, de la recherche et de l'innovation. Genève a tous les atouts pour réussir. L'histoire de l'horlogerie et de la banque privée montre que Genève est en capacité de développer ses propres savoir faire... sans devoir faire appel au dumping fiscal pour attirer des entreprises étrangères au détriment des entreprises locales. Son aéroport, son cadre de vie, sa situation géographique, son multiculturalisme sont autant d'atouts qui peuvent permettre à Genève de conduire une politique de développement économique endogène. Aider les entreprises locales à se développer c'est générer une croissance économique tout aussi forte.. mais qui générera une croissance démographique acceptable et gérable contrairement aux politiques économiques actuelles.

.. je réponds par avance à tous les mauvais coucheurs qui commenteront "de quoi vous mélez vous ?". Tout simplement de la survie des infirmières, des pompiers, des enseignants, des gendarmes et policiers du genevois français. Des caissières et des maçons. Car Genève est incapable d'assumer la croissance urbaine issue de sa politique économique. Le débat sur le plan directeur cantonal le montre : seulement 50 000 logements de prévus et cela a déjà du mal à passer alors qu'il en faudrait 75 000 d'ici à 2030 pour que Genève assume seulement la moitié de la croissance comme elle s'y est formellement engagée en 2007. Tant que la politique économique ne sera pas revue, les Genevois se méfieront des projets de développement urbains qu'ils considéreront à juste titre comme une fuite en avant dans un modèle de croissance qui n'est pas à leur service : la cupidité des très rares enfants gâtés de la croissance a-t'elle une limite ? D'ici là, c'est le district de Nyon et le Genevois français qui paient le prix des incohérences genevoises : nos maisons de retraites fermes faute de personnel qui puisse se loger. Nos enseignants vivent à 30km de leur établissement. Nos entreprises ferment faute de pouvoir loger leurs collaborateurs.

Entre les ayatollah de l'hypercroissance exogène le nez dans le guidon de l'illusion des excédants budgétaires cantonaux et les irrespondables khmers verts apôtres de la décroissance et de son chômage de masse, il y a amplement la place pour définir une nouvelle politique économique au service d'une prospérité réelle des habitants et pas seulement une prospérité comptable bien illusoire.

25/07/2011

Les enfants gâtés de la croissance genevoise... et les enfants oubliés

Genève ouvre enfin le débat sur son modèle de croissance. Un modèle de croissance qui condamne à l'exil des générations entières de Genevois parce que les autorités cantonales refusent d'assumer la croissance urbaine nécessaire pour loger tant de nouveaux habitants venus en raisons des politiques fiscales fédérales dérogatoires. Un modèle de croissance paupérise les Genevois plus que tout autre Romand en réduisant leur pouvoir d'achat. Un modèle de croissance qui dégrade la qualité de vie des Genevois en augmentant de quelques minutes chaque mois leur temps de déplacement.

Dans ce débat si nécessaire, il y a un argument qui pourrait faire sourire. Quelques privilégiés de la croissance condamnent toute remise en cause d'un définitif "ce sont des critiques d'enfants gâtés". En général ce sont précisément les plus gâtés par la croissance : avocats d'affaires, professionnels de l'immobilier, propriétaires fonciers ou banquiers privés pour expats. Des individus qui bénéficient de passe droit pour se loger dans des appartements de luxe à prix réduit ou pour spéculer dans l'immobilier à Cologny. Ils ignorent sans doute que les Genevois dans leur grande majorité ne bénéficient pas des mêmes avantages qu'eux et qu'au contraire les Genevois sont précisément des oubliés de ce modèle de croissance. "Ce sont des critiques d'enfants gâtés"... on croirait entendre Marie-Antoinette avant la révolution ! Ce sont aussi souvent des babyboomers : cette génération bénie des dieux qui croit qu'on est encore dans les 30 glorieuses et qui vit comme si demain ne devait jamais exister.

"Je HAIS Genève" me disait avec force une de ces Genevoise oubliée de la croissance et résidant à St Julien, ajoutant "vous n'imaginez pas ce que c'est que d'être expulsée de son propre pays !". "Je ne sais même plus pour qui voter" me disait une ancienne conseillère municipale socialiste contrainte de s'installer à Viry et constatant qu'au delà des slogans on attend toujours le premier parti genevois réellement pro logement. Le nombre de chômeurs Genevois augmente de manière strictement proportionnelle au nombre d'emplois importés. La politique économique genevois n'a pas pour objet d'aider les chômeurs à trouver un emploi mais simplement à remplir les caisses cantonales pendant que le canton se vide de ses Genevois.

