22/04/2010

Trop de logements dans les communes françaises ?

Nombreux sont les élus genevois qui critiquent un rythme effréné de construction de logements coté français. Ils dénoncent le nombre élevé de construction de logements mais surtout le mitage du territoire qui conduit à ce que tant d’habitants vivent loin des réseaux de transports et soient contraints à l’utilisation de la voiture.

 

 

D’abord sur le nombre de logements. Beaucoup d’habitants des communes françaises partagent ce même diagnostic. A Saint-Julien la préservation du cadre de vie face à une urbanisation jugée excessive est l’une des principales préoccupations des habitants. Nombreux sont ceux qui se plaignent d’une urbanisation mal maitrisée, mal planifiée et qui n’est pas accompagnée des équipements publics correspondants (crèches et école en particulier) ou des routes comme dans le projet de Chabloux. Mais surtout une urbanisation qui ne préserve pas d’espaces de respiration naturels.

 

 

Mais dans le même temps, ils constatent que les prix de l’immobilier continuent de grimper, ce qui pénalise leur pouvoir d’achat. Les jeunes et tous les actifs qui ont des revenus en euros ne parviennent pas à se loger. Le tiers des nouveaux logements sont occupés par des Genevois désespérés de pouvoir se loger dans le Canton de Genève. Cela contraint les Maires à une surenchère d’urbanisation éloignée des réseaux de transports. Ville-la-Grand a du construire des logements pour les Villa-magnins aussi bien que pour les habitants de Puplinge, puisque Puplinge n'en construisait aucun. Challex (01) a du construire ceux qu’Avully n’a pas construit.

 

 

Beaucoup de communes françaises aimeraient pouvoir moins construire, mais toutes veulent qu’il y ait des logements abordables pour leurs enfants ce qui suppose qu’il y ait assez de logements pour tous. Même avec le rythme effréné d’urbanisation du Genevois français, les prix continuent de monter sous l’effet des 10 000 nouveaux arrivants par an. Plus les communes genevoises construiront de logements, plus les communes françaises pourront éviter de contribuer au mitage.

 

 

En revanche, il y a un reproche qui est particulièrement valide c’est la répartition de cette urbanisation. Le Schéma de Cohérence Territorial (SCOT) de la Communauté de Communes du Genevois prévoyait une urbanisation proportionnelle dans chaque commune. On prolongeait le mitage existant du territoire pour l’avenir au lieu de le concentrer à proximité des futurs réseaux de transport. Encore cette semaine, la commune de Saint Julien révise son Plan Local d'Urbanisme pour autoriser des logements dans le hameau de Norcier pourtant éloigné de la ligne D.

 

Ce SCOT était l’issue d’une négociation entre communes, car les habitants sont aussi affaires de recettes fiscales. Comme le souligne justement CEDH souvent dans les commentaires, un habitant frontalier c’est un habitant qui contribue deux fois à la commune (en taxe locale comme les autres et en fonds frontaliers en plus). Les communes françaises sont donc incitées fiscalement à construire le plus possible. A Genève comme dans le Genevois français, la fiscalité locale et la péréquation intercommunale sont des déterminants essentiels des choix d’urbanisation… et de leurs incohérences.

 

 

La révision prochaine du SCOT dans le Genevois doit penser l’urbanisation future en fonction des axes de transport en commun. Puisqu’on prévoit 32 000 habitants de plus dans le canton de Saint Julien, autant penser l’urbanisation pour que ces habitants ne soient pas 32 000 automobilistes supplémentaires. Cela suppose de concentrer l’urbanisation à proximité des futurs axes de transport en commun d’une part pour les rendre viables et d’autre part pour éviter d’engorger encore plus les routes.

 

 

Les conséquences de cette urbanisation recentrée sur les budgets municipaux des petites communes ne seront pas anodines. Autant coté Genevois il est nécessaire d’améliorer la péréquation en faveur des communes qui construisent, autant coté français il va devenir nécessaire d’ameliorer la péréquation intercommunale en faveur des communes qui acceptent de limiter les nouveaux terrains constructibles.

21/04/2010

Mark Muller n'aime pas ce blog !!!

Lundi soir, lors du Conseil Communautaire du Genevois, Bernard Gaud, son Président, m'a informé "officiellement" que Mark Muller, Conseiller d'Etat du canton de Genève qui, depuis 2005, à la responsabilité de la construction de logements à Genève n'apprécie pas mon blog ! Mark Muller aime la flatterie. Il y a des exécutifs comme ça. Peu importe.

Pendant longtemps les relations politiques transfrontalières étaient fondées sur la politesse. On ne se disait surtout rien d'essentiel. Et on jouait aux diplomates internationaux pour parler de problèmes de voisinage. Un ou deux élus locaux se prenaient pour des ministres des affaires étrangères. On parlait de non-ingérence transfrontalière comme si nos problèmes communs étaient dissociables ! Ainsi allaient, et vont encore les réunions du CRFG (Comité Régional Franco Genevois). On n'y dit surtout rien. On s'autocongratule "parmi" (ajouteraient nos amis et voisins genevois). Un ou deux élus français utilisent encore des trésors de mauvaise foi pour ignorer que les engagements sur les logements du premier projet d'agglo de 2007 n'ont été tenus ni en 2008, ni en 2009. Fermer les yeux leur permet de ne pas avoir à demander de comptes. C'est plus facile, mais ça ne fait rien avancer aux problèmes des habitants qui subissent quotidiennement les incohérences politiques entre le Genevois français et le canton de Genève : transports paralysés, crise du logement, chômage qui touche les jeunes et les seniors, espaces naturels mités.  La qualité de vie des habitants du Genevois franco suisse continue de se dégrader jour après jour, pendant que les participants du CRFG avalent leurs petits fours.

