19/12/2011

Avis de la Haute-Savoie sur le plan directeur cantonal de Genève

Ce matin se réunit la commission permanente du Conseil Général de Haute-Savoie. Parmi les nombreux points à l'ordre du jour figure l'avis de la Haute-Savoie sur le plan directeur cantonal de Genève. Un plan directeur cantonal qui prévoit environ 50 000 logements supplémentaires dans le canton de Genève d'ici à 2030.

Le plan directeur cantonal est manifestement insuffisant puisqu'il prévoit seulement 2500 logements par an. Pourtant à la base du projet d'agglomération il y a une volonté partagée de répartir les logements rendus nécessaire par la politique économique genevoise de manière équitable : 50% pour le canton de Genève, 40% pour le Genevois français et 10% pour le district de Nyon. Mais voilà, la machine démographique s'emballe depuis la première signature du projet d'agglomération. Il faudrait aujourd'hui entre 3000 et 3500 logements par an à Genève.

Quand on voit l'opposition dans certaines communes aux Maires irresponsables on se dit qu'il faudrait en réalité un Plan Directeur Cantonal avec des objectifs 3 fois plus ambitieux pour avoir un espoir que la moitié des logements promis soient réalisés.

Pour la Haute-Savoie le respect des engagements pris par Genève en matière de construction de logements est une condition sine qua non de la poursuite du projet d'agglomération le 30 juin 2012. Si Genève continue de rejeter sur ses voisins toutes les nuisances urbaines de son développement alors cessons tout de suite de développer les transports en commun transfrontaliers : nous avons quintuplé les dépenses publiques en 4 ans, ce qui a eu pour effet de doubler le nombre d'usagers.. mais reste insuffisant pour ramener tous les pendulaires que Genève créé par sa pénurie de logements !

Quelques faits importants à rappeler, qui explique le ton de l'avis de la Haute-Savoie :

1) en ce moment 80% des achats de logements dans le Genevois français sont réalisés par des Genevois qui ne parviennent plus à se loger à Genève; même les frontaliers ne peuvent plus être acquéreur car il faut désormais un apport en Franc Suisse; les salariés en euros (pompiers, infirmières, policiers, enseignants) sont chassés à des dizaines de kilomètres au détriment de l'équilibre du territoire.

2) 55% des votants qui ont refusé la construction de logements à Chêne-Bougeries ont plus de 60 ans;

3) le nombre d'électeurs Genevois résidant en France augmente 6 fois plus vite que le nombre d'électeurs genevois résidant à Genève au point que les premiers représentent plus de la moitié des électeurs supplémentaires du canton depuis 10 ans;

4) les électeurs genevois résidant officiellement dans le Genevois français représentent aujourd'hui déjà 8% des électeurs du canton;

5) quand on constate que les listes transfrontalières du PDC et des Verts ont obtenu la moitié de leurs votes compacts dans le canton de Genève (et l'autre moitié parmi les Genevois transfrontaliers), on peut en déduire qu'environ la moitié des Genevois installés en France ne sont pas déclarés.

6) les pendulaires de Haute Savoie créés en seulement un an par l'incohérence entre la politique économique genevoise et la politique de production de logements ont parcouru ensemble 80 millions de kilomètres et émis 16 000 tonnes supplémentaires de Co2... même Thomas Barth, le Maire de Veyrier, qui refuse de construire des logements respire cet air là.

7) les 3 cantons de Haute-Savoie où le nombre de pendulaires a le plus augmenté sont les plus éloignés : Chamonix, Alby sur Chéran et Rumilly alors que les trois cantons où le nombre de pendulaires a le moins augmenté sont des cantons proches : Douvaine, Boège, St Jeoire. Non, il n'y aura jamais de CEVA jusqu'à Chamonix pour transporter ces pendulaires là. Nous devons les loger plus près si nous voulons éviter leurs voitures.

De nombreuses communes genevoises émettent un avis négatif contre le plan directeur cantonal estimant au contraire qu'il n'y a pas assez de logements. Pour la plupart il s'agit simplement d'une posture de négociation avec le Grand Conseil qui a le tort de n'écouter que les raleuses plutôt que d'auditer celles qui ont des propositions à faire. La plupart se dise favorables à des logements, mais "pas ici, pas maintenant, pas comme ça et pas autant" : bref, elles se foutent de la gueule des Genevois qui exigent des logements et ne font aucune proposition sur comment construire rapidement les logements que les Genevois exigent ! D'autres ignorent que leurs enfants fuient en masse le canton et par effet ricochet obligent des milliers d'habitants chaque année à aller se loger toujours plus loin de leur lieu de travail.

