12/03/2018

Pour une meilleure intégration des Genevois vivant en France

Le Gouvernement Genevois a justifié de sa décision d'exclure les enfants des Genevois installés en France par la motivation de mieux participer à leur intégration dans leur commune de résidence.

Ce serait louable, si c'était sincère. Mais rappelons tout de même que cette mesure a été prise dans le cadre d'un programme quadriennal d'économies destiné à financer une nouvelle baisse de l'impôts des entreprises et pas dans le cadre d'un programme d'intégration des Genevois vivant en France. Le cynisme d'une telle argumentation est invraisemblable. Mais ce qu'il y a de plus choquant, c'est de constater l'estime qu'accorde le Gouvernement Genevois aux élus Français pour oser argumenter ainsi cette mesure d'économie.

De toute évidence, si c'est véritablement pour faciliter l'intégration des Genevois installés en France, et pas exclusivement une mesure d'économie à bon compte sur le dos de la France, alors le Gouvernement entrera facilement en matière pour assurer le financement de cette mesure d'intégration lorsqu'il en sera question en fin de semaine lors de l'Instance Politique de Coopération du Comité Régional Franco Genevois.

Si un jour, le Conseil d'Etat veut sincèrement travailler à une meilleure intégration des Genevois dans le Genevois français alors voici une liste de quelques propositions :

  1. D'abord mettre un terme aux multiples discriminations dont sont victimes les Genevois installés en France sur l'emploi, sur l'accès au soin ou sur l'accès à la scolarisation, ils pourront alors cesser de craindre d'être traités comme des citoyens de seconde zone et pourront alors librement respecter les lois françaises et déclarer leur lieu de résidence. Leur intégration en sera grandement facilité.
  2. Le Conseil d'Etat pourrait se porter partie civile et veiller à ce que toutes les incitations à la haine qui se multiplient, y compris de la part de l'Etat soit poursuivies et condamnées. Car effectivement, comme me le disait un membre éminent du Conseil d'Etat il y a quelques années, les autorités civiles et judiciaires n'accepteraient jamais qu'un dixième de ce qui est dit à l'encontre des frontaliers ne soit dit à l'encontre des arabes, des juifs ou des noirs. Qui songe un instant qu'une régie publique, dans son rapport annuel, publie le nombre de recrutement par race ou par religion... elle qui le publie par nature de permis de travail !
  3. Le Conseil d'Etat pourrait également veiller à ce que les 10% des Genevois installés en France puissent être dument représentés au Grand Conseil par les 10 députés nécessaires à une représentation proportionnelle. Cela permettrait au Grand Conseil d'être mieux informé des enjeux lié au fait frontalier puisqu'il en parle dans TOUS ses débats.
  4. Le Conseil d'Etat pourrait également veiller à tenir l'engagement qu'il a pris lors de la signature des accords de Nantua, et désormais que tous les partis politiques admettent la nécessité de réaliser plus de P+R en France, pourrait représenter une nouvelle loi qui permettent le cofinancement des infrastructures frontalières.

En attendant d'œuvre sincèrement à une meilleure intégration des Genevois vivant en France, le Conseil d'Etat serait avisé de revenir rapidement sur cette mesure discriminatoire et illégale à l'encontre de ses propres citoyens.

Nous avons eu l'occasion d'en discuter vendredi dernier avec Jacqueline Gourault, Ministre du Gouvernement Français qui a estimé que cette mesure est tellement extraordinaire qu'elle doit faire l'objet de discussion d'Etat à Etat entre la France et la Suisse.

 

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