08/10/2009

Page 'Opinion' dans la Tribune de Genève

La Tribune de Genève a publié ce jour en page 13 un de mes textes intitulé "Genevois, vos enfants ont besoin d'un logement". Je vous invite à le lire.

Genevois vos enfants ont besoin d'un logement.pdf

L'ancienne génération d'élus de France et de Suisse a pour coutume de ne pas intervenir dans le débat politique de l'autre côté de la frontière. Une telle attitude conduit à enfermer le débat d'agglomération dans les réunions privées d'élus. Elle est vouée à l'échec. Tôt ou tard les électeurs français parfois et les électeurs Genevois souvent devront confirmer les décisions sur les transports, le logement et l'emploi. Cela commencera le 29 novembre avec le vote sur le CEVA. Le débat sur l'avenir de l'agglomération doit être un débat entre électeurs par l'intermédiaire de leurs porte paroles. Cela est d'autant plus nécessaire que l'on constate dans cette campagne que certains candidats au Grand Conseil n'ont pas le courage d'expliquer au Genevois qu'il n'est pas possible de continuer d'avoir des enfants sans construire de logements, il n'est pas possible de continuer de divorcer et de vivre seul sans construire plus de logements, il n'est pas possible de faire venir plus d'un millier de cadres internationaux par an à coup d'exonérations fiscales sans construire de logements. Puisque certains de nos interlocuteurs ne tiennent pas leurs engagements nous devons nous adresser directement à leur patron : l'électeur Genevois et tout particulièrement les très nombreux Genevois qui subissent aussi la crise du logement.

L'ancienne génération estime que chacun doit s'occuper de ses affaires de part et d'autre de la frontière - comme on l'a fait depuis 30 ans avec les conséquences qu'on observe aujourd'hui-... ils oublient que les affaires du Genevois français et du Genevois suisse... sont les affaires du Genevois tout court. Ce sont les mêmes. La crise du logement à Genève à des conséquences dramatiques sur la qualité de vie dans le Genevois français. Une majorité des professeurs des collèges de Saint Julien demandent leur mutation chaque année car ils n'ont plus les moyens de vivre dans le Genevois... un tiers l'obtienne ! L'hôpital a du mal à recruter. Les entreprises du Genevois ne peuvent travailler à leur développement, trop occupées à recruter sans cesse des salariés qui n'arrivent pas à se loger correctement. Les caissières, les électriciens, les maçons dont notre communauté a besoin sont contraints soit de travailler en Suisse ou d'aller vivre à 100 km d'ici. Les politiques Genevoises nous concernent. Nous devons y contribuer en participant au débat plutôt que de se contenter d'en gérer les conséquences sur nos vies quotidiennes. Puisque nous vivons aussi dans le Genevois depuis longtemps et pour longtemps, nous avons à ce sujet au moins autant de légitimité qu'un très respectable Glaronais de passage.

Ces anciennes moeurs ont commencé à changer lors des dernières élections municipales : Patrice Mugny, Robert Cramer, François Longchamp et Manuel Tornare ont soutenu des candidats aux municipales à Annemasse, Gaillard et Saint Julien. C'était bien. Certains élus français qui ont été soutenu par des élus Genevois estiment que ces interventions doivent se faire à sens unique. Ils ont tort : elles doivent avoir lieu dans les deux sens. Les élus du Genevois suisse devraient d'ailleurs plus interpeller les élus du Genevois français sur notre incapacité à créer des emplois pour les jeunes et pour les seniors en particulier. Ils devraient nous interpeller sur notre dépendance économique croissante vis à vis du canton.

Il revient aux électeurs français et suisses de s'approprier désormais le débat sur l'avenir de notre agglomération.