Le Genevois franco suisse a besoin d'un respect mutuel fondé sur la franchise, la sincérité et la confiance plutôt que sur des politesses hypocrites et des engagements trahis.

La pénurie de logements dans le Genevois franco suisse a des conséquences dramatiques pour les habitants du Genevois français qui ont des revenus en euros. Policiers, retraités, jeunes ménages, employés, médecins, caissières, maçons, professeurs, infirmières sont expulsés de leur propre commune par l'exportation de la pression foncière de Genève. Cela saccage toute l'activité économique et publique du Genevois français. Cette pénurie de logements à proximité des réseaux de transport aggrave l'encombrement des routes. Chaque logement qui n'est pas construit à Genève c'est un automobiliste de plus. 50 000 voitures de plus dans 20 ans, soit 200 km de voitures les unes derrières les autres à ajouter sur des routes déjà encombrées. Ce blog n'a pas pour objet de plaire à Mark Muller mais bien d'être le « portevoix » de tous ceux qui m'ont accordé leur confiance, et même des autres.

M. Muller a tort de ne pas apprécier ce blog. Ses résultats seront loués ici comme dans tout le Genevois franco suisse... dès que M. Muller aura été à la hauteur de ses promesses : 2500 logements par an, on s'en contentera dans un premier temps, même si cela est dérisoire face à l'ampleur de la pénurie. On proposera que des places et des rues portent son nom. Des résidences, des quartiers ou des citées "Mark Muller". La Légion d'Honneur même, soyons fous ! Peut être pas de statues, mais toute la gloire éternelle pour M. Muller... pourvu qu'il y ait des logements pour les habitants du Genevois franco suisse.

Pour que ces flatteries soient crédibles demain, il faut avoir aujourd'hui l'honnêteté de souligner l'incompétence du Conseiller d'Etat. Une incompétence qui peut se mesurer précisément en nombre de logements de retard accumulés par rapport aux engagements pris : 887 logements de retard sur les seules années 2008 et 2009... et le défi est grand pour 2010 puisque la barre a été élevée à 2500 logements en décembre dernier. Une incompétence qui n'est pas irrémédiable mais qui est pour l'instant bien réelle. Bien sûr M. Muller n'est pas le seul responsable -vendredi dernier c'est M. Muller qui a proposé le déclassement des Cherpines, et ce sont les Verts, l'UDC et quelques socialistes qui ont voté contre- mais c'est le plus haut responsable.

La question n'est pas de flatter M. Muller, mais bien de construire suffisamment de logements à proximité des bus afin que les habitants du Genevois franco suisse et les nouveaux arrivants puissent se loger dans des conditions décentes et se déplacer sans voiture. N'en déplaise à Mark Muller, le temps des flatteries arrivera après celui des résultats.

20/04/2010

Conseil communautaire du Genevois et projet d'agglo

Hier soir avait lieu le Conseil Communautaire de la Communauté de Communes du Genevois. Un Conseil communautaire remarquable. Trop souvent dans trop de collectivités, les Conseils Communautaires ou les Conseils Municipaux se limitent à l'approbation de délibérations. Neuf fois sur dix, il s'agit de délibérations de gestion courante qui ne donnent pas lieu à débat. Le Conseil Communautaire d'hier soir ne comptait que trois délibérations qui n'ont pris que 10 minutes pour être adoptées. En revanche deux présentations et deux débats : l'un sur l'utilisation par les scolaires de la piscine de VitamParc et la seconde sur le projet d'agglomération avec un compte rendu des PACA de Bernex et de Saint Julien (PACA : plan d'aménagement concerté d'agglomération).

La présentation des PACA est remarquable. Le travail technique impressionant. Tout y est pour que chacun y trouve son compte : la préservation des campagnes, une urbanisation humaine, la transformation de notre agglomération du tout voiture à un réseau performant de transports en commun. Même le fameux barreau sud y est. Enfin, le Genevois franco suisse se donne les moyens de planifier son avenir plutôt que de le subir.

Ce projet est extrêmement motivant. Ce n'est qu'en anticipant les problèmes communs de logements, de transport, d'emploi et de préservation des espaces naturels et agricoles que nous pourrons y apporter des solutions.

Pour autant, il ne faut pas faire preuve de trop de naïveté. Il ne s'agit pour l'instant que de rêve sur papier glacé qui demande à être traduit dans les faits. Or il y a encore beaucoup d'hypocrisie dans ce projet d'agglo. Une hypocrisie qu'il convient de clarifier.

1) Certains élus français et suisses se moquent du projet d'ensemble pour l'agglo et ne se préoccupent que des subventions fédérales. Si le Conseil d'Etat s'est engagé en 2007 à réaliser 1600 logements par an alors qu'il affirme aujourd'hui en être incapable à court terme c'est parce qu'il ne s'est engagé dans le projet d'agglo que sous la contrainte de Berne pour recevoir des subventions fédérales. La même hypocrisie existe côté français. Un ou deux Maires acceptent sans réagir que les engagements pris par Genève aient été violés en 2008 puis à nouveau violés en 2009 tout simplement parce qu'ils sont les heureux destinataires d'une partie des subventions bernoises - 80 millions de Francs suisses destinés à des infrastructures sur sol français, une somme à mettre en relation avec les 700 à 800 millions de Francs des impôts prélevés sur les frontaliers, ou à l'opposé aux montants considérables de TVA perçu par l'Etat Français dans le Genevois français. L'aveuglement est tel que ces Maires sont prêts à nier des évidences en public. Ces stratégies à court terme qui consistent à ne garder du projet d'agglo que les projets subventionnés par Berne (ou par Paris) sont irresponsables. Tous les investissements en transport en commun ne changeraient rien à la qualité de vie des Genevois puisqu'ils ne suffiraient pas à transporter les 200 000 nouveaux habitants qui devraient s'installer loin des réseaux de bus. Il faudrait alors enlever du projet d'agglo tous les P+R, tous les équipements publics décentralisés... et le barreau sud. Cela se traduirait par plusieurs dizaines de milliers de voitures en plus sur les routes du Genevois et une paralysie généralisée. Le projet d'agglo deviendra réellement crédible lorsqu'on aura commencé les discussions lourdes sur le financement local de tous les équipements auxquelles Berne et Paris ne participeront pas.

