21/05/2012

21 propositions pour un député de terrain

21 propositions pour un député de terrain.jpgNous avons besoin d'un député qui travaille à ce que les lois qui s'applique ici, prennent en compte aussi la situation frontalière du Genevois Haut-Savoyard. D'un député qui travaille à rattraper les 30 ans de retard sur le développement des transports en commun dans le Genevois Haut-Savoyard. D'un député qui contribue à l'émergence de l'agglomération genevoise plutôt que de voir le lancement des travaux du CEVA boycotté par l'Etat. Nous avons besoin d'un député qui apporte des solutions concrètes à la question du pouvoir d'achat des salariés en euro en amendant les lois pour qu'elles permettent la construction de suffisament de logements abordables pour tous. Nous avons besoin d'un député qui rende possible les soins de santé des frontaliers sur leur lieu de travail et dans le Genevois français en 2014.

Nous avons tout simplement besoin d'un député, au sens premier de ce que doit être un député : quelqu'un qu'on envoit pour nous représenter dans les instances de décision nationale et pas un simple petit commercial qui nous ressort des argumentaires partisans pour justifier ou contester des décisions gouvernementales auxquelles il ne prend pas part.

Vous trouverez en lien ici nos 21 propositions. Il n'y en a pas 1000, ni même 100, mais 21 pour qu'elles soient lisibles et réalistes. Parce qu'il n'y en a que 21 vous comprendrez les thèmes sur lesquels nous voulons concentrer notre action pour être efficaces. Elles sont concrètes parce que la politique souffre des grandes théories sans lendemain et du bla-bla inutile. Elles sont précises pour que vous puissiez plus facilement nous demander des comptes. Nous vous rendrons comptes des avancées sur chacune de ces propositions comme j'ai pu le faire en mars au sujet de mes propositions des élections cantonales.

Chaque jour, nous vous présenterons l'une de ces propositions en l'expliquant et en la détaillant. Si vous jugez nos propositions intéressantes alors ne les gardez pas pour vous et partagez les avec votre entourage. Vous pouvez vous aussi convaincre 3, 4 ou 5 personnes pour que nous ayons un député de terrain pour le Genevois Haut-Savoyard.

02/05/2012

Le financement Français du CEVA bouclé ! Reste les logements à Genève à construire !

Après beaucoup trop d'années de palabres, le financement de la partie Française du CEVA est bouclé conformément aux engagements pris par les partenaires Français. Cela a pris trop de temps et souligne à quel point nous avons besoin de simplifier notre mille-feuille administratif : nous avons d'autres choses à faire de notre argent public que d'entretenir des administrations concurrentes. Dans cette affaire, des haut-fonctionnaires d'Etat et quelques élus nationaux ont entretenu un travail de sape permanent, estimant innacceptable que le premier réseau de transport express de Haute-Savoie puisse être ailleurs qu'à Annecy-Le-Vieux.

Il est curieux de constater que vue de Lyon, l'agglomération genevoise est la seconde plus grande agglomération de la région Rhône-Alpes devant St Etienne et Grenoble, mais vue d'Annecy-le-Vieux, l'agglomération genevoise est moins importante que l'agglomération Annecienne. Nous avons besoin de nous affranchir des réseaux partisans qui en l'espèce sont des réseaux d'intérêts qui ne défendent que d'autres territoires.

C'est une étroite concertation entre les élus de la région et ceux du département qui a permis que le dossier soit bouclé. Depuis quelques mois, le département de la Haute-Savoie prend de plus en plus la mesure de l'importance du fait Genevois : son importance (deux fois plus d'actifs frontaliers que dans le décolletage), ses effets des plus bénéfiques (en terme de création de richesse) aux plus néfastes (en terme d'inégalités et de coûts publics). Il se donne par ailleurs les moyens d'agir. Le solde du financement du CEVA doit principalement venir du fonds d'infrastructure créé à la fin 2011 avec les fonds frontaliers cantonalisés et communaux. Nous l'avons créé pour cela et c'est à cela qu'il doit servir. Au total c'est le département de Haute-Savoie qui sera le premier financeur des investissements sur le CEVA. La Région Rhône Alpes est le premier financeur pour le fonctionnement.

Pour les habitants, le CEVA est bien plus que le chainon manquant entre Annemasse et Cornavin. Il s'agit surtout d'un transport public régional rapide, fiable et fréquent de Nyon à Thonon, de Bonneville à Cointrin, de Cornavin à St Gervais, de Rive à Annecy.

