20/10/2009

Le CEVA : payé par les frontaliers pour tous les Genevois

Les frontaliers du Genevois français paient leurs impôts à la source au canton de Genève contrairement aux frontaliers du canton de Vaud. 610 millions de francs suisse touchés par le canton en 2008. Ces impôts payés par les frontaliers correspondent à près de 10% des recettes du canton de Genève. Le montant annuel de ces recettes fiscales est supérieur à la totalité de la part cantonale du CEVA !!!! La part cantonale du CEVA est donc bien payée par les impôts des frontaliers en totalité et en 57 semaines seulement.

 

 

Les impôts payés par les frontaliers depuis le premier vote en 2002 auraient permis de financer déjà 6 fois la part cantonales du CEVA !

 

 

Certains aimeraient faire croire que le CEVA n’est intéressant que pour les frontaliers. Comme si la perspective d’aller au travail dans un métro très vite bondé était réjouissante pour qui que ce soit. Les bénéficiaires seront principalement tous les habitants du Genevois franco suisse qui retrouveront un peu de mobilité : les utilisateurs du CEVA mais aussi tous ceux qui n’ont pas de réseaux de transport en commun près de chez eux et sont contraints d’utiliser leur voiture sur des voies publics encombrées. Les bénéficiaires seront aussi tous ceux dont la qualité de vie subit les conséquences néfastes d’embouteillages. Même les habitants de Champel, dont beaucoup se déplacent en 4x4 bénéficieront considérablement de l’effet du CEVA sur la fluidité de la circulation à Genève.

 

 

La réalisation du CEVA permettra à plusieurs dizaines de milliers de frontaliers français et suisses d’Annemasse, de la Vallée de l’Arve et du Chablais de se déplacer en transports en commun plutôt que de chercher les dernières routes de campagne encore préservées des embouteillages entre Jussy et Soral. Une réalisation qui bénéficiera à tous les habitants du Genevois franco suisse.

19/10/2009

20'000 Suisses installés en France : tout n'est pas positif

Dans une inteview à la presse ce week end, David Hiller, président Vert du Conseil d'Etat, se réjouissait du brassage de population entre le Genevois Suisse et le Genevois français. Il estimait que d'ici 10 ans la proportion de Suisses installés en France doublerait allant même jusqu'à dire que c'était le sens du projet d'agglomération.

Il y a sans doute dans ces propos une simplification dû à la synthèse de faire tenir une interview en quelques lignes. Certains aspects du brassage des populations du Genevois franco suisse sont positifs. Ce brassage a effectivement lieu depuis plusieurs siècles maintenant -même Soli Pardo le comprendra un jour lorsqu'il aura vécu suffisament longtemps dans le Genevois franco suisse. Une majorité de vieux Genevois français et suisse ont un ancêtre ou un neveu de l'autre nationalité. 15% d'entre eux sont binationaux, même des candidats MCG, un chiffre qui ne peut qu'augmenter exponentiellement à chaque génération. On oublie aussi souvent qu'il y a 40 000 français résidant à Genève - des binationaux en majorité. Dans notre agglomération binationale, où nous nous influençons les uns et les autres, la nationalité a de moins en moins de pertinence.

Mais il y a aussi des aspects négatifs terribles qu'il ne faut pas négliger.

Les Genevois qui s'installent dans le Genevois français ne le choisissent pas. Ils y sont contraint face à la pénurie de logements à Genève. Une pénurie organisée par un immobilisme auxquels trop peu de responsables politiques s'attaquent. Cet exode des jeunes genevois est la conséquence de leur situation désespérée dans le canton. Ils vivent dans des appartements à la fois trop petits et trop chers. Le jour où la génération des papy boomers se décidera à construire des logements pour leurs enfants, ceux ci s'installeront près de leurs parents. Aujourd'hui ils s'exilent sous la contrainte de la pénurie de logements à Genève.