2) L'hypocrisie de quelques participants. Dans les tables rondes sur le projet d'agglomération on est étonné de la bonne volonté de chacun. Côté français on affiche l'ambition de créer des emplois et de participer aux développements des transports en commun. Côté Genevois on affirme comprendre la nécessité de construire des logements. Et deux semaines plus tard on s'apercoit que ces mêmes personnes qui participent au projet d'agglo et les 50 000 logements prévus sur les 20 prochaines années votent contre le déclassement des Cherpines (Anne Mahrer et les Verts genevois) ou pire encore, soutiennent le recours contre le déclassement (Christina Meissner à l'UDC). Les Cherpines ne sont pourtant qu'un micro pas dans la direction des objectifs communs du projet d'agglo. Un test de la bonne volonté genevoise. Le projet d'agglo a une cohérence d'ensemble. Pour réduire les nuisances du trafic il faudra un tram de Saint Julien à Genève. Pour que ce tram soit possible il faut que Perly accepte de se développer. Rien ne le garantit à ce jour. Sans la bonne volonté de Perly c'est tout le PACA de Saint Julien qui tombe à l'eau. Rien ne garantit la bonne volonté de Perly aujourd'hui. Les mentalités évoluent positivement mais lentement. Au delà du paradis sur papier glacé que décrit le projet d'agglo, il serait utile de décrire l'enfer généralisé que serait notre agglomération avec 200 000 habitants dont on n'aurait pas planifié l'arrivée. En particulier ce que deviendrait le village de Perly traversé en 2030 par 30 000 voitures chaques jours. Nous aurions alors clairement deux options sur la table : un développement urbain certes mais organisé, planifié, maitrisé qui préserve la qualité de vie, ou la poursuite de la désorganisation actuelle qui conduit au sacage de notre qualité de vie à tous.

3) Impliquer les décideurs : De part et d'autres ce sont les habitants qui décideront au final. De manière directe côté genevois avec de probables nombreux référendums et votations. De manière indirecte côté français où seuls les élus qui se feront les porte-paroles de préoccupation des habitants seront réélus. Des campagnes de communication sont prévues. Mais la com' n'y suffira pas. Il faut aussi un débat politique commun en toute transparence - un débat commun auquel je m'efforce de contribuer. Des médias communs pour débattre de nos problèmes communs. Une culture politique commune qui fait gravement défaut. Il faudra tout simplement se connaitre - il y a deux semaines, un Maire me demandait le nom de cette Conseillère d'Etat qu'il ne connaissait pas. Il faut que le débat politique commun ne se limite pas seulement au projet d'agglo mais aussi à la santé, à la formation, à l'accès aux marchés des entreprises...etc...etc... Il est nécessaire d'impliquer le "souverain" dans la définition de l'agglo afin de s'assurer de son engagement durable - et je parle ici du peuple souverain des deux côtés de la frontière et pas de Nicolas Sarkozy.

Enfin, il y aura une grand hypothèque sur le projet d'agglo : la faillite financière de l'Etat français qui en 2010 prévoit des dépenses deux fois plus élevées que les recettes. Une faillite à peine atténuée par la déchéances des moyens des régions et des départements. En Suisse les moyens publics sont très localisés, en France nous concentrons l'essentiel de la ressource publique dans les services d'Etat. Ce sera une difficulté de financement considérable qui nous imposera de piocher dans les recettes propres générées par notre agglomération. Le projet d'agglomération devra en partie se financer dans les recettes fiscales supplémentaires qu'il générera.

19/04/2010

Déclassement des Cherpines : un signe de bonne volonté genevoise

Vendredi la commission aménagement du Grand Conseil Genevois a déclassé des terrains aux "Cherpines". Une zone située sur les communes de Plan-les-Ouates et de Confignon entre l'autoroute et la ville. Certains estiment que 3000 logements pourraient y être construits à terme. Ce déclassement devra encore être adopté en plénière par le Grand Conseil puis sera peut être soumis à un vote populaire.

Un déclassement bienvenu, même si les délais habituels des procédures genevoises ne permettent pas d'espérer des logements disponibles avant une à deux décennies. Pas de quoi soulager la crise immédiate, mais au moins un petit signe de bonne volonté vis à vis du Genevois français. Genève prend elle les dispositions nécessaires pour résoudre sa crise du logement ou est-ce que Genève continue d'exporter sa pression foncière au détriment des habitants et des entreprises du Genevois français ?

