03/02/2012

Compte rendu du Conseil Municipal de St Julien en Genevois

A l'invitation du Maire j'ai présenté au Conseil Municipal un bilan de l'attribution des crédits cantonalisés sur les 10 dernières années et les principes d'attribution pour les années à venir. Vous trouverez la présentation ici et la note que j'avais écrit sur le sujet ici. J'ai déjà fait cette présentation auprès des Conseils Municipaux d'Archamps, Présilly, Neydens, Beaumont, Vers, Chênex, Vulbens et Savigny. Je la ferai auprès des Conseils Municipaux de Viry et Jonzier prochainement. Le Maire a souligné la transparence que j'apportai au débat et appuyé les orientations que je propose. Il a eu cette remarque que je ne comprends toujours pas en se félicitant qu'un jeune conseiller général puisse dire des choses que lui-même pensait depuis longtemps mais qu'on ne pouvait pas dire dans le département lorsqu'on est de gauche !?!? Il me semble au contraire que la gauche devrait pouvoir porter ce genre de message de manière beaucoup plus facile qu'un Conseiller Général membre de la majorité départementale. Non la question n'est pas de savoir si on est dans la majorité ou dans la minorité, mais plutôt de savoir si on a le courage de porter dans le débat public des idées justes même quand elles dérangent !

Nous avions également une présentation sur la délégation de la compétence eau à la communauté de communes. Aucune remarque et pratiquement pas de débat au conseil municipal de St Julien sur le sujet qui y est favorable à l'unanimité. Il est frappant de voir la différence entre le conseil municipal de St Julien qui a franchement d'autres préoccupations que l'eau.. et les réactions dans certaines communes du canton qui estiment que la compétence EAU relève de l'essence même de la souveraineté communale. Personnellement je trouve ce débat surréaliste : on devrait déléguer bien plus de compétences que l'eau - l'urbanisme, la voirie, le sport, la culture.. activitées qui sont utilisées par les habitants au niveau intercommunal. Et on s'interroge encore si la production d'eau potable doit être géré à l'échelle de la nappe phréatique ou à l'échelle des paroisses du XVIIIième siècle qui ont fixé les limites communales ?!?

Une présentation de Joël Périno sur le Gaz de Schiste. J'écrirai une note sur le sujet dans les prochains jours. Une présentation un peu moins caricaturale que les messages qu'on recoit ces jours-ci sur le sujet. En un mot ma position est la suivante :

  1. tout le monde est contre le gaz de schiste et les risques de la fracturation hydraulique,
  2. il n'y a absolument rien de neuf sur le sujet depuis 2009 (la mise à jour des documents en septembre dernier est rendue obligatoire par la loi pour conserver les droits passés).
  3. il serait plus efficace de se mobiliser POUR la géothermie où il y a un véritable potentiel d'énergie renouvelable, plutôt que de mobiliser CONTRE rien.

Nous passons enfin à l'ordre du jour vers 22H30 avec le débat d'orientation budgétaire. Comme chaque année, Michel de Smedt, adjoint aux finances, nous décrit l'apocalypse communal au coin de la rue. C'est une excellente gestion de prudence. La gestion de la commune a notablement évolué depuis que Michel de Smedt s'en occupe. Mais le trait est tellement gros et cela devient si rituel que ça en perd de la crédibilité. Peu importe. Nous sommes rassurés, il n'y aura pas d'augmentation des taux d'imposition. Ils savent que nous le ferions savoir fortement. L'endettement de la commune a été réduit ses dernières années mais va à nouveau prendre l'assensceur avec la réalisation de la maison de l'enfance. On s'interroge sur la capacité financière de la commune lorsqu'il faudra construire une nouvelle école. D'après les projections il faudra une nouvelle école en 2014.. et sachant qu'il faut 4 ans pour construire une école nous avons déjà du retard. Le maire répond qu'on pourra faire des extensions de classe en attendant. La seconde incohérence c'est la poursuite des travaux pour un bassin bio sur la plaine de l'air. Un projet dont la commune n'a pas les moyens, mais comme l'exécutif n'ose pas le dire clairement à sa majorité, on continue les études... 60 000 euros seront dépensés en 2012 pour faire croire à la majorité que l'exécutif est sincère sur ce projet. C'est cher payé pour les St Juliennois.

