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14/02/2018

Effectifs scolaires : que Genève assume ses rêves délirants de croissance

La hausse des effectifs scolaires en primaires depuis de nombreuses années montre qu'à ce jour c'est le Genevois français qui assume les conséquences des rêves délirants de croissance économiques de Genève. La hausse des effectifs y est deux fois plus rapide que dans le canton.

Effectifs scolaires St Julien en Genevois Genève.jpgLa récente décision du canton de mettre en place une politique active de discrimination à l'encontre des enfants des Genevois installés en France conduirait à accélérer encore plus cette croissance des effectifs. Au delà du caractère ordurier d'une telle politique discriminatoire à l'encontre de ses propres citoyens et contribuables. Au delà de cette nouvelle violation des accords bilatéraux, cette décision est absurde si Genève souhaite préserver les moyens du Genevois français pour investir dans la mobilité.

Les 10% de citoyens et contribuables Genevois qui constatent que Genève estime ne plus avoir les moyens de scolariser leurs enfants, devront prendre acte de cet état de délabrement des finances cantonales lorsqu'ils devront décider si Genève a les moyens de baisser de moitié l'impôts sur les personnes morales tel que le propose actuellement les autorités cantonales. Est-ce que l'impôts des Genevois installés en France sert à leur rendre des services publics ou à financer un dumping fiscal à leur détriment ?

09/02/2018

Genève au temps des cerises

Voilà quelques unes de cerises que Genève se plait à cherry-picker :

  1. Une forte croissance économique à coût d'exonération fiscale pour les multinationales, de suppression des droits de successions, de forfaits fiscaux... mais sans jamais assumer les conséquences en matière de développement urbain. Genève veut jouer contre New York et Singapour sur l'économie tout en construisant aussi peu que le Gros de Vaud.
  2. La libre circulation de ses marchandises et de ses services, mais sans la libre circulation des personnes.
  3. Les impôts des frontaliers mais sans les charges publiques des frontaliers, en particulier celle de l'enseignement.
  4. Les subventions fédérales du premier projet d'agglomération mais sans les logements qu'elle a promis.
  5. Les subventions fédérales du second projet d'agglomération mais sans contribuer aux charges publiques générées par ses habitants exilés dans le Genevois français en raison de la pénurie de logements.
  6. Des niveaux d'imposition des entreprises et des forfaits fiscaux parmi les plus faible au monde, avec des niveaux maximaux de services publics, mais si possible sans déficit et sans dette.
  7. Des contrats publics transfrontaliers pour les TPG... mais sans recruter de frontaliers.
  8. L'assurance que les pays Européens soient contraints par les tribunaux à appliquer le droit européen, mais de ne répondre qu'à des tribunaux suisses lorsqu'elle ne remplit pas ses obligations.
  9. Des accords bilatéraux, mais une préférence cantonale.
  10. L'accès aux marchés de l'Europe de l'Est mais si possible sans contribuer au financement de la cohésion.

Comme toutes les bonnes choses, le temps des cerises a aussi une fin.

05/02/2018

Les pays qui n'ont que des intérêts n'ont plus d'amis

C'est avec surprise que j'ai constaté des élus de parti gouvernementaux suisses reprendre à leur compte cette citation de Christophe Blocher : "Les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts". Le comble d'un cynisme assumé. Pour ma part, je constate avec regret, qu'à force de ne défendre que ses intérêts, la Suisse compte de moins en moins d'amis et se retrouve sur des listes grises.

Lorsque la Suisse utilise à plein tous les avantages que lui procurent les accords bilatéraux en matière de financement de sa recherche, d'accès aux marchés européens, mais se montre aussi parcimonieuse dans l'application des contreparties en matière de libre circulation ou de contribution à la solidarité européenne, manifestement la Suisse défend strictement et exclusivement ses intérêts plutôt qu'une conception la coexistence pacifique entre les pays de notre continent commun. Il n'est alors pas étonnant que l'Union Européenne soit de plus en plus ferme dans la certification des bourses suisses.

Lorsque la Suisse bénéficie des jugements de la cour européenne de justice à l'encontre des pays européens lorsqu'ils n'appliquent pas strictement les accords européens, mais refuse pour elle même de se soumettre à cette même justice, elle défend strictement et exclusivement ses intérêts plutôt qu'une conception de l'état de droit entre pays. Il n'est alors pas étonnant que l'Union Européenne conditionne tout nouvel accord à un accord institutionnel.

Lorsque la Suisse se plaint du tourisme d'achat à chaque ouverture de centre commercial proche de la frontière, mais pratique des politiques fiscales offensives, avec des conditions préférentielles pour les multinationales pour éroder les bases fiscales des pays voisins, elle défend strictement et exclusivement ses intérêts plutôt qu'une conception équitable de la libre concurrence. Il n'est alors pas étonnant que l'Union Européenne place la Suisse sur une liste grise dans que ces régimes fiscaux dérogatoires ne sont pas effectivement abolis.

Lorsque la Suisse fait de la complicité de fraude fiscale une industrie nationale sous l'euphémisme de "compétitivité de la place financière suisse", il est légitime que les pays dont les bases fiscales sont ainsi érodées s'organisent au sein de l'OCDE pour mettre en place un échange automatique d'information.

Lorsque Genève admet au travers de la signature du premier projet d'agglomération qu'elle a la responsabilité de construire 2500 logements par an, mais ne change aucune des lois qui l'empêche de construire des logements pour ses enfants pour préserver sa zone de villa qui occupe 50% de l'espace urbanisé. Ou encore lorsque Genève admet que les dizaines de milliers de Genevois installés en France en raison de cette pénurie génère des charges publiques que Genève s'engage de financer et s'affranchit de cette responsabilité par un vote interne sur des P+R, Genève défend strictement et exclusivement ses intérêts plutôt qu'une vision partagée d'un développement coordonné de notre agglomération.

Lorsque Genève dénonce les fraudeurs à la résidence et montre autant de mauvaise volonté à contribuer à régler le problème, elle défend les 40 millions de francs qu'elle perçoit aujourd'hui indûment au détriment des collectivités françaises, plutôt qu'une conception de la juste répartition des recettes entre collectivités partenaires d'une même agglomération.

Lorsque Genève met en place une discrimination active de ses résidents installés en France dans l'accueil dans les commune, elle défend ses équilibres budgétaires au détriment de ses propres citoyens et contribuables ainsi qu'au détriment des collectivités françaises partenaires du Grand Genève plutôt qu'une idée d'une agglomération ouverte dans laquelle la capitale assume les responsabilités de présidence qu'elle revendique et où les habitants peuvent s'installer librement où ils le souhaitent sans menaces de discriminations à l'emploi ou à la scolarité.

A ne défendre que ses propres intérêts plutôt que des valeurs, certains pays finissent par ne plus avoir d'amis.

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