La majorité a accepté d'assumer les responsabilités genevoises. On note cependant encore trois oppositions à ce déclassements :

1) Les maraichers et des agriculteurs de la Plaine de l'Aire qui souligne qu'il s'agit de terres parmi les plus fertiles. Ces agriculteurs veillent bien à ne pas mentionner à quel point l'air y est vicié par la pollution. Les bouchons qui s'y développent rendent l'air des Cherpines totalement pollué. Les cardons y poussent au milieu de particule de gazoil chaque jour un peu plus nombreuses à mesure que le trafic qui ne passe plus sur la route de Chancy ou celle de Saint Julien se déporte sur la route du Pont du centenaire et la route de base. 3000 logements construits aux Cherpines, accessible par les transports en commun, ce sera environ 3000 voitures en moins. Soit environ 12 kilomètres de bouchons économisés. Ils constitueront ce soir un comité référendaire avec l'argument genevois par excellence : "des logements oui, mais pas chez moi", ils n'auront qu'à faire un copier-coller des argumentaires irresponsables des élus Libéraux des communes genevoises qui ont mis de l'huile sur le feu (Pierre Weiss, Christiane Favre, Mark Muller et Daniel Zaugg dans la Plaine de l'Aire précisément ou encore les élus de Veyrier). Ces opposants ont trouvé un slogan simpliste : Beton contre jardin... auquel toute personne sensée répondra par un autre slogan tout aussi simpliste : "Logements contre cardon au gazoil".

2) L'UDC s'est opposé à ce déclassement. Ils estiment que l'on peut construit ailleurs. De ce point de vue ils ont raison. Mais cela n'est pas un argument pour s'opposer à ce déclassement puisqu'on devra non seulement construire aux Cherpines ET ailleurs. Il y a déjà entre 50 000 et 100 000 logements de retard pour atténuer la crise du logement à Genève et ce ne sont pas les Cherpines seules qui permettront de résoudre le problème. J'ai du mal à comprendre comment un parti qui se veut nationaliste peut contribuer à exiler toute la jeunesse genevoise en France et l'inciter ainsi à devenir française dans 10 ans. L'UDC préfère peut être que la jeunesse genevoise s'exile et devienne française. Parfois on se demande si la xénophobie de l'UDC ne se double pas aussi d'une juvénophobie.

3) Anne Mahrer, pour les Verts genevois, a recommandé de surseoir à la décision de déclassement tant qu'une solution de remplacement n'aura pas été trouvée pour les maraîchers concernés par la décision.

a) D'une part, les maraichers concernés auront le temps de voir pousser des cardons au gazoil encore longtemps si l'on constate que les projets en construction actuellement ont mis plus d'une décennie à passer la course d'obstacle des tracasseries administratives genevoises.

b) D'autre part, il est curieux de mettre sur un même plan les solutions de rechange nécessaires pour quelques maraîchers et des logements pour 3000 familles qui actuellement n'en ont pas ! Je propose à Mme Mahrer de surseoir à toutes ses oppositions contre les déclassements et les logements tant que des solutions de LOGEMENT n'auront pas été trouvées pour les 50 000 à 100 000 familles genevoises mal logées ou exilées.

c) J'ai du mal à comprendre comment des défenseurs de l'environnement peuvent accepter de contraindre tant de familles à aller vivre loin des réseaux de transport en commun. 3000 logements de construits aux Cherpines près des réseaux de transport ce sont 3000 voitures en moins sur les routes.

d) Enfin, si les Verts genevois étaient cohérents, ils demanderaient aussi à surseoir aux dérogations fiscales qui font venir tant de traders et de professionnels des hedge funds. Il me semble que c'est leur Conseiller d'Etat, le Vert David Hiller qui s'en fait le chantre. Ces traders et ces professionnels des hedge funds ont besoin de logements.

e) Mme Mahrer vante la collaboration transfrontalière. Elle était encore il y a deux ou trois semaines à une réunion de travail sur le Plan d'Aménagement Concerté d'Agglomération (PACA) Bernex-Saint Julien. Le projet d'agglo prévoit plusieurs dizaine de milliers de logements rendus nécessaires par l'arrivée massive de nouveaux habitants chaque année. Le déclassement des Cherpines est un tout petit pas dans la direction du projet d'agglo. On peut s'interroger de la sincérité de certains Verts lorsqu'on constate qu'ils prétendent accepter la construction de dizaine de milliers de logements sur 20-30 ans, mais s'opposent à un déclassement pour 3000 logements dans 10 ans ! La collaboration transfrontalière c'est très bien... quand on passe aux actes. Après les promesses de Robert Kramer, il serait temps que les Verts Genevois prouvent la sincérité de leur engagement contre le mitage de notre agglomération.

16/04/2010

Frontaliers et chômage à Genève : quelques faits

Si on s’arrête aux préjugés sans regarder les faits, l’affirmation « les 52733 frontaliers occupent les emplois des 14887 chômeurs genevois » pourrait passer pour une évidence.

 

 

Une évidence qui ne résiste pas aux faits :

 

1) Il n’y a aucune corrélation à Genève entre l’évolution du nombre de frontaliers et le nombre de chômeurs à Genève comme le montre les courbes ci-dessous. S’il y avait le moindre lien de causalité, il y aurait une corrélation statistique. (cliquer sur le graphique pour le voir en plus grand)

frontaliers et chomage à Genève.JPG
2) Dans la série statistique du nombre de chômeurs et du nombre de frontaliers il y a d’ailleurs plus de contre-exemples. Ainsi sur les 14 dernières années couvertes par les statistiques de l’OCSTAT dont je dispose, le nombre de frontaliers et le nombre de chômeurs ont évolué dans le même sens seulement 6 fois… et dans des sens opposés 8 fois ! Ainsi l’année 2006 au cours de laquelle le nombre de frontaliers a le plus augmenté, fut une année durant laquelle le nombre de chômeurs a baissé à Genève. En 1997, le nombre de frontaliers a baissé et c’est aussi l’une des années ou le nombre de chômeur a le plus augmenté. Le nombre d’emplois à Genève n’est pas une quantité fixe qui se partagerait dans un jeu à somme nulle entre Genevois et frontaliers. Il y a une très faible corrélation statistique entre les frontaliers et les chômeurs à Genève, et cette correlation est l'inverse de celle que défend le MCG. C’est plutôt un même marché d’emplois où les uns et les autres subissent les mêmes aléas et un marché de l'emploi au développement duquel chacun doit contribuer.

frontaliers et chomage à Genève2.JPG

 

 

 

3) Les emplois sont confiés selon la compétence et les qualifications : un emploi revient au candidat le plus compétent, les administrations et syndicats étant chargées de veiller à supprimer toute sous-enchêre salariale possible. L’attribution d’un passeport n’a lui rien à voir avec la compétence ou l’incompétence. Un Etat a besoin d’entreprises performantes et les entreprises sont performantes lorsqu’elles recrutent des employés compétents. Tout autre mode d’attribution des emplois relève du piston – ça existe et cela nuit beaucoup au développement économique.