Il y a des aspects dramatiques pour les habitants du Genevois français. Tous ceux qui ont des revenus en euros n'ont plus les moyens de vivre. Les prix exhorbitants de l'immobilier détruisent leur pouvoir d'achat. Seuls ceux dont le mari ou la femme travaillent en Suisse peuvent encore se permettre de rester dans la région. Pour les autres, la vie devient insupportable. Ils se voient refuser des crédits immobiliers parce qu'ils ne travaillent pas en Suisse et doivent quitter leur commune de naissance. Des infirmières célibataires qui travaillent doivent compter sur la soupe populaire pour nourrir leur enfant. Les fonctionnaires demandent leur mutation dès que possible. Ils finissent toujours par l'obtenir. Les administrations locales, l'hôpital, la gendarmerie, les collèges et toutes les entreprises privées peinent à recruter et à fidéliser faute de pouvoir offrir un pouvoir d'achat décent. Une activité économique et publique du Genevois français ne peut pas se développer de manière autonome avec une telle contrainte foncière.

Il y a encore des aspects dramatiques pour l'ensemble des habitants du Genevois franco suisse. En exilant sa population au delà des réseaux de transports en commun, le canton de Genève condamne tout le Genevois à l'engorgement des voies publiques, à la polution, et à la paralysie. Le coût de ces engorgements est astronomique pour la santé publique, pour la qualité de vie de tous et en terme économiques ils se chiffrent en centaine de millions de francs suisses par an.

Genève est la seule agglomération au monde à mettre sa campagne entre son centre ville et sa banlieue. C'est peut être joli... mais ça devient invivable pour tous les habitants du Genevois franco suisse.

Contrairement à ce qu'affirme M. Hiller, le sens du projet d'agglo c'est de créer des emplois en France où il y a des logements, de construire des logements à Genève où il y a des emplois et de rattraper le retard en construisant des transports en commun. Les élus français aimeraient que les engagement de construction de logements à Genève du premier projet soient tenus.. avant de signer le second projet d'agglo. Les très faibles statistiques de livraison de logements conduisent de plus en plus d'élus français à penser que Genève fait semblant de participer au projet d'agglo. Il faut maintenant des résultats concrets : c'est à dire des livraisons de logements pour la jeunesse Genevoise.

Dans les campagnes électorales, les slogans de presque tous les partis sont favorable à la construction de plus de logements à Genève... mais les discours deviennent ensuite beaucoup plus ambigüs, comme David Hiller dans cette interview, comme Mark Muller qui affirme qu'il faut se donner le temps de construire des logements alors que Genève a déjà 30 ans de retard, ou encore Sandrine Salerno, Conseillère administrative en ville de Genèe qui affirmait un jour que Genève devait financer des logements en France.

Il est effectivement positif que le brassage de population se poursuive mais il serait indispensable que ce soit de manière libre et pas sous la contrainte, tant pour les jeunes Genevois actuellement contraint à l'exil par la génération au pouvoir que pour les Français payés en euros contraint de céder leur logement faute de pouvoir le payer.

17/10/2009

Réaction sur les élections cantonales

Ci dessous une vidéo prise par Jean-François Mabut de la Tribune de Genève au sujet des élections cantonales au Grand Conseil.

16/10/2009

Les arguments des sceptiques du projet d'agglo

Jusqu'à il y a quelques années, les élus français et suisses s’ignoraient superbement. Ils se côtoyaient dans les instances transfrontalières telles que le Conseil du Léman ou le Comite Régional Franco Genevois. Deux organismes qui de l’aveu de quelques participants sont plutôt des lieux pour faire connaissance que des lieux de débats et de décision sur l’avenir de notre région.

 

Le résultat est là : Genève attire des employés sans construire de logement, le Genevois français a construit des logements sans créer d’emploi… et nous sommes tous paralysés dans des transports incapables de faire face à une demande exponentielle. Les jeunes genevois sont mal logés dans des logements trop chers. Les jeunes et les seniors sont toujours sans emploi. Les salariés en euros sont pénalisés par une inflation immobilière qui détruit leur pouvoir d’achat. Les entreprises du Genevois français peinent à se développer faute de pouvoir assurer un pouvoir d’achat suffisant à leurs salariés.

