10/10/2012

Les 4 catégories d'être humains créés par le projet de loi sur les TPG


Demain sera débattu au Grand Conseil du canton de Genève une loi sur les Transports Publics Genevois qui établirait si elle était adoptée 4 catégories d'être humains dans le Grand Genève :

1 - Les citoyens helvétiques résidant à Genève : en principe la présidence des TPG leur revient selon les termes du projet de loi

2 - Les ressortissants d'autres pays résidant à Genève : par dérogation au principe précédent, ils peuvent participer au Conseil d'Administration des TPG et à la Présidence.. quoique le Parti Socialiste Genevois a proposé en commission l'instauration de discriminations contre les étrangers en violation des accords de libre échange votés par le peuple souverain. Décidément l'internationale socialiste n'est plus ce qu'elle était.

3 - Les citoyens suisses résidant hors du canton - en particulier les 15% de Genevois résidant dans le Genevois français et dont le nombre croit de plus d'un millier chaque année. Ils sont et seraient interdits de Conseil d'Administration aux TPG. C'est absurde car il se trouve que précisément la raison pour laquelle Genève s'enferme dans l'immobilité c'est qu'elle contraint ses propres habitants à aller se loger en dehors du canton et loin des axes de transports. Ils devraient au minimum être 15% au Conseil d'Administration des TPG - proportionnellement à leur poids dans le corps électoral Genevois. La mobilité transfrontalière est précisément le défi majeur des TPG, de Genève et de sa région pour ces prochaines années.

 4 - Et puis il y a nous autres, les Français résidant en France. Nous autres qui contribuons à 35% de la production du canton de Genève. Nous autres qui par l'imposition à la source finançons la totalité des investissements publics du canton de Genève. Nous autres qui rapportons par cette même imposition à la source 3000 CHF par an de financement public à chaque famille genevoise. Nous autres qui sommes et seront incontournables à la résolution des problèmes de mobilité du canton. Nous avons droit à un représentant, choisit par le Conseil d'Etat plutôt que, comme pour les HUG, proposé librement par les collectivités françaises (en l'occurence nous aurions sans doute fait le même choix que le Conseil d'Etat en la personne de Bernard Gaud).

Il est frappant de voir à quel point le Grand Conseil ignore l'exode de la population genevoise au delà des frontières cantonales. Les députés devraient pourtant s'en préoccuper car c'est le segment le plus dynamique du corps électoral qui devra les renouveler dans un an. Depuis que les députés ont été élus en 2009, il y a 6496 électeurs de plus dans le canton.... dont 3168 qui n'ont pas le privilège d'y vivre. Les Genevois de l'étranger représentent déjà officiellement 8.26% du corps électoral cantonal. En réalité, on peut estimer à plutôt 15% la proportion de Genevois résidant en France si on ajoute les personnes non déclarées. L'observatoire statistique transfrontalier a estimé la semaine dernière que la pénurie de logement contraignait chaque année 4000 Genevois à l'exode (2500 dans le Genevois français et 1500 dans le canton de Vaud). Si le Grand Conseil était réellement représentatif des citoyens genevois il y aurait en son sein plus de députés résidant en France que de députés du MCG !

Le paradoxe de cette affaire de discrimination c'est que faute de filière de formation pour les chauffeurs, une majorité des conducteurs de bus sont Français. Cela pose des problèmes dans la zone frontalière. Le débauchage systématique des chauffeurs du Genevois français a conduit à une augmentation des coûts salariaux dans le secteur des transports de +20% sur les trois dernières années. Une augmentation qui réduit notre capacité à développer les transports en commun si nécessaires.

PS : il y a plus de 10 ans que les lois françaises ont été modifiées en application des accords bilatéraux sur la libre circulation pour permettre à des ressortissants de la Confédération de postuler à des postes à la direction de régies publiques ou d'administration qui ne relèvent pas de la souveraineté ou des missions régaliennes de l'Etat.

Commentaires

@ Antoine Vielliard, grand redresseur de torts devant l’Éternel,

" Le débauchage systématique des chauffeurs du Genevois français a conduit à une augmentation des coûts salariaux dans le secteur des transports de +20% sur les trois dernières années. Une augmentation qui réduit notre capacité à développer les transports en commun si nécessaires. "

Ah, elle est bien bonne celle-là !

Maintenant Genève serait responsable de l'incapacité française à développer les transports en commun ? Là alors vraiment on reste muets devant une imagination aussi fertile que la vôtre ! Il fallait oser l'écrire, vous l'avez fait, bravo !
Bientôt Genève sera rendue responsable de propager la grippe à St-Julien (c'est la saison ...), la scarlatine, la rougeole et pourquoi pas aussi de l'augmentation du prix des pommes chez le "Père Lambert" et de celle de la "CSG" française pendant que vous y êtes ?

Je sais j'ai un peu forcé le trait en remplaçant "réduit notre capacité" par "incapacité" et ceci au même titre que vous parlez de "l'incapacité de Genève à construire des logements".

