27/01/2011

Les Conseillers d’Etat Genevois sont-ils les bons interlocuteurs du projet d’agglomération ?

Depuis le début des discussions sur le projet d’agglomération les discussions ont lieu avec des Conseillers d’Etat.. voir même au départ à l’initiative du Conseil d’Etat et avec un financement principalement cantonal.

 

Suite à ces échanges sur notre avenir commun les positions ont évolué. Ainsi, les communes françaises ont-elles pris conscience de la nécessite de densifier l’urbanisation pour limiter le mitage et favoriser le développement futur des bus. Les Maires du Genevois français ont pu participer à ces échanges et ont pu ensuite appliquer les conclusions des discussions : les lois françaises leur donne peu de moyens mais beaucoup de pouvoirs.

 

Les institutions genevoises ne le permettent pas. Les Conseillers d’Etat contribuent à l’émergence de solutions communes… mais n’ont pas les pouvoirs de les appliquer. Les lois sont votées par des députés qui ont peu participé aux discussions de l’agglomération. Elles doivent ensuite souvent être approuvées par les électeurs Genevois qui n’ont pratiquement jamais entendu parler du projet d’agglomération et qui n’en comprennent forcément pas les enjeux pour leur quotidien. Elles doivent ensuite être appliquées par des élus communaux dont l’intérêt fiscal et électoral consiste à construire le moins possible.

 

Nous en sommes à ce stade aujourd’hui. Toutes les parties prenantes du projet d’agglomération comprennent les enjeux pour préserver notre qualité de vie commune, mais côté Genevois les décideurs n’étaient pas autour de la table. C’est ainsi que Thomas Barth, Maire de Veyrier, ou Xavier Comtesse, « penseur » Liberal genevois qui heureusement sera bientôt à la retraite, défendent des idées absurdes pour tout ceux qui ont une conscience régionale de nos problèmes communs (cf videos en lien). Il aurait pu y avoir des vidéo aussi absurdes de Verts défendant la souveraineté alimentaire dans les limites cantonales (et pourquoi pas par commune ou par quartier pendant que vous y êtes !)

 

Les élus locaux français ont cru que les Conseillers d’Etat auraient l’influence et l’autorité nécessaire pour convaincre. La réalité est tout autre : loin d’influencer les décideurs Genevois vers une vision d’avenir d’une région équilibrée, les Conseillers d’Etat ne font que gérer des équilibres politiques existants. Une réalité politique très éloignée des objectifs du projet d’agglomération.

 

Ainsi, Mark Muller ne discute avec les élus libéraux de Veyrier de l’urbanisation de leur commune que par Tribunal Fédéral interposé. Il rejette toute responsabilité dans le vote des Libéraux de Troinex contre la construction de 40 logements. Isabel Rochat n’utilise en rien de son influence pour sensibiliser ses anciens collègues de Thônex de la gravité de la pénurie de logements et de l’urgence de construire. Coté Verts, David Hiller et Michèle Kunzler ne mouillent même pas le bout de la chaussette pour sensibiliser leurs collègues écologistes de l’aspect décisif du projet des Cherpines pour prouver un tant soit peu la crédibilité des engagements Genevois sur le logement. Charles Beer n’utilise en rien de son influence sur les milieux de gauche pour sensibiliser sur l’absolue nécessité de construire pour stopper la spéculation et sur les carcans législatifs imposée à ceux qui pourraient aider a construire des logements. Chacun pourraient perdre des voix à défendre l’intérêt général sur la construction de logements.

 

J’ai appris récemment que Mark Muller a décidé de ne pas s’engager dans la campagne sur les 3000 logements aux Cherpines. Il décline déjà toutes les invitations des medias sur le sujet. A priori un véritable scandale pour un Conseiller d’Etat en charge de la construction… mais finalement, il n’a pas tort : ce serait effectivement plus efficace et plus crédible que Michèle Kunzler et David Hiller se mouillent pour expliquer à leurs amis écologistes que 3000 logements en plus aux Cherpines ce serait 3000 voitures en moins sur les routes… et que si les Cherpines ne se font pas, le Genevois français refusera les transports en commun transfrontaliers, y compris le CEVA !