 

4) Dans le cadre des accords bilatéraux la Suisse et l’Union Européenne ont pris des engagements mutuels sur la libre circulation et sur la non discrimination. L’Union a eu du mal à imposer ces engagements chez les pays signataires de l’Union au début. Mais petit à petit, tout le monde comprend que même les administrations publiques ont intérêt à recruter selon la formation et la compétence plutôt que selon le passeport ou plutôt que de laisser des emplois publics vacants. Cela oblige les Etats à investir un peu plus dans la formation. Contrairement à ce qu’affirme le MCG, je n’ai jamais vu d’offres d’emploi indiquant « Frontaliers seulement ». En France, ni même dans l'ensemble de l'Union, il n'y a pas à ma connaissance d'offres d'emploi "Offre interdite aux Suisses". En revanche à Genève il y a encore quelques offres d’emploi discriminatoires dans les journaux : « Suisses, Permis B ou Permis C uniquement » contrevenant à l’esprit et à la lettre des accords - et tout simplement au bon sens économique, puisque la compétence et le permis n'ont rien à voir.

 

Par ailleurs, ces courbes montrent contrairement aux idées reçues que l’entrée en vigueur des accords bilatéraux en juillet 2004 n’a rien changé à l’évolution du nombre de frontaliers qui est stable depuis 2001. Mais les préjugés ont la vie dure. Ils sont encouragés par des mots étonnants : « France voisine » plutôt que « Genevois français », ou ces panneaux indicateurs dans tout le canton qui désignent par le vocable unique de « France » des directions aussi opposées que « Thonon » à l'est, « Annemasse » au sud, «Saint Julien en Genevois » à l'ouest, ou « Ferney Voltaire » au nord comme un ailleurs inconnu. Ils sont encouragés par des réflexions entendues ici où là selon lesquels les frontaliers devraient être reconnaissants d'avoir un emploi, comme si le canton de Genève faisait venir des entreprises par philanthropie ou que les entreprises recrutaient des frontaliers par philanthropie.

 

Pour certains esprits simplistes, l’accusation contre les frontaliers est une solution d’autant plus facile que toutes les apparences semblent aller dans cette direction : ce sont principalement les habitants du Genevois français qui doivent se rendre à leur travail en voiture et rendre ainsi visible leur lieu d’habitation. Ce sont donc principalement des voitures françaises qui encombrent les routes faute de transports en commun transfrontaliers. Les préjugés ne s’occupent pas de prendre en considération que ça fait bien longtemps dans le Genevois franco suisse que la couleur des plaques ne témoigne pas de la nationalité des conducteurs (ni même de leur lieu d’habitation).

 

 

En revanche ces déséquilibres posent des questions auxquelles il faut apporter des réponses :

 

1)  La politique économique genevoise doit créer plus d’emplois qui correspondent aux compétences des chômeurs Genevois plutôt que de continuer à attirer des emplois avec leurs employés qui aggravent les crises du logement et de la mobilité. Les courbes ci-dessus montrent que la politique économique de Genève depuis 15 ans attire de nombreux emplois mais ne réduit pas le nombre de chômeurs. Simplement parce que les emplois attirés sont déjà occupés et ne correspondent pas aux qualifications des chômeurs genevois.

 

2)  Les formations genevoises doivent améliorer l’adéquation entre les qualifications et les besoins, plutôt que de faire venir des personnes formées. Pour ne prendre que l'exemple de la Banque Privée qui est l'un des secteurs économique important à Genève, il est surréaliste que l’Ecole Internationale des métiers de la Banque Privée n’ait pas été fondée à Genève il y à 30 ans ! Une meilleure formation des banquiers privés aurait permis d’éviter que certaines banques genevoise ne se compromette pas dans la vente de fonds Madoff.

12/04/2010

La soudaine contraction du bassin d’emploi de Genève

La croissance économique de Genève est due à une attractivité fiscale forte (exonération quasi-totale d'impôts sur les sociétés proposée à certaines entreprises en contrepartie de leur installation), une qualité de vie, et un bassin de main d'œuvre très qualifiée.

Deux de ces atouts sont en train de disparaître très rapidement. La qualité de vie d'abord. La crise du logement contraint les nouveaux arrivants à se loger de plus en plus loins, de plus en plus mal et de plus en plus cher. Ils mettent souvent plus de 6 mois à trouver un logement alors que bien souvent ils ne restent que 3 ou 4 ans sur place.

La qualité de vie se détruit aussi très rapidement du fait de l'engorgement massif des voies de circulation. Les bouchons augmentent à vue d'œil. Au temps perdu s'ajoute la pollution de l'air et la pollution visuelle de files de voitures continuent.

Ces faits sont connus et observés. Ce qui l'est moins c'est que le bassin d'emploi risque de se réduire considérablement et très rapidement au fur et à mesure que les bouchons se développent.