Enfin, la municipalité créé des postes à tout va. Les créations de postes étaient mesurées ces dernières années. On ne retrouve plus cette rigueur cette année. Un chargé de mission développement durable alors qu'il y a déjà un adjoint et une conseillère municipale déléguée, qu'il n'y a pas de projet d'agenda 21... la meilleure manière de s'assurer que les services n'avancent pas sur le sujet, c'est de désigner un chargé de mission. Ca coutera plus cher aux habitants pour moins d'efficacité. Un cadre pour assurer le suivi technique des manifestations et événéments alors que cela aurait pu être pris en charge par une meilleure organisation du travail, des gains de productivités et de la formation : bref par une gestion des ressources humaines. Deux adjoints administratifs dont un pour le service vie publique. Un service qui a surtout besoin d'une meilleure organisation du travail, d'un meilleur travail d'encadrement, et d'outils informatiques plus performant pour améliorer leur efficacité. Par contre aucune réduction de poste anticipé lié au transfert de la compétence eau, aucune réduction de poste lié à une meilleure utilisation des outils informatiques, aucune réduction de poste lié à une amélioration des processus de travail. A peine 20 minutes après nous avoir décrit la faillite annoncé de la commune, on nous annonce des créations de postes à foison. Il y a une profonde incohérence entre ces deux sujets traités.

Je passe sur les autres délibérations qui ont plus traits aux affaires courantes, à l'exception du projet de municipalisation de l'école de musique que nous soutenons vivement.

02/02/2012

Le logement : la seule véritable affaire Mark Muller

Des observateurs non avertis pourraient penser que le déchainement politico médiatique autour de Mark Muller, conseiller d'Etat du canton de Genève en charge de la construction, est lié à une affaire de boite de nuit. Ils pourraient se laisser duper et croire naïvement que les attaques contre Mark Muller sont empruntent de sincérités. Et pourtant, lorsqu'on voit cela d'un peu plus près personne ne peut être dupe sur ce qui anime certains milieux ASLOCISTES ou encore le Maire de Veyrier lorsqu'ils s'en prennent à Mark Muller. Les faits ne sont qu'un prétexte. Leur préoccupation majeure c'est la question du logement et de l'urbanisation.

Les uns comme les autres ont ouvert une guerre à mort contre le plan directeur cantonal qui permettra au Canton de Genève de réduire, très partiellement la gravissime pénurie de logement qui expulse les uns après les autres la moitié des Genevois en dehors du canton. "L'affaire Muller" n'est qu'une arme dans cette guerre. Une arme contre celui qui porte ce plan directeur cantonal.

Thomas Barth, le maire libéral de Veyrier, opposé aux constructions de logements prévus sur sa commune pour les habitants, pousse même le vice à défendre Isabel Rochat comme prétexte à sa solidarité partisane pour ensuite concentrer ses attaques contre Mark Muller. Cela s'appelle la "concentration des forces" préconisé par Sun Tzu dans "l'art de la guerre". Mais personne n'est dupe.

Toute cette curie sur une cuite qui tourne mal me fait penser à "Belle du Seigneur" d'Albert Cohen. Lorsque les amants vont discrètement aux toilettes pour se cacher l'un à l'autre leur humanité. Et bien oui les élus vont aussi aux toilettes, ils sont parfois bourrés, ils sont loin d'être parfaits. Les smart phones et les réseaux sociaux brisent petit à petit ces images d'épinal de notables embourgeoisés exemplaires qui n'a jamais correspondu à la réalité d'élus qui ne sont ni meilleurs ni pires que les citoyens qui les élisent.

Il n'y a en réalité qu'une seule et unique affaire Muller : la pénurie de logements qui fait qu'aujourd'hui 52% des nouveaux électeurs genevois ne peuvent plus habiter dans le canton, que ce sont plus 80 millions de kilomètres supplémentaires parcourus dans la seule année 2011 par les pendulaires qui doivent se loger de plus en plus loin de ce ghetto d'expats et de forfaits fiscaux qu'est entrain de devenir Genève.

La seule affaire Muller c'est que les Genevois considèrent dans leur écrasante majorité que le problème numéro 1 de l'agglo c'est la question du logement... et que la commission logement du Comité Régional Franco Genevois, co-présidée par Mark Muller, est la seule commission qui ne se réunisse plus. La dernière réunion remonte à 2010 et encore Mark Muller était arrivé en retard et reparti une demi heure plus tard avant la fin de la réunion. Depuis il annule, décommande et repousse cette commission qui doit pourtant travailler à comprendre les obstacles et à les régler. Au point que le Président du Conseil Général de Haute-Savoie vient d'adresser une lettre aux deux co-présidents exigeant une réunion de travail dans les plus brefs délais.

La seule véritable affaire Muller c'est qu'aux élections cantonales de 2009, il avait promis aux Genevois une accélération des productions de logements qui s'est transformée en chute après les élections et en stagnation depuis. Les chiffres de 2011 vont être minables à nouveau.