L'absurde débat actuel sur le Plan Directeur Cantonal montre l'urgence d'une révision de ce modèle de croissance : la croissance démographique actuelle exige 75 000 logements supplémentaires d'ici à 2030... et Genève a déjà du mal à accepter les petits 50 000 logements du Plan Directeur Cantonal. Tant qu'une limite ne sera pas posée à la cupidité cantonale et à son modèle de croissance, nombreux seront ceux qui refuseront tout déclassement car il y aura toujours un doute : les 3000 logements des Cherpines seront-ils au bénéfice de 3000 familles genevoises.. ou permettront-ils de faire venir 3000 expats de plus ? Il faut clarifier ce doute pour parvenir à une politique économique et une politique urbaine qui sera cohérente. Genève pourra alors compter sur la collaboration fiable et enthousiaste de ses partenaires dans le cadre d'un projet d'agglo respecté par tous : 50% de logements à Genève, 10% dans le district de Nyon et 40% dans le Genevois français.

Le mode de décision par consensus permet-il de résoudre les problèmes tant qu'il en est encore temps ?

La pénurie de logement à Genève dure maintenant depuis plusieurs décennies. Les élus Genevois continuent de se rejeter la balle : "il faut construire dans les communes socialistes" affirment les élus Libéraux, "dans les communes libérales" disent les socialistes, "nulle part" semble dire les Verts qui s'opposent aux densifications en ville, en zone résidentielle comme à Chêne-Bougeries aussi bien que sur les espaces agricoles !

Mois après mois la situation des Genevois se dégrade.. et celle du Genevois français et du district de Nyon qui voient les Genevois se loger en masse sur leur territoire, et leurs jeunes contraints eux mêmes à l'exil. Voilà plusieurs décennies que les élus français tirent toutes les sonnettes d'alarmes, participent à tous les PACA, signent une charte d'agglomération. Dans notre tradition politique, on résout tout avec des discussion... on oublie souvent que nos interlocuteurs politiques n'ont pas les pouvoirs de décider en démocratie directe.

Forcément, on est conduit à s'interroger : que faut-il faire pour que Genève respecte sa parole ? Que faut-il faire pour que les Libéraux et les Socialistes genevois mettent en oeuvre leurs promesses électorales de construire des logements ? Que faut-il faire pour que les Verts genevois mettent en oeuvre le projet d'agglomération qui consiste à densifier le coeur d'agglo et dont ils sont les initiateurs ?

Il y a un autre exemple de conflit entre des institutions suisses et des institutions européennes qui peut nous donner des pistes : le secret bancaire. La Suisse a fait de la complicité de fraude fiscale une industrie nationale. Une industrie qui spolie les pays de l'Union Européenne de quelques milliards d'euros chaque année. Cette industrie nationale n'est pas qu'un non sens éthique, c'est aussi un non sens politique et économique : on ne peut pas impunément spolier des pays avec lesquels on réalise 60% de son commerce extérieur. Bien sûr dans les discours publics chacun prétend défendre le secret bancaire... mais personne ne voit vraiment comment il pourrait être durablement défendu comme l'a montré plusieurs votes du parlement fédéral.

Les discussions actuelles avec l'Allemagne montrent l'impasse dans laquelle la Suisse s'est fourvoyée. La résolution du contentieux historique est chiffré à environ 10 milliards d'euros avec la seule Allemagne. Le chiffre se montera donc à environ 50 milliards pour l'ensemble de l'UE. Un chiffre qui ne prend en compte que la période qui n'est pas couverte par la prescription. Il faudrait régler ce contentieux et celui du dumpling fiscal accordé aux multinationales pour que les relations billatérales puissent repartir sur des bases saines... et la parité Franc Suisse/Euro revenir à ses fondamentaux.

Le diagnostic est clair et posé. Les solutions tout aussi claires. Mais le Conseil Fédéral et le Parlement ne réagissent que dans des situations de crise : risque de faillite de l'UBS notamment et du Crédit Suisse prochainement. Risque de crédibilité de la place bancaire Suisse avec l'utilisation de fichiers tout aussi frauduleux que l'évasion fiscale dont la Suisse se rend complice.

