« 2012-06 | Page d'accueil | 2012-08 »

31/07/2012

Une agglo contre les discriminations frontalières

Une étude récente a montré que loin de favoriser l'emploi de frontaliers les employeurs genevois ont plutôt tendance à discriminer les frontaliers dans leur recrutement. Une étude qui tort le cou aux slogans simplistes du MCG. Des slogans faux mais qui ont fait mouche auprès des Genevois qui voient sans cesse le flux de voiture s'amplifier à mesure que la pénurie de logements perdure à Genève.

Bien sûr une étude pour être fiable et précise doit se contenter de ne mesurer qu'une partie de la réalité : L'étude prouve qu'à compétence égale l'employeur recrute plus facilement un genevois qu'un frontalier. Mais "A compétence égale" ne correspond pas vraiment à la réalité de notre agglomération. L'absurdité du taux de change, déconnecté des parités de pouvoir d'achat en raison des flux de banque privée, donne une forte incitation financière à des frontaliers de postuler à des emplois sous dimensionnés par rapport à leurs compétences. Un ingénieur en Haute-Savoie a vu récemment sa sécrétaire démissionner pour un emploi en Suisse mieux payé que le sien. Bien qu'il y ait des discriminations antifrontaliers "à compétence égale", il peut tout de même y avoir recrutement d'un frontalier surqualifié qui verra sa rémunération augmentée bien qu'il occupe un emploi mons qualifié.

Ce phénomène se terminera avec la fin du franc fort.. et le franc fort se terminera avec le secret bancaire. Car si le franc suisse atteint des parités absurdes qui rendent de plus en plus difficiles les exportations suisses à l'étranger et coûtent des milliards chaque semaine à la BNS, c'est bien parce que le quart de la fortune privée mondiale échappe au paiement de l'impôt sur le revenu en venant en Suisse.

Ce qui me frappe dans les réactions à cette étude c'est qu'aucun responsable politique genevois ne s'érige contre la preuve qui est faite de ces discriminations. Partout ailleurs dans le monde, sauf peut être en Afrique du Sud avant Mandela, une étude qui prouve de telles discriminations sur le marché de l'emploi aurait fait un débat monumental : les uns défendant les principes de l'égalité, d'autres les principes de l'efficacité économique. A Genève, même des Libéraux se félicitent de l'existence de discriminations antifrontaliers, les démocrates chrétiens ne réagissent pas, les socialistes oubliant leurs idéaux pourraient même s'en réjouir. Preuve que le MCG s'il est politiquement très marginal à Genève, a déjà influencé les esprits faibles.

Les discriminations fondées sur la nationalité sont portées à leur paroxysme aux Services Industriels de Genève qui comptent plus de frontaliers de nationalité suisse que de frontaliers de toutes les autres nationalités réunies.

Aucune réaction pour s'érigée à des violations de la loi et des engagements internationaux de la Suisse. De nombreuses études ont montré que la Suisse n'a renoué avec la croissance économique que grâce et depuis la libre circulation. Les traités de libre circulation comporte des droits et des devoirs. Parmi ces devoirs, il y a l'absence de discrimination. L'étude de l'Université de Genève sera porté à la connaissance des diplômates européens en poste à Berne.

Les discriminations anti-frontaliers sont tout aussi néfastes que les discriminations pro-frontaliers.

21/07/2012

Reconstruire le centre avant que la France ne sombre

Les premiers débats à l'Assemblée nationale montrent à quel point cette institution est devenue totalement inutile pour le pays en quelques années. Elle s'attachera surtout à la défense des intérêts des parlementaires et à leurs tenues vestimentaires qu'à la défense du pays. Par électoralisme les uns dénonceront les mesures difficiles prises par les autres même s'ils en connaissent la nécessité. Les autres diront que les uns ont fait pire. Il n'y a à l'Assemblée plus aucun débat, plus aucun échange pour faire émerger des solutions nouvelles pour un pays en crise. Il ne s'y joue que des affrontements entendus d'avance dans des jeux de rôles à pleurer pendant que le pays sombre. La chute n'en sera que plus violente.