La seule véritable affaire Mark Muller c'est qu'il n'y a toujours pas de consensus politique sur des objectifs de production de logements et sur leur répartition géographique entre zones agricoles, zones de villa et zones urbaines.

La seule véritable affaire Mark Muller c'est que son parti commence seulement maintenant à avoir des positions cohérentes.. mais n'a pas encore exclus de ses rangs tous les élus NIMBY qui s'opposent constament aux logements et entraine Genève dans le déclin.

La seule véritable affaire Mark Muller c'est qu'il n'y a aucune innovation législatives pour simplifier et accélérer les procédures d'urbanisme.

En un mot, la seule véritable affaire Mark Muller c'est qu'il n'y a toujours pas de logements pour les Genevois.

Et pourtant, Mark Muller, dont je ne partage pas les idées libérales, fait preuve de courage politique. Le plan directeur cantonal est toujours très nettement insuffisant, mais c'est une avancée qu'il faudra poursuivre. Et pourtant, les autorisations sont en hausse. Et pourtant, les moyens commencent à être mis en oeuvre.

Au final, j'ai la conviction que ces prétendues "affaires Mark Muller" qui ne sont en réalité que des prétextes utilisé par le camp "anti-logement", peuvent être une chance pour Genève et toute la région genevoise. Elles excluent définitivement une nouvelle candidature aux prochaines élections cantonales, et les démagogies qui peuvent y être liées. Elles vont donner au magistrat l'indépendance de pouvoir faire ce qui est nécessaire pour les Genevois : imposer l'intérêt général qui exige des logements contre les conflits d'intérêts et les intérêts particuliers. Mark Muller peut alors se révéler dans les deux ou trois années de mandat qui reste comme un excellent magistrat qui aura marqué l'histoire de la région genevoise.

12/01/2012

Avis réservé des collectivités françaises sur le Plan Directeur Cantonal : insuffisant !

L'ARC, la Haute-Savoie et l'Ain ont été consulté sur le Plan Directeur Cantonal du canton de Genève ainsi que toutes les communes frontalières. Une consultation habituelle. Le canton de Genève et/ou les communes limitrophes sont consultés sur les modifications de "Schéma de Cohérence Territoriale" et de "Plan Locaux d'Urbanisme" sous peine de nullité.

L'avis des collectivités françaises diffèrent sur la conclusion : l'Ain a émis un avis défavorable alors que la plupart des autres collectivités ont émi des avis favorables. Mais sur le fond les observations sont totalement cohérentes et identiques. Toutes les collectivités françaises estiment que le Plan Directeur Cantonal est insuffisant et n'offre par les garanties que les engagements du canton de Genève sur la production de logement seronts tenus. Dans son avis, le Conseil Général de l'Ain rappelle que le précédent Plan Directeur Cantonal affichait un objectif de 1600 logements par an mais qu'en moyenne la production a été de 1400 logements par an.. alors que dans le même temps les besoins nés de la croissance économique exogène s'élevaient à 2500 logements selon le canton. L'année 2011 s'annonce comme un nouveau record par la faiblesse de la production de logements !

Les avis de l'Ain, de la Haute-Savoie et de l'ARC rappellent de manière cohérente et unanime que la croissance économique accélérée de ses dernières années ainsi que le retard accumulé portent désormais à 3500 logements par an le besoin en logements ! Tous émettent des doutes quand à la capacité opérationnelle du canton à traduire de manière concrête et dans les temps impartis les objectifs affichés dans les documents de planification. Faut-il rappeler ici les délais et les révisions à la baisse des densités sur tous les projets en cours dans le canton de Genève de Chalendin aux Communaux d'Ambilly ? Faut-il rappeler que la pénurie de logements dans notre agglomération est tellement grave que ce sont dans les cantons les plus éloignés de Rumilly et d'Alby sur Chéran que la croissance de pendulaires frontaliers est la plus forte !?!

Ces avis sont consultatifs seulement. C'est le Grand Conseil et au final probablement les Genevois qui en décideront. Mais la position des collectivités française a le mérite d'être cohérente et ferme. Le rééquilibrage de la production de logements est l'un des fondements principaux du projet d'agglomération. Les collectivités françaises ne se contenteront plus de mots et de promesses et veulent maintenant des actes et des logements. La balle est dans le camp du Grand Conseil !

 

11/01/2012

L'agglo genevoise : un périmètre malheureusement déjà périmé !

La loi adoptée par le Grand Conseil Genevois le 1er décembre dernier instituant le Groupement Local de Coopération Transfrontalière (GLCT) concernant le projet d'agglomération est devenu définitif aujourd'hui avec la fin du délai référendaire de 40 jours. Un GLCT est simplement un statut juridique comme le sont en France les SARL, les SA, les SEM (société d'économie mixte). C'est un statut juridique un peu particulier puisqu'il permet d'associer des institutions publiques locales provenant de plusieurs pays. Les Etats en sont exclus, puisque lorsque les Etats sont membres on parle de GECT (Groupement Européen de Coopération Transfrontalière). Mais les textes juridiques ne permettent pas encore la création d'un GECT dans notre agglomération.