PS : l'avis du Conseil Général est concerté et cohérent avec celui des communes du Genevois français réunit dans l'ARC Syndicat Mixte.

15/12/2011

Ordre du jour du Conseil Municipal du jeudi 15 décembre

Vous trouverez ci-dessous l'ordre du jour du Conseil Municipal de St Julien en Genevois de ce soir. Il se réunira en séance publique en Mairie à 18H30 (attention horaire inhabituel).

Le groupe Mieux Vivre à St Julien se tient à votre disposition pour toute question à l'ordre du jour.

CM 15 DEC 2011 _20111209154311.pdf

07/12/2011

Agglo genevoise : "Range tes chaussettes !"

Dans le courrier des lecteurs du jour de la Tribune de Genève, M. José Allaz m'interpelle et exprime une exaspération courante concernant mes interventions dans le débat public genevois. Un avis partagé par certains commentateurs de ce blog.

Ce point de vue tranche avec les nombreux soutiens que je reçois souvent de Genevois qui me remercient de ces interventions indépendantes qui tranchent avec les intérêts croisés du microcosme politique cantonal. D'autres me remercient pour ces interventions qui permettent au souverain genevois de mieux comprendre les enjeux régionaux en apréhendant mieux le point de vue décentré du Genevois français. Les 8% de citoyens genevois résidant en France me remercie de porter en partie leur préoccupation alors que les élus genevois sont surtout des élus du coeur de l'agglo. Beaucoup estiment que cela permet de décoincer le débat des traditionnels salamaleks d'élus locaux qui se prennent pour des diplomates internationaux.

Contrairement, à M. Allaz, j'estime que le fait que Genève offre des conditions fiscales plus attractives aux multinationales françaises et européennes qu'aux entreprises locales genevoises donne au contraire d'autant plus de droits au Genevois français d'intervenir dans le débat public d'agglomération. Car non seulement les autorités cantonales font perdre des dizaines de milliards de ressources fiscales d'impôts sur les sociétés à ses voisins et partenaires au risque de précipiter leur chute, mais encore Genève se décharge sur ces mêmes voisins des charges urbaines et publiques liés aux salariés de ces entreprises.

M. Allaz, comme beaucoup de Genevois, estiment que Genève fait preuve de beaucoup de magnanimité à employer des frontaliers et qu'en contre partie de cette magnanimité, le Genevois français devrait se plonger dans un silence déférent. Pour ma part je ne vois aucune philanthrophie de la part des autorités cantonales dans leur politique économique, ni aucune philanthropie dans les recrutements des entreprises implantées à Genève. Mais pour le canton un intérêt fiscal bien compris -bien que je le juge illusoire- et un intérêt économique bien compris pour les entreprises. Il s'agit de contrats de travail dans lesquels toutes les parties prenantes trouvent leur intérêt... et qui ne valent certainement pas pour les frontaliers à un renoncement à leur liberté de conscience ou d'expression.

Je crois au contraire que nous avons tout lieu d'intervenir dans le débat genevois puisque nous logeons 80% des jeunes genevois... et que plus de la moitié des nouveaux électeurs du canton de Genève résident dans nos communes. Que nos habitants contribuent à plus du tiers de la création de richesse du canton de Genève et à environ 20% des recettes fiscales.

Mais au delà de ces considérations, si je me permets d'intervenir autant dans le débat public genevois c'est que notre avenir est indissociable autant que le sont les territoirs dans lesquels nous vivons. Nous réussirons ou nous échouerons... mais nous le ferons ensemble. Alors autant débattre ensemble de notre avenir commun.

Dans le passé, nous étions des voisins. Nous nous croisions dans les escaliers à nous dire aimablement "bonjour" avec un large sourire parfois hypocrite. Notre région est désormais si étroitement imbriquée que nous devons nous dire les choses plus franchement. Nous sommes maintenant des colocataires d'une région commune qui doivent aussi se dire en face "Range tes chaussettes !".

Il est effectivement tout à fait nouveau qu'un élu français se permette d'intervenir aussi souvent, aussi franchement et aussi directement dans le débat public genevois. Cette nouveauté explique la réaction de M. Allaz... mais personnellement ce qui me surprend beaucoup plus c'est l'absence d'intervention des élus Genevois dans le débat public du Genevois français. Pourquoi les élus genevois ne nous interpellent pas plus sur l'utilisation de la rétrocession des fonds de 1973 ? Pourquoi les élus genevois ne nous demandent pas plus de comptes sur la densification de l'urbanisation autour des axes de transports ? Ces décisions qui sont prises en France concernent aussi l'avenir des Genevois. Elles sont déterminantes pour Genève. Les interventions d'élus genevois dans le débat public du Genevois français permettrait une meilleure compréhension mutuelle... et des politiques plus pertinentes et plus efficaces pour tous les habitants de notre région binationale.

