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17/06/2016

Commune 0 frontalier, canton 0 recrutement frontalier !

antoine vielliardL'affiche d'Eric Stauffer à Onex avait fait grand bruit : "Onex, commune 0 frontalier". Même au MCG on trouvait que cela allait trop loin. Même Mauro Poggia s'était désolidarisé d'un tel excès. Les limites étaient dépassées.

Pourtant, au quotidien, le Conseil d'Etat met en œuvre ce slogan extrémiste par une consigne claire passée dans toutes les administrations, régies publiques et organismes subventionnés : 0 recrutement de frontalier. Le moindre recrutement d'un frontalier doit faire l'objet d'une explication et menace l'avenir professionnel de celui qui l'engage. C'est moins provocateur que Stauffer, car cela se fait en douce et en silence. Mais c'est bien pire, puisque Stauffer ne faisait que faire parler de lui, pendant que le canton discrimine activement dans les faits.

A Clair Bois depuis quelques semaines, les candidats installés dans le Genevois français qui postulent se voient répondre que les candidatures spontanées ne sont pas étudiées alors même qu'il s'agit de candidatures à des postes ouverts.

Au delà de l'euphémisme de la "préférence cantonale" affichée officiellement, la politique qui est mise en œuvre est une politique active de discrimination à l'encontre de toute candidature frontalière. Cette politique ne se limite pas aux seules régies, administrations et organismes subventionnés, puisque même les entreprises privées se voit "incitées" fortement à retirer immédiatement leurs annonces de Pôle Emploi. L'Office Cantonal de l'Emploi sait alors rappeler à telle ou telle entreprise que c'est le canton qui attribue les permis B ou qui attribue certains marchés publics. Au détriment de la liberté d'entreprendre.

La politique mise en œuvre par le canton de Genève est donc plus discriminante que le slogan provocateur d'Eric Stauffer à Onex.

Cette politique est même plus discriminante que l'initiative STOP à l'IMMIGRATION. L'UDC au moins ne propose pas qu'il n'y ait plus aucune immigration étrangère. Elle demande tout au plus des quotas. Bien sûr, une telle politique suppose que la Suisse renonce d'abord à la prospérité des accords bilatéraux.

La politique mise en œuvre par le canton de Genève ne consiste même pas à instaurer des quotas de recrutements. On aurait pu penser à un quota de 50% correspondant à la répartition des habitants du Grand Genève, ou encore de 30% qui corresponds à la répartition des emplois actuels, ou encore pour les plus nationalistes et sectaires, à un quota de 20% qui correspond à la proportion de Genevois installés dans le Genevois français. Cela supposerait toujours de dénoncer les accords bilatéraux. Mais, non, la politique actuellement mise en œuvre c'est aucun recrutement, même pas de quota !

La politique du canton en matière de recrutement est donc plus discriminatoire que celle proposée par l'UDC.

Le canton de Genève souhaite le maintien des avantages des accords bilatéraux, mais mets en œuvre des politiques plus discriminatoires que celles proposées par l'UDC et le MCG.

Genève doit choisir : la discrimination ou la prospérité des accords bilatéraux.

 

10/06/2016

Pour le respect des accords bilatéraux par le canton de Genève

drapeau européen.gifComme indiqué dans ma précédente note, j'ai adressé un courrier à l'attention de M. l'Ambassadeur de l'Union Européenne à Berne afin de l'alerter sur la politique de "préférence cantonale" genevoise qui petit à petit se transforme en politique active de discrimination généralisée.

Je saisi les autorités européennes sur l'application des accords bilatéraux par le canton de Genève au nom du respect de la souveraineté des pays de l'Union qui est tout aussi respectable que la souveraineté de la Suisse. Les Saint Juliennois accueillent bien volontiers les résidents genevois qui s'installent régulièrement par centaines chaque année sur territoire français en application des accords bilatéraux : ils attendent en retour de ne plus subir de discriminations conformément à ces mêmes accords. Les entreprises françaises et européennes acceptent la libre concurrence des entreprises suisses en application des accords bilatéraux : ils comptent sur la Suisse pour appliquer aussi ces accords.

Mais je le fais aussi au nom des entreprises genevoises, qui vont finir par trouver secondaire la question de savoir si elles doivent payer 6%, 13%, 15% ou 24% d'impôts si dans le même temps, elles perdent leur droit de recruter librement sur la base des compétences et des expériences plutôt que sur la base des passeports et des adresses.

Je le fais au nom de la jeunesse genevoise dont l'avenir serait compromis si on l'entretien dans l'illusion que le paravent de la "préférence cantonale" pourrait la préserver durablement de la dure réalité d'un monde ouvert et concurrentiel. Il sera difficile pour la jeunesse genevoise de faire face à la concurrence de la Chine s'ils refusent la concurrence du Genevois français.

Je le fais au nom des contribuables genevois qui aimeraient que les fonds publics consacrés au transport, à la santé ou à l'aide pour les personnes handicapées soient utilisés efficacement pour les transports, la santé ou l'aide aux personnes handicapées et pas détournés exclusivement pour l'insertion professionnelle des chômeurs genevois. Si les TPG, les HUG et les SIG commencent à faire le travail de l'Office Cantonal de l'Emploi, il est peu probable que l'Office Cantonal de l'Emploi soit capable de faire le travail des TPG, des HUG et des SIG.

Je le fais en tant que centriste, c'est à dire libéral, social et européen. Car la liberté d'entreprendre et de créer suppose au préalable la liberté de recruter. Car la considération porté aux êtres humains doit être égale à chacun quelque soit son adresse ou sa nationalité.

Je le fais au nom de tous ceux qui savent que la Suisse n'est pas un paradis perdu derrière des montagnes, mais bien un pays efficace et exemplaire qui se situe sur la même planète que le reste du monde et dont la prospérité dépend de sa capacité à s'ouvrir au monde plutôt qu'à se refermer sur lui-même.

Vous trouverez en pièce jointe le courrier à M. l'Ambassadeur de l'Union Européenne auprès de la Suisse.

Lettre à M l'Ambassadeur de l'Union Européenne à Berne relative à la discrimination cantonale genevoise.pdf