07/10/2009

Logements à Genève : le dérapage électoral des Libéraux

Dans un document de campagne distribué à Bernex, Lully et Perly-Certoux, les Libéraux s’attaquent au projet d’agglo. Le mensonge ne fait pas peur aux Libéraux non plus. Ils tentent d’effrayer un électorat mal informé en prétendant que 9000 logements seraient construits « d’un coup » à Bernex Nord et 15 000 « d’un coup » sur la Plaine de l’Aire (sic). Voilà un discours outrancier lorsqu’on sait que depuis 30 ans Genève n’a jamais été capable de construire plus de 2000 logements par an… alors qu’il en faudrait 4000 pour loger les nouveaux Genevois. De tels propos sont scandaleux alors qu’au rythme actuel il faudrait plus de 50 ans pour construire autant de logements. Affirmation provocatrice lorsqu’on sait qu’il se construit plus de logements dans la seule commune d’Annemasse chaque année qu’il ne s’en construit dans tout le canton de Genève.

Le mérite de cette annonce mensongère c’est de clarifier la position du Parti Liberal. Les Genevois savent désormais que les Libéraux se moquent des problèmes de logements de la jeunesse Genevoise. Pour les Libéraux peut importe que les petits enfants des Genevois doivent dormir dans la même chambre que leurs frères et sœurs et que les jeunes parents doivent dormir sur le canapé du salon. Pour les Libéraux Genevois peu importe que chaque année, une classe d’âge du canton doivent quitter la terre de leurs ancêtres faute de logement pour aller vivre dans le Genevois français et dans le canton de Vaud.

Les Genevois savent désormais que les Libéraux ne défendent que les intérêts des propriétaires de villas égoïstes qui se moquent que leurs enfants ne puissent pas se loger.. au détriment de l’intérêt général du Genevois Franco Suisse qui exige suffisamment de logements pour les enfants des Genevois.

Les Genevois savent désormais que les Libéraux préfèrent faire venir dans le canton les professionnels des Hedge Funds de Londres à coup d’exonérations fiscales… même si cela signifie expulser un peu plus de jeunes Genevois du canton.

Accessoirement les élus français partenaires du projet d’agglo savent désormais qu’il faudra compter sur une nouvelle génération d’élus Libéraux pour que ceux-ci remplissent leurs engagements sur la construction de logements à Genève.

Je recommande vivement aux 51 000 Genevois de 18 à 39 qui n’ont pas encore voté de le faire jusqu'à dimanche midi en votant pour des candidats qui apporteront des réponses à la crise du logement et de rayer les signataires irresponsables de ce tract : Mark Muller, Isabel Rochat, Daniel Zaugg, Philippe Doerks, Christiane Favre et Pierre Weiss.

 

 

les derapages des liberaux.pdf

 

Les jeunes Genevois sont en train de se faire avoir

Les dérapages de la campagne pour le Grand Conseil pourraient faire oublier à quelques électeurs Genevois leurs problèmes de logement. Ils paient une fortune des appartements étriqués. Leurs enfants vivent dans la même chambre. Les parents dorment sur le canapé. Plus de 4000 Genevois doivent quitter chaque année le canton de Genève pour Vaud ou le Genevois français pour se loger décemment.

Des partis voudraient mettre l'insécurité au coeur de la campagne... pour faire un peu oublier leur bilan déplorable sur la crise du logement et leur absence de proposition. Je ne connais pas de Genevois qui déménagent de Genève en raison de l'insécurité.. en revanche ils sont une dizaine chaque jour à quitter le canton de Genève faute de logement.

Les 70 000 électeurs du canton de 18 à 39 ans qui sont concernés par cette crise du logement sont en train de se faire avoir par ce détournement d'attention... il semble que certains partis comptent sur le fait que 51 000 d'entre eux s'abstiennent aux élections cantonales de dimanche comme ils l'avaient fait en 2005.

Pourtant cette question du logement est au coeur de tous les problèmes de Genève : en habitant plus loin ces 4000 Genevois s'éloignent des lignes de bus, utilisent leur voiture et encombrent un peu plus les voies publiques. La hausse des prix pénalise le pouvoir d'achat des jeunes Genevois et des salariés en euros du Genevois français. Elle affaiblit les entreprises du Genevois français et augmente accroit par riccochet le nombre de frontaliers.

Pour l'intérêt général du Genevois franco suisse, seuls  les partis qui ont un bilan et des propositions, et les candidats qui ont du courage et de la détermination pour résoudre la crise du logement doivent être élus au Grand Conseil dimanche.