Le CEVA peut changer la donne dans notre région, si en parallèle se réalisent les logements au coeur de l'agglomération. Si nous échouons sur le logement, nous échoueront aussi sur le CEVA : au rythme actuel, Genève aura chassé de ses frontières plus d'habitants pendulaires que le CEVA ne pourra en ramener. L'aménagement absurde de Genève réduit à néant l'impact du CEVA sur l'amélioration de VOTRE qualité de vie. Ce serait alors 2 milliards de CHF d'investissement réduit à néant en raison de l'irresponsabilité des Maires indignes qui refusent de loger leurs enfants. A ce jour, 40% des pendulaires frontaliers sont des citoyens helvétiques chassés de leur pays par la pénurie de logements !

De ce point de vue là, les choses sont au contraire inquiétantes. Si les partenaires Français tiennent leurs engagement sur le financement du CEVA deux ans avant le début des travaux, côté suisse au contraire on a atteint un record historique sur la faiblesse de la production de logements en 2011.

La semaine dernière avait lieu à Chêne-Bougeries une réunion publique de présentation des projets de logements autour de la future gare du CEVA de Chêne-Bourg. Dans la salle, que des têtes blanches, très représentatives de ce gigantesque EMS à ciel ouvert que sont devenus Chêne-Bourg et Chêne-Bougeries. Des techniciens présentent le projet de construction de logements. Aucun élu cantonal pour expliquer l'extrême urgence du besoin en logements pour les Chênois. Aucun représentant de ces générations entières frappée par la gravissime pénurie. Seulement des vieux genevois, bien logés à des prix défiant toute concurrence dans des appartements trop grands qui s'insurgent qu'on puisse construire des logements pour leurs propres enfants - comble de l'égoïsme d'une génération. Et cerise sur le gateau, les deux Maires de Chêne-Bourg et de Chêne-Bougeries qui exacerbent ces égoïsmes de génération et s'oppose à tout logement : une libérale et un écologiste, "Conservateurs de toute idéologie unissez-vous" pourrait-on dire.

S'il n'y a pas assez d'usagers logés à Chêne-Bourg pourquoi y construire une gare et marquer l'arrêt ? Faut-il vraiment des arrêts de trams tous les 300m à Chêne-Bougeries vue la si faible densité de logements sur la route de Chêne ? Ce qui m'inquiète le plus c'est que mercredi soir à Chêne-Bougeries il n'y avait que des techniciens. Aucun représentant des partis cantonaux, aucun député, aucun conseiller d'état : personne pour expliquer aux Chênois concernés la situation dramatique de la jeunesse genevoise et les effets désastreux d'un aménagement qui chasse les actifs à plus de 60km de leur lieu de travail. Aucun travail d'explication. Aucun travail pour porter une vision politique. Il faudra un peu plus de courage politique de la part des élus genevois pour régler les problèmes de notre agglomération.

Si nous échouons sur le logement, le CEVA ne servira à rien. Il ne réduira en rien les flux massifs de pendulaires mais réduira partiellement leur augmentation. Nous ne pouvons pas nous permettre un échec sur le logement.

La France a tenu ses engagements sur le CEVA deux ans avant le démarrage des travaux. Genève doit désormais tenir les siens en rattrapant les 30 ans de retard sur la construction de logements. Genève s'y est engagé il y a 5 ans. Depuis, les chiffres de livraison de logements montrent au contraire que plus nous développons les transports en commun, plus les Maires indignes genevois s'exhonèrent de leur responsabilité de construire des logements pour leurs propres enfants.

26/04/2012

Anne-Emery Torracinta et la gestion de la pénurie de logements à Genève !

Anne-Emery Torracinta est candidate PS pour l'élection partielle au Conseil d'Etat. Elle a résolument fait de la question du logement un axe majeur de sa campagne électorale. ENFIN un élu Genevois qui commence à sortir de la place du Molard et à comprendre les préoccupations des Genevois. Il semble que nous autres élus français comprenons mieux les préoccupations des Genevois puisqu'ils habitent de plus en plus dans nos communes et que NOUS, nous les rencontrons sur le terrain, sur les marchés et les supermarchés du Genevois Français... pendant que les élus genevois discutent entre eux sur la place du molard.

