04/11/2007

Le rôle du Maire (2/2) : un chef d'équipe

  Saint-Julien-en-Genevois

Ma conception du rôle du maire est très très différente de la conception autoritariste qui prévaut trop souvent en France.

Je pense que le Maire doit être avant tout un chef d'équipe au service d'une vision de la ville.

Il ne revient pas au Maire de définir la politique culturelle de la ville, mais à l'adjoint en charge de la culture. Il ne revient pas plus au Maire de définir la politique sportive. Si je prends ces deux exemples précis c'est que je pense précisément que le succès de l'équipe de Saint-Julien-en-Genevois dans le domaine de la culture et l'échec dans le domaine du sport tient précisément au fait que la politique de la culture a été définie par l'adjointe en question. Ce n'est pas le cas de la politique sportive, qui n'a d'ailleurs pas été définie du tout. Un adjoint est d'autant plus efficace qu'il agit pour ce en quoi il croit. Le rôle du Maire est d'aider et de soutenir les adjoints avec l'aide de l'ensemble de l'équipe municipale.

En revanche, il appartient au Maire de déterminer la politique d'ensemble de la commune : quels vont être les secteurs prioritaires ? sur quels objectifs communs les différents adjoints doivent contribuer ?

Il appartient également au Maire d'être toujours à l'écoute des habitants. De constamment renouveller cette capacité d'écoute. Combien d'élus croient avoir compris leurs administrés... pour s'apercevoir un peu trop tard que ceux-ci ont changé ? A Saint Julien en Genevois il y a près de 1300 électeurs supplémentaires depuis les dernières municipales, exactement autant que le nombre de voix obtenues par le Maire élu en 2001. Lorsqu'un électeur sur deux change en 6 ans, on ne peut pas avoir compris une bonne fois pour toute les préoccupations des habitants. Il faut savoir se remettre en question chaque jour.

Il appartient au Maire de motiver son équipe : chacun des Conseillers municipaux a une fonction importante à remplir. Il est le relais entre une partie de la population et le Conseil Municipal. Le Maire doit s'assurer que chacun est écouté.

Enfin, le Maire doit préparer sa succession dès le premier jour. C'est même là, sa plus grande contribution possible. Une équipe efficace et en ordre de marche est le plus beau leg qu'un Maire puisse faire à sa commune. Trop de Maire se croient irremplaçables et condamnent leur municipalité à des querelles de succession dont les habitants seront les premières victimes.

Il faut avoir une longue expérience du travail en équipe pour être un bon Maire.

Retrouvez cette note et d'autres sur le blog Portevoix : http://antoinevielliard.hautetfort.com/archive/2007/11/04...

01/11/2007

Le rôle du Maire (1/2) : le Maire n’est pas un roitelet

  Saint-Julien-en-Genevois

Au cours de mon long engagement politique et de mes différentes campagnes, j’ai assisté à des conseils municipaux dans près d’une trentaine de communes.

C’est toujours intéressant pour comprendre des problèmes d’une commune, mais aussi très instructif sur la dynamique de l’équipe municipale et de son maire. Pour simplifier les choses, il y a deux extrêmes : le Maire démocrate et participatif et le Maire autoritaire.

Le Maire démocrate favorise le débat au sein de l’équipe municipal. Tout le monde n’est pas toujours d’accord. On discute, on améliore et on décide. Des modestes et trop rares observations que j’ai pu faire, les Maires de Jonzier Epagny et de Savigny sont des Maires démocrates.

A l’extrême opposé, il y a le Maire autoritaire. Lors des Conseils municipaux du Maire autoritaire le Maire monopolise la parole. Il daigne parfois la donner à des adjoints mais seulement pour lire mot à mot des textes validés à l’avance par le Maire. Et comme si cela ne suffisait pas, le Maire introduit et conclut chacune des interventions de ses adjoints. Dans ce registre, Robert Borrel, Maire d’Annemasse, est le Maire le plus autoritaire qu’il m’ait été donné d’observer.

Le mode de scrutin par liste ou par panachage explique une partie de cette différence. Le débat a parfois lieu en privé hors du Conseil municipal. Mais souvent il n’y a pas du tout de débat. Le Maire décide de tout unilaté Il y a un moyen très simple de différencier les Maires autoritaires des Maires démocrates : l’absentéisme en fin de mandat est encore plus important dans les équipes des Maires autoritaires. A quoi bon passer 6 ans à voter des délibérations comme des moutons. L’absentéisme de l’équipe de Saint-Julien-en-Genevois en cette fin de mandat, révèle à quel point les Conseillers Municipaux savent que leur point de vue n’est pas pris en compte.

