07/04/2010

De la frontière nationale à la frontière sociale

Dans le Genevois franco suisse la frontière historiquement séparait les habitants français des habitants helvétiques. Cette réalité est de moins en moins correcte. D'une part parce qu'il y a maintenant plusieurs dizaines de milliers de citoyens suisses installés dans le Genevois français, d'autre part il y a environ 40 000 citoyens français installés dans le canton de Genève, mais aussi parce que la proportion de bi-nationaux ne peut qu'augmenter : la binationalité s'acquiert à chaque génération et se perd peu. Elle s'acquiert par les mariages mixtes mais aussi de plus en plus par l'installation pendant 10 ans de l'autre côté de la frontière. Il y a déjà 15% de binationaux dans notre agglomération. Ils seront majoritaires dans deux ou trois générations. La frontière sépare de moins en moins les habitants français des habitants suisses du Genevois.

Elle risque bien en revanche de séparer bientôt ceux qui ont les moyens d'échapper à l'enfer des transports de ceux qui n'en ont pas les moyens. La crise de la mobilité s'aggrave chaque jour. Chaque jour, les files de voitures atteignent des routes de campagne jusque là épargnées. Les obstacles imaginés par les communes pour éviter le traffic de transit sont aussi dérisoires que des digues au milieu de la mer. Les lève-tôt et les lève-tard n'échappent plus aux engorgements des transports.

Cette crise de la mobilité qui s'aggrave va limiter le bassin d'emploi de Genève. Le nombre de travailleurs qualifiés qui sont insallés à 35 minutes du canton se reduit de manière exponentielle à mesure que les engorgements s'aggravent. Cela va commencer à poser de sérieux problèmes de recrutement pour les entreprises genevoises. Dans le Genevois français les chefs d'entreprises ont constaté la fin de l'hémoragie de leurs salariés vers Genève. Ces derniers préfèrent rentrer dans leur région d'origine lorsqu'ils prennent conscience du coût de la vie et qu'ils constatent que le pouvoir d'achat des salaires genevois ne vaut pas le sacrifice de tels temps de transport.

Cela a une seconde conséquence : la ségrégation sociale par le temps de transport. Comme dans de nombreuses villes, les plus aisés achetaient des maisons au vert. C'est ainsi par exemple que dans le Genevois français on constate encore que les Genevois sont beaucoup plus nombreux à acheter des maisons que des appartements.

Au rythme actuel auquel Genève fait venir des salariés et les installent loin des réseaux de transport, dans 5 ans ce sont environ 15 000 voitures supplémentaires qui encombreront les routes du Genevois franco suisse. Avec 15 000 voitures supplémentaires en 2015, l'enfer actuel de la circulation ressemblera au doux paradis des cartes postales en sépia.

Au fur et à mesure que les engorgements s'aggravent le phénomène inverse commence à se produire : les plus fortunés échappent à l'enfer des transports et s'installent au centre ville, à proximité ou juste à côté des transports rapides (CEVA demain). Ils économisent ainsi jusqu'à une heure par jour. Ce faisant ils aggravent la crise du logement au centre de l'agglomération et contraignent les ménages les plus modestes et les jeunes à quitter le centre et subir des temps de transport toujours plus importants. Ce retour vers le centre ville a déjà commencé selon le bilan de l'observatoire statistique transfrontalier. En nombre, il ne compense pas le flux inverse.. et ne le fera jamais faute de nouveaux logements au coeur de l'agglomération.

Si les incohérences entre la politique économique et la politique du logement à Genève se poursuivent, elles aggraveront les problèmes de mobilité et conduiront à faire de la frontière une frontière sociale. Cette ségrégation sociale s'observent dans de nombreuses grandes villes dont les jeunes ménages ont déserté le centre ville.

Ces dérives peuvent être stoppées par une politique économique plus durable qui maitrise la croissance démographique et permette de l'accompagner des infrastructures nécessaires au maintien de la qualité de vie de tous. Il suffit pour celà de mettre un terme à l'incohérence entre la politique économique qui fait venir 10 000 personnes par an et la politique du logement qui n'a permis la construction que de 1230 logements en 2009.