Oui Anne-Emery Torracinta a raison de faire du logement la question centrale de sa campagne. C'est parce qu'il n'y a pas assez de logements abordables à Genève qu'il n'y a pas assez de policiers, d'enseignants et d'aides soignants. C'est parce qu'il n'y a pas assez de logements abordables à proximité des lieux d'emplois et des réseaux de transports que les habitants se logent de plus en plus loin et détériorent sans le vouloir nos conditions de circulation à tous et la qualité de notre air. C'est le refus de densité au coeur de l'agglomération qui conduit à la destruction majeure d'espaces naturels et agricoles. C'est l'insuffisance de logements qui conduit les Genevois à s'exiler et à représenter désormais 40% des frontaliers au risque d'augmenter les tensions sociales à fleur de peau. J'espère que Pierre Maudet saura aussi poser ce diagnostic : le problème du logement est au coeur de tous les autres problèmes de l'agglomération genevoise... Plus personne ne sera jamais élu à Genève s'il n'apporte pas de réponses fortes aux questions sur le logement.

Ce n'est pas le tout de poser la question du logement au coeur du débat. Encore faut il apporter des solutions. Les propositions d'Anne Emery Torracinta sont intéressantes. Elle propose de limiter les loyers. Elle propose encore que le canton acquiert des terrains et se transforme en promoteur immobilier. Des propositions qui peuvent permettre à la marge de réduire les loyers pour quelques milliers d'habitants. Une forme de gestion de la pénurie. C'est bien, mais franchement pas à la hauteur de la gravité de la situation. Le problème de départ c'est la pénurie. On ne résoud pas la pénurie en la répartissant mais en construisant des logements. Anne-Emery Torracinta ne propose pas qu'il y ait plus de logements pour tous, elle propose simplement que les logements qui sont construit soient accessibles à ses clients électoraux.

Que dit Anne-Emery Torracinta sur le fait que les communes socialistes sont les communes du canton qui construisent le moins de logements et contribuent donc le plus à l'aggravation de la pénurie ? Que dit Anne-Emery Torracinta sur le fait que Genève a construit autant de surface habitable que prévu mais que les logements étant 30% plus grands cela se traduit par 30% de logements en moins ? Que dit Anne-Emery Torracinta sur la simplification d'une procédure qui prévoit la possibilité de contester à 4 étapes successives pour un même projet ? Que dit Anne-Emery Torracinta du plan directeur cantonal qui ne prévoit que 2500 logements par an alors qu'il en faudrait 3700 pour loger les Genevois... et contre lequel s'oppose les maires socialistes qui le juge au contraire excessif ? En faut-il plus ou en faut-il moins ? Que dit Anne-Emery Torracinta du fait que pendant que 80% de la jeunesse genevoise est condamnée à l'exil faute de logement abordables, les plus âgés vivent au contraire dans des appartements gigantesques à des prix dérisoires ? Que dit Anne-Emery Torracinta du fait que 30% des logements sont sous occupés à Genève ? Que dit Anne-Emery Torracinta des normes réglementaires sur le logement social à Genevois qui sont si complexes qu'elles interdisent à des promoteurs extérieurs de casser le cartel local dont la capacité de production est inférieure aux besoins des Genevois ? Que dit Anne-Emery Torracinta sur la fiscalité communale qui incite les communes à construire des villas (+5% en 2011) plutôt que des appartements (-40% en 2011) parce que les résidents des villas sont plus "rentables" pour les communes que ceux des appartements ?

Anne-Emery Torracinta ne dit rien de tout cela. Pour elle la question du logement c'est de faire en sorte que les trop rares logements disponibles puissent servir exclusivement à des personnes qui votent pour elle...mais même dans ce cas là, cela ne bénéficierait qu'à une toute petite partie des électeurs socialistes. A ce jour, elle n'a encore aucune proposition pour construire des logements pour tous les Genevois. Encore quelques semaines pour faire des propositions sur la construction d'assez de logements pour les Genevois.

PS : bientôt une note sur les propositions de Pierre Maudet sur le logement.

16/04/2012

Le blog de Gabriel Doublet, Maire de St Cergues

Photo Gabriel Doublet.jpgParmi les multiples avantages d'un blog d'élu, il y a celui de savoir ce qu'un élu a dans les tripes. A la lecture des notes, on peut comprendre petit à petit les valeurs qui l'anime, ses motivations, ses combats. On mesure si l'élu en question s'éparpille à toucher à tout ou au contraire s'il sait concentrer son action sur ce qui est important pour les habitants.

Le nouveau blog de Gabriel Doublet, Maire de St Cergues, est à mon avis remarquable. Gabriel Doublet a été élu Maire à la suite d'une élection partielle provoquée par la démission de la majorité des conseillers municipaux. Que la quasi totalité d'un Conseil Municipal prenne pleinement ses responsabilités et refuse de n'être qu'une chambre d'enregistrement était remarquable. Trop souvent dans nos collectivités, dans les communes autant que dans les commuanutés, les exécutifs ont peur du débat. Peur que la solution qui pourrait émerger pourrait être différente de leur idée de départ. Peur que ce débat puisse susciter des divisions. C'est faire fausse route : ce n'est au contraire que d'un débat à bâton rompu que peu émerger des solutions nouvelles et fédératrices. Trop souvent les conseils municipaux et communautaires se laissent transformer en chambre d'enregistrement - comme le parlement d'ailleurs. L'initiative du Conseil Municipal de St Cergues me semblait intéressante pour tous les Conseils Municipaux du Genevois français.