05/10/2009

Nous sommes tous des racailles

Alors que les deux partis d’extrême droite Genevoise tente d’être plus xénophobe l’un que l’autre, ils insultent les Annemassiens en les traitants de racaille. Pour ces individus l’insulte et la haine ne sont que des techniques électorales parmi d’autres.

 

Nous sommes tous des racailles. Des racailles fières de soigner les Genevois malades à l’Hôpital cantonal. Des racailles fières de contribuer à un Genevois franco suisse ou suffisamment de logements sont construits pour tous. Des racailles fières de financer par nos impôts les transports en commun du Genevois franco suisse pour sortir de la paralysie des embouteillages. Des racailles fières de faire du bon pain.. même le dimanche et même dans une boulangerie d’un député MCG.

 

Nous sommes tous des racailles qui travaillent à nettoyer au karcher l’esprit de Genève, de fraternité et de tolérance et le dépolluer des idées xénophobes de l’UDC et du MCG.

 

Nous sommes des racailles suisses, des racailles françaises, des racailles de plus en plus double ou triple nationales. 

 

Nous sommes des racailles qui estimons que travailler à l’intérêt général, préserver ce qu’il reste de la qualité de vie du Genevois est plus important que de se faire de la pub électorale avec de la haine plein les journaux.

 

Nous sommes tous des racailles qui préféreraient venir en ville pour travailler et vivre en transport en commun plutôt qu’en voiture s’il y avait des moyens de transports.

 

Nous sommes des racailles qui protégeront la liberté de conscience et la neutralité de l’état des initiatives de l’extrême droite.

 

Nous sommes tous des racailles qui votent pour des élus constructifs qui assument leurs responsabilités en proposant des solutions plutôt que d’utiliser des boucs émissaires pour détourner l’attention de leur incompétence.

 

Qu’a fait l’extrême droite pour résoudre la crise du logement ? Dénoncé des racailles, c’est un  peu court ! Qu’a fait l’extrême droite pour résoudre les problèmes de transports ? Dénoncé des moutons noirs, c’est léger ! Qu’a fait l’extrême droite pour lutter contre le chômage ? Lutté contre le libre échange, c’est irresponsable !

 

Ils ont une seule chose à leur actif, ils ont voté pour le CEVA au Grand Conseil... le projet qu'ils denoncent aujourd'hui publiquement.

 

Il reste encore quelques jours pour enfoncer l’UDC et le MCG en dessous du quorum de 7% des voix. 6 ou 7 Genevois sur 10 n'ont pas encore voté. Un bon coup de karcher sur le Grand Conseil permettrait d’avancer enfin sur la résolution des problèmes de logements et de transports du Genevois franco suisse.

14/09/2009

Ligne D : +40% de capacité en plus

Un nouvel appel d'offre a été lancé pour l'exploitation de la ligne D entre Saint Julien en Genevois et la place neuve via Perly et Plan les Ouattes. Le terminus sera ensuite remis à la Gare de Cornavin à la fin des travaux du tram à la Jonction.

Le prestataire est en train d'être choisi par le Groupement Local de Coopération Transfrontalière qui réunit les instances politiques du Genevois franco suisse concerné par le sujet. Le résultat de ce travail est impressionnant :

  • +20% d'augmentation de la fréquence aux heures de pointe : on passe d'un bus toutes les 15 minutes à un bus toutes les 12 minutes
  • +16% d'augmentation de la capacité des bus : on passe de bus de 150 places à des bus de 174 places

Au total ce sont 39% de passagers supplémentaires qui pourront être transportés par la ligne D à compter du mois de décembre. Ces capacités supplémentaires seront vites utilisées. A terme ce sont plus d'un million de déplacements en voiture qui pourront être supprimés. 3205 déplacements par jour qui passeront de la voiture individuelle au transport collectif. Un peu moins de pollution (environ 3000 tonnes de CO2 en moins), un peu plus d'économies pour ceux qui les emprunteront (environ 1000 euros d'économie par utilisateur et par an) et un peu plus de liberté de déplacement pour tous (3205 voitures en moins sur les routes communes).