 

Faute de s’engager réellement contre les blocages, les Conseillers d’Etat perdent toute crédibilité dans la résolution de la crise du logement. Ces Conseillers d’Etat gèrent leur capital politique plutôt que de l’utiliser au service de l’intérêt général.

 

Nous devons dialoguer directement avec les Genevois souverain, avec les députés et avec les Maires des communes genevoises. Il est temps que le projet d’agglomération sort des réunions d’experts et des cercles avisé pour être pris à bras le corps par la population et les décideurs.

 

Nous devons sensibiliser directement les Genevois des conséquences catastrophiques de cet aménagement absurde sur leur mobilité, sur la mixité sociale, sur leur sécurité et aussi sur la cohésion sociale entre générations. Repousser toute l’urbanisation au delà des frontières cantonales est en train de transformer la campagne genevoise en aire d’autoroute. C’est en partie le sens de ce blog.

18/01/2011

L’onde de choc des incohérences genevoises passe la frontière

(texte paru dans l'édition de samedi 15 janvier 2011 de la Tribune de Genève)

 

Mark Muller au département des constructions et Pierre-Francois Unger à celui de l’économie mènent des politiques contradictoires : l’un conduit une politique du logement restrictive avec seulement 1230 logements en 2009 pendant que l’autre fait venir toujours plus de traders et d’expatriés (près de 15’000 habitants supplémentaires l’an dernier dans notre région).

 

Chers lecteurs, vous êtes les premières victimes de ces incohérences au sommet de l’Etat genevois.

 

Coté Genevois, les traders et expatriés qui arrivent, prennent d’assaut les rares logements disponibles et chassent vos enfants du canton pour en faire des automobilistes supplémentaires sur des routes encombrées. Vos policiers, vos infirmières, vos médecins et vos professeurs ne peuvent plus se loger. Genève a pourtant besoin d’eux pour régler ses problèmes de sécurité, de crèches, d’école et d’EMS.

 

Dans le Genevois français, les salariés en euros voient leur pouvoir d’achat amputé chaque année par l’installation massive de jeunes genevois. Services publics et entreprises sont menacés par les départs successifs de leurs collaborateurs qui ne peuvent plus se loger.

 

Ces incohérences deviennent intolérables pour tous les Genevois. Il revient aux cinq autres Conseillers d’Etat de prendre leurs responsabilités en rendant cohérentes les politiques économique et du logement : doubler la construction de logements et modérer l’attractivité exogène durant les décennies nécessaires pour que ces logements sortent de terre ! Simple question de bon sens mais qui devient urgente !

 

17/01/2011

Le Genevois français n'est plus à vendre

Vous trouverez ci-dessous une photo prise hier qui symbolise très bien les déséquilibres de notre agglomération : une annonce immobilière dans le Genevois français rédigée exclusivement pour des habitants de Genève. Jusqu'à présent les agents immobiliers précisaient les deux formats de numéros de téléphone - ils ne le font plus. (cliquer sur la photo pour l'aggrandir)

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La Tribune de Genève annoncait ce matin que plus de la moitié des villas dans le canton de Genève sont achetées par des étrangers et que ces derniers dépenses deux fois plus que les citoyens suisses dans l'achat de leur résidence. Cela a un effet ricochet dans le Genevois français :

1) plus de la moitié d'une classe d'âge d'habitants de Genève s'installe dans le Genevois français chaque année et ils y représentent les deux tiers de la croissance démographique, de la croissance urbaine et de la croissance du traffic de voiture. Ils sont chassés malgré eux de leur canton faute de logements alors que l'espace urbain est gaspillé par des logements sous occupés et des zones de villas gigantesques.

2) dans les communes de la première couronne frontalière les citoyens suisses représentent déjà plus de la moitié des frontaliers.

J'imagine un instant les propos véhéments d'élus genevois si les pancartes immobilières à Genève étaient rédigées en Russe, en Chinois et en Anglais... mais pas en Français ! Cela viendra peut être aussi.