Mais ce n'est qu'avec ce blog, que chacun peut voir les valeurs de Gabriel Doublet. Des points de vue pondérés, mesurés, équilibrés et pragmatiques même sur des sujets aussi difficiles que celui des gens du voyage. Nos points de vue sont proches en particulier sur la question du rééquilibrage de la production de logements et sur le scandale de la faiblesse des constructions dans le canton de Genève. Mais, contrairement à moi, Gabriel ne fait jamais l'erreur d'oublier de rappeler que les Genevois chassés de leur propre canton sont toujours les bienvenus. Il rappelle sans cesse et avec pertinence que nos positions communes ne sont certainement pas contre nos cousins victimes du manque de courage des décideurs genevois, mais bien contre les irresponsables socialistes, libéraux et verts qui organisent par lâcheté ou par intérêt cette pénurie de logements. Ses prises de position ne prettent donc jamais le flanc à la caricature trop facile d'un conflit franco suisse.

Gabriel Doublet fait partie des rares élus locaux qui affirment leur point de vue sur les questions nationales : dans le respect de celles des autres, mais sans concessions et sans excuses. Il ne sert à rien de ménager la chèvre et le chou dans des positions mi-figue-mi raisin histoire de ne déranger personne à exister... il faut dire ce qu'on pense et travailler et débattre avec ceux qui pensent autrement. Il se trouve que nous partageons sur les questions nationales aussi le même point de vue : celui de l'urgence du rétablissement de l'équilibre des comptes publics par les exportations, la formation et la moralisation de la vie publique. Nous avons tous deux présenté la candidature de François Bayrou à l'élection présidentielle. Alors que les communes dépendent des dotations d'état pour équilibrer leurs budgets, Gabriel montre l'exemple à tous en prenant ses responsabilités et en affirmant ce qui doit être dit avant qu'il ne soit trop tard. Avec tous les centristes de France, nous pourrons regarder les Français dans les yeux dans quelques mois lorsque les évidences que nous affirmons aujourd'hui seront reconnues par tous ceux qui multiplient les promesses illusoires comme les brigands signent des chèques en bois.

Je vous recommande vivement de lire le blog de Gabriel Doublet. Un élu qui fait manifestement partie de la relève pour construire l'avenir du Genevois français.

15/04/2012

L'agglomération genevoises sur France 3

Hier, Bernard Gaud, Président de l'ARC, Michel Charrat, Président du Groupement des Frontaliers et moi-même avons participé à l'émission La Voix est Libre sur France 3 consacré à l'agglomération genevoise. Cette émission a permis d'expliquer les difficultés spécifiques de cette agglomération pour améliorer la qualité de vie des habitants, les enjeux, les craintes et les espoirs.

Vous pouvez visionner cette émission en ligne en cliquant sur le lien ci-dessous :

La Voix est Libre sur l'agglomération genevoise (partie 1)

La Voix est Libre sur l'agglomération genevoise (partie 2)

05/04/2012

1 ha de terres agricoles préservées à Genève = 3 ha de terres agricoles détruites

La semaine dernière j'étais invité par les agriculteurs de la zone franche du genevois français pour intervenir à l'assemblée générale des laiteries réunies à Palexpo en tant que représentant des autorités françaises. Vous trouverez un extrait de la fin de mon intervention ici (enregistré à mon insu par un participant qui a bien voulu me le transmettre).

Les Laiteries Réunies sont un des symboles même de notre agglomération : voilà des décennies et des siècles que la zone franche s'organise au delà de la frontière. Aux Laiteries Réunies ont vit la région genevoise depuis longtemps : je n'ai aucun doute, on doit s'y engueuler de temps en temps aussi, rien de plus normal, mais on vit cette région à l'échelle de ses frontières naturelles plutôt qu'administratives.
podcast

Le sujet de mon intervention était simple et précis : préserver de manière excessive les terres agricoles genevoise revient à détruire 3 fois plus de terres agricoles dans notre région. Cela peut sembler étonnant, mais plus on s'éloigne du coeur de l'agglomération, plus la densité des constructions se réduit (comme partout ailleurs dans le monde sauf à Los Angeles peut être). Dans le cas de notre région, et malgré les efforts importants de densification qui sont en cours, la densité est environ 3 fois inférieure loin du coeur de l'agglomération.