Les Italiens, les Grecs et les Espagnols ont pris la mesure de la gravité de leur situation et leur responsabiltié collective. Pourtant l'Italie et l'Espagne ont été durablement plus vertueux que la France ces 30 dernières années. En Europe, le peuple Français est le seul à n'avoir pas pris encore la mesure de la situation, l'étendue de notre irresponsabilité collective. La responsabilité est partagée entre une classe politique irresponsable qui n'ose pas dire la vérité et ceux qui les ont élus parce qu'ils ne voulaient pas voir la réalité en face. Nous paierons tous le prix de cette irresponsabilité collective.

La France est malade de l'absence de son centre. On peut reprocher à François, Jean-Louis, Hervé, Pierre, Paul ou Jacques le déclin du centre. Ce déclin était pourtant inévitable avec un mode de scrutin qui renforce le fort et affaibli le faible. Si la Suisse avait ce même mode de scrutin, le Parlement là bas aussi y serait composé quasi exclusivement des rejets de la droite nationale et des illusions du parti socialiste. La Suisse est forte de son centre au pouvoir. Dans ce déclin le centre a prouvé la force de ses valeurs : seuls ceux qui ont des valeurs sont prêts à se battre et à perdre pour les défendre.

La France sombrera de cette classe politique aveugle et sourde aux enjeux du pays. Le Centre doit se reconstruire pour assurer la relève. Il le fera sur le terrain, par la révolte partagée des millions de Français qui ne se résolvent plus à voir le pays sombrer, dans chacune des 36 000 communes de France, dans chacun des plus de 4000 cantons, dans les 22 régions puis dans le pays dans son ensemble. Pour cela le Centre devra cesser de confondre pragmatisme et opportunisme. Le Centre devra affirmer ses propres choix et ses valeurs plutôt que de se contenter de jouer les abritres. Le Centre devra oser reprendre le projet européen pour offrir à notre continent la place qui doit être la sienne au cours des prochains siècles. Le Centre devra faire la preuve de son ouverture aux autres courants de pensée.

Le Centre devra être là lorsque le pays sombrera et que les Français auront besoin d'une alternative. Les Centristes devront apprendre à s'unir sur ce qui fonde leur identité commune (humanisme, Europe, pragmatisme) et laisser de côté ce qui les divise (choix par défaut lors des seconds tours).

09:48 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

20/07/2012

Une villa construite par Alphonse Laverrière sera prochainement détruite à St Julien en Genevois

Photo de la maison tapponier.jpgDans quelques semaines sera détruite la villa Taponier au 1 avenue de ternier à St Julien-en-Genevois. Une villa construite en 1939 par l'architecte Alphonse Laverrière. Un architecte de renomée internationale connu pour la conception du tribunal fédéral de Lausanne, de la gare de Lausanne ou encore du mur des réformateurs au parc des bastions à Genève.

Cette villa est remarquable par son architecture sobre et allongée. Elle appartient au patrimoine architectural de la commune. Elle sera réduite à un tas de pierre dans quelques semaines. Allez la voir avant qu'il ne soit trop tard ! Faites des photos ! Une nouvelle promotion immobilière la remplacera : "Venez vivre l'exception" prétend la publicité ! En l'occurence il s'agit surtout de détruire l'exception.

Petit à petit le patrimoine architectural de la commune disparait tout comme les espaces naturels de respiration. La commune aurait pu protéger ce patrimoine en définissant une zone de bâti remarquable ou en fixant des règles d'urbanisme qui correspondent au bâti actuel. Loin de faire cela, le Plan Local d'Urbanisme a fixé des densités d'habitations modernes. En raison des règles d'urbanisme de la commune, les propriétaires et les promoteurs vont toucher le jackpot pour la destruction de cette villa.

Il y a 50 ans, St Julien en Genevois et Carouge avait beaucoup de similarités : deux communes qui ont longtemps été du même côté de la frontière. Mais depuis 50 ans Carouge a préservé son coeur de ville et construit des tours espacées par des espaces verts pour loger ses nouveaux habitants. St Julien a détruit son patrimoine et construit maintenant des immeubles qui se font face, séparés par des rangées de parking et sans espaces verts pour que le regard s'échappe et les enfants jouent. Ces quartiers vieilliront mal, leurs habitants aussi.