Même si tous les partis politiques suisses sont conscients que cette politique n'est pas tenable, aucun n'est en situation de le dire publiquement et de mettre en oeuvre les solutions alternatives : le premier parti suisse qui aura le courage de le faire sera dénoncé par ses partenaires et sanctionné immédiatement par une votation.Certains députés font même de la surenchère pour donner l'illusion aux Suisses que derrières les montagnes ils vivent sur une autre planète. Faute d'élus courageux, le peuple souverain suisse n'est pas dans la capacité d'anticiper les crises. Il ne peut réagir que lorsque la crise est là. Côté avantage cela garanti une stabilité juridique qui nous fait tant défaut en France.. côté inconvénient, la Suisse doit rentrer dans les murs pour commencer à les contourner.

On observe le même phénomène sur la question du logement à Genève. Les libéraux et les socialistes pour ne citer qu'eux savent pertinement qu'il faut construire BEAUCOUP plus de logements. Ni les uns ni les autres n'ont le courage de l'expliquer à leurs électeurs respectifs alors ils se renvoient la balle et voudraient imposer la construction de logements dans les communes de l'autre. Les Verts Genevois savent pertinement que moins il se construit de logements à Genève plus il se crée de pendulaires, plus la consommation d'espaces et d'énergie est importante ! Mais dans les communes ils continuent de flatter leurs électeurs avec une absence totale de courage politique.

J'en arrive à la conclusion qu'il ne se passera rien de significatif politiquement à Genève sur la question du logement tant qu'une situation de crise majeure ne permettra pas au souverain genevois de comprendre la gravité de la pénurie et l'ampleur des mesures à prendre : péréquation intercommunale bien plus ambitieuse que celle qui se prépare actuellement, révision du droit de l'urbanisme, doublement des objectifs de construction du plan directeur cantonal. Le déclassement des Cherpines c'est bien.. mais ce n'est franchement pas à la hauteur des enjeux : seulement 3000 logements supplémentaires alors que Genève attire 15000 habitants supplémentaires par an !!!

Le Genevois français est en situation de créer deux crises pour aider le souverain Genevois à prendre conscience de la situation :

1) un moratoire sur le développement des transports en commun transfrontaliers : continuons de provisionner les investissements conformément à nos engagements, mais gelons le démarrage des travaux tant que la question du logement ne sera pas rêglée. Les transports en commun tranfrontaliers n'améliorent en rien la circulation si dans le même temps faute de logements, Genève crée des milliers de pendulaires supplémentaires.

2) le refus de signer le prochain projet d'agglomération : un refus qui priverait le canton de Genève de toute subvention fédérale à ses infrastructures d'agglomération. Une pause de 4 ans dans le projet d'agglomération qui permettrait de mieux partager avec Genève les nuisances du modèle actuel subies par le Genevois français et le district de Nyon. Un refus qui permettrait de remettre les pendules à l'heure, l'objet du projet d'agglomération n'est pas seulement d'avoir des subventions de Berne sur des projets de transport en commun mais bien de concevoir une agglomération équilibrée.

20/07/2011

Modèle de croissance genevoise : le veau d'or ne mérite pas tant d'idôlatrie

Pour des statisticiens et des économistes la forte croissance du canton de Genève et de l'arc lémanique pourrait sembler un succès fulgurant. Un diagnostic que partage des politiciens qui ont le nez sur les chiffres et ne sortent sans doute pas suffisament de leur bureau pour voir les effets de cette croissance sur la vie quotidienne des Genevois de part et d'autre de la frontière.

Cette croissance économique n'est genevoise que par sa localisation mais certainement pas par la citoyenneté de ceux à qui elle profite*... les Genevois sont eux contraints de quitter le canton pour se loger et préserver un peu leur pouvoir d'achat.

La politique économique induit une croissance démographique bien supérieure à la croissance urbaine que la société genevoise est prêt à accepter. Pour les Genevois le résultat est là :

1) Réduction continue du pouvoir d'achat amputé chaque année par la spéculation immobilière nourrie par la pénurie de logements. Mark Muller ne vit pas cet effet pervers de la croissance à titre personnel puisque son loyer à lui est limité. La génération des opposants ne vit pas cet effet pervers puisqu'ils bénéficient comme Mark Muller de loyer dérisoire pour des logements trop grands : ce sont leurs enfants qui sont chassés en masse du canton.

2) Conflit de génération larvé : Genève aura bien du mal à faire cohabiter la génération des bien logés avec celles des expulsés quand les expulsés devront payer les factures d'EMS des bien logés.