29/03/2010

Des emplois dans le Genevois français

Le projet d'agglomération prévoit le rééquilibrage des emplois et des logements entre le canton de Genève et le Genevois français. Les services de la promotion économique du canton estiment cet objectif intenable. Ils ont raison, s'ils ne prennent en compte que les entreprises multinationales qu'ils rencontrent. Il est évident qu'aucune entreprise n'a intérêt à installer un siège de ce côté-ci de la frontière du Genevois : non seulement elle a les mêmes charges et les mêmes impôts qui pénalisent tant l'activité économique que partout ailleurs en France, mais en plus elle a le handicap d'une pression foncière insupportable. Pour une multinationale, s'installer dans le Genevois français est encore moins attractif que de s'installer dans la Creuse, ce qu'aucune ne songe à faire.

On peut pourtant créer des emplois dans le Genevois français :

1) En réduisant la pression foncière : Il y a un tissu d'entreprises dans le Genevois français. Ces entreprises sont aujourd'hui pénalisées dans leur développement par la pression foncière. Leurs salariés sont logés dans des conditions précaires à des prix inabordables. Dans le privé, les coûts des loyers se reportent en partie sur les coûts salariaux (environ 15% supplémentaires par rapport à un autre territoire français). Dans tous les cas, et tout particulièrement pour les actifs du secteur public, celà se traduit par des conditions de logements précaires. Dans le public comme dans le privé, les nouvelles recrues quittent le territoire après quelques mois de ces conditions de vie intenables. L'activité économique, tant publique que privée, est détruite dans le Genevois français en raison de l'exportation constante de la pression foncière.

En faisant venir 10 000 personnes par an dans le Genevois franco suisse et en ne construisant que 1230 logements en 2009, Genève contribue à empêcher le développement économique du Genevois français. La promotion économique du canton de Genève agit comme une destruction économique de l'activité propre du Genevois français.

2) Des secteurs pour lesquels le Genevois français a des atouts : le Genevois français a les mêmes handicaps sociaux et fiscaux que la Creuse, mais il a d'autres atouts : a) la proximité avec Genève, b) des réserves foncières précieuses, c) un cadre de vie exceptionnel. Nous pouvons créer des emplois dans des secteurs pour lesquels notre territoire a des atouts.

- les biotechnologies : de la même manière que les entreprises fuient la legislation fiscale européenne pour bénéficier de la fiscalité dérogatoire particulière proposée par le canton de Genève (éxonération quasi totale de l'impôt sur les sociétés), certaines entreprises fuient la législation tatillone sur la recherche biomédicale en s'installant en France. Le Genevois français peut proposer ainsi aux entreprises pharmaceutiques suisses le cadre législatif français, la proximité avec la Suisse et la proximité avec un aéroport international.

- le tourisme d'affaire : Aujourd'hui la première limite à l'activité du tourisme d'affaire de Genève c'est l'insuffisance de son offre hôtelière. Le cadre, l'aéroport et Palexpo pourrait permettre à Genève d'accueillir bien plus de salon s'il y avait assez de lits dans les hôtels. Mais ceux-ci sont complets dès qu'il y a un événément. Depuis l'entrée en vigueur des accords de Shengen, il n'y a plus besoin de visas pour les visiteurs internationaux pour passer du canton de Genève au Genevois français. Le Genevois français peut donc aider le canton a avoir une offre complète sur le tourisme d'affaire. Contrairement à ce que certains pensent, il ne s'agit pas de faire venir des visiteurs de Tokyo à Archamps, mais plutôt d'attirer quelques unes des formations et des séminaires de Genève à Archamps pour que les visiteurs de Tokyo aient de la place à Genève. Ce qu'ils n'ont pas actuellement.

- les ONG : les ONG ne faisant pas de profit, elle ne subissent pas la lourde fiscalité française. L'ancien Maire d'Annemasse avait identifié ce secteur comme une activité économique à développer pour le Genevois français. Pour l'instant l'essai n'est pas concluant, mais l'idée est pertinente et doit être développée et affinée. D'abord ça ne peut pas être n'importe quelle ONG. Il ne peut pas s'agir d'ONG qui font de la levée de fonds : il y aurait des obstacles fiscaux pour les donateurs Suisses qui doneraient des fonds à une ONG basée en France. Il ne peut s'agir que d'ONG qui ont besoin d'un bureau de représentation auprès des organisations internationales, qui peuvent être attirée par les coûts du foncier moins chers à Annemasse qu'à Genève. Mais d'une part, ces bureaux de représentation comptent peu d'emplois chacun (1 emplois à 5 emplois maximum le plus souvent) et d'autre part, bien souvent, leur loyer est souvent subventionné ce qui limite l'argument du plus faible coût du foncier. Il y a donc encore du travail à faire sur cette voie des ONG.