Oui ! Il faut construire des logements ! Oui ! Il faut densifier : c'est à dire construire dans les villes. Mais cela n'autorise pas tout. Cela ne doit plus autoriser de détruire le patrimoine architectural qui fait l'identité des villes. Les habitants ont besoin de savoir où ils habitent : ils ne vivent pas sur une partition de musique ni dans des îles grecques comme le nom des promotions pourrait le faire croire. Ils vivent en Haute-Savoie dans le Genevois français. Ils ont le droit de vivre dans des logements qui ont du caractère et une identité et pas dans des rectangles incipides concus par milliers aux quatre coins de la France comme d'autres produisent des pots de yaourts.

Les habitants ont le droit aussi d'avoir des espaces de respiration naturels. Il y a 40 ans lorsque le Favernay a été construit à côté de l'hôpital on avait prévu des espaces verts pour les enfants. Des espaces qui servent maintenant aussi aux voisins du nouveau quartier de Paisy pour lesquels les documents d'urbanisme de la commune n'ont rien prévu. Les enfants ont toujours besoin de jouer sur l'herbe et pas seulement sur des aires de jeu construites au milieu d'un carrefour sur les délaissés existants.

La densification prévue dans le projet d'agglomération doit être une densification de qualité pour être une réussite. Nous en sommes loin. Dans certaines communes le seul paysage que l'on voit ce sont des immeubles séparés par des parkings. Des cités nouvelles si inhumaines que des extraterrestres pourraient penser en arrivant que les habitants de ces communes sont les voitures qui décident de l'urbanisation et qui, la nuit venue, rangent leurs conducteurs dans les logements attenants.

Les promoteurs, avec des marges qui dépassent les 50%, ont largement les moyens d'assumer les coûts de règles d'urbanisme plus strictes qui préservent les espaces naturels et le bâti remarquable.

19/07/2012

Gaz de Schiste dans le Genevois français : toujours pas d'enquête publique demandée

Début juillet, la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) est venu au Conseil Général pour faire un point de situation sur le gaz de schiste en Haute-Savoie. Vous trouverez en pièce jointe la présentation intégrale que j'ai recue.

Une présentation qui met en évidence les risques qui ont été soulignés par le collectif "non au gaz de schiste". Elle rappelle aussi le cadre juridique qui s'applique : plusieurs étapes publiques devraient être franchies par des exploitants même pour lancer des recherches.

A vrai dire la terminologie de la loi manque de clarté puisque les "Permis de recherche" ne permettent en réalité pas les recherches mais garantissent seulement l'exclusivité du droit de recherche. L'exclusivité du droit de recherche qui concerne la canton de St Julien en Genevois tombera à l'échéance des 5 ans le 26 juin 2014.

La recherche de gaz de schiste doit faire l'objet d'une autorisation prise par arrêté préfectoral après étude d'impact, enquête publique et consultation des services, des maires et du président de la commission locale de l'eau. Le tout faisant l'objet d'une présentation au Conseil de l'Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques (CODERST) de Haute-Savoie. Aucune procédure de ce type n'est en cours en Haute-Savoie. Tous les habitants auront donc l'occasion de dire ce qu'ils pensent d'éventuellement permis auprès d'un commissaire enquêteur nommé par le pouvoir judiciaire avant que celui-ci ne remette ses conclusions, si d'aventure une entreprise voulait demander une autorisation.

Une éventuelle concession devrait faire l'objet d'une procédure similaire et une ouverture de travaux d'exploitation d'une nouvelle procédure similaire. Par ailleurs et pour rappel, le recours à la fracturation hydraulique est sanctionné d'un an d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende.

Bref, à ce jour, et même s'il faut toujours rester vigilant, on est pas prêt de voir du gaz de schiste dans le canton. Il faudra en revanche redoubler d'effort pour réduire les consommations d'énergie, le mitage des espaces naturels et agricoles et le recours à la géothermie, une énergie durable et stable. La mobilisation de tous sera nécessaire pour dire OUI au développement durable.