En clin d'oeil à son courrier, M. Allaz se dit que peut être tout ira mieux en France au printemps prochain. Ce sera le cas, si avec l'élection de François Bayrou à la Présidence de la République, nous parvenons à décanter le débat public en France, le faire sortir des oppositions stériles entre la gauche et la droite vers un débat public constructif orienté vers la recherche de solution. Un peu comme le débat public entre les parties françaises et suisses sur notre avenir commun.

06/12/2011

Pourquoi le Genevois français demande toujours de l'argent à Genève ?

Dans les réunions d'agglomération, Michèle Kunzler se plaint parfois que les élus français passent leur temps à demander de l'argent. Elle a raison. La raison en est simple : le Genevois français n'aura jamais les moyens de financer les infrastructures que Genève aimerait que l'on construise à son service.

Il y a plusieurs raisons à celà :

1) nous sommes un pays centralisé : 71% des moyens publics sont concentrés au niveau de l'Etat. Les centristes le déplorent et défendent la décentralisation. Mais ce n'est actuellement pas la réalité de la France. Cela a de nombreux inconvénients dont la faiblesse des équipements locaux et l'importance des moyens nationaux. C'est aussi ce qui fait que la France est la France.. et que c'est son aviation qui en venant en aide aux rebels lybiens a permis à Genève de ne plus jamais avoir à subir Hannibal Khadaffi et les prises d'otages en Lybie. Mais en attendant, cela limite les moyens du Genevois français pour l'agglo. L'agglo d'Annemasse a du mal à financer une piscine pendant que la plupart des communes genevoise en ont une. Dans le contexte actuel, il est indéniable que l'Etat français a d'autres priorités que de financer des investissements en faveur d'une agglomération qui pratique un dumping fiscal qui le prive de dizaine de milliards d'impôts sur les sociétés.

2) même dans l'hypothèse absurde où l'Etat français voulait contribuer au développement de l'agglomération genevoise, la somme des moyens publics par habitant de toutes les institutions françaises est inférieure aux moyens publics du seul canton de Genève ! Ensemble, les institutions françaises ont un budget de 11693 euros par habitants... contre 16922 CHF par habitant pour le canton de Genève.

Trompés par des titres racoleurs et des articles réducteurs, une grande partie de la population de l'agglo genevoise croit que les communes françaises sont "sponsorisées" par Genève au travers de la "cagnotte" des fonds frontaliers. Les montants sont considérables par rapport au budget des communes.. mais dérisoires lorsqu'ils sont rapportés aux coûts publics listés dans le projet d'agglomération, ou lorsqu'ils sont comparés aux montants collossaux que Genève garde dans ses comptes sur l'imposition de contribuables pourtant non résidents. Faut il rappeler que 100% de l'impôt sur le revenu des Vaudois travaillant à Genève finance le canton de Vaud.. contre seulement environ 20% à 25% pour le Genevois français.

Côté français, aucun élu n'ira jamais à la rencontre des entreprises du Genevois ni des salariés en euros, déjà exsangues par l'explosion du coûts de la vie pour aller leur dire qu'ils doivent payer des infrastructures transfrontalières. Quand bien même ils le feraient que les montants n'y suffiraient pas.

On peut prendre le problème par tous les bouts, une réalité mathématique s'impose : l'imposition à la source des frontaliers (permis G et suisses) dont le montant total s'élève à environ 800 millions de CHF par an est la seule et unique ressource qui peut être mobilisée pour financer les déficits de transports et les investissements d'infrastructure. Si on ne les mobilise pas, il n'y aura pas d'infrastructure d'agglo ni de transport en commun transfrontalier et Genève devra stopper son développement dans les limites étriquées des frontières qu'elle s'est choisie il y a deux siècles.

Accessoirement, une telle solution serait peu couteuse pour le canton de Genève qui aujourd'hui ne peut pas bénéficier de cette cagnotte transfrontalière qui lui est sous-traite par la péréquation intercantonale qui partage entre tous les cantons ces recettes qui ne correspondent à aucun habitant du canton. Chacun sa capitale !