Cette augmentation de capacité et de qualité est un progrès important. Il correspondait à nos demandes pour plus de transport collectif. Mais ce qui dépasse nos attentes, c'est que ces 39% de capacité en plus ne coûteront pas un centime de plus pour les collectivités partenaires du Groupement transfrontalier. La négociation avec les fournisseurs, l'organisation et les économies d'échelles ont permis aux personnes qui ont travaillées sur ce projet de parvenir à un coût identique à celui du précédent contrat. Je félicite les fonctionnaires du Groupement local de coopération tranfrontalière, du département, du canton de Genève, de la communauté de communes et les élus dont Jean Michel Thénard, Maire de Saint Julien, qui sont parvenus à un tel résultat au service des habitants.

La mise en service aura lieu au mois de décembre.

Ce nouveau contrat prévoit également une desserte de Vitamparc les mercredi, samedi et dimanche. Cette desserte étant financée essentiellement par Vitamparc.

09/09/2009

La politique économique Genevoise : fiscale plus que sociale

La politique économique Genevoise consiste à faire venir des multinationales grâce a des conditions fiscales dérogatoires que le canton n’offre pas à ses propres entreprises. Cette politique a pour conséquence d’augmenter les ressources fiscales suisses par la TVA, l’impôts sur le revenu et un peu d’impôts sur les sociétés quand même.

 

Cette politique a aussi pour conséquence de faire venir à Genève les personnes qui occupent actuellement ces emplois. Ces personnes emménagent dans des logements toujours plus rares à Genève. Ils font monter les prix de l’immobilier ce qui pénalise le pouvoir d’achat de tous les habitants du Genevois franco suisse. Ils utilisent l’infrastructure publique : routes, transports en commun, hôpitaux, crèches et écoles. Leur présence nécessite de renforcer ces équipements et entraine des dépenses publiques additionnelles.

 

Il est très difficile de savoir si ces recettes fiscales additionnelles compensent les dépenses publiques nécessaires pour l’accueil de cette population nouvelle. J’ai quelques doutes sur la pertinence financière de cette politique. Je n'ai en revanche aucun doute sur le fait que cette politique économique est nuisible pour le Genevois franco suisse.

 

Pour nous autres humanistes démocrates, l’objectif d’une politique économique n’est pas de faire venir des rentrées fiscales supplémentaires mais bien de créer des emplois pour ceux qui n’en ont pas.

 

Une telle politique économique aurait pour objectif de créer des emplois pour les seniors et les jeunes sans emplois du Genevois franco suisse. Pas forcement des emplois de cadre sup, mais des emplois tout court. Une telle politique mettrait en place des formations qui permettent aux personnes sans emploi d’acquérir les compétences nécessaires pour occuper les emplois qui ne trouvent pas preneur. Une telle politique viserait à faire du Genevois franco suisse un terreau fertile pour les petites et moyennes entreprises locales plutôt que d’offrir des conditions dérogatoires à des multinationales qui partiront.

 

Une telle politique qui consisterait à créer des emplois plutôt que de les importer aurait plusieurs avantages :

1)      elle réduirait les couts sociaux pour le canton en réduisant le nombre de chômeurs et les coûts publics induits en termes de délinquance,

2)      elle réduirait le flux migratoire qui accentue la pression sur l’immobilier du Genevois franco suisse et sur les infrastructures publiques.

 

Une telle politique aurait le mérite d’être durable. Elle ne menacerait pas les relations bilatérales avec les principaux partenaires commerciaux de la Suisse. Elle se fonderait sur des entreprises du Genevois franco suisse durablement implantées localement plutôt que sur des multinationales volages.

08/09/2009

+0,6% de logements à Genève = 4500 frontaliers de plus par an

Le Genevois Haut Savoyard est largement dépendant économiquement du canton de Genève.  La commune de Saint Julien par exemple compte 4412 emplois et 5223 actifs résidents. Cela revient à un taux de concentration d’emploi de 83% qui est assez similaire aux taux qu’on observe dans toute commune proche d’une agglomération.

 

Genève aura toujours besoin de frontaliers pour faire vivre ses entreprises et ses administrations aussi sûrement que Berne a besoin de Ostermundigen ou Lyon de Caluire et Cuire.