La conséquence est directe : à chaque fois qu'on préserve 1ha de terre agricole à proximité des lieux d'emplois dans le canton de Genève, on détruit 3ha dans le Genevois français et le canton de Vaud. Il y faut en effet 3 fois plus d'espaces pour loger autant d'habitants. Un enjeu qui menace les terres agricoles du Genevois français sur lesquelles paissent les vaches qui produisent l'essentiel du lait consommé à Genève. Certains pourraient objecter qu'il revient aux agriculteurs français de protéger aussi leurs terres agricoles.. c'est à dire de chasser nous aussi nos enfants et de repousser à notre tour nos problèmes à nos voisins d'Alby sur Chéran et de Rumilly.. et consommer 9 fois plus de terres agricoles. Créer des problèmes de mobilité insurmontables qui rendraient inévitables des doublements d'autoroutes dont on ne veut pourtant plus.

Je crois que c'est la première fois que j'intervenais devant un peu plus de 300 personnes, majoritairement des sociétaires genevois des Laiteries Réunies.. C'était aussi la première fois que je devais passer à une telle assistance un message désagréable à entrendre : aidez nous à préserver les espaces agricoles en faisant vous aussi votre part de l'effort collectif pour loger les Genevois.

J'ai arrondi les angles, j'ai tenté d'expliquer le raisonnement :

  1. Genève fait de la discrimination fiscale positive à l'égard des multinationales étrangères
  2. Celles-ci font venir ensemble de manière directe et indirecte près de 15 000 habitants supplémentaires dans la région
  3. Genève ne construit que 1000 logements par an
  4. Les Genevois sont contraints d'aller se loger toujours plus loin
  5. A leur tour, et malgré eux, ils chassent les habitants du Genevois français toujours plus loin et en particulier les collaborateurs des entreprises françaises
  6. Tout le monde se retrouve dans des bouchons toujours plus graves et les terres agricoles sont consommées en plus grande quantité chaque année.

Conclusion : A force de vouloir préserver les terres agricoles.. On en détruit 3 fois plus.

Certes j'ai bien cité le fait qu'1 ha de terres agricoles préservées à Genève revenait à détruire 3 ha dans le Genevois français. Les agriculteurs du Genevois français ont très bien compris le sens de mon intervention mais à en croire les discussions avec quelques participants genevois, j'ai été si policé que certains ont conclu sur un contre-sens. Ils ont cru que mon intervention en faveur des espaces agricoles vallait soutien aux oppositions communales au plan directeur cantonal alors qu'au contraire le plan directeur cantonal est largement insuffisant pour loger les Genevois eux-mêmes. Je crois que la prochaine fois je serai plus direct, avec autant d'amabilité et de respect, je n'irai plus par quatre chemins : CHERS AMIS GENEVOIS, COMPRENEZ QU'A FORCE DE NE PAS VOIR LES CONSEQUENCES REGIONALES DE VOTRE REFUS DE CONSTUIRE DES LOGEMENTS POUR VOS PROPRES ENFANTS, VOUS DETRUISEZ LES ESPACES AGRICOLES DE LA REGION DANS LAQUELLE VOUS VIVEZ !

03/04/2012

Retrait en capital du 2ème pilier : 60% chez les frontaliers contre 35% chez les résidents

Alors que le Groupement des frontaliers défend l'idée de baisser les taux d'impositions pour le retrait en capital du 2ème pilier de retraite des frontaliers, j'ai défendu il y a quelques semaines l'idée qu'au contraire il faut privilégier le retrait sous forme de rente dans l'intérêt des frontaliers eux-mêmes.

J'ai depuis reçu des chiffres inquiétants sur le sujet : environ 60% des frontaliers retirent leur 2ème pilier sous forme de capital à l'âge de la retraite contre seulement 35% pour les résidents suisses (1). Sur ces 60%, on peut estimer qu'environ la moitié vivront plus longtemps que la moyenne et que la moitié de ces derniers ont un risque élevé d'avoir consommé leur capital lorsqu'ils auront dépassé l'espérance de vie moyenne. Au total, ce sont donc 15% des frontaliers qui risquent d'être, durant leurs dernières années de vie, à la charge des budgets sociaux du département et de tous les Haut-Savoyards en raison des retraits en capital du 2ème pilier. Au total, ce sont 11 500 frontaliers qui vivront au delà de 81 ans et qui auront consommé leur capital retraite dite du 2ème pilier. En estimant la charge moyenne durant les dernières années de vie à environ 30 000 euros par personne, cela revient à un coût de 346 millions d'euros à la charge du département, soit environ 1000 euros par famille Haut-Savoyarde.