Il y a quatre ans, les chefs d'entreprises se plaignaient de voir leurs salariés les quitter les uns après les autres. Ils étaient contraints de chercher un emploi à Genève pour avoir les moyens de vivre dans le Genevois français. Aujourd'hui, ils constatent que leurs employés préfèrent rentrer dans leur région d'origine plutôt que de subir de tels temps de transports.

Il y a quatre ans, il suffisait d'aller travailler un peu plus tôt ou un peu plus tard pour circuler correctement. Ces stratagèmes ne suffisent plus. Plus aucun itinéraire n'est dégagé à aucune heure décente pour aller travailler.

Le nombre d'habitants qui logent à 35 minutes des lieux d'emplois est encore d'environ 600 000 personnes, soit environ 300 000 actifs. A mesure que l'engorgement des routes s'accélère de manière exponentielle, les distances parcourues en 35 minutes se réduisent. Dans cinq ans, ce sont plus de 50 000 personnes supplémentaires qui auront emménagées dans le Genevois franco suisse, soit environ entre 15 et 25 000 voitures supplémentaires sur les routes. Un engorgement exponentiel qui réduira le nombre de personnes logées à 35 minutes de leur lieu de travail.

Il y aurait 50 000 habitants supplémentaires, mais 100 000 de moins logés dans un rayon de 35 minutes de leur lieu de travail ! Au total, environ 25 000 actifs qualifiés de moins dans le bassin d'emploi de Genève.

Cela ne se produira pas de manière progressive et lente mais de manière brutale et soudaine puisque la paralysie des transports suit des lois exponentielles : il suffit de quelques voitures en plus ou en moins pour passer d'un trafic fluide à un engorgement complet. On le voit pendant les vacances scolaires, il suffit qu'il y ait 10% de voitures en moins pour que le trafic devienne totalement fluide. Lorsque cette contraction aura lieu, il faudra environ 10 ans pour corriger ses effets en modifiant la politique économique, la politique du logement et en intensifiant la politique de développement d'infrastructures de transports.

11/04/2010

Voitures, emplois, logements : l’équation à trois inconnues de Genève

L'équation du Genevois franco suisse est simple : elle est à trois variables, les emplois, les logements et les voitures.

5000 emplois importés par an = 5000 logements par an ou 5000 voitures par an !

En offrant à des entreprises multinationales une exonération presque totale de l'impôt sur les sociétés, les autorités cantonales attirent environ 10 000 personnes par an dans le Genevois franco suisse, soit environ 5 000 emplois importés. Ces emplois importés doivent être occupés par des personnes qualifiées. Comme les emplois importés sont de niveau national ou international, ils sont occupés par des personnes qui n'habitent pas encore Genève. Des personnes qui doivent se loger. Variable numéro 1.

Une majorité des communes Genevoises, une génération de papy boomers bien logés et des propriétaires s'opposent aux constructions de logements proche de chez eux. Résultat, seulement 1230 logements construits à Geneve en 2009. Variable numéro 2.

Les « impatriés » dont les revenus sont élevés, parviennent à se loger dans les 0,2% de logements vacants. Ils contraignent les Genevois à quitter le canton et à aller résider dans le Genevois français. Installés loin des réseaux de transport en commun ceux-ci sont obligés d'utiliser leur voiture pour se rendre sur leur lieu de travail. Au total ce sont environ 3000 voitures supplémentaires par an sur les routes du Genevois franco suisse. Les bouchons augmentent de manière exponentielle et touchent maintenant des routes de campagne secondaire. Il faudra bientôt utiliser les chemins de terre pour rentrer chez soi.

Comment Genève peut résoudre cette équation à 3 inconnues :

  • 1) Orienter la politique économique vers une croissance interne créatrice d'emplois qui correspondent aux qualifications des chômeurs plutôt que d'importer des emplois existants avec les personnes qui les occupent. En bref, créer des emplois pour les personnes qui sont déjà logées et au chômage plutôt que pour des personnes qui ont déjà un emploi mais pas encore de logement à Genève.
  • 2) Construire autant de logements que le canton fait venir d'impatriés. Cela suppose de reduire les tracasseries administratives de fonctionnaires zélés et bien logés, de dissuader les utilisations manifestement abusives du droit d'opposition, d'impliquer les communes par une meilleure péréquation financière, déclasser suffisamment de terrain par rapport aux besoins en logements.
  • 3) Réaliser les projets d'infrastructures d'envergure pour permettre une utilisation importante des transports en commun transfrontaliers. Au rythme actuel d'arrivée de population, il faudrait une ligne de CEVA supplémentaire tous les 7 ans pour simplement maintenir les bouchons à leur déplorable niveau actuel.

Aucun de ces trois leviers n'est suffisant en soi, ils doivent être activés partiellement ensemble pour qu'il y ait autant de logements nouveaux que d'emplois nouveaux et autant de capacité de transports en commun que de besoin. Ces trois leviers sont nécessaires pour que les politiques publiques genevoises soient plus respectueuses de la qualité de vie des habitants du Genevois franco suisse.

09/04/2010

Le métro câble, rapide et pas cher pour le Genevois

CIMG2129.JPGMardi soir était organisée une conférence sur le transport par câble en milieu urbain. Une idée qui peut sembler louphoque pour nous qui sommes habitués à ne voir le cable que dans les stations de ski. Pour avoir emprunté celui de Medellin et vu celui de Lisbonne, j'ai voulu en savoir plus.

Selon ses promoteurs le transport par câble en milieu urbain offre de nombreux avantages par rapport à tous les autres modes de transports. Pour se limiter à la comparaison avec le tram, en voilà quelques uns :

- Environ 72% de moins d'énergie consommée par passager transporté -absence de frottement et matériel plus léger,

- Entre 4 à 7 fois moins cher que le tram en investissement par kilomètre parcouru - les pilônes coûtent moins cher que les routes à refaires et les lignes à installer.