 

Pour autant le Genevois Haut Savoyard aimerait pouvoir créer plus d’emploi pour être un moins dépendant économiquement. C’est l’un des enjeux du projet d’agglomération auquel M. Stauffer ne contribue pas.

 

Il y a deux propositions que le MCG pourrait faire pour réduire le nombre de frontalier si le MCG faisait des propositions plutôt que de lancer des invectives. Le MCG pourrait proposer que le canton se fixe pour objectif de construire suffisamment de logement pour accueillir sa propre population. Le MCG pourrait proposer des incitations et des pénalités pour encourager les communes à participer à l’effort de construction de logements pour les habitants du canton. A ce jour le canton de Genève met sur le marché seulement 0,6% de logements nouveaux par an.. alors que la population du Genevois Franco suisse croit de 1,5% par an, et qu’il faudrait en plus 1% de logements nouveaux pour accueillir les célibataires, veufs et divorcés supplémentaires du canton. Au total c’est un déficit de construction de logement de 1,9% de logements par an qui « crée » entre 4 et 5 000 frontaliers supplémentaires chaque année. Des habitants de Genève, Suisses, obligés de quitter le canton, des voitures immatriculées VD, 74 ou 01.

 

Si le canton rattrapait les 20 années de retard accumulées dans la construction de logements cela permettrait aussi au Genevois Français de créer des emplois. A ce jour, les entreprises du Genevois Français passent leur temps à recruter des salariés  qualifiés dans le reste de la France. Ceux-ci déménagent attirés par des emplois correctement rémunérés. Ils s’aperçoivent rapidement que leur salaire ne leur permette pas de vivre décemment en raison des prix des loyers du Genevois. Ils cherchent alors un emploi mieux payé coté Suisse et quitte leur entreprise française. Les chefs d’entreprise du Genevois Français passent donc leur temps à recruter, loger puis recruter et loger… temps qu’ils ne peuvent pas consacrer à leurs clients.

 

Le jour où le canton de Genève construira suffisamment de logements pour les Genevois, ceux-ci pourront continuer de vivre à Genève. Les prix de l’immobilier se relâcheront. Cela permettra alors aux employés des entreprises françaises de vivre décemment avec leur rémunération française. Ce qui permettra à leurs chefs d’entreprises de développer leurs affaires plutôt que de recruter et loger sans cesse.

 

Pour cela il faudrait que le parti socialiste cesse de défendre les nantis du logement, ces papys boomers qui ont des loyers modérés depuis 30 ans. Il faudrait que les verts contribuent à déclasser suffisamment de terrain pour construire les 2,5% de logements nouveaux dont Genève a besoin pour sa propre croissance démographique. Il faudrait que les Libéraux accompagne leurs intentions d’actes et accélérant les projets en cours à la Praille ou à Thônex (communaux d'Ambilly). Il faudrait que l’extrême gauche, l’UDC et le MCG commencent à proposer des idées constructives pour les Genevois plutôt que de lancer des initiatives et des invectives plus ridicules les uns que les autres.

 

Pour conserver sa qualité de vie, le Genevois franco suisse a besoin que 5 fois plus de logements soit construit chaque année dans le canton de Genève pour accueillir sa propre population ! Oui 5 fois plus ! Nous avons aussi besoin de créer plus d’emplois coté français. Cela permettra de freiner l’augmentation des distances domicile travail. Il faudra par ailleurs mettre en place l’infrastructure de transports en commun nécessaire pour que tous puissent se déplacer librement.

28/08/2009

La crise du logement à Genève et en Europe

Genève construit seulement 0,6% de logements nouveaux par an alors que la population du Genevois franco suisse augmente de 1,5%. Pour répondre seulement à la croissance de la démographie le déficit de production de logements est donc de 0,9% par an. Soit environ 4000 Genevois qui sont obligés de quitter le canton pour se loger décemment à des prix abordables. Les blocages et les oppositions aux constructions condamnent 4000 Genevois par an à l'exil.