- les loisirs : L'implantation de Vitam Parc montre que comme dans toutes les agglomérations, la périphérie peut attirer à elle des activités de loisirs. Ce sont environ 200 emplois qui ont été créés à Neydens sur le site de Vitam Parc. D'autres peuvent être créés.

Certains estiment que seuls les emplois à forte valeur ajoutée sont nobles ! C'est du snobisme. Les profils des personnes sans emploi demandent au contraire de créér en priorité des emplois de faible qualification. L'objectif de la politique économique n'est pas de faire venir de nouveaux cadres, mais bien plutôt de créer des emplois pour les chômeurs actuels qui sont des jeunes et des séniors. La création de seulement 15 emplois à forte valeur ajoutée aux laboratoires Fabre à Saint Julien a coûté cher en subventions publiques (cession d'un terrain municipal en particulier). Dans notre région, ce ne sont pas les chercheurs qui sont les plus durement frappés par le chômage.

Enfin, il y a un constat plutôt original à faire des discussions que nous avons pu avoir avec les employeurs : le droit du travail français pourrait bien devenir un avantage concurrentiel pour recruter les nouvelles générations. Il correspond beaucoup mieux aux attentes des jeunes qualifiés qui recherche un équilibre entre leur qualité de vie et leur niveau de vie. Le droit du travail, les vacances et la protection sociale en France sont des handicaps pour les entreprises, mais elles sont au contraire des atouts pour leurs salariés qualifiés. Dans les secteurs ou le recrutement est tendu, le droit du travail français devient un avantage concurrentiel par rapport au droit du travail suisse. Les employeurs constatent que l'exode vers l'emploi frontalier genevois est termine. Temps de transports, couts de transport et de parking, cadre social, assurance maladie, conditions de logement : leurs salariés ne les quittent plus pour travailler à Geneve mais pour rentrer dans leur région d'origine.

24/03/2010

Logements : fiscalité et péréquation accentuent les déséquilibres entre les communes françaises et genevoises

Sur la période 2004-2008 les communes du canton de Genève ont construit en moyenne 1414 logements par an, soit 0,66% de logements supplémentaires. Pendant ce temps là, les communes du Genevois français ont construit en moyenne 4319 logements par an soit 2,81% de logements nouveaux. Ce grand déséquilibre à conduit à l'augmentation considérable du nombre d'automobilistes et à l'engorgement total des routes du Genevois franco suisse.

Lundi soir, lors d'un séminaire sur le logement à la communauté de communes, Yvan Rochat, Conseiller administratif de Vernier, soulignait l'incidence fiscale pour une commune de la construction de logements sociaux. La construction de Logements d'utilité publique (LUP) génère environ 1000 Francs suisses d'impôts communaux annuels contre 2800 francs pour la construction de propriété par étage. Les communes genevoises qui construisent des appartements sont désavantagées fiscalement. Non seulement les communes qui construisent touchent moins d'impôts par habitants mais encore elles doivent assumer les coûts des infrastructures publiques supplémentaires nécessaires. La construction d'appartements est très désavantageuses pour les communes genevoises.

En France les communes sont au contraire fiscalement incitées à construire des logements. Leurs recettes ne dépendent presque pas du niveau de revenu des habitants. La dotation de l'Etat est fonction du nombre d'habitants. Il y a une certaine logique humaniste à considérer que les coûts municipaux sont fonction du nombre d'habitants et pas de leurs revenus. Les impôts locaux dépendent en partie du confort de l'habitat mais pas de manière aussi progressive que les chiffres donnés par Yvan Rochat. Particularité supplémentaire dans les communes du Genevois français, les fonds frontaliers ne dépendent pas des revenus mais sont fixes par frontalier. Pour une commune française, un frontalier "rapporte" deux fois plus de recettes municipales qu'un contribuable qui travaille en France !

Ces systèmes de péréquation et de fiscalité conduisent donc les communes genevoises ET les communes françaises à accentuer les déséquilibres de notre agglomération. Les communes genevoises sont fiscalement incitées à ne pas construire à proximité des réseaux de transport en commun pendant que les communes françaises sont fiscalement incitées à construire loin des réseaux de transport. Paradoxalement le rééquibrage emploi/logement si nécessaire à notre agglomération n'est pas très intéressant fiscalement pour les communes françaises : elles peuvent gagner un peu de taxe professionnelle ou ce qui la remplacera, mais elles perdront la double imposition des frontaliers (impôts locaux + fonds frontaliers).

