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30/06/2014

J'ai discuté avec des électeurs du Front National

Dans le cadre de la préparation des élections municipales j'ai rencontré des milliers de St Juliennois. J'ai eu l'occasion d'échanger avec eux. Le Front National n'a pas pu présenter de listes aux élections municipales car rares sont les volontaires à assumer auprès de leurs collègues, de leurs employeurs et de leurs voisins de défendre les thèses du Front National. Mais au vue de mes discussions avec les St Juliennois, je m'attendais à ce que le FN soit en tête lors des européennes dans la commune.

Bien sûr, j'ai rencontré quelques personnes xénophobes, islamophobes ou racistes. Ca existe ! Certaines le sont surtout par la peur d'un monde qui change rapidement. D'autres le sont aussi par des généralisation et des amalgames qui naissent de la méconnaissance les uns des autres.

Mais, le vote pour le Front National va bien au delà. J'ai rencontré des électeurs de gauche qui craignent que le filet social français ne les aident pas : "Quand ça va mal pour nous, il n'y a personne pour nous aider". J'ai rencontré des notables qui accepteraient plus facilement de payer beaucoup d'impôts et de charges sociales s'ils avaient un peu plus confiance dans la bonne gestion de ces aides.

J'ai rencontré des électeurs exaspérés de voir la gauche et la droite échanger de discours lorsqu'ils passent de majorité à opposition et réciproquement : sur la nécessaire réforme des retraites, sur la compétitivité de la France, sur l'assurance maladie des frontaliers, sur les équilibres financiers, sur la dépense publique...etc..etc... Ils attendent des élus qui éclairent les enjeux de manière responsable indépendamment de leurs propres intérêts électoraux.

J'ai rencontré des habitants qui ont du mal à comprendre ce que l'Europe leur apporte au quotidien. Qui leur à dit que s'ils peuvent acheter autant avec 1 euro aujourd'hui qu'il y a 1 an c'est grâce à l'Europe ? Qui leur a dit que sans l'Europe, leur facture de téléphone portable serait dictée par des cartels ? Qui leur a dit que si leurs ascenseurs, leurs bus, leurs espaces publics, les biens et services qu'ils achètent fonctionnent de manière générale à peu près correctement c'est grâce à des normes européennes drastiques qui s'imposent face aux lois du marché ? Qui leur a dit que s'ils ont la fierté d'être citoyens de pays moteurs dans la réduction des gaz à effet de serre, dans l'établissement d'un tribunal pénal international ou encore dans le traité contre les mines anti-personnelles c'est parce que leur pays est membre de l'Union et que sans cela aucun de ces sujets n'aurait avancé au cours des 10 dernières années ? Qui leur a dit que sans les règles imposées par l'Union et la vigilance de la commission, les Gouvernements Français avec la complicité des Parlementaires auraient conduit la dette publique française à des niveaux proches de ceux de la Grèce ? Vous et moi peut être mais nous ne sommes pas assez nombreux.

Les électeurs que j'ai rencontré et qui auraient pu voter Front National se moquent des leçons de morale et d'histoire de la gauche. Souligner les liens et les similarités entre les thèses fascistes et celles défendues par le Front National n'est que modérément pertinent, mais surtout totalement inefficace. Pensez-vous convaincre un électeur de Mélenchon de changer d'idées en lui rappelant que Staline aussi, était d'extrême gauche ?

La plupart des électeurs FN que j'ai rencontré veulent juste que nos systèmes sociaux soient gérés avec plus de rigueur. La plupart des électeurs que j'ai rencontré veulent juste comprendre en quoi l'Union Européenne est à leur service. Les électeurs que j'ai rencontré veulent juste qu'on se souvienne que lorsqu'on édicte des règles on les édicte pour tous de la même manière. Les électeurs que j'ai rencontré veulent juste que les élus soient au service du pays avant d'être au service de leur camp. Les électeurs que j'ai rencontré veulent que leurs élus soient des exemples. Les électeurs que j'ai rencontré aimeraient pouvoir à nouveau être fiers des performances de leur pays. Les électeurs que j'ai rencontré s'accrochent à l'illusion de la "grandeur de la France, phare du monde, mère des droits de l'homme, patrie des lumières", et tout le reste de la mythologie française, alors que nous ne pourrons défendre nos valeurs humanistes qu'à l'échelle du continent !

Si nous étions tous collectivement à la hauteur, les électeurs que j'ai rencontré ne devraient pas avoir besoin de voter pour un mouvement xénophobe, islamophobe et antisémite pour répondre à ces préoccupations. Ils ne devraient pas porter au parlement européen un vieil antisémite de 84 ans qui se distingue surtout par son absentéisme et ses élucubrations.

Maigre satisfaction, à St Julien, le centre est arrivé devant le Front National.

09/06/2014

Accueillir les enfants des Genevois dans les écoles

La France va mal. Son commerce extérieur est largement déficitaire et depuis longtemps. Ses comptes publics sont largement déficitaires et depuis longtemps. Mais elle est encore en situation d'accueillir ses enfants dans les écoles de la République.