 

Nous pouvons continuer comme ça, en s’ignorant, ou même en se méprisant. Nous en connaissons le résultat : plus de logements en France, plus d’emplois à Genève … et toujours plus d’embouteillages pour tous. A ce rythme, il ne nous faudra plus beaucoup de temps pour détruire ce qu’il reste de la qualité de vie du Genevois.

 

Une autre solution est possible. Elle consiste à coordonner les politiques de Genève et du Genevois français. Construire suffisamment de logements dans le canton. Créer suffisament d’emplois coté français. Construire les infrastructures de transport en commun digne d’une agglomération telle que la nôtre – comme l’on fait Bâle ou Lyon.

 

Une majorité d’élus a compris que nous devons changer nos méthodes et travailler ensemble pour bâtir une agglomération qui ne laisse personne de coté : ni les seniors sans emplois, ni les jeunes sans emploi ni logement, ni les salariés en euros sans pouvoir d’achat. Mais il y a des sceptiques de part et d’autre de la frontière. Coté Français ce sont les représentants de l’Etat en particulier. Ils doutent de la sincérité du canton de Genève à tenir les engagements du premier projet d’agglo : construire plus de logements.

 

Chaque nouvelle publication de statistiques de construction leur donne raison, mois après mois. Les documents distribués par les Libéraux dans la campagne Genevoise s’opposant aux constructions et caricaturant outrageusement le projet d’agglo leur donne aussi raison. Il fait douter beaucoup d’élus français sur la sincérité de l’engagement du canton.

 

Ces prochaines années, l’intensité de la coopération politique transfrontalière pour améliorer la qualité de vie du Genevois franco suisse sera proportionnelle au score en faveur du CEVA. Un vote positif sur le CEVA le 29 novembre donnera un signal clair sur la volonté des Genevois de préserver ensemble notre qualité de vie au travers du projet d’agglo et décoincera quelques élus. Un vote négatif inciterait les élus Genevois à poursuivre l’immobilisme actuel, et les élus français à se contenter de gérer a posteriori les conséquences dramatiques des politiques Genevoises.

 

Les prochains mois aussi seront décisifs sur la question du logement. Coté français quelques élus commencent à suggérer que la signature du second projet d’agglo sera conditionnée à la tenue par le canton de Genève des engagements pris lors du premier projet sur la construction de logements. Cette signature est nécessaire pour permettre à Genève de toucher les subventions fédérales sur ces grands projets. Sans l’accord du Genevois français les fonds fédéraux iront à Bâle, Zurich et Berne.

 

Le magot des fonds frontaliers conservés par le canton est un magot tentant pour l’Etat français en situation de faillite. Un refus sur le CEVA signifierait que le canton abandonne sa responsabilité de centre d’agglo et donnerait un prétexte tout trouvé pour l’Etat de dénoncer la convention fiscale et de passer au régime commun. Cela se traduirait pour le canton de Genève par une perte de rentrées fiscales d’environ 610 millions de francs suisse par an (un peu moins de 10% des recettes du canton) et de 168 millions de francs suisse pour l’ensemble des communes du Genevois français (un peu plus de 10% pour la commune de Saint Julien).

 

Il n’est plus temps d’attendre ou d’hésiter. Dans 4 ans, l’extrême gauche fera sans doute son retour au Parlement cantonal et réduira un peu plus l’influence des partis de proposition. Les partis de Gouvernement n’ont plus que 4 ans pour améliorer la qualité de vie de tous les Genevois en prenant le taureau des problèmes du Genevois franco suisse par les cornes : construire suffisamment de logements à Geneve, mettre en place un moratoire sur l’importation de cadres de multinationales tant que la question du logement ne sera pas réglée, aider les entreprises locales à créer des emplois pour les chômeurs Genevois jeunes et seniors, construire les infrastructures de transport en commun qu’on aurait déjà du construire, créer plus d’emplois dans le Genevois français.