Ces systèmes de péréquation sont pervers. Ils conduisent à contraindre les nouveaux habitants à s'installer loin de leur travail et à devenir des automobilistes supplémentaires sur des routes déjà totalement engorgées. Ils conduisent à la disparition de l'activité économique dans le Genevois français. Ils conduisent à des pressions foncières insupportables pour les habitants du Genevois français qui ont des revenus français. Côté Genevois une prochaine refonte de la péréquation communale est à l'ordre du jour. Le système de péréquation en cours dans le canton de Vaud, que je ne connais pas doit pouvoir donner quelques inspirations puisque le district de Nyon sur la période 2004-2008 a construit 711 logements par an soit 2,33% (soit proportionnellement 3,5 fois plus que les communes genevoises). Côté français les choses seront plus compliquées puisque beaucoup plus centralisées. Il peut en revanche y avoir une réflexion au niveau départemental sur la répartition des futurs fonds frontaliers supplémentaires afin de permettre aux communes vertueuses qui cesseraient de contribuer au mitage du territoire de pouvoir tout de même avoir les recettes nécessaires à leur services municipaux.

21/03/2010

Logements : le double langage des libéraux genevois

Les Libéraux genevois ont un discours très clair sur le logement : "+ de logements" était leur slogan aux dernières élections cantonales. Pourtant au niveau municipal le slogan change : "PAS DE LOGEMENTS ICI" disent les Maires libéraux de Thônex et de Veyrier ! Le tract ci-dessous distribué par les Libéraux au sujet de Bernex et de la Plaine de l'Aire montre à quel point les Libéraux ont des propositions opposées au niveau du canton et des communes :

http://antoinevielliard.hautetfort.com/media/00/01/185875...

Dans ses efforts sincères mais pour l'instant inefficaces pour construire des logements, Mark Muller doit imposer à ses amis libéraux de construire des logements dans les communes dont ils ont la responsabilité. Il fallait être sacrément culloté pour faire une campagne cantonale sur le thème du "+ de logements" tout en présentant Isabel Rochat qui s'est autant opposé aux communaux d'Ambilly.

Le risque est important pour les milieux libéraux : chaque jour supplémentaire de pénurie de logements contribue à former une future majorité populaire qui imposera un moratoire sur l'arrivée des hedge funds tant que la crise du logement perdurera. Aujourd'hui la promotion économique du canton se fait principalement au détriment des Genevois. Les traders accaparent les rares logements disponibles. L'afflux massif de population augmente les problèmes de circulation.

Lors des élections pour le Conseil d'Etat, Pierre-François Unger affirmait qu'un emploi importé permettait la création de trois emplois locaux. A regarder de plus près on s'apercoit que ces chiffres sont faux : 1) d'une part il s'agit de chiffres déclaratifs - et les entreprises qui répondent savent quelle réponse leur est plus avantageuse pour le maintien des avantages fiscaux et 2) ce que Pierre-François Unger appelle un emploi local c'est un emploi créé à Genève, mais ces emplois ne correspondent pas aux compétences des chômeurs genevois, ce sont donc des Valaisans, des Neuchatelois ou des Européens qui les occupent. Fait unique parmi les grandes villes d'Europe, Genève se vide la semaine avant Noël car tous ces employés rentrent dans leur famille lointaine. Peu importe leur nationalité cantonale ou nationale, mais le problème c'est qu'ils doivent emménager à Genève et donc aggraver les problèmes de logement et de mobilité du canton.

Il est temps pour le canton de travailler à une croissance durable. Les politiques cantonales sont totalement incohérentes : les emplois créés ne correspondent pas aux compétences des sans emplois ; Genève est l'une des villes d'Europe qui concentre le plus d'emplois à très forte valeur ajoutée, mais c'est aussi sans doute l'une de celle qui investit le moins dans la formation supérieure ; par sa politique économique Genève fait venir près de 10 000 personnes par an, mais ne construit que 1230 logements en 2009. Déjà totalement engorgée, elle jette sur les routes 10 automobilistes supplémentaires chaque jour.

Pour stopper la crise du logement et de la mobilité, les politiques cantonales doivent devenir cohérentes : créer des emplois qui correspondent aux formations des Genevois et créer des formations qui correspondent aux emplois. Avoir des politiques économiques et du logement qui soient cohérentes pour que les gens que Genève fait venir puissent se loger sans pénaliser les Genevois.