 

Pourtant ce calcul simple est sous estimé. Pendant très longtemps on a pensé qu’il suffisait de construire des logements dans les mêmes proportions que la croissance estimée de la population. On pensait, assez logiquement, que s'il y avait 1,5% d'habitants en plus il suffisait de construire 1,5% de nouveaux logements. On s'est rendu compte de l'erreur.. et des conséquences dramatiques de cette erreur sur l'accès au logement.

 

Ce calcul totalement néglige la fragmentation des ménages. Il y a de moins en moins de personnes par logement. La proportion de célibataires, de divorcés et de veufs augmente dans la population. Il faut un logement pour hébergé un célibataire ou un veuf ou une veuve. Des familles divorcées doivent avoir deux logements pour accueillir leurs enfants. Un habitant de Saint Julien m’expliquait que ses petits enfants avaient trois chambres : l’une chez leur mère, l’une chez leur père et une chez leurs grands parents. Ce cas est de moins en moins une exception et nécessite plus de logements pour une population qui serait stable.

 

Les statistiques montrent que le nombre moyen de personne par logement baisse depuis 40 ans de façon continue et régulière. En 1968 dans le canton se Saint Julien il y avait environ 3,3 personnes par logement. En 2006, le tiers des ménages étaient composés d’une seule personne. Cela a fait baisser le nombre moyen à 2,3 personnes par logement. En 40 ans, il y a en moyenne une personne de moins dans chaque logement. Il faut donc beaucoup plus de logement pour loger un même nombre d’habitants.

 

Même si la population du Genevois franco suisse était stable, il faudrait quand même construire 1% de logements nouveaux par an pour répondre à la fragmentation des ménages… ou réduire cette fragmentation par des programmes d’incitation à la colocation des célibataires et des veufs comme cela existe dans certaines communes.

 

Au total, avec ses 0,6% de logements nouveaux construit chaque année, le canton ne répond pas du tout aux besoins de la croissance démographique créé par l’attrait de multinationales et sa croissance naturelle. Le canton ne répond même pas aux besoins d’une population dont les ménages se fragmentent. Il faudrait construire 2,5% de logements nouveaux par an à Genève pour répondre aux besoins de sa population : 1% de fractionnement des ménages + 1,5% de croissance démographique = 2,5%. Il n'y a que 0,6% de nouveaux logements soit un déficit de 1,9%. 1,9% de la population du canton c’est 8600 Genevois contraint de quitter le canton faute de logements décents à des prix abordables. Vers le canton de Vaud et le Genevois français.

 

Ce ne sont pas les nouveaux arrivés qui eux ont les moyens, mais les Genevois les plus jeunes, les plus modestes et les plus faibles. Ils doivent s’installer dans le Genevois français, utiliser leur voiture pour aller travailler et encombrer un peu plus les routes.

 

L’exode massif des jeunes Genevois est l’un des principaux problèmes du canton. Comment construire suffisamment de logements a Genève pour loger les habitants ? Comment développer un système de transport en commun efficace qui permette à chacun de se déplacer alors qu’il ne pourra pas y avoir vraiment de routes nouvelles ? Comment repenser la politique économique de Geneve pour créer localement des emplois pour ceux qui n’en ont pas plutôt que d’importer des emplois de cadres de multinationales avec les cadres qui occupent ces emplois ?

27/08/2009

L'exode massif de la jeunesse Genevoise faute de logements

La campagne électorale pour le Grand Conseil déterminera les axes prioritaires de l'action publique pour 4 ans.

L'exode massif de la jeunesse Genevoise se poursuit. L'élite Genevoise continue de ne pas s’en préoccuper. J'estimais de manière assez conservatrice à 3000 Genevois qui quittent le canton chaque année pour s'installer dans le Genevois français. Le chiffre réel est sans doute plus proche des 4000. Le calcul est simple : 0,6% de nouveaux logements par an dans le canton pour 1,5% de population supplémentaire dans le Genevois franco suisse = 0,9% de personnes qui ne peuvent pas se loger dans le canton soit plus de 4000 personnes par an. Ce chiffre correspond à l'effectif total d'une classe d'âge du canton de Genève ! Il est encore sous estimé (je reviendrai dessus dans une prochaine note).