15/10/2009

Ligne D Saint Julien – Genève ou le symbole des incohérences du Genevois franco Suisse

Le Groupement Local de Coopération Transfrontalière a récemment décidé d’augmenter les capacités de la ligne D de 40%. Des bus plus grands et plus fréquents qui permettront à environ 3000 personnes supplémentaires chaque jour de l’utiliser à partir du mois de décembre.

3000 personnes par jour c’est aussi environ 3000 voitures de moins sur l’axe Saint Julien Geneve. Environ 4 kilomètres de voitures en moins chaque jour. C’est aussi 4 000 tonnes de CO2 d’émission en moins par an. La coopération transfrontalière, la mise en concurrence, un cofinancement de Vitam Parc et un peu d’efficacité ont permis de mettre en place cette augmentation de capacité sans augmentation de cout. Les couts de la ligne D sont partages entre le canton et les communes et départements français. Le marché a été conclu pour une période de 7 ans.

Un investissement qui réduira les nuisances pour les habitants de Perly-Certoux, Bardonnex et Plan les Ouate qui ont tant voté pour le MCG. Favorisera une meilleure mobilité pour tous.

Malheureusement, il suffira de 18 mois pour réduire à néant cette augmentation de capacité. La politique de Geneve qui importe 1000 cadres de multinationale par an et ne construit que 2000 logements nouveaux par an pour loger ses jeunes, ses divorcés et les familles des cadres condamnent à l’exil environ 4000 Genevois par an.

Soit 6000 Genevois en 18 mois qui devront aller vivre dans le Genevois francais.. dont 3000 se retrouveront sur les routes faute de transport en commun.

3000 places supplémentaires dans les bus pour 7 ans…. mais 3000 automobilistes de plus dans 18 mois. Nous allons tous dans le mur des embouteillages qui détruisent notre qualité de vie.

Au delà de ces seuls embouteillages, l’incapacité de Genève à construire des logements détruit le pouvoir d’achat des fonctionnaires et salariés du privé payés en euros. Ils doivent soit devenir frontalier ou quitter le Genevois français. Cela pénalise l’activité économique du Genevois français qui devient chaque jour plus dépendant du canton de Geneve.

Coté français, on commence à se dire qu’il faudra que Genève commence à tenir ses engagements sur la construction de logements avant de poursuivre nos investissements sur les transports en commun.

12/10/2009

Le Mouvement des Citoyens Haut Savoyard ferait aussi 15%

Côté Français, certains seront prompts à faire l’amalgame entre le discours xénophobe du MCG et les Genevois dans leur ensemble. Les réactions des parlementaires de Haute Savoie et de Jean Jack Queyranne à la publicité outrancière de l’UDC étaient de ce niveau.

Pourtant, les élus français qui font du terrain, entende des propos miroirs cote français : « il y en a marre de la colonisation » « on n’est plus chez soi ». Ces propos d’humeurs n’apportent pas de solution mais cette frustration est compréhensible de la part de salariés en euros dont les emprunts immobiliers sont refusés par leur banque sous prétexte qu’ils ne sont pas frontaliers. Ou de la part de fonctionnaires ou de salariés du privé payés en euros qui n’ont plus les moyens de vivre une fois qu’ils ont payé la facture de l’inflation immobilière exportée par Genève.

Côté Genevois, le vote MCG révèle plus une frustration devant l’accélération du phénomène frontalier plus qu’une haine des frontaliers. La géographie du vote le prouve : le MCG remporte ses meilleurs scores dans les communes bloquées par le trafic plus que dans les communes touchées par le chômage. Il s’agit plus de « placophobie » contre le trafic que de « xénophobie » contre la concurrence sur l’emploi des frontaliers comme le croit le MCG.