 

19/03/2010

Logements : Apprendre des erreurs faites à Puplinge, Avully et Onex

Avully et Puplinge partagent deux points communs : ce sont les deux seules communes genevoise qui n’ont construit AUCUN logement pour leurs enfants de 2004 à 2008. Ce sont aussi deux communes qui ont vu leur taille plus que doubler à un moment de leur histoire.

 

Ce doublement de taille s’est fait de manière abrupte, soudaine et violente. La construction de trop de logements, trop vite et trop mal dans ces deux communes a laissé des séquelles durables sur les finances de ces communes aussi bien que sur la capacité des habitants d’accepter de nouveaux logements.

 

Cela s’est payé cher : pratiquement aucuns logements construits à Avully pendant plus de 40 ans, et à Puplinge pendant plus de 30 ans. Pendant que l’immobilisme communal se prolongeait, ce sont deux générations d’habitants qui ont vu le jour… les enfants des habitants et maintenant leurs petits enfants ont du quitter la commune et souvent même le canton. Ce sont désormais de nouveaux automobilistes qui encombrent les routes.

 

Onex est dans une situation assez proche. Le canton dans son ensemble est traumatisé par des projets de logements, gigantesques et mal pensés au départ. La construction de nouveaux logements qui doit être naturel pour tous les habitants qui ont des enfants est vécue comme un traumatisme.

 

Pour éviter de nouveaux drames, il est nécessaire que l’effort de construction de logements soit partagé entre toutes les communes, qu’il soit continu et progressif plutôt que d’être concentré dans certains lieux et se faire par paliers. Les mégas projets de 15 000 logements peuvent soulager la crise du logement de manière temporaire, mais ils peuvent aussi l’aggraver à long terme en renforçant l’opposition populaire aux mega projets de logements trop artificiels.

 

Le besoin en logements est d’environ 2% de logements par an. Pour arriver à une telle moyenne, il est nécessaire que toutes les communes construisent au minimum 1% de logements par an et que les communes les mieux desservies par les transports en commun en construisent 3% par an. Les constructions continues, progressives, bien reparties entre les communes seront plus acceptables pour les habitants que des grands projets concentrés sur certaines communes et de manière soudaine.

 

Pour que cette évolution se fasse de manière continue et progressive, il est nécessaire 1) d’intéresser fiscalement et financièrement les communes à la construction de logements et 2) de déclasser des surfaces équivalentes dans toutes les communes en même temps pour éviter que la pression foncière ne s’exerce trop fortement et successivement sur les trop rares terrains déclassés.

18/03/2010

Logements : pourquoi les communes genevoises n'ont pas l'éthique de construire des logements ?

Il est immoral pour une commune de refuser de construire suffisamment de logements pour ses enfants. Pourtant 35 communes genevoises sur 45 ont construit moins de 2% de logements par an comme il aurait été nécessaire sur la période 2004-2008.

 

Pourquoi les personnes qui gèrent ces communes ont l’indécence de refuser de nouveaux logements pour leurs enfants ? La morale et l’éthique ne sont que l’une des motivations des Maires. Leur réélection est une autre motivation souvent au moins aussi importante. Et il faut bien dire que les propriétaires de villas et les locataires bien logés votent plus que les mal logés et tous ceux qui subissent les conséquences de la crise du logement sur leur pouvoir d’achat et la mobilité. Jusqu'à présent, les Maires avaient une incitation politique à s’opposer aux constructions de logements. Cela doit changer. Pour cela, il est nécessaire que tous les Genevois qui votent comprennent qu’ils ne peuvent pas impunément chasser leurs enfants du canton faute de logements – tôt ou tard ils devront des explications à leurs enfants. Il est nécessaire de montrer que le développement économique sera brutalement arrêté par une initiative populaire si ce sont les habitants qui en font les frais. Il est nécessaire de montrer que chaque habitant qui quitte le canton devient un automobiliste de plus. Il est aussi nécessaire de mobiliser les mals logés pour que les Maires qui s’opposent le plus à la construction de logements soient battus lors des prochaines élections municipales.

 

A suivre sur http://deslogementspourlesgenevois.blog.tdg.ch/

17/03/2010

702 jeunes Genevois ont du quitter la seule ville de Genève en 2009 faute de logements.