3) Chômage stable : la croissance économique genevoise ne produit pas d'emplois pour les Genevois. Genève ne crée pas d'emplois, Genève importe des emplois. Je renouvelle ma proposition aux Conseillers d'Etat pour aller à l'entrée d'une multinationale demander la ville d'origine des collaborateurs qui y entre. Les études publiées sont fausses, car fondées sur des déclarations des employeurs qui connaissent leur intérêt et par ailleurs jouent sur les mots entre contrat local et emploi local ! Les faits sont là, le nombre de chômeurs à Genève augmente de manière strictement proportionnelle au nombre d'emplois importés. Les élus Genevois qui défendent ce modèle de croissance vivent rarement le chômage de l'intérieur.

4) Pénurie de main d'oeuvre dans certains domaines : environ les deux tiers des policiers genevois sont contraints de vivre en France en raison des prix de l'immobilier genevois. Il n'est pas étonnant que dans ces conditions la police genevoise ait des problèmes de recrutement pour faire face aux besoins supplémentaires liés à la croissance démographique. Les infirmières, les enseignants non plus ne peuvent plus se loger dans notre agglomération.

5) Une paralysie généralisée des transports : par l'incohérence de ses politiques économiques et urbaines, chaque année Genève expulse 3500 Genevois qui deviennent 3500 pendulaires supplémentaires et expulsent à leur tour 3500 habitants du Genevois français qui deviennent à leur tour 3500 pendulaires qui viennent chaque jour d'Annecy, Aix et Chambéry ! Résultat tout le monde est bloqué dans des embouteillages qui s'aggravent chaque jour. Au cours des 17 ans du projet CEVA, Genève a créé plus d'usagers supplémentaires que le CEVA ne pourra en transporter.

.. passons sur les effets politiques concernant la montée du populisme ou la franche dégradation des relations avec l'Union Européenne, premier client de la Suisse spoliée par un dumping fiscal qui ne s'applique pas aux entreprises suisses.

Dans une interview ce jour à la Tribune de Genève, Mark Muller renonce à son point de vue critique sur le modèle de croissance genevois. Il prétend qu'il ne faut pas tuer la poule aux oeufs d'or. Je prétend moi au contraire que le veau d'or de la croissance genevoise ne mérite pas tant d'adulation. Seuls les propriétaires fonciers et quelques entrepreneurs de travaux publics bénéficie de ce modèle de croissance -les finances cantonales aussi tant que les investissements ne sont pas fait. Les Genevois expulsés chaque année par générations entières de leur canton ne verront jamais la couleur de l'or de cette prétendue poule.

Il est temps de passer à un autre modèle de croissance : un modèle fondé non plus sur le dumping fiscal et la complicité de fraude fiscale mais plutôt sur la formation, l'innovation et la recherche. Un modèle qui forme les Genevois à créer des emplois et ensuite les aide à le faire.

Un modèle de croissance endogène certes plus humble mais beaucoup plus durable.

 

(*) et encore le modèle de croissance ne profite pas particulièrement non plus aux expats dont les conditions de vie se sont légèrement améliorées par leur déplacement de leur ville d'origine à Genève mais au détriment de leur proximité avec leurs parents vieillissants, leurs proches et leurs amis.

 

Ps : contrairement à ce qu'affirme Mark Muller le plan directeur cantonal n'est certainement pas l'application du projet d'agglomération qui prévoit lui que Genève accueille au moins la moitié des habitants qu'elle fait venir. A ce jour il est prévu 300 000 habitants supplémentaires environ d'ici 2030. Il faudrait donc environ 75000 logements supplémentaire dans le canton, hors le plan directeur cantonal n'en permet que 50 000 environ. Dans l'état actuel des choses sur les 300 000 habitants supplémentaires 100 000 environ pourront se loger à Genève dans les nouveaux logements, 100 000 s'installeront dans le district de Nyon et le Genevois français.. et 100 000 s'installeront dans les logements existants et contraindront 100 000 Genevois supplémentaires à quitter le canton. Les techniciens cantonaux comptent sur la généralisation de la colocation chez les jeunes pour faire face à la décohabitation des ménages et à la vetusteté massive des logements lorsque la LDTR aura revélé tous ses effets pervers et que les premiers immeubles s'effrondreront.