Les retraits en capital de l'avoir de vieillesse de 2ème pilier coûteront tôt ou tard près de 1000 euros aux ménages Haut-Savoyards. Pour les frontaliers concernés cela se traduira par des conditions de vie minimales et la honte de vivre ses dernières années à la charge de la collectivité malgré un niveau de vie important durant toute sa vie active.

A ces problèmes du financement de la dépendance vieillesse s'ajoute l'impact de ces retraits sur la création d'une bulle immobilière dans le Genevois français. Une bulle financée notamment par des apports en capital avec les avoirs de vieillesse.

Cette situation est liée aux retraits en capital volontaires mais aussi aux retraits en capital forcés. Pour les frontaliers qui sont sans emploi à la fin de leur carrière professionnelle, ils doivent transférer leurs avoirs de deuxième pilier dans une institution de libre passage qui le plus souvent oblige à un retrait en capital à l'âge de la retraite. On peut espérer que cette obligation de retrait en capital soit abolie par une modification de la loi par le Conseil National. La législation française doit elle aussi évoluer pour que ce capital puisse être transférée en France et obligatoirement percu sous forme de rente. Une telle solution préservera l'assurance de longévité des frontaliers, les préserve contre le risque de change, préserve les intérêts des contribuables Haut-Savoyards.

(1) le chiffre de 60% est une estimation faite par des professionels des fonds de pension genevois, le chiffre de 35% est tiré du rapport au Conseil Fédéral sur l'avenir du 2ème pilier

 

27/03/2012

Compétence EAU : le fossé entre les préoccupations des habitants et les débats des élus

Voilà des années que de campagne en élection et entre les deux, je rencontre des habitants de tout le canton.. voir même un peu plus loin. Des milliers et des milliers de rencontres d'habitants, des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes, des nouveaux venus, des habitants de toujours. De ces milliers et milliers d'heures d'écoute il est clair que les préoccupations majeures des habitants de notre canton ce sont les conditions de logements et les coûts des logements, la dégradation continue des conditions de circulation et la dégradation de notre qualité de vie causée par une urbanisation mal maitrisée qui détruit les espaces naturels et agricoles. Pour apporter des solutions concrètes à ces enjeux les élus devraient se concentrer sur ces préoccupations majeures.

Absolument PERSONNE, ne m'a JAMAIS parlé de l'approvisionnement en eau potable et de son attachement à ce qu'elle soit gérée par la commune... Ah si, peut être, le Sous Préfet, extrêmement inquiet de la capacité des communes à assurer une eau de qualité à tous les habitants vue la construction frénétique de logements.

Ce soir à la Communauté de Communes du Genevois nous avons passé la soirée à parler d'un sujet qui n'intéresse pas les habitants : la compétence EAU. Nous avons eu un très long débat pour savoir si l'approvisionnement en eau potable du canton devait être de la responsabilité des communes ou de la communauté de communes. C'est à dire gérée ensemble par les élus des communes, ou géré séparément par les élus des communes : bref, le cadet des soucis des habitants.

La question est simple : vu les constructions de logements, vu les normes toujours plus exigeantes sur la qualité de l'eau et vue les sécheresses à répétition, on ne peut plus assurer un approvisionnement pérenne en eau potable avec des sources communales et des dizaines de forages communaux. Les périmètres de protection des sources vont devenir toujours plus grands et peu de communes auront les moyens de les préserver. Nous captons dans la nappe du Genevois plus que notre quote part. Ni le département ni l'agence de l'eau n'aideront les communes qui n'auront pas délégué cette compétence à une communauté. Pour l'avenir nous devons au contraire construire un forage commun dans un bras mort du Rhône qui assure la sécurité de notre approvisionnement en eau pour les décennies à venir malgré la croissance ahurissante de notre démographie. Un investissement important qui nécessite que la compétence d'approvisionnement en eau soit déléguée à la communauté de communes. Toutes les communautés de communes et d'agglo du Genevois ont fait ce pas depuis longtemps. Mais à la communauté de communes du Genevois cela fait 3 ans qu'on débat : rien que ce soir 1H30 à 60 personnes cela fait 90 heures de temps d'élu ! Voilà plusieurs soirées entières consacrées à ce sujet.

Il y a des réserves légitimes sur les surcoûts, sur la gestion de la sécurité incendie, sur la pérénité de sources dans certaines communes du Vuache, sur le prix de l'eau pour les agriculteurs, sur le prix tout court pour tout le monde... à mon avis ces réserves ont été traitées une à une par un groupe de travail. Nous devrons en traiter quelques autres ensemble.

