05/06/2018

PAV : même le PLR conteste le modèle d'hypercroissance de Genève

Je n'en reviens pas ! Même le PLR commence à s'interroger sur le modèle d'hypercroissance du canton de Genève. 12400 logements sur les prochaines décennies dans le gigantesque secteur de la Praille, des Accacias et de Vernets serait donc trop pour les caciques du PLR.

Pourtant, depuis des décennies ans que Genève rêve de se faire aussi grosse que le bœuf sans jamais construire de logements pour ses habitants, elle a chassé des limites cantonales 3500 Genevois par an. Aujourd'hui entre 40 et 50 000 Genevois vivent en France. Le nombre de Genevois augmente 6 fois plus vite en France qu'à Genève. Mais construire rapidement des logements pour quelques uns de ces Genevois est un effort trop important pour le PLR.

En toute cohérence, si le PLR refuse de construire rapidement des logements au PAV, on peut s'attendre à ce qu'il propose de veiller à ce que le canton de Genève n'ait pas ces prochaines années l'un des taux d'imposition des entreprises parmi les plus faibles au monde. On peut s'attendre à ce que le PLR renonce à faire venir entre 10 et 15 000 emplois par an... pendant qu'il construit 10 fois moins de logements !

Au cas où le PLR ne se souviendrait plus de ses positions sur le PAV, lors de la prochaine votation sur l’imposition des entreprises, il est sans doute utile de faire des copies d’écran et de garder les arguments de campagne pour les mettre demain face à leur contradiction. D’un côté, le PLR trouve toujours une mauvaise excuse pour ne pas construire de logement, ici et maintenant, (pas comme ça, pas autant, pas ici, ni là, pas tout de suite) mais de l’autre c’est depuis 40 ans qu’il fait venir des emplois et les employés qui vont avec.

En revanche, il est intellectuellement et moralement inadmissible de défendre une hypercroissance économique et une absence de croissance urbaine. Comment reporter tous ses problèmes sur ses voisins ? Comment se regarder dans une glace quand on chasse la jeunesse genevoise du canton ? Comment défendre l'idée que ce modèle de croissance serait rentable pour le canton alors même qu'après 20 ans de ce modèle, les charges d'investissement étant toujours plus lourde, le canton a une notation financière encore plus déplorable que la note de la France pourtant en faillite ?

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