- Environ 3 fois moins cher que le tram en coût de fonctionnement

- Entre 1,5 et 2 fois plus rapide que le tram

- Une capacité de transport qui peut aller jusqu'à 5000 passagers à l'heure supérieure, au tram.

Enfin, deux arguments complémentaires, l'impact des travaux d'installation sur la circulation existante est très faible et très courte et le flux de cabine est naturel et continue à l'opposé des horaires fixes et contraignant des trams.

Si le transport par câble s'est imposé en montagne c'est qu'il permet de passer des obstacles naturels avec peu de travaux de génie civil. Un avantage aussi intéressant en milieu urbain dont les obstacles ne sont pas naturels mais au moins aussi nombreux qu'à la montagne. Le transport par câble à un autre intérêt, le coût de construction est surtout proportionnel au nombre de stations mais assez peu à la distance parcourue. Cela en fait une option à considérer pour notre agglomération qui a la caractéristique unique au monde d'avoir disposé sa campagne entre son centre ville et sa périphérie. Cette particularité bucolique de notre agglomération rend la construction de réseaux de transport en communs transfrontalier exhorbitants en raison des kilomètres à parcourir dans des espaces faiblement habités (route de Chêne, Perly par exemple). Cela rend aussi les transports en commun peu attractif car le temps de transport dépasse les limites acceptables par les usagers. Même en tram, il faudra encore 35 minutes pour aller de Saint Julien à Lancy Pont Rouge par exemple.

Selon ses promoteurs un transport par câble à 4 mètres au dessus de la route entre Saint Julien et Bachet de Pesay coûterait environ 24 millions de francs suisse. Un montant faible en comparaison des 140 millions de francs suisses du tram Cornavin-Meyrin-Cern. La vitesse du du câble pourrait permettre d'effectuer ce déplacement en 18 minutes seulement rendant ce mode de transport particulièrement attractif.

Les transports en commun dans le Genevois franco suisse doivent parcourir des distances élevées dans des zones peu denses. Cela renchérit les coûts et limite l'attractivité des transports classiques. Ce sont les raisons principales qui ont empêché le développement d'un réseau de transport en commun efficace. Le transport par câble en milieu urbain peut être une alternative intéressante. La loi sur le Grenelle de l'environnement contraint les collectivités locales à apporter la preuve que le mode de transport utilisé est le plus attractif pour la collectivité. Le projet du tram de Saint Julien doit donc apporter la preuve que le tram est plus attractif que le transport par câble pour obtenir des financements d'Etat.

Il se développe dans de nombreuses villes : Medellin, Lisbonne, Alger, Bolsano, Rio, Madère, Coblence, Barcelone, Hong Kong, Constantine. vous trouverez plus d'informations sur le sujet en ligne :

http://www.sur-la-toile.com/article-5408-Le-telepherique,...

http://www.ddmagazine.com/831-Le-Le-telepherique-et-la-vi...

http://telepherix.free.fr/

 

08/04/2010

Ordre du jour de l'Association Régionale de Coopération du Genevois jeudi 8 avril

Ce soir aura lieu la seconde réunion de l'Association Régionale de Coopération du Genevois en tant que Syndicat Mixte à 20h au bâtiment Athéna à Archamps. La réunion est ouverte au public. L'ARC est l'un des plus grands syndicats intercommunaux de la région Rhône-Alpes puisqu'elle regroupe les 350 000 habitants des communes du Genevois français. Une structure intercommunale qui remplacera le SYMBAL qui s'occupait de coordonner le soutien régional aux communes du Genevois français. Une structure juridique territoriale qui sera l'interlocuteur unique du canton de Geneve dans les discussions sur le projet d'agglomération.

La première réunion a duré deux heures et a consisté à élire les vices présidents... sachant qu'il n'y avait qu'un seul candidat par poste à pourvoir. Pas très intéressant, mais nécessaire.

La seconde réunion de ce soir, aura pour objet le budget et les emplois principalement. Puis quelques points plus politique sur le projet d'agglo : création d'un GLCT transfrontalier qui permettra de recevoir les financements français et suisses sur le projet d'agglo, demande de soutien de l'ADEME pour un plan climat énergie territorial, demande de subvention auprès de la région Rhône Alpes.

L'ARC fédère bien naturellement des élus de toutes sensibilités politiques - comme pratiquement TOUS les syndicats intercommunaux. L'exécutif tient tout particulièrement à la culture du consensus si nécessaire au bon fonctionnement des syndicats intercommunaux. Mais il y a deux formes de consensus, le consensus mou, sans débat, sans choix, sans option... il conduit a l'inaction. Et il y a le consensus fort, celui issus de débats sincères, francs, ouverts et non sectaires. Un consensus qui nécessite d'accepter d'abord le chaos du débat constructif duquel émergera des solutions nouvelles et consensuelles.

Dans la vie politique française, on sait si peu construire du consensus qu'on préfère trop souvent éviter le débat, trop chaotique au gout des exécutifs. L'inaction découle de cette absence de débat. Les solutions nouvelles émergent toujours des débats les plus vifs.

J'espère que nous travaillerons au sein de l'ARC à l'élaboration d'un consensus fort issus de débat musclés qui permettront d'améliorer la qualité de vie des habitants du Genevois -quelque soit leur nationalité-. J’espère modestement y contribuer… notamment en proposant aux délégués que l’ARC tire les conséquences des violations répétées du canton de Genève des engagements pris en décembre 2007 de construire 1600 logements par an – engagement porté à 2500 logements dans le discours de Saint Pierre de décembre 2009.

