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22/01/2017

RIE III : pour une fiscalité économique juste et équitable

Les statuts spéciaux pour les multinationales sont injustes pour les PME. Ce sont des distorsions de concurrence qui favorisent les positions acquises au détriment des petits entrepreneurs qui sont eux soumis aux taux normaux. C'est injuste vis-a-vis de tous les contribuables qui paient équitablement leurs impôts. Accessoirement, je m'interroge comment de tels dispositifs ont pu être mis en place par des administrations sans jamais faire l'objet de votations populaires et alors que les VRAIS chiffres ont toujours été cachés derrières des moyennes grossières. Les chiffres que j'ai pu lire dans le débat public ne correspondent pas du tout aux informations dont j'ai eu connaissance par les personnes qui travaillent dans les entreprises concernées. Tôt ou tard, comme au Luxembourg, des fuites mettront sur la place publique les accords locaux. Certains chefs d'entreprises et certains responsables politiques devront alors répondre de ces arrangements fiscaux face aux opinions publiques.

Les responsables qui ont mis en place ces statuts spéciaux ont été obnubilés par les recettes fiscales. Ils ont oublié qu'une politique économique a d'abord pour objet de créer des emplois pour les habitants ce que ne font pas les multinationales qui bénéficient de ces statuts spéciaux quelques soient les études bidons commandées par les responsables cités précédemment. Ils ont oublié dans leur calcul le coût des infrastructures de santé, de transport et les coûts de justice et police rendus nécessaires par cette croissance désordonnée. Après 20 ans de cette politique, la notation financière du canton de Genève, inférieure à celle de la France pourtant elle même en faillite, souligne à quel point même d'un point de vue budgétaire cette politique n'a pas porté ses fruits.

Il est temps d'y mettre fin avec RIE III.

RIE III permettra de favoriser le développement des entreprises locales qui créent des emplois locaux. Accessoirement, RIE III permettra à la Suisse de restaurer des relations constructives avec ses voisins et partenaires économiques, en mettant un terme au vol de substance fiscale.

Refuser de voter RIE III revient à soutenir le maintien des statuts spéciaux pour les multinationales. Si la Gauche suisse défend une telle position c'est simplement parce qu'elle oublie ce simple adage : "Le mieux est l'ennemi du bien". Comme souvent, la Gauche renonce à agir sur le réel à force de rêver d'idéal.

A Genève, la simultanéité des débats entre l'objet fédéral et les négociations sur l'application cantonale conduira à beaucoup de malentendus. La votation fédérale consiste à supprimer ces statuts spéciaux, à en créer d'autres, beaucoup moins nocifs, plus usuels et en faveur de la recherche, et à établir des mécanismes de compensation pour les cantons. Une loi fédérale qu'approuveront ceux qui se soucient de développement économique local et durable.

S'agissant du taux, je pense comme la Gauche cantonale, que le canton s'est couché devant le Groupement des Entreprises Multinationales. Je pense qu'un taux plus élevé n'aurait fait fuir personne, car au delà d'un taux d'imposition parmi les plus faibles du continent, Genève bénéficie d'une situation géographique et de liaisons aériennes incomparables. Pour autant, voter le taux proposé par le conseil d'état n'interdit pas ensuite à la Gauche de proposer de le relever graduellement par la suite au travers d'initiatives populaires au vu des résultats. En effet, il me semble préférable de partir d'un taux faible et de le relever progressivement jusqu'aux premiers départs, plutôt que de partir d'un taux élevé qui ferait fuir une bonne partie des entreprises déjà présentent et de l'abaisser ensuite. Par ailleurs, j'ai la conviction que le bénéfice du taux réduit pour les entreprises locales conduira à une croissance locale beaucoup plus favorable pour les habitants et les finances cantonales.

Avec l'application fédérale et cantonale de RIE III, la croissance économique dans notre agglomération sera plus locale et plus maitrisée. Elle mettra un terme à la fuite en avant qui nous empêche de réaliser en tant voulu les infrastructures nécessaires. Je suis convaincu que RIE III est plus efficace, plus juste, plus légal, moins humiliante et plus pacifique que toutes les politiques de discriminations cantonales mises en place pour tenter vainement de compenser les Genevois des effets pervers des statuts spéciaux.

Pour notre agglomération, je recommande de voter en faveur de RIE III tant au niveau fédéral qu'au niveau cantonal.