Tous les modèles d’efficacité de groupe ont toujours démontré que la décision prise en équipe suite à un débat est toujours plus juste et plus efficace que la décision prise par une seule personne.

Récemment Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la politique de la Ville, a sévèrement critiqué le gouvernement pour l’amendement ADN. Le premier ministre lui a confirmé sa confiance. A l’opposé, lorsque Roger Vioud, adjoint à Annemasse, dit ce qu’il pense et se permet d’émettre un début d’autocritique, ses délégations lui sont retirées. Même le Gouvernement de Nicolas Sarkozy peut donner des leçons de démocratie à l’équipe de Robert Borrel.

Notre pays compte trop de Maires qui se prennent pour des roitelets. Des Maires qui restent trop longtemps en place et perdent pieds avec la réalité. Plus le temps passent plus ils font du débat public une affaire personnelle plutôt qu’un échange pour améliorer la vie quotidienne des gens qu’ils doivent servir.

 

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31/10/2007

Le désarroi des parents qui recherchent une assistante maternelle à Saint-Julien-en-Genevois

 Saint-Julien-en-Genevois 

A la rencontre de Saint Juliénois hier, j’ai pu mesurer concrètement le désarroi des parents en manque  de solutions pour garder leurs enfants en bas âge.

Lors de la réunion thématique sur la petite enfance a Saint-Julien-en-Genevois, nous avions déjà eu des témoignages de parents désespérés. Ils devaient appeler successivement 50 assistantes maternelles qui les unes après les autres leur répondaient inlassablement qu’elles ne pouvaient plus accueillir d’enfants supplémentaires. Puis désespérés, contraints de confier leur enfant à la première assistante qui leur répondait enfin favorablement. Les parents aimeraient au minimum pouvoir confier leur bébé à une personne de confiance et pas à la seule assistante maternelle qui puisse encore accueillir un enfant. Quant ils en trouvent une ! Quand ils en ont les moyens !

Les assistantes maternelles expliquaient également recevoir en moyenne 5 appels par jour de parents désespérés.

Hier, soir j’ai rencontré deux autres Mamans tout aussi désespérées. Une femme seule, infirmière, qui attend un enfant pour les prochains mois. Avec ses horaires décalés, comment pouvoir élever et faire garder un enfant tout en continuant à gagner sa vie ?

Une autre infirmière a dû arrêter de travailler pour pouvoir garder ses enfants. Une assistante maternelle lui couterait plus que son propre salaire et il n’y a pas suffisamment de places en crèche. Pourtant elle avait déposé sa demande au tout début de sa grossesse. Ce congé parental forcé place sa famille dans une situation financière difficile, et prive notre région d’une infirmière dont nous aurions pourtant tant besoin !

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23/10/2007

La Suisse est-elle à vendre ?

Avec 52% des dépenses publicitaires, l'UDC arrive largement en tête de tous les mouvements politiques. Il est temps de s'interroger sur les sources de financements politiques et sur le rôle de l'argent dans le débat public en Suisse. Ce montant de dépenses publicitaires est d'autant plus inquiétant qu'il laisse supposer que certaines rédactions ont probablement accru la couverture éditoriale de l'UDC dans l'espoir de récupérer une plus grande part de cette manne publicitaire.

De ce point de vue là, la loi de financement électorale française est intéressante. Les dépenses publicitaires politiques sont encadrées par la loi : elles ne peuvent pas dépasser un certain plafond qui dépend du nombre d'habitants. Environ 50 centimes d'euros par habitants pour des élections législatives, pour chaque candidat.

Soit 4.5 millions d'euros par parti à l'échelle de la Suisse pour toute la campagne... montant dépensé par l'UDC pour le seul mois de septembre.

Ce plafond de dépenses évite les surenchères à l'américaine. Cela évite que la capacité à lever des fonds soit un critère aussi déterminant que la capacité à avoir des idées comme c'est le cas outre atlantique.

La publicité commerciale est interdite en France dans les 4 mois qui précèdent une élection. Seule la communication directe est autorisée.

Ensuite, les entreprises ne peuvent pas financer des campagnes.

Dans une démocratie, ce sont les électeurs qui doivent donner leur opinion.. pas les entreprises. Cela évite les dérives de corruption qu'on a pu observer en France dans les années 80 avec le PS et le RPR.