Il y a d'autres réserves moins légitimes : "est-ce que je vais payer 10 centimes de plus durant les 3 prochaines années ?" alors qu'on va surtout pouvoir maitriser la hausse pendant des décennies malgré les normes plus strictes et les exigeances plus fortes des habitants. "Il ne restera rien aux communes" alors qu'il y a souvent tout à faire pour réinventer la vie sociale dans les communes rurales qui s'urbanise, pour accueillir ces centaines de nouveaux résidants, pour aménager, changer les habitudes des habitants d'une agglomération qui change.

Finalement la compétence eau est confiée à la Communauté de Communes par 44 voix POUR, 13 CONTRE et 3 abstentions. Mon point de vue c'est que les habitants vivent déjà dans les limites intercommunales, ils travaillent dans une commune, vivent dans une autre, font du sport dans une troisième et se promènent dans une quatrième. Les habitants de nos communes forment déjà une communauté. La communauté de communes devrait se charger de tous les sujets que les habitants vivent au niveau intercommunal : l'urbanisme parce que les habitants déménagent et vivent d'une commune à l'autre, le sport et la culture parce qu'ils font du sport d'une commune à l'autre, la voirie parce qu'il y a peu d'habitants qui circulent au quotidien exclusivement sur la voirie de sa commune.

Manifestement, il faudra consacrer les premières années du prochain mandat à construire un projet intercommunal qui permette aux communes de gérer ensemble la vie communautaire des habitants. Il faudra surtout renforcer l'esprit communautaire pour que les communes se sentent toutes parties prenantes de notre communauté.

26/03/2012

Choisissez le nom de notre agglomération genevoise

L'agglomération genevoise est une réalité quotidienne de ces habitants. Comme dans toutes les agglomérations au monde, les "Genevois" qu'ils soient Français ou Suisse, Haut-savoyards, Gessiens ou Vaudois vivent indépendamment des frontières administratives et politiques.

Comme dans toutes les autres agglomération du monde, les habitants vont se promener là où il y a de beaux paysages que ce soit en France ou en Suisse. Ils travaillent là où ils ont des opportunités professionnelles intéressantes. Ils font leurs achats là où c'est moins cher. Ils se marient là où ils veulent avec la personne qu'ils aiment quelque soit sa nationalité. Ils se logent là où ils peuvent ! Peu leur importe que ce soit dans un pays ou dans un autre. Notre agglomération binationale existe depuis longtemps dans le quotidien de ses habitants. Dans deux générations, nos descendants seront majoritairement double nationaux : ils éclateront de rire lorsqu'ils tomberont par hasard sur les interventions d'Eric Stauffer comme on regarde ces photos périmées ou ces débats surréalistes sur le sexe des anges des conciles du moyen âge.

L'agglomération est dans la vie des gens.. mais la politique a plusieurs décennies de retard. Nos problèmes dépasse les frontières, à nous d'envisager des solutions qui les dépasse aussi allègrement. C'est le sens de la constitution du Groupement Local de Coopération Transfrontalière, approuvée par le Grand Conseil Genevois en décembre dernier, les départements de la Haute-Savoie et de l'Ain, la région Rhône-Alpes, l'ARC. Ce groupement doit avoir un nom.

Il est temps aussi que le "Projet d'Agglomération Franco-Valdo-Genevois" sorte de l'état de projet pour passer à la réalité... il faudra plus qu'un changement de nom, mais il est probable que de supprimer le nom commun de "Projet" aidera à faire accoucher les esprits d'une réalité politique qui prend forme. La complexité du nom actuel est une preuve supplémentaire de son absence de portage politique : si l'on veut que les habitants comprennent que l'agglomération existe, la première chose à faire c'est de lui donner un nom.

Le comité de pilotage propose aux habitants de notre agglomération de choisir parmi trois noms : GenevAgglo, Grand Genève et Le Genevois. Vous pouvez voter en ligne à l'adresse suivante :

http://www.choisirnotrenom.com/

Personnellement, je pense que Le Genevois est le terme à la fois le plus simple et le plus fidèle à l'histoire. Ce terme historique me semble essentiel pour que tous les habitants de notre agglomération se souviennent que voilà des siècles que Genève vit étroitement avec sa région malgré les frontières des duchés, des états et des cantons. Evidemment, le Genevois désignait surtout la partie sud de l'agglomération. Mais voilà maintenant plusieurs décennies que les lois françaises désignent du terme "Genevois français" tous les territoires français qui sont dans l'agglomération genevoise notamment dans les lois liées au logement. De fait, le district de Nyon est aujourd'hui aussi pleinement dans l'agglomération genevoise comme le sont Ferney ou Divonne.