En contrepartie, les Genevois seraient fondés à demander une utilisation plus pertinente des fonds de 1973. Le clientèlisme, les projets d'envergure municipale qui ne servent que l'intérêt électoral de maires qui de toute façon n'ont pas de concurrents ne sont pas à la hauteur des enjeux de notre agglomération. C'est l'idée que je mets en oeuvre pour ce qui me concerne et que je défends dans les institutions auxquelles j'appartiens. Je ne me fais pas que des amis, peu importe, je ne suis pas là pour ça.

Mais de nombreuses questions de financement restent sans réponse : nous atteignons déjà la limite de ce que nous pouvons financer sur les bus transfrontalier. La question du financement des déficits de transport des trams transfrontaliers... et du CEVA n'a pas encore été mis à l'ordre du jour. Il serait pourtant pertinent de la régler avant de débutter les travaux !

Les 8% de citoyens genevois installés dans le Genevois français exigeront bientôt que leurs impôts soient aussi affecté à des insfrastructures à leur service sur sol français.

 

Exemple : La quote-part de dépenses publiques pour un habitant de Saint-Julien est de 11 880 euros au total repartis à 11% au niveau de la commune, 71% au niveau de l’Etat, 9% au niveau du département.. etc…etc..

 Pour un habitant de Thônex, sa quote-part est de 28 667 CHF dont 59% au niveau du canton de Genève.

 /habitant EUR CHF  
St Julien en Genevois       1,250        1,550 11%
---- dont fonds frontaliers         188           233 2%
CCG         281           348 2%
Haute-Savoie       1,064        1,319 9%
Rhône-Alpes         404         501 3%
France       8,411       10,430 71%
Europe         283           351 2%
Total     11,693       14,500 100%
       
  EUR CHF  
Thônex      2,089        2,611 9%
Genève    13,538       16,922 59%
--- dont impots frontaliers       1,117        1,396 5%
Suisse      6,190        7,738 27%
Total     21,817       27,053 100%

 * Montant total du budget divise par le nombre d'habitants, chiffre approximatif destiné à avoir une notion des ordres de grandeur

05/12/2011

52% des nouveaux électeurs Genevois sont des Genevois de l'étranger !!!!

Lettre ouverte à l'attention de M. les Présidents de partis cantonaux représentés au Conseil d'Etat

Messieurs,

Je me permets d'attirer votre attention à un détail du résultat des élections fédérales du mois de septembre qui a sans doute échappé à votre attention. Depuis les dernières élections fédérales de 2007, il y a dans le canton de Genève 7554 électeurs supplémentaires et parmi ces derniers, il s'en trouve 3894 qui résident en dehors des frontières cantonales. Ils seraient sans doute beaucoup plus nombreux si l'on pouvait comptabiliser tous les Genevois "sans papiers" résidant dans le Genevois français.

En raison de la gravissime pénurie de logements qui sévit dans le canton, le nombre de Genevois de l'étranger croit en moyenne de 6% par an. Ils sont déjà plus nombreux que les électeurs de Lancy ou de Vernier. Ils constituent donc un segment de l'électorat genevois déjà très important et dont l'importance sera croissante au cours des années à venir.

Il se trouve que nous autres élus français avons souvent l'occasion de les rencontrer. Nous évitons désormais les marchés de Collonges-sous-Salève ou Ville-la-Grand car nous y rencontrons plus vos électeurs que les nôtres. Nous avons cependant l'occasion de les rencontrer, de dialoguer avec eux et de mieux comprendre leurs préoccupations. Dans l'intérêt de ces habitants aussi bien que dans l'intérêt de l'agglomération genevoise, je me permets de vous adresser en pièce jointe une petite présentation qui vous montrera l'enjeu politique qu'ils représentent pour un parti cantonal genevois.

Le PDC et les Verts genevois l'ont bien compris qui ont présenté des listes transfrontalières aux dernières élections fédérales. Bien leur en a pris puisque ces listes leur ont permis d'augmenter considérablement leurs scores parmi les Genevois de l'étranger au bénéfice de leur score cantonal. Aux élections cantonales de 2009, le vote des Genevois de l'étranger a modifié la composition du Grand conseil de deux sièges en faveur du PS et des Verts et en défaveur du MCG. L'impact sera croissant au fur et à mesure que leur proportion augmente dans le corps électoral.

Je me tiens à votre disposition si vous souhaitez mieux connaitre les Genevois résidant dans le Genevois français.

Cordialement,

 

Antoine Vielliard

 Les genevois de l'étranger.ppt

Ps : dans ce contexte, la signature par des députés PLR et PDC de la motion en lien ici visant à fermer 77 routes carrossables frontalières est non seulement totalement innefficace contre la criminalité, vexatoire mais aussi stratégiquement suicidaire.