Ce matin sur Radio Cité, le député Liberal Daniel Zaugg m'incitait à travailler au projet d'agglo. J'étais à la réunion de la semaine dernière sur le PACA Bernex Saint Julien qui pourtant le concerne, et je ne l'y ai pas vu. Par contre j'ai lu les tracts électoraux cosignés par MM. Zaugg, Weiss et Muller dénonçant ce PACA ! La coopération transfrontalière est absolument nécessaire, mais encore faut-il que le canton respecte la parole donnée tant aux partenaires qu'aux Genevois eux-mêmes. Daniel Zaugg félicitait Mark Muller d'avoir signé la première charte d'agglomération.. Il oubliait de préciser que les engagements pris par Mark Muller en décembre 2007 envers l'ARC sur la construction de logements ont été violés tant en 2008 qu'en 2009. La fiabilité des partenaires est impérative pour une bonne coopération.

Vous trouverez l'ordre du jour ci-dessous :

Ordre du jour ARC 8 avril (1).pdf

Ordre du jour ARC 8 avril 2010 (2).pdf

Ordre du jour ARC 8 avril 2010 (3).pdf

La ligne D Saint-Julien-Genève victime de son succès

Inauguration ligne D.jpgHier avait lieu l'inauguration de la nouvelle ligne D entre Saint Julien et Genève. Depuis le mois de décembre, les capacités de l'une des rares lignes de bus transfrontalières ont été augmentées de +40%. La fréquence aux heures de pointe est passée de15 à 12 minutes. Les nouveaux bus peuvent accueillir 174 passagers contre 150 pour les anciens. Une augmentation de capacité extrêmement utile alors que seulement environ 4% des déplacements quotidiens transfrontaliers sont effectués en transport en commun contre 25% pour les déplacements entre Vaud et Genève.

Une augmentation de capacité bienvenue : ce sont environ 3205 voitures en moins sur les routes, environ 3000 tonnes de CO2 en moins émises par année et environ 1000 euros d'économie par an pour les nouveaux usagers (voiture, parking, essence). Ces améliorations ont été apportées avec un surcoût assez faible pour la collectivité parce qu'il s'agit de transport en commun.

Par ailleurs, l'extension de la ligne D jusqu'à VitamParc les mercredis et samedis est co-financée par la Migros. Un soutien privé de Migros à un transport public à applaudir alors que d'autres entreprises se préoccupent plus d'évasion fiscale, de bonus à des managers irresponsables que de responsabilité sociale et publique. Dans cette affaire, Migros est exemplaire pour son comportement responsable.

Ce nouveau contrat pour la ligne D a été conclu pour les 7 prochaines années. Seulement 3 mois après son inauguration, la fréquentation de la ligne D a déjà augmenté entre +30% et +45% selon les sources. Quelque soit ce chiffre, il indique que la ligne D sera très vite saturée. Dans un an, deux tout au plus.. mais bien avant l'échéance des 7 ans prévue par le contrat. Au vu des délais de négociation, il faudrait presque déjà commencer à travailler au prochain contrat, à peine l'inauguration terminée !

C'est un joli succès pour cette ligne D, mais cela souligne les déséquilibres existants dans l'agglomération du Genevois franco suisse. Le sous équipement en transport en commun transfrontalier est flagrant. Le succès quasi immédiat de cette nouvelle ligne D montre que les nouvelles lignes de transport en commun transfrontaliers seront prises d'assaut partout où elles arriveront. Aujourd'hui les habitants sont prêt à utiliser les transports en commun, c'est l'absence d'offre transfrontalière qui en limite l'usage.

Mais ce succès souligne aussi une seconde incohérence. Si les transports en commun transfrontaliers servent au canton de Genève à exporter encore plus de population alors ils ne résoudront rien aux problèmes de transport et aux déséquilibres économiques du Genevois. Les capacités nouvelles seront immédiatement prises d'assauts par une partie des nouveaux habitants que le canton aura fait venir dans le Genevois et que les communes genevoises auront refusé de loger. Ces nouvelles capacités ne pourront absorber ces besoins de transports supplémentaires : il faudrait un CEVA supplémentaire tous les 7 ans pour absorber autant de nouveaux pendulaires.

Pour les habitants du Genevois français la poursuite de cet exode des Genevois aurait des conséquences dramatiques : destruction des emplois privés et publics en raison de la pression foncière intolérable, expulsion des ménages modestes et des jeunes ménages du Genevois français, aggravation de la paralysie généralisée dans les transports pour toute la région. Les maçons, les professeurs, les policiers, les fonctionnaires territoriaux, les caissières, les infirmières n'ont déjà plus les moyens de vivre dans le Genevois français, tout particulièrement les jeunes ménages.

La collaboration entre le canton de Genève et les autorités françaises est nécessaire pour préserver aujourd'hui et améliorer demain la qualité de vie des habitants. Les problèmes de logement et de mobilité passent à travers les frontières, les élus qui veulent les résoudre doivent aussi les dépasser. C'est le sens du projet d'agglomération auquel beaucoup participent. Mais il ne suffit pas d'y participer, il faut encore tenir les engagements qui y ont été pris. Le canton de Genève a pris en décembre 2007, l'engagement de construire 1600 logements par an. Un engagement ridiculement faible au regard des 5000 logements nécessaires pour stopper l'aggravation des problèmes de mobilité. Un engagement ridicule pourtant déjà violé en 2008, puis à nouveau en 2009 avec seulement 1230 logements construits. Cette violation des engagements du canton est un coup de canif porté à la coopération transfrontalière.

Il faudra pourtant retrouver la voie de la coopération sur les logements pour que se poursuive la coopération sur les transports en commun. Il faudra que les autorités cantonales tiennent leur engagement de construire 1600 logements, et maintenant 2500 logements par an pour que la coopération transfrontalière sur les transports en commun se poursuive.