Les débats au Grand Conseil ont été très courts. Traité dans l'urgence en moins d'une demi heure. Plutôt paradoxale lorsqu'on constate que tous les problèmes des Genevois sont d'une manière ou d'une autre liés à l'agglomération ! Peu de députés connaissent réellement et sincèrement les enjeux de l'agglomération. 5 ou 6 peut être tout au plus de l'aveu de l'un d'entre eux. Ils devraient pourtant être entre 8 et 15 députés à résider en France si le Grand Conseil était représentatif des électeurs Genevois - dont 8% habitent officiellement à "l'étranger" et 7% officieusement ! Entre 8 et 15 députés qui devraient constamment alerter les autorités cantonales sur la gravité de la crise du logement qui obligent toujours plus de Genevois à quitter le canton et des conséquences sur le pouvoir d'achat, la mobilité et l'insécurité.

Si les Députés du Grand Conseil connaissaient le sujet, ils auraient par exemple pu souligner que l'agglomération genevoise n'existe pas encore que son périmètre est déjà périmé. En 2011, en Haute-Savoie, la moitié des pendulaires frontaliers supplémentaires (Suisses et Permis G) résident en dehors du périmètre de l'agglo. Plus précisément il y a eu au cours de l'année 3498 pendulaires genevois supplémentaire dans le périmêtre Haut-Savoyard de l'agglo genevoise... et 3517 qui résident dans le reste du département en dehors de l'agglomération. La pénurie de logements est telle que nous sommes en train de reproduire au niveau de l'agglomération les échecs du canton de Genève. La production de logements dans l'agglomération genevoise malgré l'urbanisation effrénée du Genevois français, ne contient plus notre agglomération dans des limites raisonnables. La situation est gravissime car, même si cela nous coûtera une fortune à tous, nous pourrons construire des CEVA et des trams pour les besoins de mobilité dans l'agglo. Nous n'aurons jamais les moyens de transporter les pendulaires de Rumilly et Alby sur Chéran. Le passé enseigne, que le trafic ne baisse jamais, tout au plus la croissance peut être contenue. Notre incapacité à construire l'agglo sera sanctionnée pendant les décennies à venir par le trafic quotidien des pendulaires de Rumilly et Alby sur Chéran ! Les communes genevoises pourront imaginer tous les obstacles au stationnement et à la circulation : ces pendulaires iront travailler quoiqu'il arrive et leurs entreprises les y aideront, et ils n'auront pas d'autres solutions que d'y aller en voiture.

10/01/2012

Une députée supplémentaire pour l'agglomération genevoise

Dans notre République une et indivisible, beaucoup de décisions sont prises à Paris. Dans ce contexte, pouvoir compter sur des parlementaires qui soient au fait des questions de notre agglomération genevoise binationale est d'une importance "capitale".

A ce jour aucun sénateur n'est issu de l'agglomération genevoise. Et seuls deux députés s'impliquent fortement sur les questions de notre agglomération.

Côté Haute-Savoie, rien de neuf, deux circonscriptions et demi sont concernées par le fait genevois. Avec Annemasse et St Julien, la 4ième circonscription de Haute-Savoie est tout entière tournée vers l'agglomération genevoise. A ce jour, le député de la 5ième de Haute-Savoie, Maire d'Evian, se désintéresse des questions d'agglomération. Celui de la nouvelle 6ième circonscription : Bonneville, La Roche, Cruseilles s'y intéresse de plus en plus.

Dans l'Ain le redécoupage des circonscriptions pourrait changer la donne en juin prochain. Le territoire frontalier devient très marginal dans la 3ième circonscription de l'Ain. Il est possible que le futur député soit implanté loin de notre agglomération et n'en comprenne pas les enjeux.

Notre agglomération genevoise devra compter sur la nouvelle députée des français de Suisse. Plus de la moitié des français de Suisse vivent dans le bassin lémanique et notamment dans l'agglomération genevoise. Il est donc logique que la députée en soit issue. Je dis la "députée" parce qu'à ce jour ce sont des femmes qui sont candidates. Enfin, une circonscription qui aura une femme comme députée !

Cette députée devra connaitre les enjeux des français de suisse en terme de protection sociale, de retraite, de scolarisation. Des préoccupations qui rejoignent d'ailleurs souvent celles des frontaliers. La situation juridique et fiscale d'un expatrié de retour en France correspond pour beaucoup de choses à celles d'un frontalier.