Enfin, les personnes physiques ne peuvent contribuer qu'à hauteur d'un montant maximal de 4600 euros. Cela évite qu'un milliardaire puisse se payer un mandat. Un mandat de député... ou un mandat de Conseiller Fédéral. Car la politique ne doit pas pouvoir s'acheter.

L'Etat rembourse les dépenses à hauteur de 50% du plafond maximal pour tous les candidats qui dépassent 5% des voix. Les autres 50% peuvent provenir de dons et d'apports du parti.

La loi de financement politique française n'est pas parfaite, car il faut substituer à tout cela un financement publique, et asseoir ce financement sur des règles équitables. Elles ne le sont pas à ce jour en France. Mais au moins la France évite les excès américains de surenchère et les dérives suisses où un milliardaire se paie une élection fédérale.

et si la Suisse vivait sous le régime du scrutin majoritaire...

Seule lueur d'espoir dans les résultats des élections fédérales de dimanche : la Suisse ne vit pas sous le régime du scrutin majoritaire qui sévit en France.

Si la Confédération vivait sous le régime inique du scrutin majoritaire vous vous seriez réveillé dans un pays dont deux tiers des Conseillers Nationaux seraient UDC et un tiers socialistes. Il s'en serait suivi 4 ans de querelles aussi stupides que ridicules. L'UDC aurait décidé de tout dans le pays sur la base d'un soutien populaire de 30% des électeurs seulement. Les Radicaux, les Chrétiens démocrates et les Verts n'aurait pas pu contribuer au débat national. Ils n'auraient pas pu apporter le bon sens nécessaire aux décisions politiques. Ils n'auraient pas pu améliorer les lois.

En France, nous vivons sous un régime ou un parti soutenu par moins d'un tiers des électeurs dispose d'une majorité écrasante de l'Assemblée nationale. Décide de tout. Et n'a pour seul contradicteur qu'un autre mouvement politique tout aussi sectaire qui ne dispose du soutien que d'un quart des électeurs seulement. Le reste de la France est exclu de toute représentation nationale.

Veillez à bien conserver votre mode de scrutin proportionnel.

21/10/2007

Simplifier, simplifier, simplifier... au détriment des réalités

Les résultats sont tombés sur la répartition des sièges. Ils révèlent deux gagnants tant au niveau cantonal qu'au niveau fédéral : l'UDC et les Verts.

Ces résultats confirment à quel point il est nécessaire de simplifier au maximum la campagne électorale sur un ou deux thèmes précis : l'immigration et le climat dans le cas présent. Lorsque la moitié des électeurs ne vote pas, les élections se jouent sur la capacité à mobiliser. Comment mobiliser des électeurs lorsqu'ils sont si nombreux à ne pas savoir qu'il y a des élections ni à en comprendre les enjeux.

Seuls les messages qui restent audibles pour les électeurs peu impliqués sont susceptibles de les mobiliser. Seuls les messages simplissimes sont susceptibles d'être audibles à une telle distance du débat politique. Seuls les messages cohérents au niveau national demeurent inaudibles pour l'électeur éloigné.

Quel peut être l'avenir d'une démocratie lorsque le peuple souverain ne se préoccupe de son avenir qu'entre un apéritif et une émission de télé ? Les choix se font alors sur la capacité d'un mouvement politique à simplifier une réalité pourtant complexe pour rester audible.

Tant pis pour la France il y a quelques mois, tant pis pour la Suisse, tant pis pour les Suisses, tant pis pour Genève, tant pis pour les Genevois : ils subiront les conséquences sur leur vie quotidienne d'une Suisse dirigée par des élus récompensés d'avoir trop simplifier une réalité complexe.

18/10/2007

Juré à la cour d'assises de Haute Savoie (3) : le déni

Dans les témoignages tant des accusés que des proches, j'ai été frappé par l'incapacité à verbaliser les faits : "je n'arrive toujours pas à croire qu'elle ait fait ça!" dit l'un. Un accusé détaille avec force et vigueur les mois et semaines qui précèdent avant d'aborder les faits par un pudique "Ca s'est fait le week end suivant." ou encore "dans la voiture ça a discuté de ça"

Le participe passé, le "on" générique et le "ça" sont abondamment utilisés. Parfois pour minimiser les responsabilités des protagonistes, mais aussi très souvent pour ne pas nommer l'inacceptable.