Ce mélange des populations se passera très bien lorsque les autorités cantonales auront une politique économique et une politique du logement cohérentes : lorsqu'il se construira assez de logements à Genève pour les personnes que Genève fait venir à coup d'éxonératios fiscales. D'ici là, ces déséquilibres dégradent le pouvoir d'achat de tous les habitants, la pérénité des entreprises locales et des services publics des deux côtés de la frontières. Ce mélange des populations se passera en revanche très mal tant que Genève ne considérera le Genevois français que comme une terre vers laquelle expulser sa jeunesse et ses classes moyennes. Un territoire auquel on déléguerait l'urbanisation que les communes genevoises refuse d'assumer mais rendue nécessaire par une politique d'exonération fiscale qu'elles ont choisie.

La question qui se pose pour notre agglomération est simple : voulons-nous que notre agglomération se transforme à terme en getho d'exilés fiscaux, de forfaits fiscaux, de traders et d'expatriés avec tous les problèmes de sécurité et les problèmes sociaux que cela pose ? ou voulons-nous construire une société avec sa nécessaire diversité sociale, une société forte de sa cohésion au délà des frontières ?

Un candidat socialiste genevois reprend au FN l'idée de la préférence nationale !

La semaine dernière, un candidat aux municipales du Parti Socialiste Genevois s'est mis à défendre l'idée de la préférence nationale. Il proposait d'inciter très fortement les multinationales à embaucher des employés genevois.

On comprend facilement le raisonnement de départ : l'arrivée massive d'entreprises attirées par les exonérations fiscales du canton conduit à un aflux de 15 000 personnes par an dans notre région ce qui se traduit par une dégradation du pouvoir d'achat, une pénurie de logements, une aggravation des conditions de circulation et un exode de la classe moyenne de Genève. Pour un esprit simpliste effectivement la proposition de Sami Kanaan pourrait faire du sens.

Mais cette proposition ne convainc personne : soit elle est coercitive et elle contrevient aux accords billatéraux dont Genève bénéficie amplement par ailleurs, soit elle ne l'est pas, et ce n'est que de la poudre aux yeux pour des électeurs crédules afin de se profiler à l'aube d'une échéance électorale.

Si le Parti Socialiste veut dénoncer les accords bilatéraux comme l'UDC ou le MCG, il faudra alors accepter que l'Union Européenne puisse fermer ses frontières, décider de rétablir un contrôle des changes ou des transactions, instaurer toute sorte d'obstacles aux échanges entre la Suisse et l'Union avec laquelle elle fait 60% de son commerce.

Par ailleurs, personne ne croit que les entreprises venues à Genève en raison des conditions fiscales dérogatoires resteraient si elles étaient ainsi contraintes dans leurs recrutements. Pourtant la préférence nationale contraire aux traités et aux lois, est parfois défendue par des radicaux, des socialistes et d'autres. On la retrouve, à peine modérée, à pleine page d'offres d'emplois chaque semaine sous le doux vocabulaire de "réservé aux Suisses et aux permis C"... pour ne pas écrire "Interdit aux Permis G qui sont priés de quitter leur logement pour résorber la pénurie genevoise". Des messages discrets mais fermes sont envoyés par le canton aux entreprises pour les inciter fortement à recruter des Suisses. Peine perdue, il ne s'agit pas plus de Genevois, mais de Valaisans, Vaudois ou Fribourgeois qui par leur arrivée contribuent bien malgré eux à aggraver aussi les nuisances d'un développement mal maitrisé.

Pourtant le problème soulevé par Sami Kanaan est bien réel et peut être réglé avec des propositions qui elles aussi, doivent être réelles, crédibles et possibles à mettre en oeuvre.

Il suffit que Genève fasse le choix d'orienter sa politique économique sur le développement endogène. Que Genève crée des emplois qui correspondent aux qualifications des chômeurs de notre région plutôt que d'avoir le snobisme d'attirer uniquement des emplois à forte valeur ajoutée qui accroissent les flux migratoires, dégrade le pouvoir d'achat des Genevois, augmente la pénurie de logements et aggravent les conditions de circulation... bref n'ont aucune valeur ajoutée publique. Il suffit que Genève ait pour ambition de créer des emplois plutôt que d'importer des emplois qui ont été créés ailleurs. Il faut que notre région forme beaucoup mieux, beaucoup plus et de manière plus adéquat à ses besoins.