Cette députée devra bien connaitre le fonctionnement des institutions parisiennes.. autant que des institutions suisses. La circonscription des Français de Suisse se distingue de toutes les autres par la proportion très élevée de double nationaux : il n'y a pas que des expatriés de passage mais aussi des doubles nationaux installés depuis des décennies et dont l'avenir est en Suisse. Des citoyens qui attendent qu'un dialogue plus constructif s'instaure entre leurs deux pays. La députée des Français de Suisse doit être un lien entre la Suisse et la France. Elle doit être la porte parole des français de suisses. Elle doit aussi pouvoir appuyer les initiatives des parlementaires métropolitains de notre agglomération.

Parmi les multiples candidatures annoncées et supposées une candidature se dégage par sa force, ses valeurs et sa pertinence. Il s'agit de la candidature de Marie-Françoise de Tassigny (centriste).

Marie-Françoise de Tassigny a été Présidente (Radicale) du Grand Conseil genevois. Elle connait parfaitement de l'intérieur non seulement les institutions mais les réseaux, les hommes et les femmes qui les animent. Elle représente un centre droit humaniste et social qui doit composer aussi la majorité centrale de la France. Elle a largement contribué à l'adoption de la loi sur l'assurance maternité. A la tête du service de la petite enfance de la ville de Genève, elle a travaillé plusieurs décennies en collaboration étroite avec un exécutif de gauche et Manuel Tornare en particulier au développement exponentiel des places d'accueil de la petite enfance. Son expérience du débat politique consensuel et constructif doit être une chance et un atout pour la construction d'une union nationale dont la France a besoin. Lors de son mandat de députée genevoise, Marie-Françoise de Tassigny avait assumé avec brio la présidence des affaires régionales. A un moment où rares étaient ceux qui avaient compris l'importance de la région dans notre quotidien, elle avait initié la sortie annuelle du Grand Conseil avec des élus Vaudois et Français.

En 2006, grâce à son parcours et à son engagement au service de tous, elle réalise l'impressionante percée d'être élue comme candidate indépendante sur son seul nom aux élections pour l'Assemblée des Français de l'Etranger. Elle travaille depuis au service des Français de Suisse. Sa candidature est aujourd'hui naturelle et évidente. Le mandat de députée des Français de Suisse lui permettra de poursuivre le travail déjà réalisé.

04/01/2012

Excellente année à vous, à vos proches, à la France, à la Haute-Savoie et à l'agglomération genevoise

Je vous souhaite une excellente année 2012. Plus particulièrement une excellente santé, du succès dans les projets qui vous tiennent à coeur et du temps partagé avec vos proches.

Cette année sera forcément décisive dans votre vie, car vote quotidien sera durablement influencé par l'élection présidentielle d'avril-mai et par la constitution de l'agglomération genevoise avec la signature du second projet d'agglomération et la traduction du premier dans le plan directeur cantonal.

Commençons par l'élection présidentielle française car c'est elle qui aura le plus d'influence sur nos vies. Elle déterminera la capacité de notre pays à régler ses problèmes par lui-même, à cesser de faire peser sur les générations futures le poids de nos dépenses publiques inconsidérées. Elle déterminera surtout notre capacité à travailler ensemble dans le respect mutuel à l'avenir de notre pays. Nous devons sortir de cet affrontement aussi stupide que factice entre une droite et une gauche incapables de travailler ensemble au service des habitants du pays (et pourtant si capables à protéger leur duopole commun lorsqu'il s'agit de leurs intérêts partisans). La victoire de François Bayrou à l'élection présidentielle est maintenant une nécessité pour notre pays et donc pour chacun d'entre nous. Nous ne pouvons plus nous permettre ces surenchères clientélistes par lesquelles la droite promets à ses cients des baisses d'impôts dont nous n'avons pas les moyens, et la gauche promets aux siens des augmentations de dépenses dont nous n'avons pas plus les moyens. Nous devrons à la fois baisser les dépenses en concentrant nos moyens publics sur les thèmes porteurs d'avenir et notre jeunesse. Nous devrons aussi augmenter les impôts sans doute en utilisant l'impôt comme incitation à la réduction des émissions polluantes et des comportemens nocifs pour la santé.