Il semble que Genève aille plus mal que la France à en juger par la décision du Conseil d'Etat de ne plus accepter automatiquement dans les écoles les enfants des citoyens et contribuables genevois contraints d'aller se loger en France en raison de la pénurie de logements. Des obstacles administratifs ont été imaginés pour refuser ces enfants genevois dans les écoles genevoises. Il faudrait d'abord une étude de dossier et ensuite déposer une demande avant le mois de mars !  Genève doit sans doute être la seule République au monde a imaginer des obstacles administratifs pour l'école obligatoire de ses citoyens et contribuables. Je doute qu'il y ait un autre pays développé au monde qui refuse l'inscription à l'école de ses propres enfants.

Déjà 50 enfants ont été "pris en otage" pour équilibrer le budget cantonal. Ce sont là les chiffres officiels et ce n'est qu'un début. Il y aura d'autres familles d'ici la fin de l'année... et il y en aurait des centaines d'autres l'an prochain et des milliers d'autres l'année suivante.

Alors pourquoi une telle mesure ! Par économie ! Une économie chiffrée à près de 10 millions de Francs suisses sur le dos des familles genevoises, des communes françaises et de l'Etat : soit pratiquement les coûts de 15 P+R ! Des communes Françaises qui devront assumer les coûts de la construction d'écoles et l'Etat les frais de scolarisation. Si véritablement le canton en est au point de n'avoir plus les moyens d'accueillir les enfants des Genevois dans les écoles, et dans un esprit de solidarité, on pourrait effectivement imaginer les accueillir dans les écoles Françaises. Il aurait été aimable d'en discuter auparavant plutôt que de le faire en douce, de le nier publiquement et de le faire discrètement en imaginant des obstacles administratifs. Peut-être aurait-on pu imaginer un financement : que Genève fasse des économies est louable, nous devons tous en faire, mais peut être pourrait-elle prendre à sa charge le surcoût généré en France ? Mais les familles dans tout cela. En particulier celles qui ne sont installés en France que pour quelques années et dont les enfants devront tôt ou tard revenir dans le système scolaire suisse : les enfants ne parleront pas l'Allemand, n'auront pas les mêmes niveaux dans les mêmes matières !

Au même moment, les autorités cantonales ont annoncé que moins de la moitié de l'objectif de 2500 logements avaient été construits en 2013. On comprend mieux pourquoi : les Genevois installés en France rapportent beaucoup au budget cantonal et coûtent peu. En particulier en terme de formation qui représente le quart du budget cantonal ou en terme de santé (ils paient le même tarif que les étrangers au HUG alors que le canton subventionne le séjour des résidents)...etc..etc..

Coté français, nous accueillons aussi dans nos écoles les enfants des Genevois non déclarés ! Des habitants dont Genève touche l'imposition à la source et ne fait aucune rétrocession. Une recette supplémentaire et indue estimée à 40 millions d'euros par an pour Genève.

Tôt ou tard, nous devrons mettre à plat les coûts publics transfrontaliers et les recettes publiques transfrontalières. Tôt ou tard, il faudra que les uns et les autres cessent de refiler en douce les charges d'aménagement, de transport et de formation. Tôt ou tard, le grand public, souverain de part et d'autre de la frontière devra mieux comprendre les enjeux financiers de l'agglomération.

Car tôt ou tard, il faudra bien que l'on gère de manière transfrontalière, une agglomération qui l'est depuis des siècles mais chaque jour un peu plus.

Réhabitat : le salon pour la rénovation énergétique votre logement

Samedi prochain, la Communauté de Communes du Genevois organise le salon Réhabitat. Un salon pour vous permettre de tout comprendre sur la rénovation énergétique de votre logement : les financements possibles, les fournisseurs, les économies réalisables. Tout en un même lieu au centre de convention d'Archamps samedi 14 juin de 9h à 18h.

La rénovation énergétique est un enjeu majeur pour les pays développés. La meilleure et la moins chères des énergie c'est toujours celle qu'on ne consomme pas. Or nous avons beaucoup de potentiel pour économiser les énergies. En particulier dans les transports et le logement. Dans les 17 communes de la communauté, près de 60% des logements ont un fort potentiel de réduction de consommation énergétique (étiquette énergétique E, F ou G!).

Le développement de pays très peuplés et la transition énergétique nécessaire pour préserver les générations futures conduiront à une poursuite de l'augmentation des prix de l'énergie. 15% des Français ont des difficultés à payer leurs factures de gaz ou d'électricité.

Le paradoxe de ces dernières années, c'est que les prix des biens comme les téléviseurs, les téléphones ou des voitures "low cost" mais de plus en plus de Français ont du mal à payer l'énergie pour les faire fonctionner.

La rénovation énergétique est un investissement pertinent : pertinent pour chacun puisqu'elle permet de réduire sa facture énergétique, mais pertinent aussi pour la collectivité. La réduction de la consommation énergétique réduit les émissions de gaz à effet de serre et/ou les déchets nucléaires. Elle réduit les coûts de réseau : savez vous que près de la moitié du coût de l'énergie est un coût de distribution ? Elle réduit aussi notre dépendance énergétique et notre déficit commercial.

A samedi prochain, 14 juin 2014 au salon Réhabitat, centre de convention d'Archamps de 9h à 18h !

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