14/01/2011

Genève offre 24 millions pour acheter le Genevois français

Je vous souhaite ainsi qu’à vos proches, une excellente année 2011 de santé, de bonheur et de succès.

Les déséquilibres persistants dans l’aménagement de notre agglomération ont conduit les élus français à refuser le renouvellement du projet d’agglo dans les conditions actuelles. Il devient inacceptable de construire autant de logements si loin des lieux d'emplois.

La signature du Genevois français est pourtant nécessaire à Genève pour obtenir les subventions fédérales aux infrastructures d’agglomération. Genève propose donc d’augmenter le reversement des fonds frontaliers en ajoutant 0,5% de la masse salariale aux 3,5% qui sont reversés actuellement (pour rappel le canton touche environ 12% de la masse salariale des travailleurs frontaliers au travers de l’impôt à la source). Ces 0,5% - soit 24 millions d'euros annuels - seraient versés dans un fond pour financer les infrastructures. Fond auquel les institutions françaises devraient aussi contribuer.

Cette proposition est dangereuse pour les habitants français et suisses du Genevois. Elle permettrait d’acheter le silence des autorités françaises sur les déséquilibres qui chassent les Genevois de leurs communes et nous condamnent tous à une paralysie généralisée des transports.

Si une telle proposition était acceptée cela aurait pour conséquence :

1)      d’autoriser Genève à poursuivre ses incohérences entre sa politique économique exogène qui fait venir 15 000 personnes par an et sa politique du logement à 1230 logements par an. Le résultat serait une hausse continue et exponentielle de l’immobilier à Genève qui continuerait d’en chasser ses classes moyennes et sa jeunesse.

2)      De faire payer aux salariés en euros les 500 millions d’euros de coûts des infrastructures de transports transfrontaliers qu’ils n’utiliseront pas… et qui augmentera l’afflux des Genevois dans le Genevois français au détriment de leur pouvoir d’achat : une telle injustice ne serait pas propice a la bonne cohésion sociale transfrontalière !

3)      De poursuivre un aménagement de l’agglomération en forme de saturne qui augmente les distances domicile travail et rend exorbitant le financement d’un réseau de transports en commun performant. Il faudrait construire un nouveau CEVA tous les 7 ans pour stabiliser l’engorgement des routes.. ce qui est au dessus des moyens de notre agglomération. Cela se traduirait par une inflation exponentielle et continue des tarifs des TPG pour transporter autant de milliers d’usagers supplémentaires chaque année sur autant de kilomètres !

4)      De poursuivre l’annexion de fait du Genevois français par les résidents genevois chassés malgré eux de leur canton… ce qui à terme conduit à une désertification du Genevois français de toute activité économique et publique : infirmières, gendarmes, professeurs, salariés, employés n’ayant plus les moyens de vivre dans le Genevois français. Les citoyens suisses qui fuient la pénurie de logements représentent déjà plus du tiers des actifs dans le canton de Saint Julien. Une telle proportion, une telle contrainte imposée aux habitants sur leur lieu d’habitation n’est pas non plus propice à la cohésion sociale transfrontalière.

Cette proposition permettrait peut être d’acheter le silence et la complicité des élus locaux du Genevois français pour quelques mois… mais elle aggraverait les problèmes des habitants français et suisses de notre région, dégraderait leur mobilité, leur pouvoir d’achat et la cohésion sociale de notre région franco suisse. A terme, un tel accord ne serait pas tenable face aux électeurs souverains du Genevois français.

Il y a une solution : l’intérêt financier et fiscal du canton de Genève et des communes du Genevois français doit être désormais cohérent avec l’intérêt des habitants de notre région. Cela suppose que desormais le canton et les communes françaises aient un intérêt fiscal et financier à corriger les déséquilibres plutôt que de les aggraver.

Pour cela, il faut que la clef de répartition des charges transfrontalières soit identique à la clef de répartition des ressources transfrontalieres. Les charges seront très rapidement supérieures aux ressources et chacun aura très vite intérêt à mettre un terme aux déséquilibres qui détruisent la qualite de vie des habitants français et suisse de notre agglomération.