Le choix vous revient. A vous de voter.

22/03/2012

Le financement de la partie française du CEVA

Lors du lancement des travaux du CEVA à l'automne dernier, Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes avait re-re-re-re-re-confirmé, au nom des collectivités locales et de l'Etat, que la partie française financerait ses engagements y compris les augmentations de prix.

Tous les cofinanceurs ont confirmé qu'ils augmenteraient leurs contributions proportionnellement à l'actualisation des prix de la construction : cela représente plus des deux tiers de l'augmentation de prix et 85% du coût total. Il y a encore quelques surcoûts liés à des aménagements supplémentaires dans les gares, sur les aiguillages et sur les quais. La répartition de ces surcoûts est en cours de discussion entre les collectivités locales. Un travail de vérification sur l'origine de ces coûts supplémentaires est en cours pour déterminer la répartition des financements : s'il s'agit de mauvaises évaluations techniques alors les responsables techniques devront en répondre et les collectivités qui les emploient l'assumer, s'il s'agit de demandes supplémentaires de l'un des partenaires alors les demandeurs devront être les payeurs. Le tour de table financier sera bouclé lorsque l'origine des surcoûts sera clarifiée. L'Etat français qui devrait être moteur dans le tour de table y met à peu près autant de bonne volonté que Genève à construire des logements, mais peu importe si l'Etat se marginalise, la région Rhône-Alpes et le département de la Haute-Savoie avancent. Notamment avec les efforts de Christian Dupessey et Jean Jack Queyranne à la région et de Christian Monteil au département.

A titre personnel, j'ai honte des délais que mettent les partenaires français à clarifier comment ils vont se répartir leur engagement commun : encore une preuve de l'utilité la simplification administrative. Le dossier n'a pas beaucoup avancé depuis un an. Mais pour autant, l'engagement est rappelé à chaque occasion... et les travaux sur la partie française du tracé ne doivent de toute façon pas démarrer avant plusieurs années. On ne peut pas mettre sur un même plan l'absence de construction de 7000 logements depuis 5 ans et l'absence de clarté sur les modalités du tour de table pour un financement de travaux qui commenceront dans plusieurs années. Dans un cas on parle de 14 000 Genevois chassés du canton et autant d'habitants du Genevois français chassés de leurs communes, soit 28000 pendulaires supplémentaires et dans l'autre on parle de l'inconfort insupportable de ne pas connaitre déjà dans le nanocosme politique genevois le tour de table de la partie française pour des travaux qui commenceront dans 2 ou 3 ans !?!  Dans un cas on parle de nuisances massives pour des milliers d'habitants depuis plusieurs années et pour plusieurs décennies, dans l'autre on parle d'un inconfort intellectuel théorique pour les populistes genevois qui se sont opposés au CEVA voulu par la majorité des habitants. Dans un cas on parle d'un aménagement absurde qui réduit à néant l'impact d'amélioration de la qualité de vie et de la mobilité des habitants apporté par le CEVA, dans l'autre on parle de rien. Dans un cas on parle d'un aménagement absurde de notre région qui réduit à néant l'utilité publique des 2 milliards de CHF investit sur le CEVA par les partenaires français et suisses, un aménagement qui crée plus de pendulaires supplémentaires que le CEVA ne pourra en transporter, de l'autre on parle de modalités pratiques entre partenaires français.

Les engagements financiers sur le CEVA ont été pris par les partenaires français. Les engagements pris seront tenus comme doivent l'être les engagements de construction de logements au coeur de notre agglomération. En revanche, pour l'avenir, la collaboration sur les transports en commun transfrontaliers ne peut se poursuivre que si la construction de logements au coeur de notre agglomération rattrape son retard en passant la seconde vitesse, la troisième, la quatrième puis la cinquième. Cela suppose que les communes genevoises commencent à se montrer corresponsables de notre avenir commun, que les partis politiques genevois assument leurs responsabilités et expliquent publiquement à leurs électeurs respectifs l'urgence qu'il y a à construire des logements pour les Genevois, pour l'environnement, pour l'économie comme pour mettre fin à la spéculation immobilière. Que les élus genevois attachent autant d'importance à la date de livraison des logements qu'à leurs caractéristiques.

Sur les logements à Genève on a accumulé 30 ans de retard et les habitants en subissent les conséquences, sur le financement français du CEVA on est en train de perdre 2 ans d'avance et il n'y a aucune incidence sur la vie des habitants !