L'année 2012 sera aussi décisive pour l'agglomération genevoise. Nous avons désormais moins de 6 mois pour nous entendre sur le second projet d'agglomération. Les oppositions des communes au plan directeur cantonal font peser de lourdes menaces sur le projet d'agglo. Ne soyons pas dupes, pour la plupart il s'agit d'une simple posture de négociation. Ce n'est que le dernier sursaut des maires voyous qui refusent de construire des logements pour les jeunes de leurs communes. Le débat qui s'ouvre sur le plan directeur cantonal est la mère des batailles pour les CENTAINES de milliers de Genevois concernés par la question de la pénurie de logements et ses conséquences sur la mobilité, le pouvoir d'achat et la sécurité à Genève. Notre agglomération ne peut plus continuer à organiser une telle ségrégation sociale et générationnelle. Nous devons faire échec à ces maires voyous. Il vaut mieux se révolter maintenant de manière non violente que de laisser aux générations futures l'impasse d'une révolte violente devenue nécessaire.

Pour l'agglomération genevoise, je rève encore que les élus genevois se préoccupent des conséquences sur le genevois français de leurs décisions (ou plutôt de leur absence de décision)... et je rève de manière symétrique que les élus du Genevois français se préoccupent un peu plus de la situation désespérée des genevois privés de logements et qu'ils cessent de rester silencieux au nom d'un language diplomatique qui n'a franchement plus lieu d'être dans notre agglomération binationale.

Que l'année 2012 soit une année d'écoute et de travail.

23/12/2011

La moitié des 36000 Genevois résidant dans le Genevois français ne sont pas déclarés

Lors des dernières élections fédérales le PDC et les Verts ont présenté des listes "frontalières". Des listes qui s'adressaient plus particulièrement aux Genevois résidant en France. Elles y sont très bien arrivées puisqu'elles ont fait des scores particulièrement élevés auprès des 8% de Genevois de l'étranger. Des scores qui ont permis aux Verts et au PDC d'augmenter de moitié leur résultat auprès des Genevois de France. Les candidats de ces listes ont pu recueillir des votes nominatifs dans le canton de Genève en fonction des affinités personnelles. En revanche, et à quelques exceptions prêts, le vote compact pour ces listes transfrontalières plutôt que pour la liste PDC ou Vert officielle n'a d'intérêt que pour les Genevois résidant en France. Or la moitié de leurs votes compacts ont été obtenus dans les communes du canton de Genève. Ces chiffres permettent d'affirmer que la moitié des Genevois installés en France ne déclarent pas officiellement leur lieu de résidence.

Cela permet par ricochet d'avoir une estimation assez précise du nombre de Genevois installés en France :

  • Sur les 19314 électeurs genevois de l'étranger il y a environ 11000 électeurs installés officiellement dans le Genevois français
  • soit environ 18 000 habitants de Genève installés officiellement dans le Genevois français (le ratio électeur / habitant étant de 60% à Genève) et autant installés officieusement.
  • soit environ 36 000 habitants de Genève installés officiellement et officieusement dans le Genevois français... faute de logements !

En regardant le détail des votes des listes transfrontalières par commune, on peut même avoir une estimation du nombre d'électeurs de la commune résidant en réalité dans le Genevois français : ils représentent 6% des électeurs de Vernier, 4,5% des électeurs de Veyrier, 5,1% des électeurs de la ville de Genève !!!

Pendant que 5% des électeurs de leur commune sont obligés de vivre en France comme sans papiers faute de logements, les communes genevoises s'opposent aux logements prévus par le Plan Directeur Cantonal et les Verts Genevois veulent créer plusieurs dizaines de milliers de pendulaires supplémentaires en s'opposant eux aussi aux logements au coeur de l'agglomération et à proximité des réseaux de transports.

22/12/2011

L'agglomération genevoise est FANTASTIQUE !

Notre agglomération genevoise est fantastique ! Si, si, je vous assure ! A première vue un visiteur pourrait croire qu’il y a plus excentrique que Genève : il aurait tort.

Nous sommes de grands farceurs. On propose au monde entier de venir s’installer dans notre région alors qu’il n’y a pas de logements. C’est drôle ! Ils viennent dans notre bel aéroport international. Ils croient qu’ils vont profiter d’impôts réduits…mais on les a bien eu : on en fait venir 15 000 par an et on construit que 1200 logements à Genève ! La bonne blague. Ils doivent rentrer chez eux. Et nous on a bien rigolé. Un peu comme quand on retire une chaise à quelqu’un qui s’assoit.

On est drôle : on joue à faire semblant d’ADORER les transports en commun. Alors on investit des millions dans des nouvelles lignes de tram. On interdit aux voitures de se garer ou d’accéder au centre ville. On essaie même de temps en temps de fermer des routes frontalières. Il y a plein de gens qui y croient… mais en fait on fait exprès de créer 10 000 pendulaires supplémentaires par an en obligeant les habitants à aller se loger loin des réseaux de transport. On adore respirer les 300’000 tonnes de Co2 émises par les 130’000 pendulaires qu’on refuse de loger au cœur d’agglo. On espère même bientôt décrocher l’AOC du cardon au gazoil.