PS : Sur le sujet, un entretien totalement hallucinant de Xavier Comtesse sur la TSR. Un entretien très révélateur de la conception du rôle du Genevois français dans l'agglomération. Un entretien qui en dit long sur l'incapacité de M. Comtesse et de beaucoup d'autre d'anticiper les problèmes sociaux et de mobilité qu'engendrent un aménagement aussi absurde.

http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/2874651-enjeux...

27/12/2010

Les démocraties renoncent à leurs souverainetés en acceptant les déséquilibres budgétaires

Le budget pour 2011 de la France est voté.. c’est le 32ieme budget de la nation de suite qui est déficitaire. Voilà 32 ans, qu’année après année, à coup de milliards de déficit, les Français au travers de leurs députés abandonnent aux marchés financiers un peu plus de leur souveraineté.

 

Dans quelques mois, les taux d’intérêts augmenteront, la charge de la dette deviendra vite insupportable pour le budget de l’Etat et les marchés exigeront des primes de risques toujours plus importantes. Le cercle vicieux sera enclenché et comme en Grèce la France devra se soumettre aux fourches caudines des marchés financiers : réduction importante et forte des services publics, réduction des traitements des fonctionnaires, augmentation importante des impôts, vente des actifs de l’Etat qui n’ont pas encore été vendus… entre autres mesures. Nombreux seront ceux qui s’élèveront contre la dictature des marchés oubliant qu’ils ont accepté cette dictature en acceptant les déficits.

 

Les Genevois sont dans une situation assez similaire même si ce n’est pas sous l’angle de la dette. Votations après votations, ils refusent les augmentations d’impôts ou votent les réductions… mais acceptent ou exigent des niveaux de service qui sont au delà des moyens publics. Le précaire équilibre des finances cantonales n’est obtenu qu’avec deux astuces :

1)      Genève ne lance pas les chantiers d’infrastructures qui seraient nécessaires (il faudrait lancer deux ou trois chantiers de RER en parallèle pour préserver la mobilité à Genève),

2)      Les recettes sont de plus en plus assises sur les impôts à la source prélevée sur les Genevois exilés dans le Genevois français (environ 600 millions de CHF).

 

Si Geneve n’avait pas environ 50 000 contribuables résidents dans le Genevois français qui paient 600 millions de CHF d’impôts à la source, les Genevois devraient payer environ 20% d’impôts supplémentaires pour s’offrir les services publics actuels. Les Genevois ne sont pas près de l’accepter.. et contraignent le Conseiller d’Etat en charge des finances à continuer à faire venir des traders.. et à chasser les Genevois du canton au détriment de notre mobilité, de notre qualité de vie et de la mixité sociale de notre agglomération.

 

La démocratie a cette perversité qu’elle fait croire aux citoyens qu’ils peuvent s’affranchir des lois des mathématiques : on peut un même jour voter pour une baisse d’impôt et une augmentation des dépenses… ce n’est que des années plus tard qu’on en paie la facture. Tout cela n’est pas irrémédiable. Il suffit d’avoir des élus qui ont le courage d’expliquer les conséquences à long terme de telles incohérences.

 

Les Genevois, comme les Français, vivent au dessus de leurs moyens. Cela a pour résultat que les Genevois sont chassés de leur canton par leurs Conseillers d’Etat pour être remplacés par des contribuables plus aisés et les Français seront bientôt soumis à la volonté de leurs créditeurs.

23/12/2010

Le Genevois franco suisse camé aux fonds frontaliers et à l’imposition à la source

Le chiffre est tombé ce sont 168 millions d’euros que toucheront les communes du Genevois français en rétrocession de l’impôt à la source payé par les pendulaires franco suisses. L’autre chiffre est lui toujours confidentiel… mais il s’agit d’environ 600 millions de CHF que le canton garde dans ses caisses. Un chiffre en augmentation de près de 30% !!! Principalement en raison de l’effet de change mais aussi en raison d’une augmentation de 5% du nombre de pendulaires – principalement des Genevois qui fuient la pénurie de logements. Cette augmentation de 5% du nombre de pendulaires est à mettre en relation avec l’augmentation de seulement 2% du nombre de voyages effectués sur le réseau TPG en 2009.