 

16/01/2017

Chère Genève, je t’aime et ne te reconnais plus

Chère ville natale, je t’écris pour te dire la fierté que j’ai d’être né ici. Lorsque je voyage, où que je sois sur les cinq continents et qu’on me demande d’où je viens, c’est ton nom que je cite.

Je suis fier des valeurs que tu m’as enseignées. Comme ces pancartes qu’on trouvait jadis dans tes jardins publics « cette pelouse est placée sous la sauvegarde des citoyens » et qui rappelait à tous que l’intérêt général est une responsabilité individuelle de chacun. Ces panneaux ont sans doute contribués à mon engagement public. Genève, qu’est devenu ton esprit de responsabilité ? Maintenant que tu présides notre agglomération commune, tu t’exonères de toute responsabilité de capitale de cette région. Tu considères parfois comme des « traitres » tes propres enfants qui vont se loger au-delà des frontières alors même que c’est toi qui abandonne ta jeunesse en construisant 5 fois moins de logements que tu ne créés d’emplois.

Mes camarades de classes s’appelaient Takéo, Urbi et Jubilé. Ils venaient des cinq continents. J’ai tant appris du monde grâce à eux, grâce à toi. Enfant, j’ai côtoyé tant de camarades de toutes les couleurs que j’ai longtemps cru qu’à Genève la nationalité Suisse était un titre de gloire qui ne pouvait s’acquérir que par le mérite en incarnant tes valeurs et pas simplement par la naissance. Genève, qu’est devenue ta tolérance ? Aujourd’hui tu juges les individus à l’aune de leur adresse postale plutôt qu’à leurs parcours, leurs réalisations, leurs qualifications ou leurs valeurs ! Tes affiches électorales, tes manchettes de journaux et tes réseaux sociaux insultent ceux qui te soignent, te transportent, te servent et contribuent à un tiers de ton économie et un septième de tes recettes publiques. Tu t’en prends à des boucs émissaires plutôt que de résoudre tes problèmes de coûts de la vie, de formation, d’imposition des entreprises, de mobilité, d’urbanisme et de compétitivité humaine. Pourtant, si tu veux sincèrement supprimer le trafic pendulaire de 80 000 frontaliers et ne pas te contenter de slogans appelant à la haine, il te suffit de construire 80 000 logements ou d’amputer ton économie de 80 000 emplois.

Ta démocratie directe est pour moi source d’inspiration dans mon engagement. Fort de ce que j’ai appris en grandissant parmi les tiens, je tâche de m’en inspirer dans ma manière de servir en multipliant les consultations et en écoutant les avis de chacun avant de prendre des décisions, en veillant à informer et responsabiliser les habitants plutôt que de les infantiliser. Genève, qu’est devenue ta souveraineté populaire ? Tes élus et tes médias, déstabilisés, ont abandonné la lutte contre les préjugés et renoncent à dire le vrai. Ces renoncements conduisent ta démocratie directe à se transformer en dictature des piliers de bars. Tes votations donnaient l’assurance que l’intérêt général guidait toujours tes décisions publiques, elles sont aujourd’hui instrumentalisées au service des intérêts partisans qui cherchent à se profiler.

Enfant, je venais souvent visiter ta vieille ville et tes vieux remparts, symbole d’un passé révolu. Tes remparts que James Fazy avait décidé d’abattre pour t’ouvrir au monde et en être l’une de ses lumières. Genève, pourquoi ériges tu aujourd’hui de nouveaux remparts ? Ta préférence cantonale, ton refus de construire des logements pour tes propres enfants ou de financer les parkings pour qu’ils viennent travailler, sont autant de nouveaux remparts que tu ériges. Dans ton propre intérêt, cesses donc de regarder le nombril de ton territoire légal et assume la responsabilité de capitale régionale.

Genève, je t’aime et je suis fier de toi, mais je ne te reconnais plus. Sache que le Genevois français restera toujours à tes côtés quoi qu’il arrive et jusqu’à la fin du monde. Lorsque tu auras réglé tes propres défis, nous serons là pour résoudre ensemble nos problèmes communs d’aménagement et de mobilité. Nous pourrons réfléchir à un aménagement ordonné de notre agglomération commune afin que les nouveaux emplois s’accompagnent des logements correspondants à proximité. Nous pourrons ensemble mieux coordonner la croissance des emplois et celle des logements dans le Grand Genève. Nous serons toujours là, à tes côtés pour résoudre nos problèmes communs.

D’ici là, prends soin de toi.