 

01/12/2011

Logements : le PLR devient responsable

Coup sur coup, le PLR Genevois a pris deux intiatives de courage et de responsabilité sur la question du logement. Le PLR de Chêne-Bougeries a défendu le projet de construction de logements à Challendin et le parti cantonal a précisé son soutien à la densification de la zone de villa. Dans les deux cas, il s'agit de positions politiquement courageuses et responsables : de nombreux électeurs du PLR, résidant dans des villas, ne comprendront pas tout de suite le sens de décisions qui les pénalisent. Electoralement, et à court terme, le PLR a tout à perdre dans ces positions courageuses.

Il s'agit d'un changement clair et net par rapport aux tracts irresponsables de Pierre Weiss en 2009 caricaturant le projet d'agglo et s'opposant à tout logements dans la Champagne genevoise. Il s'agit d'un changement à 180° par rapport aux oppositions constante contre les logements des libéraux irresponsables de Troinex et de Veyrier. Il s'agit d'un changement profond par rapport aux oppositions des libéraux de Thônex sur les communaux d'Ambilly. On attend en revanche toujours que Mark Muller accepte de réunir la commission logement du Comité Régional Franco Genevois qu'il préside : le logement est le problème numéro 1, et cette commission est LA commission du CRFG qui se réunit le moins !

Au delà du courage c'est simplement une position de bon sens : le développement économique de Genève, que le PLR genevois défend avec ardeur, a besoin d'être accompagné d'un développement urbain pour se poursuivre. Genève ne peut pas continuer à se rêver l'égale de New York et construire aussi peu de logements que l'agglomération de St Etienne.

Ces deux positions à elles seulent ne suffisent pas, et devront être confirmées - à commencer par la position du Conseil d'Etat d'outre passer ou non le vote irresponsable des Chênois -, mais il donne un signe encourageant. Il donne l'exemple aux autres partis. Peut être qu'un jour les Socialistes genevois aussi seront responsables et expliqueront à leurs électeurs que la seule manière de mettre fin à la loi des régies c'est de créer une surabondance d'offre de logements pour que les locataires soient en situation de négocier. Peut être qu'un jour les Verts auront le courage d'expliquer à leurs électeurs qu'une agglomération respectueuse de l'environnement c'est une agglomération dense.... mais que de renvoyer les salariés genevois vivre à Alby sur Chéran... et parcourir ensemble 800 millions de km chaque année et d'émettre 160 000 tonnes de Co2, cela n'a rien d'écologique !

J'ai la conviction que toutes les oppositions se nourrissent les unes des autres : l'opposition des Verts sur les Cherpines rend socialement acceptable les oppositions des propriétaires de villas, l'opposition de Thônex nourrit celle de Veyrier. De la même manière, j'ai la conviction que les nouvelles positions courageuses et responsables du PLR peuvent inspirer des positions courageuses et responsables des autres partis cantonaux dans un nouveau cercle vertueux qui ne demande qu'à se confirmer.

28/11/2011

2011 : bilan environnemental déplorable de l'agglo genevoise

Les électeurs de Chêne-Bougeries ont fait le choix égoiste et irresponsable de s'opposer à 200 logements. Ils veulent rester entre eux, entre Chênois bien logés. Ils ignorent sans doute le bilan environnemental 2011 de notre agglomération.

Pour la seule part qui concerne la Haute-Savoie (sans prendre en compte la part de l'agglo qui se développe dans le canton de Vaud et l'Ain) :

1) 7015 pendulaires supplémentaires en un an seulement (dont 745 pendulaire supplémentaires de nationalité Suisse selon les chiffres officiels). Mis bout à bout, ces 7015 voitures occupent 28 km de voie publique... une bonne partie traversera Chêne-Bougeries chaque jour. Plusieurs milliers l'an prochain... et les années suivantes. 13% des frontaliers de Haute-Savoie sont de nationalité suisse... probablement le double si on comptait ceux qui ne sont pas déclarés.

2) En moyenne la croissance du nombre de pendulaire est plus forte dans les cantons les plus éloignés de la frontière. +38% à Chamonix, +33% à Rumilly et +46% à Alby sur Chéran. L'an dernier les pendulaires frontaliers (suisses et français) habitaient en moyenne à 21km du centre ville de Genève. Les nouveaux pendulaires habitent eux en moyenne à 24km ! Faute de se densifier l'agglo s'étend de 3km par an !!!!!... à ce rythme l'agglomération genevoise s'étendra à 200km à la ronde en 2030 et aucun transport en commun ne sera possible !

