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10/05/2018

Genève, canton qui soutient le plus et applique le moins les accords bilatéraux

L’envoi hier aux instances européennes d’une cinquantaine d’offres d’emplois discriminatoires a suscité de nombreuses réactions en Suisse comme en France. En Suisse les réactions sont surprenantes. Soit j’ai tort et l’Union Européenne ne donnera pas de suites, et il n’y a pas lieu de s’affoler. Soit j’ai raison, et tous les Suisses décents devraient s’attacher à ce que la Suisse respecte la parole donnée, et les traités signés. En réalité, il semble que ce qui dérange tant, c’est que cette initiative pourrait mettre fin aux doubles discours qui consistent à profiter de l’accès aux marchés européens sans appliquer les accords de libre circulation des personnes.

Genève est dans une situation particulière : c’est l’un des cantons qui défend le plus les accords bilatéraux dont dépend sa prospérité et qui les applique le moins avec les discriminations à l’emploi et à la scolarité. Mais on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

La pétition lancée par le Mouvement Démocrate de Haute Savoie vise également à défendre les droits des Suisses... installés en France. Ils sont déjà plusieurs dizaines de milliers. Mais demain, ce sera peut être vous, cher Genevois, ou vos enfants. Surtout si le canton met en oeuvre la baisse de moitié de l’impôt pour les entreprises et que l’immigration de masse des multinationales et des multinationaux reprend de plus belle. Chassés du canton par les conséquences induites par le dumping fiscal qui fait venir 10’000 à 15’000 actifs dans le canton, qui gagnent mieux leur vie que vous, et peuvent plus facilement que vous se loger dans les seulement 1000 à 2000 logements construits chaque année. Le business modèle qui consiste à obliger physiquement 3500 Genevois à quitter le canton chaque année pour s’installer en France est très profitable aux autorités cantonales puisque vous continuerez à payer votre impôt à la source sans rien coûter aux finances cantonales. Puisque le canton gagne environ 250 millions de recettes fiscales par an sur le dos des Genevois expulsés dans le Genevois français, il est probable qu’il continue. Vous en serez peut être la prochaine victime, ou vos enfants. Vous ferez alors, comme les frontaliers européens, comme les dizaines de milliers de Suisses installés dans le Genevois Français, l’expérience des discriminations : votre canton qui vous a chassé, vous refusera l’accès à l’emploi et refusera de scolariser vos enfants qui apprendront l’histoire de nos ancêtres les gaulois. Signez la pétition contre les discriminations dont sont victimes les Suisses installés en France, car tôt ou tard, vous ou vos enfants pourriez bien en être un de frontalier!

Les offres d’emploi discriminatoires ne sont que la face visible de l’iceberg. Dès qu’un employeur genevois diffuse une annonce en Europe en plus de la diffuser localement, il reçoit des menaces des autorités cantonales, contraire aux traités : menaces à la subvention publique (comme Clair Bois), menaces aux marchés publics (comme les employeurs de l’aéroport), ou menaces à l’attribution de Permis B extra communautaires (multinationales). Ce n’est pas de leur propre initiative que des employeurs privés publient des annonces discriminatoires contraires aux principes de bonne gestion, c’est parce que les autorités cantonales les incitent à violer les traités qui pourtant garantissent au canton l’accès au marchés européens et à la prospérité. Il faut que les discriminations à l’emploi soit sacrément généralisées pour que les employeurs oublient de cacher ces pratiques discriminatoires et les publient officiellement.

L’initiative du Mouvement Démocrate de Haute Savoie a déjà permis deux avancées : d’abord la Fédération des Entreprises Romandes admets que les annonces discriminatoires sont inadéquates et que la Suisse ne s’est pas dotée de la législation nécessaire pour les interdire comme le prévoient les accords bilatéraux - il y a sacrément besoin d’un processus de règlement des différends, ou la clause guillotine deviendra inévitable - ensuite même Mauro Poggia n’assume plus les menaces à répétition contre les employeurs qui diffusent leurs annonces sur le marché européen.

Il faut encore diffuser largement la pétition pour que la prise de conscience de la multiplication des discriminations dépasse les frontières cantonales et parviennent aux oreilles des décideurs et négociateurs à Berne, Bruxelles et Strasbourg.

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