De retour à Saint-Julien-en-Genevois, je remarque l'emploi de ces mêmes pronoms dans les conversations. J'observe aussi que ces pronoms sont utilisés pour désigner ce que la personne qui parle n'accepte pas ou ne souhaite pas. Pourtant, comment avancer dans la vie et progresser si on se révèle incapable d'accepter le réel. J'ai aussi pu mesurer pendant les assises le poids parfois destructeur des tabous et des secrets.

Depuis ces quelques jours aux assises, lorsque je relève ces pronoms dans la conversation je demande à mon interlocuteur : tu parles de quoi lorsque tu dis "ça".

Retrouvez cette note et d'autres sur le blog Portevoix : http://antoinevielliard.hautetfort.com/archive/2007/10/17...

13/10/2007

Faites pas n'importe quoi cette semaine, vous décidez de notre avenir

Les élections fédérales du 21 octobre vont décider de l'avenir de l'emploi, du logement, des transports et de l'environnement. On a souvent du mal à mesurer à quel point un vote peut changer nos vies quotidiennes. Ce ne sont pourtant que des décisions politiques qui expliquent la différence de qualité de vie entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, l'ex Allemagne de l'ouest et l'ex Allemagne de l'est, entre la France et la Suisse. Je pense aussi parfois aux morts du 11 septembre 2001 qui s'étaient abstenus lors des élections présidentielles américaines de 2000 parce que cela ne "les concernait pas".

 

Ces élections nous concernent. Elles concernent les Suisses bien entendu, mais aussi nous habitants du Genevois français : nos retraites, les transports en commun, notre emploi, notre protection sociale, la crise du logement. Ces élections concernent notre quotidien au moins autant que les présidentielles françaises. Tout particulièrement pour les 15% de binationaux.

 

Je n'ai pas le droit de vote mais cela ne m'empêche pas d'avoir un avis, et de recommander aux électeurs un vote.

Si je pouvais voter, je voterais pour les candidats suivants :

Conseil national :

1) Alexandra Rys (PDC)

2) Alexandra Rys (PDC)

3) Benard Gruson (PDC)

4) Bernard Gruson (PDC)

5) Guy Mettan (PDC)

6) Thomas Buchi (Radical)

7) Thomas Buchi (Radical)

8 ) Sara Giardina (Radical)

9) Sara Giardina (Radical)

10) Antonio Hodgers (Verts)

11) Antonio Hodgers (Verts)

 

Conseil des Etats :

1) Martine Brunschwig Graf (Libéral)

2) Robert Cramer (Verts)

 

 D'un point de vue partisan les radicaux et les démocrates chrétiens sont de vrais partis démocrates, respectueux des intérêts des habitants plutôt qu'au service d'idéologies sectaires. Ils sont à la fois socialement responsables et économiquement réalistes. Je trouve que le PDC a raison de mettre l'accent de sa campagne sur la famille. La famille, quelque soit sa forme, est la cellule de base de toute société. Le PDC et les Radicaux ont su développer leurs propositions en matière d'environnement tout particulièrement avec les contributions de Thomas Buchi. Cependant, je pense qu'il est souhaitable que les verts continuent d'être un aiguillon politique et un moteur pour les projets de transports en commun. Antonio Hodgers et Robert Cramer sont d'excellents candidats. Les Verts suisses ont le mérite d'être très éloignés de nos khmer verts français qui eux s'avèrent malheureusement incapables de joindre l'idéal au réel.

 

Je ne vote ni UDC car c'est un erreur de rejeter la responsabilité des problèmes de la Suisse sur les étrangers : lorsqu'on a des problèmes il faut les comprendre et les résoudre plutôt que de trouver des boucs émissaires. 

 

Je ne vote pas socialiste non plus car les socialistes Genevois sont aussi gentils et déconnectés des réalités du monde que les socialistes français comme ils l'ont prouvé par leurs positions irréalistes et surréalistes sur les retraites, la crise du logement, les squats et l'assurance maladie.

 

Je ne suis pas très enthousiasmé par les libéraux, mais malgré ma proximité de pensée avec les démocrates chrétiens, il me semble que Martine Brunschwig Graf (Libéral) est une meilleure candidate que Jean Pierre Jobin (PDC). Les compétences humaines me semblent encore plus importantes que les compétences professionnelles pour servir les gens.

J'utilise la liberté de voter deux fois pour un candidat pour le favoriser. Je choisis de préférence les candidats en fonction de leurs compétences et des idées nouvelles qu'ils peuvent apporter.