3) Au total durant toute l'année les seuls pendulaires de Haute-Savoie ont effectué 824 millions de kilomètres pour se rendre au travail... soit 80 millions de kilomètres supplémentaires par rapport à l'an dernier. Ils ont émis 165 000 tonnes de CO2 soit 16 000 tonnes de CO2 supplémentaires par rapport à l'an dernier. Les électeurs de Chêne-Bougeries respirent-ils le même air que nous lorsqu'ils refusent que les nouveaux habitants puissent s'installer à proximité des réseaux de transport en commun ?

Mais les Verts de Chêne-Bougeries ont voté contre les logements de Chalendin (sans que les Verts Genevois ne s'engagent puissament pour les démentir). Les Verts Genevois ont voté contre le projet des Cherpines. Les Libéraux s'opposent aux logements à Troinex, à Veyrier et à Thônex. La gauche de la ville de Genève refuse de densifier l'agglo et défend l'idée absurde que chaque commune doit construire proportionnellement à sa surface dans une course à la Losangelesisation de l'agglo genevoise. On pourrait être désemparé face à tant d'irresponsabilité. Mais au contraire tous ceux qui constate l'impact environnemental désastreux, tous ceux qui constate l'effet paralysant sur la mobilité, tous ceux qui savent que Genève manque de policier parce qu'elle manque de logements pour ses futurs policiers doivent redoubler de détermination.

21/11/2011

Chêne-Bougeries : une commune qui meurt

Le week-end prochain aura lieu à Chêne-Bougeries un référendum pour un projet de 200 logements environ à Chalendin. Quand on voit la gravissime pénurie de logement et la modestie du projet, on est effrayé par l'aspect surréaliste d'un tel référendum. La jeunesse genevoise est contrainte de s'exiler en dehors du canton mais une bande de voyous bien logés - retraités pour la plupart - prend l'initiative de s'opposer encore à ces logements.

Beaucoup de gens ignorent que Chêne-Bougeries est une commune à l'agonie. La population de Chêne-Bougeries est stable depuis la fin des années 60. En 40 ans, la population de la commune a augmenté 5 fois plus lentement que la population de l'agglomération au rythme de 0,47% par an seulement. De 1970 à 2000 ce sont environ 3200 Chênois qui sont nés dans la commune... et 4200 Chênois qui ont du la quitter faute de logements*. Les jeunes de Chêne-Bougeries qui ont réussi à s'y loger sont une espèce en voie de disparition. Depuis 10 ans les moins de 65 sont en effectifs stables.. par contre le nombre d'habitants de plus de 65 a augmenté de 67% !!! Chêne-Bougeries devient un EMS en plein air... mais un EMS dont les pensionnaires refuseraient toute visite.

La commune de Chêne-Bougeries est aujourd'hui la commune la plus âgée du canton de Genève avec plus de 30% de plus de 65 ans.. contre 20% pour le reste du canton.

Le paradoxe c'est que les habitants de Chêne-Bougeries n'ont effectivement pas de problèmes de logements. Pour une écrasante majorité, ils vivent très bien dans des logements devenus trop grands à des loyers faibles depuis plusieurs décennies. Ils ne connaissent que de loin les problèmes de leurs enfants. Ils font des assemblées générales de retraités isolés dans leurs communes et qui s'opposent aux logements pour les jeunes auxquels ils ont pourtant donné naissance.

Il revient donc aux 4200 Chênois qui ont du quitter leur commune et qui ont des problèmes à se loger d'expliquer à leurs parents leurs problèmes de logements. D'expliquer que ce n'est pas une solution pour Genève de chasser sa jeunesse au delà des frontières cantonales, loin des réseaux de transport et maintenant jusqu'à Rumilly. D'expliquer qu'il n'y a pas de retraites sans croissance économique et pas de croissance économique sans croissance urbaine. D'expliquer que les deux ou trois arbres qui devront être abattus pour construire des logements peuvent ête replantés et permettront d'en sauver des milliers en limitant la Los Angelesisation absurde de notre agglomération.

Chêne-Bougeries est un peu la caricature de ce qui est en train d'arriver au canton de Genève dans son ensemble.

 

* je n'ai pas les chiffres du solde migratoire de la commune sur 2000-2010

Source : statistiques cantonales que vous retrouverez ici, ou encore là.