Parmi ces 4000 exilés, il y a peu d'employés des multinationales que Genève attirent chaque année avec des conditions fiscales dérogatoires. Les employés de ces multinationales qui emménagent à Genève avec leur employeur ont pour la plupart les moyens de vivre sur le canton. Non il s'agit bien de Genevois contraint à l'exil faute de logements abordables. Le plus souvent des jeunes Genevois.

Les notaires du Genevois français constatent que 8% des acheteurs de logements sont de nationalité suisse. Si on ajoute les doubles nationaux et les étrangers qui résident dans le canton de Genève on constate qu'un logement sur 7 dans tout le Genevois Français est acheté par un habitant du canton. Ce chiffre monte à 1 sur 4 dans le canton de Saint Julien.

Cet exode massif a des conséquences dramatiques pour la qualité de vie de tous les Genevois. Il augmente les distances domicile travail. Il mite nos paysages de zones résidentielles. Ils éloignent les habitants du réseau de transport en commun et les contraint à l'usage de la voiture. Ils condamnent aussi à l'exil les jeunes ménages du Genevois français qui n'ont plus les moyens de se loger dans leur commune - les banques ne leur accordent plus de prêt pour des logements dont les prix dépassent leur moyens. Ils privent les entreprises du Genevois françaises de leur main d’œuvre et les condamne à l’exile aussi. Il paralyse un peu plus tout le Genevois franco suisse dans des bouchons.

Mais surtout cet exode massif de la jeunesse Genevoise détruit l'atout principal du Genevois Franco Suisse : notre qualité de vie commune.

Cette campagne électorale au Grand Conseil Genevois doit répondre à plusieurs questions : le développement économique fondé sur l'importation d'emploi de cadres plutôt que la création d'emploi pour les chômeurs dans les entreprises locales est-il tenable pour Genève ? Comment passer de l'intention de construire des logements de la précédente législature à la construction suffisante de logements pour que les jeunes Genevois aient un toit ? Comment réaliser rapidement le réseau de transport en commun qui permet aux Genevois franco suisses de pouvoir se déplacer à nouveau librement ? Comment travailler avec le genevois français pour que celui-ci puisse aussi créer des emplois côté français ?

Beaucoup de partis Genevois sont compromis dans ce scandale : les socialistes ont défendu les intérêts des nantis du logement, les papy boomers qui sont logés à des prix abordables au détriment des jeunes qui ne sont pas logés. Les Verts ont retardé ou se sont opposés à des déclassements qui ont obligé des Genevois à aller vivre loin, à utiliser leur voiture pour gagner leur vie et à émettre plus de CO2. Les Libéraux se sont opposé aux constructions d'appartement dans les zones de villa ou vivent leurs électeurs. La candidature d'Isabelle Rochat au Conseil d'Etat, Maire de Thônex qui n'a pas vraiment accéléré la construction de logements sur les communaux d'Ambilly manque de pertinence pour les jeunes Genevois. MCG, UDC et extreme gauche ont continue de raller sur tout plutôt que de proposer. Les radicaux et le PDC ont fait des propositions constructives mais qui manquent d’ambition face à l’ampleur du problème. Le premier parti qui sera crédible sur ces questions obtiendra de manière disproportionnée et durable la confiance de l'électorat jeune qui se mobilisera enfin pour un parti qui répondra enfin à ses préoccupations.

Plutôt que de répondre à ces questions, certains partis ont mis en avant le thème de l'insécurité. Je ne connais pas un seul Genevois qui ait quitté Genève en raison de l'insécurité.. en revanche il y a environ 12 Genevois qui émigrent chaque jour faute de logement décent à des prix abordables.

Si ces partis ont choisi ce thème ridicule de l'insécurité plutôt que celui capital du logement, des transports et du type de développement économique c'est simplement que ce sont des vieux partis avec de vieux candidats et de vieux électeurs. Ils essaient d'intéresser de vieux journalistes de vieux journaux avec de vieux lectorats. L'âge venant, on se sent moins en sécurité. C'est naturel. A partir de 60 ans, on ajoute un verrou à sa porte à chaque décennie.