Le changement de discours politique réciproque ces 30 dernières années à l'agglomération commune depuis 3 ans a été trop rapide et sans doute trop restreinte aux milieux informés pour être totalement comprise par la population du Genevois franco suisse. Le débat sur l'avenir du Genevois franco suisse doit désormais être un débat public entre les habitants directement.

Le MCG n’apporte aucune solution. Les réactions anti-suisse coté français pas plus. Même la tectonique des plaques ne peut rien contre le fait que le Genevois français est durablement implanté à coté du Genevois suisse. Au contraire, mettre de l’huile sur le feu reviendrait à revenir à ce qu’ont fait les élus depuis 30 ans : cohabiter sans collaborer. Laisser notre agglomération se paralyser petit à petit par des embouteillages que nous n’avons pas anticipés.

Les solutions existent :

1) Genève doit construire les 4000 logements par an nécessaires pour loger sa population. Les blocages des uns et des autres doivent cesser par la loi s’il le faut. Les propos de campagne irresponsables des Libéraux qui s’opposent aux constructions dans leurs communes aussi. Les Genevois doivent construire des logements pour leurs enfants.

2) Côté français nous devons créer nos emplois. Réduire notre dépendance économique vis-à-vis du canton.

3) Ensemble nous devons construire les infrastructures de transport en commun pour préserver notre qualité de vie commune.

4) Le canton doit mettre un terme à cette politique économique qui importe des salariés qu’on ne peut ni loger ni transporter, plutôt que de créer des emplois pour les chômeurs du canton : des jeunes et des seniors essentiellement. Nous n’avons pas de quoi loger les professionnels des Hedge Funds de Londres.. laissons-les payer leurs impôts comme tout le monde en Angleterre.

Le vote MCG se propage le long des embouteillages

La prise en compte des résultats nominatifs change la donne dans quelques communes où le MCG n'est plus en tête ce matin. En revanche, le diagnostic reste : le point commun entre les communes où le MCG est fort c'est qu'elles sont toutes traversées par le traffic frontalier. Les communes les plus durement frappées par le chômage ne mettent pas le MCG en tête.

A Genève, ce ne sont pas les quartiers les plus populaires, ceux qui sont le plus touchés par le chômage, qui ont mis le MCG en tête mais bien les quartiers traversés chaque jour par un flux de voiture incessant et croissant : Accacias et Prieuré Sécheron.

Les électeurs ont voté MCG non pas contre les frontaliers mais contre le phénomène frontalier qui détruit leur qualité de vie faute d'équipement de transports en commun adaptés. Ces électeurs n'ont pas eu conscience que le MCG est seul parti qui s'oppose à la réalisation d'un équipement de transport en commun majeur pour le canton.

Pour éviter un nouvel accès de populisme les partis de Gouvernement devront construire suffisament de logement à Genève pour mettre un terme à l'exode des Genevois au déla des réseaux de transport en commun. Ils devront aussi revoir une politique économique qui attire plus d'un millier de cadre de multinationales chaque année alors qu'il n'y a déjà pas suffisament de logements pour les Genevois et que les transports en commun sont dépassés par la situation.

 

Carte des communes où le MCG est arrivé en tête :

Carte du vote MCG final.JPG
Carte du taux de chômage à Genève :

Carte du taux de chomage à Genève.png

MCG : 1er parti dans les 19 communes du pourtour du canton

La géographie du vote MCG permet de comprendre les motivations des électeurs Genevois.

Si on prenait au mot le discours du MCG on pourrait s'attendre à ce que ce parti arrive en tête dans les communes qui ont le taux de chômage le plus élevé : en particulier en ville de Genève et dans certains quartiers de Carouge. Il n'en est rien. Le MCG réalise ses meilleurs scores dans les communes qui font la frontière du canton.