Bref, on est en automne et saison oblige, la chasse aux boucs émissaires est ouverte. Il faut dire que dans ce domaine vous avez vraiment la gâchette facile. Je dirais même que pour vous c'est la chasse toute l'année. Braconnier !

Vu l'heure tardive, on évitera d'aborder maintenant le délicat problème de la nationalité du futur président du Conseil d'administration des TPG !

Bien à vous ! ;o)

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 11/10/2012

Monsieur,
je ne partage pas le fait que nous sommes tous pareils. Un genevois va étudier à Genève, Lausanne ou Zurich. Le frontalier qui va étudier à Genève aura effectivement une mentalité suisse. En revanche, les français étudiant à Grenoble, Lyon ou Paris vont être imprégnés de la mentalité française. Et même si nous parlons la même langue, vous ne pouvez nier que nous avons une mentalité bien différente. Vous avez travaillé dans une multinationale avec la chance d'avoir une multitude de nationalités. Mais imaginez ce qui se passe dans des entreprises typiquement suisse qui deviennent FranceTelecom en quelques années.

Écrit par : Martin74 | 11/10/2012

@Jean D'hotaux : belle tentative de caricature mais qui ne correspond pas à mon propos. A ma connaissance il n'existe pas à ce jour de filière de formation pour des chauffeurs de bus correspondant aux besoins de Genève.

@Martin74 : il y a aussi des mentalités différentes entre ceux qui font des études et ceux qui n'en font pas.. entre ceux qui vont à l'université et ceux qui vont dans des grandes écoles ou des filières universitaires courtes. Il y a des différences de mentalité selon les origines, les pratiques cultuelles ou associatives, selon les milieux sociaux, les communes... et même si on a vécu à proximité d'un lac, d'une montagne ou des deux.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 12/10/2012

bonjour,

Allez, cette foi je me décide et je me lâche.
A force de vous lire, une impression générale s'est dégagée.
Un malaise provoqué par l'évocation des chiffres que vous appelez souvent à la rescousse pour défendre vos thèses.
Mais qui est encore dupe de ces stratégies dont use et abuse M. Stauffer.
Tout le monde sait qu'on fait dire ce qu'on veut aux statistiques.

Certes il faut des gens comme vous qui oeuvrent au développement harmonieux de la région. Mais n'oubliez pas que vos visions sont des projections qui n'ont pas encore d'ancrage dans le présent.

Il suffit de voir la quantité de sujets de discorde entre la France voisine et Genève pour réaliser à quel point les populations ne sont pas prêtes à vous suivre.
A titre d'exemples dans le domaine qui me concerne, comment justifier :
- L'obligation faite aux taxis genevois de ne passer qu'à 4 postes de douanes
- L'obligation de s'acquitter de la TVA alors que les taxis français en sont exemptés.
- La concurrence déloyale et sauvage des transporteurs immatriculés en France qui viennent se servir illégalement et impunément sur le juteux marché de l'aéroport de Genève.
- Les brimades exercées par les douaniers français à l'encontre des chauffeurs de taxis genevois.

Ces petits exemples qui ne concernent que le taxi sont très révélateurs.
D'autres sont bien plus spectaculaires et les conséquences bien plus dévastatrices.
Notamment le simple fait qu'aucun genevois ou suisse ne sera jamais présent dans le CA d'une régie publique française.

Les suisses sont trop gentils et se font systématiquement marcher dessus.
Sommes-nous complexés ? Avons-nous peur des grands ? Je ne sais trop.

Mais je vous suggère tout de même une piste, une modification de votre stratégie. Commencez par faire le ménage chez vous, donnez l'exemple, créez des emplois, ouvrez vos portes aux suisses, partagez vraiment au lieu de venir vous servir chez nous. Réalisez votre responsabilité dans les problèmes de logement que nous subissons par l'attractivité de notre économie. Prenez sur vous, faites votre mea culpa.
Alors, vous deviendrez crédible. Vos propos seront pris au sérieux et qui sait, peut-être même qu'on commencera à vous apprécier.

Écrit par : PIerre Jenni | 15/10/2012

@M. Viellard,
Oui nous sommes tous différents. Mais, et vous le savez, nous "suisses", on a un peu moins tendance à se mettre en avant et aimons bien travailler en groupe. Regardez notre conseil fédéral. J'ai fait l'équivalent d'une de vos grandes écoles à Lausanne. Et bien je me sens beaucoup plus proche de l'opératrice italienne ou espagnole de mon entreprise qu'un collègue venant de Peugeot même (surtout!) s'il a fait une grande école. D'ailleurs les ingénieurs français ont une facheuse tendance à comparer leur moindre obscure école d'ingénieurs à l'EPFL. Pour être complet, je dois dire que beaucoup de savoyards et surtout de gessiens (beaucoup plus tournés vers la Suisse) de l'entreprise subissent comme nous cette arrogance et mauvaise ambiance importée des 4 coins de France.
Cordialement,

Écrit par : Martin74 | 15/10/2012

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