Les statistiques cantonales indiquent que sur l’année 2009 la population de la ville de Genève est passée de 188’068 à 189’313 personnes : soit 1245 habitants supplémentaires.

 

Avec 1944 naissances et 1370 décès, la croissance naturelle s’est élevée à 574 personnes en 2009.

 

Dans l’ensemble de la région, les avantages fiscaux pour les entreprises octroyées par le canton ont attiré environ 2% d’habitants supplémentaires. Soit environ 3761 personnes pour la seule ville de Genève: traders, gérants de hedge funds notamment.

 

Pendant ce temps là, les oppositions des égoïstes, les palabres idéologiques entre l’ASLOCA et les Libéraux n’auront permis de construire que 240 logements par an en ville de Genève sur la période 2004-2008.

 

Question : comment fait-on pour loger 3761 traders et 574 Genevois supplémentaires chaque année dans seulement 240 logements par an ?

 

A suivre sur deslogementspourlesgenevois.blog.tdg.ch

16/03/2010

La crise du logement mérite mieux qu'une polémique électorale

Il y a quelques semaines j'ai relevé l'insupportable trahison du canton de Genève qui pour la deuxième année consécutive viole les engagements pris dans la charte d'agglomération et ne construit toujours pas les logements nécessaires pour sa population. J'ai dénoncé l'incompétence du Conseiller d'Etat en charge de la question, Mark Muller et ses mensonges de campagne électorale. J'ai aussi dénoncé l'incurie des Maires qui n'ont construit aucun logement dans leur commune depuis 5 ans.... et parfois même depuis 40 ans !

La polémique a fait réfléchir. On m'a accusé de lancer cette polémique à des fins électorales pour les élections régionales. J'ai donc décidé de ne plus intervenir sur le sujet pendant la campagne des élections régionales. Celle-ci est désormais terminée pour moi. Voilà qui clarifie les choses.

Les réactions à cette polémique ont été affligeantes :

1) Des députés estiment que le droit du logement à Genève ne pose pas de problème. Pourtant tout le monde constate que les délais d'approbation et de construction font fuire tous les promoteurs de Genève.

2) Les socialistes repartent sur leur rangaine contre le grand capital, les promoteurs, les régies... en un mot LE DIABLE ! Une compréhension de la crise du logement d'un niveau similaire à la compréhension du monde par Georges Bush et son axe du mal. Pas un instant les socialistes ne se posent la question de savoir pourquoi les investisseurs fuient Genève !

3) Les libéraux continuent leur hypocrisie : ils font de la pénurie de logements un thème de campagne cantonale avec des slogans simplistes du genre "+ de logements"... et continuent de s'y opposer dans les communes dont ils ont la responsabilité.

4) Mark Muller ne fournit toujours aucune explication pour le chiffre ridicule de 1230 logements construits en 2009... et ne propose aucune nouvelle méthode pour changer ces résultats dérisoires.

5) L'afflux de population continue. La promotion économique attend plus de 300 sociétés de trading et hedge funds. Aucun logement supplémentaire, ce sont donc les jeunes Genevois qui faire de la place à ces riches expatriés que le canton traite mieux que la jeunesse genevoise.

6) Pour les élus d'Onex c'est à Confignon qu'il faut construire ; pour ceux de Puplinge c'est à Thônex ; pour ceux de Cologny comme ceux de Vernier c'est ailleurs qu'il faut construire ; pour ceux de Thônex c'est à Genève... et pour Sandrine Salerno il faudrait payer Annemasse pour construire les logements que Genève ne veut pas construire (sic) !

7) Certains défendent l'idée scandaleuse qu'il serait normal qu'on ne construise pas dans certaines communes... une idée aussi révoltante que l'idée de stéréliser les habitants de ces communes.. car enfin tôt ou tard, les habitants de ces communes devront expliquer à leurs enfants pourquoi ils les ont mis au monde et se sont opposés à la construction de nouveaux logements pour eux ! Il vaudrait mieux que cette explication ait lieu avant que les enfants n'aient à payer les factures de la dépendance de leurs parents !

8) Personne n'a parlé de ces 30% de logements qui sont sous occupés à Genève par des retraités coincés dans des appartements beaucoup trop grands pendant que leurs petits enfants s'entassent à plusieurs par chambre !