Le MCG est le premier parti à Bernex, Perly-Certoux, Soral, Bardonnex, Thônex, Aire la Ville, Avully, Avusy, Chancy, Chêne Bourg, Dardagny, le Grand Saconnex, Lancy, Meyrin, Onex, Presinge, Satigny, Soral et Vernier. Des communes qui à l'exception de Vernier, Meyrin et Thônex sont peu touchées par le chômage.

Le MCG arrive en tête dans les 19 communes qui subissent chaque jour le flux continu de voitures de frontaliers. La question des frontaliers n'est donc pas une question de concurrence sur les emplois mais tout simplement une question d'embouteillages. Les électeurs du MCG n'ont sans doute pas saisi qu'ils votent pour le seul parti qui s'oppose aux infrastructures de transport en commun qui pourrait réduire ces embouteillages.

Les habitants de ces communes en ont marre de ces bouchons... et à vrai dire les frontaliers aussi. Tous aimeraient que suffisament de logements soient construits à Genève pour que le flot de voiture n'augmente pas de 4000 Genevois par an. Tous aimeraient qu'il y ait des transports en commun efficaces qui permettent à chacun de se déplacer.

Au moins la solution à ce problème là est claire :

1) Genève doit construire plus de logements sur le canton afin d'éviter que 4000 Genevois supplémentaires ne soient contraints d'aller habiter dans le Genevois français et aient à utiliser leur voiture faute de réseaux de bus.

2) Genève doit cesser de faire venir des entreprises internationales avec leurs employés qu'elle est incapable de loger.

3) Nous devons ensemble bâtir les réseaux de transport en commun pour mettre un terme à cet engorgement croissant des voies publiques.

PS : Ironie de ces élections le MCG n'atteint pas le quorum parmi les Genevois de l'étranger... un électorat qui lui réside en grande partie en France, faute de pouvoir se loger à Genève.

Carte des communes où le MCG est arrivé en tête :

Carte des communes MCG.JPG
Carte du taux de chômage à Genève :

Carte du taux de chomage à Genève.png

11/10/2009

Xénophobie MCG : une claque salutaire ?

Un nombre important et croissant de Genevois ont voté en faveur des thèses étriquées, sectaires et xénophobes du Mouvement des Citoyens Genevois lors des élections au Grand Conseil.

Avec 17 sièges, ce parti anti frontaliers devient le 2ième parti au Grand Conseil à égalité avec les Verts et devant les socialistes. Ce résultat est inquiétant pour les Genevois eux mêmes. Le MCG a pour habitude de bloquer les débats et de s'opposer à toutes les propositions. Avec un parlement fragmenté et des extrêmes aussi forts, il sera difficile de constituer des majorités sur des propositions constructives pour améliorer la situation des Genevois sur le logement, les transports et l'emploi. Il est probable que dans 4 ans, les problèmes de Genève n'ait pas beaucoup changé.. ils auront simplement ampiré de 4 ans. L'ensemble du Genevois franco suisse en souffrira.

Cette évolution est dangereuse : le discours xénophobes antifrontaliers pourraient donner des ailes aux discours xénophobes anti suisses. Des slogans réducteurs "Stop à la colonisation Genevoise" pourraient facilement répondre aux slogans réducteurs "Assez de frontaliers". De tels slogans n'apportant aucune réponse pratique aux problèmes qu'ils soulignent.

Les partis qui ont fait campagne sur le thème de l'insécurité ont servi la soupe au MCG et sont sanctionnés par les électeurs - à commencer par les Libéraux. Qu'ils en retiennent la leçon et qu'ils s'occupent dorénavant des problèmes de logement et de transports.

L'abstention massive qui s'élève à près de 60% et le score des partis extrêmes soulignent l'incapacité des partis de gouvernement à apporter des réponses aux problèmes des citoyens Genevois.