A charge pour les jeunes électeurs genevois de recadrer cet élite politique vieillissante et de leur rappeler dans les urnes que le problème principal de Genève n'est pas l'insécurité mais le logement et le transport. Leur abstentionnisme des précédentes élections a contribué à faire passer leurs préoccupations au second plan.

Connaissant la personnalité des têtes de liste de l'UDC je me demande bien pourquoi ils tiennent tant à pouvoir se promener dans les parcs la nuit. Mais surtout faire passer leur besoin de promenade nocturne devant le besoin des Suisses de disposer d’un toit à Geneve détruit le peu de crédibilité qui leur restait sur leur slogan : "Genève canton Suisse".

18/08/2009

2 fois plus de frontaliers passent par Annemasse que par Saint Julien

Les requérants contre le projet de métro régional transfrontalier CEVA prétendent qu'une minorité de frontaliers seraient intéressé par l'offre du CEVA. Aveuglés par leurs intérêts personnels d'habitants de Champel, ils inventent des chiffres.

Ils prennent prétexte du traffic sur la douane de Bardonnex. Ils sont sans doute un peu trop éloignés de la réalité du Genevois franco suisse. Ils ne savent pas qu'une grande partie du traffic de Bardonnex est précisément en provenance d'Annemasse. Un détour qui pollue l'ensemble de notre agglomération faute de modes de transports en commun transfrontaliers.

Pourtant les chiffres sont têtus. Ils sont publics et disponibles à l'adresse suivante :

http://www.ge.ch/statistique/tel/domaines/03/03_05/T_03_0...

Ces chiffres indiquent qu'il y a 14 635 frontaliers recensés dans l'agglomération d'Annemasse. L'ensemble des communes de l'agglomération d'Annemasse sont reliés à la gare du CEVA par un réseau de bus déjà performant et qui le sera encore plus lorsqu'il s'agira de déservir un métro régional. Il y en a encore  9348 qui résident dans le Chablais, relié à la gare d'Annemasse par une ligne de chemin de fer qui dessert tout le bas Chablais. Soit déjà 23983 personnes susceptibles d'utiliser le CEVA. IL y a encore 10 000 frontaliers qui résident dans la vallée verte, la vallée de l'Arve, les cantons de La Roche sur Foron, Reignier et Thorens qui sont susceptible d'utiliser le CEVA à terme lorsque les phases suivantes seront réalisées.

Les requérants prétendent qu'il y a une alternative dans un très hypothétique barreau sud qui déservirait le bas salève. Ce projet n'existe pas. Il n'est pas évalué. Il devra s'arrêter à la frontière puisqu'aucun élu français crédible ne le soutient. Ce n'est pas un projet c'est une simple diversion électorale pour ne pas aborder le sujet de l'urgence du besoin d'un transport régional. Mais faisons semblant un instant d'y croire. Il y a 7173 frontaliers sur le canton de Saint Julien et 5290 sur le bassin Annécien. 1700 en provenance du canton de Cruseilles et encore un millier en provenance des Frangy et Seyssel.

Au total ce sont près de 35000 frontaliers qui doivent transiter par Annemasse contre seulement 15 336 qui doivent transiter par Saint Julien.

Ces chiffres sont à revoir à la hausse car ils sous estiment les toujours plus nombreux citoyens helvétiques résidant dans le Genevois français faute de logements à Genève. L'an dernier seulement 1188 logements ont été mis sur le marché alors que la population du canton augmentait de 4598 personnes. D'autres statistiques cantonales montrent que plus de 3000 genevois vont habiter dans le Genevois français chaque année faute de logement abordable : l'équivalent d'une nouvelle commune de Gaillard en plus tous les 4 ans. Autant de personnes en plus à transporter.

Le "barreau sud", cette chimère des opposants au CEVA, pourrait sembler attractif pour les habitants de Saint Julien. A Saint Julien comme dans tout le Genevois franco suisse nous avons besoin de pouvoir à nouveau circuler, nous avons besoin de respirer. Pour cela nous avons besoin de transports en commun régionaux transfrontaliers efficaces. Cela commence par Annemasse avec le CEVA. Cela se poursuivra ensuite par des liaisons vers Saint Julien qui font partie du projet d'agglomération.

 

Retrouvez la note du jour sur le blog Portevoix