Quelques Maires se frottent les mains comme des drogués qui ont reçu leur nouvelle dose. Ces fonds frontaliers sont une malédiction. Ils incitent certains maires à construire toujours plus de logements pour toujours plus de frontaliers pour toucher toujours plus de fonds frontaliers. Un pendulaire frontalier rapporte deux fois plus de recettes fiscales aux communes qu’un salarié en euro (impôts locaux + fonds frontaliers).  Cela permet de construire des trottoirs le long des champs (à 10 euros par piéton), de se payer le lampadaire dernier cri ou d’offrir une nouvelle salle polyvalente aux habitants dont on détruit le cadre de vie : les habitants remercient le Maire pour la salle polyvalente et attribue la destruction du cadre de vie au contexte général. Des maires de plus en plus nombreux voient les effets pervers de ces fonds frontaliers et estiment qu'il est temps de mettre fin au saupoudrage.

La drogue agit aussi sur les autorités cantonales. David Hiller, Conseiller d’Etat en charge des finances genevoises, aurait depuis longtemps mis le holà sur l’absurde politique économique exogène qui fait venir 15000 personnes par an dans la région alors que Genève ne construit que 1230 logements par an… si ces déséquilibres ne lui permettaient pas d’équilibrer le budget cantonal. David Hiller sait bien qu’un frontalier rapporte beaucoup au canton (environ 6000 CHF par an)… et ne coute pas grand-chose ! Les finances du canton ne sont équilibrées que grâce à l’accentuation des déséquilibres du Genevois franco suisse. Plus Genève expulsera de Genevois dans le Genevois français… plus le budget cantonal sera excédentaire. La prise de conscience sur la perversité de ce système fiscal n'a en revanche pas commencé à Genève.

Nos drogués nous conduisent droit dans le mur : dégradation constante et rapide de nos conditions de vie, expulsion de la moitié d’une classe d’âge genevoise chaque année, ségrégations sociales, instabilité politique à Genève !

Il est temps d’utiliser les ressources transfrontalières à la résorption des déséquilibres plutôt qu’à leur amplification. Cela supposera un sevrage qu’il est grand temps de commencer.

22/12/2010

Réactions stupéfiantes dans l'AGEFI

Hier dans un article publié dans l'AGEFI - et annoncé en une -, trois chefs d'entreprises réagissent aux interrogations que nous sommes nombreux a exprimer sur la politique économique exogène de Genève.

Avec une éthique professionnelle des plus douteuses, la journaliste Elise Jacqueson caricature la position de ceux qui défendent une croissance durable en prétendant qu'il s'agirait "d'une croissance zéro dans l'arc lémanique"... comme si les entreprises genevoises ne créaient pas de valeur ajoutée mais que la seule création de valeur était dans l'importation d'entreprise. Les faits ont la tête dure, une croissance endogène serait une croissance d'environ 2% à 2,5% contre 4% à 4,5% (rappelons que Genève ne construit que 0,66% de logements par an et que donc la croissance de 2% exige déjà un triplement des efforts d'urbanisation !!!). Elle poursuit son "travail" très approximatif en généralisant un point de vue à partir de trois réactions "les réactions des entreprises ne laisse (sic) pas de place au doute". Un étudiant pourrait faire mieux ! (jamais je n'aurai cru un jour corriger l'orthographe d'un journaliste, mais tout arrive !).

