06/01/2014

Bonne année 2014 au service de tous

En discutant avec une habitante binationale, celle-ci me dit qu'elle vote d'une manière très différente lorsqu'elle vote en Suisse et lorsqu'elle vote en France. Lorsqu'elle vote en Suisse elle pense d'abord à l'intérêt du pays. Lorsqu'elle vote en France, elle pense d'abord à ses intérêts.

C'est ainsi qu'une même personne peut voter pour les 35 heures ou leur maintien en France et contre les 6 semaines de congés payés en Suisse.

J'ai d'abord trouvé cela curieux. Mais en y réfléchissant, je me suis dit que l'exemple donné par les élus français, les partis, les associations, les corps intermédiaires et les groupes constitués incitaient les Français à agir de la sorte. Si tout le monde tire la ficelle collective à soit, alors autant ne pas être les dindons de la farce et en faire autant. En France, les individus responsables pourraient passer pour des naïfs.

Tout cela est bien sûr absurde car à partir du moment où le bateau coule, peu importe qui tient la corde ! L'histoire nous enseigne à quel point notre destin individuel est strictement dépendant du destin du pays dans lequel on vit. Les vrais dindons de la farce sont ceux qui à force d'avoir tiré la corde à eux ont fait chavirer le navire France.

De ce point de vue là, les partis et les élus devront à l'avenir montrer un meilleur exemple : remettre les intérêts partisans derrière l'intérêt général. Mettre fin aux clientélismes en tout genre pour privilégier les projets cohérents de territoire. Montrer l'exemple dans la simplification administrative plutôt que de préserver leurs pré-carrés. Réduire de moitié le nombre ahurissant de parlementaires et mettre fin au cumul des mandats temps plein. Les syndicats devront à l'avenir privilégier les notions de justice et d'équité plutôt que de défendre des privilèges du passé. Les associations devront veiller à ne pas défendre des intérêts particuliers mais bien inscrire leurs revendications dans le sens de l'intérêt général.

Bien sûr, cela prendra du temps. Pour changer le monde, il faut commencer par changer soit même et montrer l'exemple.

Lorsque j'écris ces lignes, je pense aussi à St Julien-en-Genevois et à l'intérêt supérieur des habitants et de leurs préoccupations qui doit être le seul guide de l'engagement des uns et des autres au service de la commune.

Pour toutes ces raisons, je vous souhaite une excellente année 2014 au service de tous. Je vous souhaite aussi bien sûr la santé, du temps avec vos proches et tout le succès que vous méritez dans vos projets.

Commentaires

Il y a une chose qui me paraîtra toujours abusive, c'est que l'on vote dans 2 pays selon ses intérêts, c'est un peu facile de décider selon ce qui nous convient, c'est a dire un coupa droite un coup à gauche et après moi le déluge. C'est abuser des lois que de voter dans plusieurs pays ou alors il n'y a plus de citoyenneté sinon européenne et jusqu'à preuve du contraire la Suisse n'en fait pas partie et c'est aussi valable pour les binationaux de tous les continents. Bonne année a vous aussi.

Écrit par : grindesel | 06/01/2014

Bonjour Monsieur,

Cela peut effectivement paraitre étonnant lorsqu'on a qu'une seule nationalité. La nationalité peut sembler alors une et indivisible.

Pour être né en Suisse de parents français et y avoir vécu 17 ans. Pour avoir vécu en Belgique et à Singapour, et bien qu'étant uniquement français, je peux témoigner que mon identité s'est construite en osmose avec les différents pays dans lesquels j'ai vécu. J'ai été bien sûr profondément marqué par mon enfance en Suisse qui guide certaines de mes manières de faire, parfois même à mon insu, quelques mots de vocabulaire. Les 12 mois que j'ai passé en Belgique et les 24 mois que j'ai passé à Singapour m'ont aussi beaucoup appris. Il serait bien sûr excessif de dire qu'après quelques mois je suis aussi Belge ou Singapourien... mais si j'y avais passé 10 ans, très probablement. De toute évidence, pour avoir vécu autant de temps de part et d'autre de la frontière, je suis plus français qu'un Suisse et plus suisse qu'un Français. Les identités sont multiples, les citoyennetés doivent l'être aussi.

La binationalité est l'un des phénomènes que les états ne mesure pas ou peu. Mais selon mon estimation, 15% des citoyens genevois sont des binationaux français. Il y a donc probablement 25% à 30% de binationaux parmi les citoyens genevois. Je me demande même si les binationaux ne sont pas majoritaires au Conseil d'Etat..

Sachant qu'il y a déjà 25% à 30% de binationaux... et qu'il y a par ailleurs 30% à 40% d'étranger, les binationaux devraient être majoritaires à Genève dans une génération ou deux. Vos petits enfants seront très probablement binationaux. Le même phénomène se constate dans le Genevois français avec peut être un petit temps de retard.

Amicalement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 07/01/2014

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