Pendant que le moulin à palabre genevois sur le logement s'est remis en marche ce sont 27 habitants de plus chaque jour qui se sont installés dans le Genevois franco suisse. 18 habitants par jour qui se sont installés dans le Genevois français et le district de Nyon loin des transports en commun. 10 automobilistes de plus chaque jour. Il faudrait construire un nouveau CEVA tous les 7 ans pour stabiliser les problèmes de transport à la catastrophe actuelle ! Des milliers de Genevois continuent de chercher désespérément un logement : millionaires et ouvriers sont "logés" à la même enseigne de la pénurie.

J'ai donc décidé de créé un nouveau blog collectif ici : des logements pour les Genevois. Ouvert à tous ceux qui voudront écrire une note sur la question de la crise du logement. Tous ceux qui se sentent concernés par le sujet et qui ont des idées peuvent envoyer leur note pour publication à mon adresse : antoine.vielliard@usa.net

03/03/2010

Logements : les réponses évasives de Mark Muller produiront les mêmes effets

Ce matin sur Radio Cité, Mark Muller a tenté d'apporter des éléments de réponse à son incapacité à construire des logements à Genève conformément à ses engagements personnels de campagne, les engagements de Genève vis-à-vis du Genevois français et les engagements du Conseil d'Etat aux Genevois dans le discours de Saint Pierre. A écouter ici (émission du 3 mars).

Aucune explication d'un contexte particulier en 2009 qui aurait pu permettre d'expliquer le chiffre lamentable de seulement 1230 logements construits. Aucune proposition pour changer les choses en 2010. Mark Muller propose de continuer comme avant. Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, cela risque bien de se traduire par à nouveau 1230 logements construits en 2010 ! M. Muller le sait bien puisqu'il ne s'est pas fixé d'objectif public de constructions pour 2010. A ce rythme, d'expulsion de sa population dans le Genevois français il faudrait construire un nouveau CEVA tous les 7 ans pour simplement stabiliser l'engorgement des routes du Genevois franco suisse. Le vote du 2ième CEVA par le Grand Conseil aurait ainsi déjà un an de retard.

M. Muller prétend que le canton travaille avec les autorités françaises sur un deuxième projet d'agglo. Cessons cette mascarade : il ne peut y avoir un second projet d'agglo que le jour où M. Muller tiendra les engagements pris lors du premier projet conclu en 2007. Genève a déjà accumulé un retard de près d'un millier de logements. Les mots que j'emploie sont beaucoup moins violents que les conséquences sur la vie des gens des politiques incohérentes qui sont menées actuellement. Par ailleurs, il est bien plus néfaste pour le projet d'agglo que M. Muller ne tiennent pas les engagements pris plutôt que de le constater publiquement.

M. Muller rappelle justement que la construction n'est pas de l'autorité des communes. Pourtant lors des élections pour le Grand Conseil et le Conseil d'Etat les uns et les autres rappelaient à quel point l'implication des communes est nécessaire à la réussite des projets de construction. Pourquoi certaines communes parviennent à faciliter la construction de suffisament de logements et d'autres bloquent tout logement ?

Ce matin aucune proposition nouvelle de la part de M. Muller. Aucune proposition de modification des lois d'urbanisme et de construction. Constatant l'échec des lois cantonales genevoises pour construire suffisament de logements, M. Muller aurait par exemple pu proposer d'appliquer pendant une période transitoire le droit vaudois, ou au moins de s'inspirer de certaines règles vaudoises.

Aucune remise en question des choix économiques : est-il pertinent de vouloir continuer à faire venir les hedge funds de Londres tant qu'il n'y aura pas assez de logements pour les habitants ?

Aucune explication de blocage ou demande de moyens ou de pouvoirs spéciaux pour pouvoir apporter des solutions réelles à la pénurie de logement. Aucune demande d'aide.. M. Muller souhaite simplement poursuivre le travail avec des méthodes qui ont prouvé leur échec.

Aucune proposition pour inciter les communes à s'impliquer dans la construction de logements. Elles continueront à s'opposer plutôt qu'à jouer leur rôle d'intermédiaire avec les opposants.

Aucune proposition pour que les tribunaux puissent imposer aux opposants abusifs d'assumer financièrement les surcoûts de construction qu'engendrent leurs oppositions abusives. Ces surcoûts continueront d'être payés par les mal logés.

Aucune proposition de réquisitionnement.

Bref aucune proposition pour construire des logements pour les Genevois et cesser d'exporter cette pression foncière intolérable. Le slogan des Libéraux durant la campagne cantonale était pourtant "+ de logements". Cette absence de réponse est inquiétante pour la qualité de vie et le pouvoir d'achat de tous les habitants du Genevois franco suisse... et semble inquiéter jusque dans les rangs Libéraux genevois.