On a un tel sens de l’accueil dans notre région que les rares construction de logements qu’on autorise ce sont des appartements et des villas de luxe avec de grands parcs et jardins autour pour que les contribuables des autres pays viennent chez nous.. pendant que nous on est obligé de quitter le pays. Chez nous les contribuables sont beaucoup plus importants que les citoyens.

Dans la région genevoise on a inventé la gérontocratie…. Et on fait croire que c’est de la démocratie directe. Il y a plein de gens qui y croient. En fait on a bloqué les constructions de logements depuis tellement longtemps que les jeunes ne peuvent plus vivre dans le canton de Genève. Comme de toute façon ils ne croient plus en la démocratie, ils ne votent plus. Et le tour est joué. Les retraités sont majoritaires et s’assurent qu’ils n’y a pas de logements construits pour leurs enfants. Le mois dernier à Chêne-Bougeries plus de la moitié des votants avaient plus de 60 ans. Ici on comprends franchement pas pourquoi dans tous les autres pays du monde les parents s’attachent à ce que leurs enfants aient un toit pour se loger… ici c’est le contraire.

Quand il s’agit de construire des logements… on est carrément très sérieux. On demande à tout le monde ce qu’il en pense. Les uns veulent plus haut alors on refait des plans plus haut. Les autres moins denses alors on refait tout. Les troisièmes veulent qu’il y ait des parkings alors on met des parkings. Les autres veulent qu’il n’y ait surtout pas de parking alors on les enlève. On écoute TOUT le monde… Sauf ceux qui n’ont pas de logements.. de toute façon ceux là ce sont des jeunes et ils habitent déjà plus là.. et ils n’ont pas assez d’argent pour qu’on les prenne au sérieux. On adore concevoir des projets de logements et les refaire sans cesse un peu comme Pénélope. On est moins bon pour décider et construire. En fait, TOUT le monde est d’accord, on a impérativement besoin de plus de logements très rapidement : mais pas ici, pas comme ça, pas maintenant et pas autant.

Nos partis politiques sont super drôles : les Libéraux veulent de la croissance économique.. mais pas la croissance urbaine qui va avec, les Socialistes prétendent défendre les locataires.. mais s’opposent aux constructions de logements, les Verts prétendent défendre la nature mais en s’opposant aux construction de logements étendent l’agglomération genevoise à des centaines de kilomètre de nature alentours ! On est complètement excentriques, on s’embarrasse pas d’avoir des idées cohérentes. Il suffit juste de faire des oppositions pour exister politiquement et médiatiquement.

Notre agglomération serait très drôle si elle n’était qu’un sketch d’un humoriste sur la scène d’un théâtre. Malheureusement elle est bien réelle. Elle est désespérante d’égoïsme dans son incapacité à loger ses jeunes ménages, ses infirmières, ses enseignants, ses policiers, ses maçons.

20/12/2011

Une motion absurde du Grand Conseil visant à fermer toutes les routes frontalières sans douane

(Vous trouverez ci-dessous ma réaction au projet de motion co-signé par des députés UDC, PLR et PDC pour la fermeture des routes frontalières sans douane pour lutter contre "la criminalité" (sic). Une motion qui ne devrait pas faire très plaisir aux 8% d'électeurs Genevois installés officiellement dans le Genevois français et aux 7% qui y sont installés de manière officieuse. Le texte est paru dans la Tribune de Genève du mardi 6 décembre).

Oyez, Oyez braves gens. A vos hallebardes, tous aux octrois et sus aux impies. Nous avons bouté la jeunesse genevoise hors du canton, bâtissons maintenant des remparts, baissons les herses et contrôlons les carrosses. Les députés signataires nous font la bonne blague d’un désuet poisson d’avril en plein automne !

Depuis le moyen-âge, toutes les autres agglomérations du monde ont compris qu’il est beaucoup plus efficace que les agents de sécurité soient concentrés sur les lieux touchés par l’insécurité que dispersés tout autour de la ville. Il suffirait de quelques policiers supplémentaires pour interpeller les 400 dealers qui narguent les Genevois à chaque coin de rue. Il est en revanche totalement absurde de prétendre contrôler 400 000 véhicules par jour, dont 99,99% d’innocents actifs, même en doublant les quelque dizaines de gardes frontières actuels. Pour réduire le nombre de cambriolages à Genève, il faut que le canton cesse de devenir une enclave de millionnaires étrangers. Il suffit pour cela que les politiques publiques genevoises cessent de privilégier les riches contribuables étrangers au détriment des citoyens ordinaires.