Mais ce qu'il y a de plus stupéfiant ce sont les réactions des personnes interrogées : Marc Bürki CEO de Swissquote, Bernard Rueger, de l'entreprise Rueger et Jean-Claude Biver de Hublot. Pour eux, ce serait un privilège de riche que de douter des bienfaits d'une politique qui rappelons le :

  • expulse la moitié d'une classe d'âge chaque année du canton de Genève (2000 genevois s'installent dans le Genevois français chaque année faute de logement alors qu'il y a 4500 naissances par an),
  • dégrade à vue d'oeil les conditions de circulation dans le Genevois franco-suisse,
  • n'a pas le moindre impact sur le nombre de chômeurs à Genève (le nombre de chômeurs à Genève augmente proportionnellement au nombre d'emplois importés depuis plus de 10 ans),
  • prive Genève des compétences des professions intermédiaires tels que policiers, professeurs, infirmières, maçons dont Genève a pourtant de plus en plus besoin mais qui peuvent de moins en moins se loger,
  • détruit toute collaboration régionale en aggravant les déséquilibres de notre agglomération,
  • réserve aux finances cantonales des lendemains de fête qui déchantent lorsqu'il sera temps de payer la facture de dizaine de milliards des infrastructures rendues nécessaires par ces arrivées massives (CEVA, trams, autre CEVA, bus, ponts, autre CEVA, hôpitaux, crèches, écoles, tunnel de la rade, autre CEVA..).

Il faut un sacré culot de la part de ces privilégiés pour estimer que se poser la question est un privilège de riche ! Dans quelle "bulle d'ivoire" vivent-ils ? Ont-ils la moindre considération pour la société dans laquelle ils vivent, et qui leur permet d'exercer leur activité ? Pensent-ils à leurs enfants ? Ou estiment-ils qu'ils amassent suffisament de revenus pour mettre leurs enfants à l'abri des nuisances sociales qu'une telle politique génère ?

Mais ce qui me frappe le plus dans leurs réactions c'est que ces chefs d'entreprises, pourtant intelligents, ne réalisent même pas que :

  • Ce sont leurs entreprises qui devront payer la facture de dizaine de milliards de CHF des infrastructures rendues nécessaires par ces arrivées massives puisque les multinationales et société de trading ne paient, elles, presque pas d'impôts,
  • Ce sont leurs entreprises qui sont pénalisées dans le coût de leur main d'oeuvre par l'inflation galopante des coûts des logements qui aujourd'hui nuit considérablement à la compétitivité genevoise,
  • Ce sont leurs entreprises qui auront toujours plus de mal à recruter les professions intermédiaires dont elles ont besoin,
  • Ce sont eux-mêmes qui seront bien emmerdés, lorsque retraités, ils n'auront plus assez de policiers, d'infirmières et d'aides malade pour prendre soin d'eux parce que ces individus ne se sont pas préoccupé de la question du logement de ceux qui aurait pu les assiter. Jusqu'à preuve du contraire, même les traders les plus compétents qui occupent les rares logements disponibles, ne seront d'aucune utilité pour arrêter les braqueurs de banque !

 

PS: le seul élément intéressant de l'article est qu'il confirme que Mark Muller lui-même s'interroge sur le modèle économique de Genève. Il est interessant de noter qu'au sein du Conseil d'Etat genevois le Libéral prône une croissance plus modérée et plus durable (plus conforme à son incapacité à construire des logements) pendant que le démocrate chrétien prône une politique économique débridée au détriment des habitants... plutôt paradoxal ! Ce qu'il y a de curieux c'est qu'avec une telle position de Mark Muller, les partisans d'une modération des excès de la politique économique exogène devraient être majoritaires au Conseil d'Etat (Beer, Muller, Kunzler, Hiler)... à moins que Hiler et Beer aient eux aussi perdu leurs valeurs en cours de mandat !

21/12/2010

Genève remplace ses citoyens par des contribuables

Les données démographiques de l’OCSTAT révèlent quelques faits particulièrement choquants sur l’évolution de Genève. En voila quelques uns :

1)      Le solde naturel annuel des Suisses à Genève est de 300 habitants seulement… mais le solde migratoire est lui de -3354 habitants… dont près de 2000 s’installent dans le Genevois français.

2)      Chaque année c’est l’équivalent de la moitié d’une classe d’âge genevoise qui est contrainte de s’installer dans le Genevois français. (2000 départs pour les Genevois français et 4500 naissances par an)

3)      Les étrangers représentent 71% de la croissance démographique à Genève… ou 173% si on ajoute les naturalisés qui deviennent binationaux.

