20/10/2012

Le Conseil d'Etat renonce à la moitié des grands projets de logements pour les Genevois

Chaque semaine plus de la moitié des électeurs supplémentaires du canton de Genève....sont des Genevois de l'étranger !?! et encore, ne sont comptabilisés ici que ceux qui sont officiellement déclarés. Les Genevois résidant en France représente déjà environ 15% du corps électoral cantonal (à moitié déclaré officiellement, à moitié officieusement). Leur nombre s'accroit chaque mois faute de logements à Genève. La gravissime pénurie de logements est en train de bouleverser les équilibres politiques dans le corps électoral genevois.

Elle se traduit aussi par une dégradation continue des conditions de circulation en éloignant les actifs des réseaux de transports. Elle a pour conséquence de créer des ségrégations sociales, de dégrader la qualité de l'air et de détériorer le pouvoir d'achat des habitants à des niveaux les plus faibles de Suisse.

Dans ce contexte, le Conseil d'Etat a annoncé hier qu'il renoncait à la moitié des grands projets de logements. De 18 grands projets l'an dernier on passe à seulement 10 cette année.

L'argumentation officielle consiste à affirmer qu'il vaut mieux se concentrer sur quelques projets pour qu'ils avancent rapidement plutôt que de s'éparpiller. Argumentation plaisante mais erronée puisque sur les 10 projets en question, la plupart ne verront pas le jour à temps pour les Genevois : pas plus la Praille-Acacias-Vernet que les Grands Esserts (revus à la baisse, planifiés pour 2026 et contre lequel la commune de Veyrier n'a pas renoncé à recourir). Il n'y aura pas plus de réalisation rapide à Chêne-Bougeries qu'à Chêne-Bourg dont les communes s'opposent aux projets et les retardent à chaque étape de la procédure. Aux communaux d'Ambilly, non content d'avoir retardé les livraisons de logements pour les habitants de Thônex, la commune a réussi à en réduire le nombre de moitié.

La législation sur le logement genevoise, contraire à la nouvelle constitution qui exige une procédure simple qui permette des constructions rapides, a pour effet de multiplier par 3 la durée nécessaire à la construction d'un logement. Cela ne serait pas un problème si 3 fois plus de projets étaient menés de front. Le rythme des livraisons serait ainsi adaptés aux besoins des Genevois. Loin de répondre à cette exigence, le Conseil d'Etat réduit de moitié le nombre de Grands Projets de logement. Il réduit de moitié les équipes d'urbanistes chargé de les mettre en oeuvre. Il réduit de moitié les moyens publics nécessaires. Y-a-t'il une seule autre priorité que le logement dans notre région : oui, peut-être, tout au plus les problèmes qu'engendre précisément cette pénurie de logement sur la mobilité, la cohésion sociale, la sécurité et sur le pouvoir d'achat.

Plusieurs décideurs politiques genevois affirmaient au printemps dernier : "La question qui se pose à nous est de savoir si nos enfants pourront vivre ici, oui ou non ?". La réponse qui est apportée ce jour est clairement "non", Genève refuse de loger ses propres enfants.

Cette réduction des moyens mis en oeuvre va à l'encontre des engagements pris par Genève dans le cadre du projet d'agglomération. Lorsque le Conseil Général de Haute-Savoie a décidé de signer le projet d'agglomération en juin dernier il a clairement affirmé, je cite la délibération : 

Le Président souligne l’importance pour le territoire que le canton de Genève tienne ses engagements en matière de production de logements (2500/an, plus une réserve,  affichés dans le projet de plan directeur cantonal). Si tel n’était pas le cas, le Conseil Général serait amené à revoir les conditions de son engagement au Projet d’agglomération."

Les engagements sur le logement sont à la base du partenariat transfrontalier. Sans avancées importantes sur le front du logement confirmés et mesurés dans le cadre du plan directeur cantonal. L'ensemble des partenariats bilatéraux avec Genève devront être remis en question tant sur la mobilité transfrontalière que sur le projet d'agglomération. Le cas échéant, ce changement de donne devra être signalé aux autorités fédérales pour les aider à mieux évaluer la réalité et les avancées dans la mise en oeuvre du projet d'agglomération.

 

Pièce jointes :

Commentaires

Vu que le CE genevois s'est bien assis sur le PA1 en ce qui concerne la production de logements (la pierre angulaire pour un développement harmonieux dans la région), je pense vous pouvez mettre le PA2 directement à la poubelle...
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Quant à la communication du CE: C'est suffisamment imprécis pour ne pas pouvoir en tirer grande chose. Mais ce n'est effectivement pas très rassurant. Tout comme le fait que les projets maintenant "priorisés" datent, à ma connaissance, encore du plan directeur cantonal précédent... Notons aussi la petite phrase qui fait rire: "Ces grands projets s’ajoutent aux grands projets déjà en phase opérationnelle (Vergers, Chapelle Les Sciers, Jardin des Nations, ETC.) - C'est quoi les autres GRANDS projets opérationnels suggérés par "etc."???
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Deux propositions concrètes à mettre en place côté français aussi rapidement que possible:
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1) Les communes frontaliéres françaises indexent leur production moyenne de logements sur celle de leur voisine suisse immédiate (Etrembières sur Veyrier, Bossey sur Troinex, Collonges sur Bardonnex, Saint Julien sur Perly, etc.). Vu qu'il était convenu qu'on produise les mêmes quantités de logements des deux côtés de la frontière et vu que Genève considère sa production visiblement adéquate, ça me paraît être une démarche parfaitement logique et légitime (Il suffirait probablement de créer essentiellement du logement sociale côté français, vu que l'integralité du marché libre est de toute façon maintenant destinés à des clients genevois).
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2) Lutter enfin efficacement contre les installations officieuse/grises/illégales afin d'éviter d'attiser encore et toujours l'appel d'air actuel qui est dû à la promesse française (implicite?; plutôt explicite...) suivante : Venez chez nous, gardez vos papies et avantages en Suisse, et ne craignez pas d'être inquiétés pour ça (On n'a de toute façon pas de personnel pour contrôler quoi que ce soit - Vous pouvez même garder des adresses bidon sur VD, NE, VS; on s'en fout si vous ne payez pas d'impôts dans le bassin)...
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Question subsidiaire: Pourquoi accepte-t-on que des opérations immobilières juteuses sur France soient réalisés par des HOLDINGS domiciliés en Suisse (voir www.rnbholding.com)? C'est du masochisme ou juste de l'insouciance?

Écrit par : caracolelimonade | 20/10/2012

Construisons une deuxième Genève en France voisine et élisons Mr Veillard comme maire de cette nouvelle aglomération. Ainsi on règlera deux problèmes, Le déplacement des frontaliers et l'ambition de Mr Veillard.

Écrit par : norbert maendly | 23/10/2012

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