Mais voilà, Genève n’arrive pas à recruter les 300 policiers supplémentaires dont elle a besoin ! Les candidats qui se présentent ne sont pas assez qualifiés et ceux qui sont qualifiés refusent de venir dans cette ville dont les deux tiers des policiers sont obligés de résider dans le Genevois français. Il faut plutôt que les députés signataires cessent de s’opposer aux constructions de logements à Genève pour que les policiers aient à nouveau les moyens de s’y loger.

Les signataires prétendent que ces routes frontalières sont peu fréquentées ! Ces députés du cœur d’agglo connaissent-ils les files interminables qui se forment matin et soir à la moindre douane du canton – dont un quart des usagers sont des citoyens genevois chassés de la ville faute de logements ? Savent-ils qu’à force de faire venir autant d’expats que Singapour et de construire aussi peu de logements que St Etienne, Genève crée 10 000 pendulaires supplémentaires par an ? Savent-ils que les agglomérations efficaces, même Bâle la frontalière, répartissent ce trafic entrant sur le plus grand nombre de points de passages plutôt que de réaliser d’illusoires entonnoirs ?

Les signataires se moquent des Genevois lorsqu’ils prétendent qu’une telle proposition diminuerait la criminalité ! Manifestement, le Grand Conseil aura une connaissance plus pertinente de ce qu’est Genève lorsque les 8% d’électeurs genevois résidant en France seront représentés par 8 députés. Le Grand Conseil comprendra un peu mieux ce qu’est la réalité de la frontière genevois avant d’écrire des motions aussi absurdes.

19/12/2011

Les fonds frontaliers mieux orientés au service des habitants

Ce matin lors de la réunion de la commission permanente du Conseil Général de Haute-Savoie une petite révolution s'est produite : une nouvelle répartition des fonds frontaliers.

Depuis maintenant un peu plus de 10 ans la répartition se faisait à 60% pour les communes, 20% pour le département et à 20% en crédits cantonalisés. Depuis 4 ans et sous l'impulsion de Jean Denais, alors Vice Président aux finances du département, une part de ces fonds frontaliers étaient affectés aux grands projets avant répartition : rénovation du pont de la caille, CEVA, assainissement via le syndicat mixte département des eaux et de l'assainissement, réseau très haut débit, etc..etc..

Ce matin nous avons décidé de réduire la part communale de 60% à 55% et de réduire la part cantonalisée de près de la moitié. Au total cela permet de doubler les crédits sur les grands projets qui passent ainsi de 17 millions d'euros à 34 millions d'euros. Un montant considérable qui va enfin permettre d'avancer sur des projets importants sur les transports en commun dans l'agglo d'Annemasse et à St Julien, sur la RD2 à Reignier, sur des couloirs de bus en provenance du Bas Chablais, sur les entrées de villes de St Julien pour donner accès au futur tram, sur les liaisons de bus entre Annecy et Genève..etc..etc.. Cela améliorera la mobilité de tous les Haut-Savoyards.

La décision de ce matin peut sembler anodine. Elle produira ses premiers effets concrets d'ici 18 mois et bouleversera la vie quotidienne des Haut-Savoyards d'ici 5 ans. Notre département se donne les moyens d'équiper notre département des infrastructures nécessaires.

Autre révolution de palais, les Conseillers Généraux sont incités à orienter la part cantonale sur 4 thèmes : logement, mobilité, emploi et écoles. Il feront une recommandation mais c'est la commission aménagement du Conseil Général qui déterminera les affectations. Cela évitera certaines dotations qui servent des intérêts strictement locaux et parfois électoraux au détriment de l'intérêt général des habitants. Ce sont là encore 9 millions qui sont orientés vers les priorités des habitants.

Au total, ce sont plus de 26 millions d'euros par an qui seront mieux utilisés. Quel chemin parcouru ! Paradoxe, cette révolution a été votée à l'unanimité des Conseillers Généraux. Cette décision avait au préalable été aprouvée jeudi dernier par la commission mixte des maires et conseillers généraux par 13 voix POUR (tous les Conseillers Généraux sauf Claude Birraux qui ne pouvait être présent, et 6 Maires sur 8 dont les Maires de St Julien et Viry), 1 ABSTENTION (Mme le Maire de Gaillard), un vote CONTRE (M. le Maire de Machilly) et une absence (Claude Birraux ne pouvait pas être présent).

Ce matin, il n'y avait plus de Conseillers Généraux de St Julien, d'Annecy, d'Annemasse, de Cluses ou de Thônes.. mais seulement des Conseillers Généraux de Haute-Savoie.

 

PS : sur le sujet vous pouvez relire la présentation faites aux Maires du canton à la mi septembre, en lien ici.