 

En un mot, les politiques genevoises consistent à attirer de riches contribuables étrangers à coup d’exonérations fiscales, et par la pénurie de logements de chasser dans le Genevois français les classes moyennes genevoises. Cela conduit à une absence de mixité sociale, à des pénuries de main d’œuvre dans la police, la santé, les crèches pour ne citer que ces exemples… mais surtout à un chaos généralisé sur les routes du Genevois franco suisse.

 

Accueillir autant d’expatriés serait compréhensible si Genève assumait ce choix et construisait autant de logements que nécessaire.. mais faute de construire des logements en nombre suffisant, le canton remplace ses citoyens par des contribuables.

 

Si Genève était une société cotée sur les marchés financiers, sa gestion serait sans doute qualifiée d’excellente par des analystes qui ne se préoccupent que de résultats trimestriels. Mais Genève est une société, une ville, une république qui a besoin de cohésion sociale tant dans les frontières cantonales que dans les limites régionales. Genève ne survira pas avec des traders seulement mais aussi avec des policiers, des infirmières et des professeurs. Les politiques actuelles qui privilégient le contribuable expatrié au détriment du citoyen genevois constituent un profond danger pour cette cohésion sociale et pour la stabilité politique de Genève comme on l’a vu l’an dernier.

 

Les politiques économiques et du logement doivent désormais placer l’humain au centre : en construisant assez de logements pour les Genevois et en créant des emplois pour les chômeurs plutôt que d’importer des contribuables et de créer des automobilistes supplémentaires.

 

Pour le Parti Démocrate Chrétien Genevois il est temps de montrer qu'il est capable de mettre l'humain au centre de la société - comme son slogan l'affirme - plutot que de mettre en oeuvre des politiques absurdes et contradictoires. Ce sera pour le PDC genevois assez rapidement une question de survie.

17/12/2010

La croissance exogène genevoise, le mythe du vélo ou le jeu de l'avion

J'ai prouvé sur ce blog par plusieurs notes les effets pervers de la politique économique genevoise de croissance exogène qui attire chaque année des milliers de traders et d'expatriés :

  1. elle chasse du canton des milliers de familles genevoises,
  2. elle est sans effets sur le nombre de chômeurs à Genève,
  3. elle contribuer à détériorer le pouvoir d'achat des Genevois,
  4. elle aggrave à vue d'oeil nos problèmes de mobilité,
  5. elle prive notre agglomération des compétences des policiers, maçons, infirmières, assistantes maternelles dont nous avons besoin,
  6. elle détruit la cohésion sociale entre Genevois,
  7. elle s'avérera ruineuse pour le canton de Genève le jour où celui-ci se décidera à payer la facture des infrastructures rendues nécessaires par cette croissance démographique effrénée.

Il reste un dernier argument que ces promoteurs mettent en avant pour défendre cette politique inique : on ne peut pas ralentir cette politique exogène ou sinon nous risquerions une crise sans précédent. A cette fin, ils utilisent l'image du vélo lancé à pleine vitesse et qui chuterait s'il ralentissait sa course.

L'argument ne manque pas de pertinence, la concurrence est rude et ne plus être en tête de l'attractivité c'est risquer d'être très vite en fond de classement. Il faut pour prendre le relais un autre modèle de croissance.

Mais c'est exactement le type d'argument qui incite à contribuer à la croissance d'une bulle spéculative. Le jeu de l'avion aussi, comme la politique économique genevoise, doit se poursuivre pour ne pas sombrer. Madoff lui même devait poursuivre sa fuite en avant pour offrir des rendements absurdes à ses clients. La croissance économique exogène genevoise est dans cette même dynamique de fuite en avant.

Une fuite en avant qui sera brutalement stoppée de toute façon : par la paralysie généralisée des transports, par l'absence des professions intermédiaires nécessaires à une agglomération ou par la penurie de logement. Il y a deux manière de l'arrêter : de manière ordonnée et planifiée en préparant un modèle économique alternatif et durable... ou par la loi du marché. Dans le second cas, il sera trop tard, nous aurons perdu notre mobilité, notre qualité de vie, notre mixité sociale... et nous ferons les frais pendant plusieurs décennies de notre cupidité.