 

PS : Contrairement à ses espoirs, M. Muller m'aura encore sur le dos après les élections régionales du 22 mars et tant qu'il ne tiendra pas ses engagements tant vis à vis des Genevois que du Genevois français... il devrait aussi avoir pas mal de députés, de journalistes et de Genevois sur le dos.

01/03/2010

Quand les socialistes du genevois français remercient Genève de ne pas construire les logements promis !!!

Ce matin, Pascal Décaillet a invité les Maires socialistes de Saint Julien en Genevois et d'Ambilly pour débattre des positions que j'ai prises au sujet des dernières statistiques de construction de logement à Genève : seulement 1230 logements construits en 2009 contre 1600 promis dans la charte d'agglo de décembre 2007, 2500 promis en décembre 2009... et 5000 nécessaires pour stopper l'aggravation des problèmes de circulation. Vous pouvez écouter le débat de ce matin en ligne : émission du 1er mars.

Pour les camarades du parti socialiste, ça prend beaucoup de temps de construire des logements - merci pour l'évidence - et "ils y travaillent avec leurs collègues genevois et ça avance" - merci pour l'absurdité puisque les chiffres démontrent le contraire. Quand on commence à raconter des évidences et des absurdités on peut aussi bien dire "le soleil et dans le ciel et la terre est carrée", mais celà relève alors plus de la poésie surréaliste que de la politique. Je n'ai même pas pu répondre à ces propos. Pour y répondre il aurait fallu que leurs propos soient rationels.

Cela révèle en revanche deux biais. Le premier sur les relations institutionnels entre le Genevois français et les autorités du canton. Jusqu'à présent elles ont été fondée sur des naïves et hypocrites politesses : on signe une charte d'engagement d'agglo. Les personnes informées savent que le canton estiment ce projet d'agglo irréalisable et il n'a d'ailleurs pas la moindre intention de tenir ses engagements contractuels. Dommage parce que côté Français tout le monde a pris les promesses à la lettre et continuera de le faire. Et on a bien l'intention de contraindre le Conseil d'Etat à tenir ces engagements quitte à prendre à témoin les habitants de Genève eux-mêmes puisque les mêmes promesses leur ont été faites. Jean-Michel Thénard (PS) et Guillaume Mathelier (PS) ont la naïveté d'affirmer que les choses avancent alors que tout prouve que deux ans après la signature du projet d'agglo les constructions reculent ! Ils redoublent de politesses obligées. Pour améliorer la vie des habitants du Genevois franco suisse, la franchise et la sincérité feront beaucoup plus que des politesses naïves et hypocrites.

Le second biais c'est sur la vie politique française. Les camarades du parti socialiste ont grandi au biberon de la lutte des classes. A l'époque il fallait systématiquement dire le contraire de ce que disait un concurrent politique. Quelqu'un devrait dire à ces alliés de la faucille et du marteau au Conseil Régional que le mur de Berlin est tombé en 1989. Qu'il est temps de dialoguer de manière ouverte et constructive plutôt que de nier des faits dans le débat politique comme ils l'ont fait ce matin. Le problème c'est que dans la France du bipartisme, le débat politique n'est fait que d'invective entre les héritiers de la lutte des classes. Les déficits et les dettes explosent tant dans les comptes de l'Etat que ceux de la Région... et ils continuent de s'invectiver plutôt que d'assumer leurs responsabilités respectives.

Heureusement, nous sommes là pour porter les préoccupations des habitants sur le logement et l'explosion des dettes publiques. Pendant que Jean-Michel Thénard et Guillaume Mathelier remercient Genève de ne pas construire de logements, entre le quart et le tiers des nouveaux logements du Genevois français sont achetés par de jeunes suisses que le canton a expulsé faute de construire des logements. La pression foncière prive les infirmières, les fonctionnaires, les employés des entreprises, les retraités de pouvoir d'achat et de qualité de vie. Hier sur le marché de Collonges sous Salève j'ai rencontré un jeune qui travaille 6 jours sur 7 et qui s'est vu refusé un logement : son salaire ne lui permet pas de se loger. Les prises de positions électorales de Jean-Michel Thénard et de Guillaume Mathelier ce matin sont pitoyables au regard de la détresse de ce jeune... et des dizaine de milliers de genevois mal logés.