L'agglomération du Genevois franco suisse se construit sans doute un peu trop vite et trop secrètement pour beaucoup d'habitants. Cela fait 50 ans que de part et d'autre de la frontière les élus s'ignorent et se refilent leurs problèmes les plus chauds : emploi pour les uns, logements pour les autres. En quelques années, on est passé d'un discours d'ignorance et de frontière à un discours binational d'agglomération commune qui perturbe beaucoup d'électeurs. Les routes du canton sont paralysées par des voitures 74 et 01 de plus en plus conduites par des Genevois qui ont du émigrer faute de logement. La politique économique du canton de Genève continue d'attirer des multinationales, leurs employés et leurs familles... alors qu'il n'y a déjà ni logements pour les Genevois, ni moyens de transports pour leur mobilité.

Le débat sur l'agglomération doit être un débat public avec les populations et pas un débat dans des réunions d'élus initiés.

Pour mobiliser les 60% de Genevois qui s'abstiennent, les politiques genevoises devront remettre l'intérêt des habitants avant les intérêts fiscaux et budgétaires du canton. L'intérêt des habitants suppose de construire des logements pour tous, de créer des emplois localement pour les chômeurs et de lancer les infrastructures de transports dont tout le monde à besoin... plutôt que de continuer à faire venir un millier de cadres et leurs familles chaque années à coup d'exonérations fiscales.

Si la claque du score du MCG incite les partis de gouvernement à agir enfin efficacement alors cette triste journée électorale aura un impact positif pour le Genevois franco suisse.

 

08/10/2009

Plus de logements à Genève : il manque 300 voix

La législature du Grand Conseil se conclut sur un échec sur le logement : Les Genevois paient cher l'insuffisance de logement pour leurs enfants. Pas étonnant de la part de députés qui ont été élu en 2005 par des électeurs dont 77% avaient plus de 40 ans : des électeurs âgés et bien logés pour lesquels la pseudo insécurité à Genève serait un problème plus important que la crise du logement. Pendant ce temps là, les Genevois de 18 à 39 ans s’abstenaient à 72% - ce sont eux qui subissent la crise du logement. Ils doivent voter jusqu'à dimanche pour que leurs élus construisent les logements dont ils ont besoin.

4 ans plus tard le résultat est là. Les jeunes Genevois continuent de dormir sur le canapé dans le salon. Ils paient des loyers exorbitants qui ne leur laissent plus les moyens de vivre correctement. Ils vivent avec leurs deux enfants dans des appartements d’une chambre seulement. Ils doivent émigrer dans le Genevois français ou dans le canton de Vaud, utiliser leur voiture et perdre chaque jour des heures dans des embouteillages qui empirent régulièrement.

Les conséquences sur le Genevois français sont dramatiques. Les prix de l’immobilier en hausse rognent chaque année un peu plus le pouvoir d’achat des Français payés en euros. Ils sont contraints de travailler à Geneve ou de quitter le Genevois. Les entreprises du Genevois français recrutent sans cesse des employés qui les quittent, plutôt que de développer leurs affaires.

Le logement a été oublié par les députés du Grand Conseil… autant que les Genevois mal logés ont oublié de voter en 2005. Il suffisait pourtant de seulement 300 à 400 voix nominatives pour que les jeunes candidats de chaque parti passent devant leurs aînés respectifs et renouvellent profondément le Grand Conseil. 300 à 400 voix nominatives seulement alors qu'ils étaient 51 000 Genevois de 18 à 39 à s'abstenir en 2005. 300 à 400 voix seulement pour mettre au Grand Conseil, dans chaque parti, une génération concernée par la crise du logement.

Les élections de 2005 sont passées... mais celle de 2009 ont lieu dimanche. Il reste encore quelques jours pour que les jeunes Genevois qui subissent les conséquences de la crise du logement et des transports, votent pour de jeunes candidats qui bousculeront le statu quo et voteront pour des lois qui permettent de construire les logements dont les jeunes Genevois ont besoin. 51 000 Genevois de 18 à 39 ans ont encore quelques jours pour prendre en main leur avenir et s'assurer que désormais la construction de logements soit réellement une priorite politique du canton de Geneve.