 

J'espère que le taux de participation sera à la hauteur des enjeux.

15/09/2007

Elections municipales à St Julien en Genevois

Fidèle à nos valeurs démocrates, l'association St Julien Avenir a distribué à chacun des habitants de St Julien un questionnaire sur l'avenir de la ville. Ce questionnaire vise à recueillir l'avis des habitants sur ce qui doit être les priorités de la prochaine municipalité. Je reste convaincu que dans notre pays, le peuple souverain n'est pas suffisament consulté sur les décisions publiques et que trop souvent les élus se comportent comme des roitelets dans leurs zones électorales. Je crois au contraire que l'élu est au service de la population.

Suite à ce questionnaire, nous sommes actuellement entrain de fédérer les personnes qui souhaitent participer à l'élaboration d'un projet de ville. Notre objectif est de rassembler une cinquantaine de personnes pour constituer des groupes de réflexion sur les grands sujets municipaux : sport, culture, urbanisme, sécurité, petite enfance, scolaire.. etc etc..  Chaque groupe sera constitué de 5 à 9 personnes et aura trois mois pour remettre les conclusions de ses travaux.

 A l'issue des trois mois, nous constituerons un projet de ville, et proposerons à ceux que le travail aura intéressé de participer à la liste des 33 personnes qui seront candidats aux élections municipales.

Le questionnaire est disponible en ligne pour les St Juliennois. N'hésitez pas à nous rejoindre dans ce travail d'élaboration d'un projet de ville :

 www.saintjulien2008.fr

 

Retrouvez cette note et d'autres sur le blog Portevoix : http://antoinevielliard.hautetfort.com/archive/2007/09/09...

13/09/2007

Genève doit financer ses propres logements !

Sandrine Salerno a proposé hier au Conseil Municipal de la ville de Genève que la ville finance la construction de logements en France.

Si la prise de conscience de la responsabilité de Genève dans la crise du logement est une excellente nouvelle, la volonté de consommer encore un peu plus d'espace naturel du côté français n'est pas raisonnable.

Commençons par l'aspect positif de la proposition : on aimerait voir une telle prise de conscience de la part des élus français sur notre responsabilité sur les problèmes d'emploi. Aucune politique économique digne de ce nom pour créer des emplois côté Français : beaucoup considèrent que notre taux de chômage, un record en France, est excellent. Oubliant au passage qu'une telle politique condamne à la marginalisation sociale des jeunes et des séniors en fin de carrière. Dans la prise de conscience de notre avenir partagé, Sandrine Salerno a une longueur d'avance sur de nombreux élus français.

En revanche, il ne faut pas non plus considérer la France comme une zone que Genève pourrait urbaniser à outrance : lorsqu'on monte sur le Salève, on s'aperçoit que Genève est la seule ville au monde dont la campagne est située entre le centre ville et sa périphérie. Habituellement, on voit un centre-ville, une périphérie urbaine et la campagne. A Genève la campagne est au milieu. Cet état de fait condamne notre région à des problèmes de transports qui vont finir par nous paralyser tous. Et il n'est pas responsable de la part de Genève d'exporter encore plus qu'aujourd'hui son problème du logement.

La seule solution de responsabilité c'est que chacun, en France comme en Suisse, construise suffisament de logements par rapport aux besoins. La croissance démographique et les divorces créent une demande supplémentaire d'environ 2% à 2,5% de logements supplémentaires par an dans notre région. Dans l'ensemble du canton de Genève, la construction de logement sur les 10 dernières années n'a été qu'environ de 1% par an. Le déficit de logement s'accroit donc de 1% à 1,5% par an ce qui se traduit par une augmentation constante des prix. Ces logements supplémentaires doivent être construits dans chaque commune française ou suisse. Tout soutien financier cantonal en Suisse, ou départemental en France, doit être supprimé aux communes qui n'assument pas leur part de responsabilité dans cette crise.

Genève peut aussi améliorer son taux d'occupation. 35% des logements sont sous occupés à Genève. L'Asloca a surtout protégé les locataires en place au détriment des nouveaux locataires. Le résultat c'est que les couples dont les enfants sont partis sont financièrement découragés à libérer des appartements trop grands, pendant que leurs enfants et leurs petits enfants s'entassent dans des appartements trop petits et subissent seuls la hausse globale de l'immobilier. Résoudre le problème de la sous occupation des logements, c'est créer des logements pour un tiers de nouvelles familles sans rien construire.