17/11/2011

De Chêne-Bougeries à Rumilly, les Verts Genevois saccagent l'environnement

Je viens de recevoir la répartition des Permis G et suisses par commune de Haute Savoie. Ces chiffres soulignent l'urgence de la mise en oeuvre réelle du projet d'agglomération : déjà 25% des frontaliers et suisses de Haute-Savoie résident au delà du périmètre de l'agglo. C'est au delà du Genevois français que les augmentation de frontaliers sont les plus fortes : la hausse du nombre de Suisses et frontaliers en un an atteint 33% dans le canton de Rumilly et 46% dans le canton d'Alby sur Chéran, deux cantons les plus éloignés de la frontière - ces hausses sont sur des bases faibles mais sont révélatrice de l'éloigement toujours plus grand des salariés de leur lieu de travail. Ne nous faisons pas d'illusions : jamais nous n'aurons les moyens d'amener le CEVA jusque là pour que ces frontaliers cessent d'utiliser leur voiture ! Si on prend le seul cas des frontaliers suisses installés en Haute-Savoie, 17% habitent déjà au delà des frontières de l'agglo. Je ne parle ici que des statistiques de Haute Savoie. Je n'ai pas encore les chiffres pour l'Isère, la Savoie et le Rhône : mais l'an dernier déjà 5% des frontaliers et suisses "pendulaient" chaque jour en venant de communes au delà des départements de l'Ain et de la Haute-Savoie.

Pendant ce temps là, les Verts Genevois continuent leur travail de destruction massive de l'environnement de notre agglo. Vous trouverez en lien ici le site des opposants à tous les projets de logements à Chêne-Bougeries et ici celui des personnes favorables au projet. Faut-il rappeller que Chêne Bougeries est déjà la commune la plus âgée du canton par sa moyenne d'âge en raison de son incapacité à construire des logements pour les familles. Les Verts de Chêne-Bougeries veulent manifestement que la destruction d'espaces naturelles accélérée se poursuivent au delà des limites communales : car chaque immeuble qui ne se construit pas à Chêne Bougeries obligera toutes les communes jusqu'à Rumilly et Alby-sur Chéran à construire des hectares de maisons. Si les logements ne se construisent pas à proximité du tram de Chêne Bougeries alors les futurs habitants seront des pendulaires supplémentaires qui traverseront Chêne-Bougeries. La position dogmatique et absurde des Verts de Chêne-Bougeries se traduit dans les fait par une destruction massive des espaces naturels dans notre région.. au nom de quelques arbres Chenois, par une augmenation continue du trafic de voitures et de l'engorgement à Chêne Bougeries comme dans toute l'agglo, par une augmentation exponentielle de la pollution. Je ne parle même pas du "nettoyage" générationnelle et social de Chêne Bougeries, argument qui manifestement n'intéressent pas ces "individus". Ces sectaires bien logés désignent par le terme de balafre des logement

Pour celà les pétitionnaires font preuve d'une mauvaise foi crasse. Ils prétendent que sous prétexte qu'il y a des parkings les résidents se déplaceront en voiture... faisant semblant d'ignorer que l'écrasante majorité des utilisateurs des transports en commun ont une voiture pour d'autres déplacements et ont donc besoin d'une place de parking. Ils 'opposent à l'abattage de quelques arbres au chemin de la montagne. J'ai grandi pendant 17 ans avec certains des arbres montrés sur le site. Malgré tout je ne peux pas m'empêcher de penser que le logement des Genevois avec lesquels j'ai grandi, notre mobilité à tous, notre qualité de l'air et l'équilibre de notre agglomération sont plus important que ces arbres qui sont déjà mourrants. Nous pourrons et nous devrons en planter d'autres. La surrélévation des immeubles du chemin de la montagne permettent au contraire de préserver des centaines d'arbres de Chêne Bougeries à Rumilly ! Les opposants prétendent qu'ils seraient favorable à des constructions de logements à Chalendin.. mais ne mentionne pas le nombre de logements du projet et s'opposent à tous les projets de logements dans la commune.

En revanche, je partage les interrogations des opposants sur le modèle de croissance. Manifestement, la population genevois n'est pas prête à assumer les conséquences urbaines du développement à marche forcée que les autorités cantonales leur impose. Il faut en tirer les conséquences sur le modèle économique. Mais tant que cette adaptation n'est pas faite, il faut assumer et cesser de prendre en otage la jeunesse genevoise, la mobilité, le Genevois français, le canton de Vaud et les salariés en euros.