Agglo genevoise : les députés Vaudois veulent une présidence tournante

La Confédération Helvétique exige une structure unique de gouvernance de l'agglomération genevoise pour recueillir les fonds d'agglomération. Cette structure sera de droit suisse et prendra la forme d'un Groupement Local de Coopération Transfrontalière : une structure qui permet à des collectivités locales de s'organiser par delà les frontières. Dans notre région il y a déjà un GLCT qui régit les questions de transport en commun transfrontalier.

La mise en place de ce GLCT pour l'agglo genevoise a fait l'objet d'âpres négociations sur de nombreux points. Dans la version finale soumise aux instances délibératives la répartition des sièges s'est faite de la manière suivante :

  • Canton de Genève : 7 sièges
  • Canton de Vaud : 1 siège
  • District de Nyon : 3 sièges
  • Ville de Genève : 1 siège
  • Région Rhône-Alpes : 3 sièges
  • Conseil Général de l'Ain : 2 sièges
  • Conseil Général de Haute-Savoie : 2 sièges
  • ARC Syndicat Mixte : 5 sièges

A ce jour la France et la Suisse ne sont pas parties prenantes de ce GLCT car comme son nom l'indique il s'agit de groupement local desquels les Etats ne peuvent pas être membres. Il existera bientôt la possibilité de créer un Groupement Eurorégional de Coopération qui permettra aux Etats de s'associer.

L'une des clauses prévoit que le canton de Genève assure la présidence de ce GLCT. C'est avec cette clause que les statuts ont été adoptés par le Conseil Général de la Haute-Savoie en juin dernier, par l'ARC Syndicat Mixte et sauf erreur de ma part, également par la Région Rhône Alpes et par le département de l'Ain. Dans toute agglomération normale, il semble légitime qu'un coeur d'agglomération qui se comporte de manière responsable vis-à-vis de sa périphérie puisse assurer la Présidence de l'agglomération.

Les Députés vaudois sont en train de refuser de voter les statuts en l'état en raison de la présidence genevoise. Suite à une réunion des assises transfrontalières, ils ont pu constater avec quel mépris et quel dédain les députés genevois au travers de leur Président en particulier, Renaud Gauthier, ont traité le reste des partenaires. Alors que tous les participants voulaient traiter le problème central du logement, le Président du Grand Conseil Genevois a imposé qu'on ne traite que de la question de la culture, menaçant d'annuler tout s'il n'obtenait pas gain de cause - acceptant tout juste qu'on parle de logement dans des réunions à huis clos. Les députés vaudois se sont alors rendu compte qu'une Présidence genevoise de l'agglomération n'était pas forcément pertinente dans une agglomération comme la nôtre où le coeur de l'agglomération exporte les nuisances de son modèle de développement à ses voisins. Ils veulent une Présidence tournante comme c'est habituellement le cas dans les institutions suisses, ou sinon des pouvoirs de contrôle accrus des Vice Présidents sur le Président Genevois.

Les statuts ont déjà été votés par tous les partenaires français... mais la modification souhaitée par le Canton de Vaud seraient bien entendu très facilement acceptée par les parties françaises. Membre de l'ARC et du Conseil Général, j'encourage nos partenaires Vaudois dans leur initiative : seul l'équilibre des pouvoirs garantie l'équilibre des politiques et de l'aménagement.

La question n'est pas anodine. Lors du dernier comité de pilotage du projet d'agglo du mois de juin, il a été opposé une fin de non recevoir aux présentations des bureaux d'études qui imposaient comme condition de départ que Genève ne construise pas plus de 50 000 logements, passait par pertes et profits les retards dans les constructions de logements.. et expliquait aux partenaires français et vaudois les politiques qu'ils d'urbanisme qu'ils devaient conduire. Lors d'une récente réunion technique les cabinets d'études ont représenté aux fonctionnaires la même présentation estimant qu'ils avaient été mal compris par les élus. Manifestement, ces bureaux d'études comblent le vide politique laissé par le Conseil d'Etat en général et Mark Muller en particulier. En France et dans le canton de Vaud ce sont les élus qui dirigent et les bureaux d'études qui exécutent ! L'agglomération n'est pas qu'une question technique pour urbanistes : il y a aussi des enjeux sociaux et politiques que seuls les élus peuvent apporter.. et qu'ils n'apportent pas à Genève.

Cette affaire des statuts du GLCT montre que les problèmes de l'agglomération genevoise n'oppose pas les Français contre les Suisses comme beaucoup aiment à le caricaturer, mais bien le coeur d'agglomération qui refuse d'assumer les conséquences urbaines de son modèle de développement contre sa périphérie qui en subit les nuisances.