Ce qui me frappe ce n'est pas les conceptions étriquées des Verts de Chêne Bougeries en particulier - leurs positions sont à l'image de celles du parti cantonal sur les Cherpines. Ce qui me frappe c'est la passivité du PLR cantonal sur cette question : ne sont ils pas le premier parti de Chêne Bougeries ? C'est l'incapacité de Christian Lûscher, Isabel Rochat et Mark Muller à intervenir dans ces débats publics municipaux pour expliquer aux habitants ce qu'ils ont à gagner : moins de trafic de voitures, des logements plus proches et moins chers pour leurs enfants, moins de polution, des espaces agricoles et naturels préservés dans notre région plutôt qu'une Los Angelesisation rampante de l'agglomération genevoise. Quand je vois la passivité des leaders cantonaux du PLR sur toutes ces oppositions locales, je me dit que nous devons être d'autant plus fermes sur les belles déclarations d'intention du projet d'agglo.

PS : le nouveau projet d'agglo doit être signé en juin 2012. Au delà des promesses habituelles du canton de Genève sur les constructions de logements à long terme, les partenaires français seront extrêmement vigilants sur les réalisations : statistiques de construction de logements, évolutions législatives, position publiques et fortes des partis gouvernementaux genevois sur le logement... et résultat des votations populaires. Nul doute que le résultat du vote de Chêne Bougeries le 27 novembre sera scruté à la loupe par les partenaires Français. S'il n'y a pas d'avancées concrète et réelles sur le logement, nous ne pourrons pas défendre auprès de nos collègues la signature du nouveau projet d'agglo. Il est temps que certains se réveillent !

15/11/2011

CEVA : début du premier grand chantier de l'Agglomération Genevoise

Aujourd'hui ont été lancés les premiers vrais travaux du CEVA. Il s'agit du premier grand chantier de l'agglomération genevoise. Il est sans doute temps maintenant de cesser de parler du "Projet" d'agglomération Franco-Valdo-Genevois-Machin-Truc-Bidule... pour commencer à parler de "l'Agglomération Genevoise".

C'est une étape importante. Les écueils étaient nombreux : les écueils populistes, les écueils financiers, les écueils de la compléxité administrative française, les écueils juridiques, techniques. Les écueils électoraux. Mais la volonté politique a tenu bon. La collaboration au delà des clivages partisans et au delà des frontières nationales a permis de faire avancer ce projet malgré les obstacles et les vents contraires. D'ici quelques années l'agglomération produira sa première infrastructure au service des habitants de notre région.

Le financement de la partie française est bouclé. Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes, l'a annoncé ce matin au nom des partenaires français dont le Conseil Général de Haute-Savoie. C'est une subtilité assez incompréhensible du mode de fonctionnement des institutions françaises. Il faudra sans doute que nos voisins genevois s'habituent à ce particularisme bien étrange et peu efficace qui veut que lorsque toutes les institutions françaises sont d'accord de financer un projet, elles s'évertuent à en financer le moins possible en faisant trainer les négociations jusqu'à la dernière minute. La durée des négociations pourrait être interprêtée comme un signe de mauvaise volonté alors qu'il s'agit simplement d'une nécessité de négociation. L'important étant que le bouclage du financement de la partie française n'ait pas retardé d'une seule seconde le démarrage du chantier contrairement aux recours de Mauro Poggia (MCG) qui couteront cher aux citoyens Genevois.

Aujourd'hui tout le monde se félicite à juste titre de cette grande étape. Pourtant c'est aujourd'hui que tout commence pour l'agglomération genevoise. Pour que le CEVA soit utile nous DEVONS réussir le défi de la construction de logements. Nous devons cesser de créer plus de pendulaires que le CEVA ne peut en transporter. Pour que le CEVA corrige les déséquilibres actuels, il faut d'abord cesser de les aggraver par un aménagement absurde de notre agglo. Les défis qui sont devant nous seront autrement plus difficiles que le CEVA.

Malgré tout c'est tout de même le moment de s'arrêter deux minutes pour voir le chemin parcouru par l'Agglomération Genevoise, et regarder devant nous tout le chemin qu'il nous reste à parcourir.

 

PS : incongruité protocolaire, l'Etat s'était fait représenté par Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône Alpes, député d'opposition. L'Etat pourtant financeur important du projet était aux abonnés absents, ni le Ministre annoncé, ni le Préfet de Région qui était pourtant sur place hier soir, ni les Préfets de l'Ain et de la Haute-Savoie, ni les Sous Préfets. La consigne venait de Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée nationale, qui s'affiche comme clientéliste en chef des frontaliers mais en réalité premier opposant à tous les projets important de l'agglo... et qui plutôt que de se comporter en élu de la nation, se comporte de plus en plus souvent en chef de village. Cette absence désohonorait l'Etat, celui qui a passé la consigne autant que ceux qui s'y sont soumis. Peu importe, le CEVA commence, l'agglo se construit. Bernard Accoyer reste à quai du CEVA comme de l'histoire.