Vous pouvez télécharger la présentation à l'adresse suivante :

Gaz%20de%20schiste.pdf

PS : Les élections présidentielles sont désormais passées, Eva Joly a rassemblé 2,31% des voix au niveau national et 6,39% à Viry. La mobilisation contre le gaz de schiste à Viry a eu un effet électoral incontestable.

11/07/2012

Pour rendre les impôts locaux plus équitables dans la zone frontalière

Le maire de St Julien en Genevois dénonce souvent l'injustice des impôts locaux qui ne sont pas proportionnels au revenu. Ce n'est pas tout à fait correct car à mesure que le revenu augmente les surfaces et la qualité du bâti augmentent ce qui augmente la taxe foncière. Mais il est vrai que les impôts locaux sont peu progressifs. Cela pose un problème dans notre région où les collectivités vont devoir assumer les charges publiques d'une agglomération en forte croissance qui a besoin d'infrastructures importantes.

Les impôts vont augmenter dans les années à venir pour financer les trams, les logements sociaux, les bus, les pistes cyclables dont nous avons besoin. Il faut que ces impôts soient plus justes qu'ils ne le sont actuellement. Surtout dans une zone frontalière où les revenus frontaliers les plus élevés cotoient les revenus en euros les plus faibles.

Voilà quelques possibilités offertes par la loi, que le Maire de St Julien pourrait appliquer dès l'an prochain pour que les impôts locaux à St Julien soient plus adaptés à la situation particulière de la zone frontalière. S'il ne le fait pas nous vous proposeront de le faire lors des prochaines élections municipales de mars 2014.

1) Augmenter de 15% les impôts des résidents secondaires : il faut pour cela mettre en place à la fois un abattement général de 15% qui s'applique à tous les résidents principaux  mais pas aux résidents secondaires et augmenter les taux de 15%. Au total, les résidents principaux paieront le même montant de taxe d'habitation et les résidents secondaires paieront 15% de plus. A St Julien il y a 10,5% de "résidents secondaires". Une telle décision augmenterait les recettes municipales de taxe d'habitation d'environ 2% soit un gain de 54 000 euros par an environ. Cela ne compense certainement pas totalement le manque à gagner des faux secondaires, mais permet au minimum d'augmenter leur contribution communale de 100 euros par ménage environ.

2) Mettre en place les abattements spéciaux pour les personnes qui ont des revenus modestes : la loi permet aux communes de mettre en place des abattements de 1% à 15% pour les personnes qui ont des revenus en dessous de 9876 euros annuels (pour une part) ou 12513 euros annuel (pour une part et demi). Cet abattement qui permettrait de rendre la taxe d'habitation un peu plus progressive et d'exonérer partiellement les personnes qui ont des revenus en euros n'est pas mise en place à St Julien. Pour information dans le canton de St Julien, 10% des habitants ont des revenus inférieurs à 8697 euros annuels (source INSEE 2009).

3) Mettre en place les abattements spéciaux pour les personnes handicapées : la loi permet aux communes de mettre en place des abattements de 10% en faveur des personnes handicapées pour compenser les charges d'équipement de leur logement.

Dans le canton, seule la commune de Présilly a pris l'initiative de mettre en place des abattements en faveur des personnes à revenu modeste et des personnes handicapées. Un exemple à suivre pour que les charges locales croissantes de notre agglomération soient plus justement réparties.

4) Supprimer l'exonération de taxe foncière pour les propriétaires de nouvelles constructions : la loi prévoit que les propriétaires de nouvelles constructions sont exonérés de taxe foncière pendant les deux premières années. Une exonération qui a du sens ailleurs en France où une majorité de ménages ont accès à la propriété et les années d'installation sont particulièrement difficiles pour le budget familiale. Dans notre région seuls les habitants qui ont des revenus élevés ET un patrimoine ont les moyens de faire construire une maison ou d'acheter un logement neuf. Il est donc absurde de maintenir cette exonération dans la zone frontalière. C'est d'autant plus absurde que c'est précisément la forte croissance de la population qui rend nécessaire la construction de nouveaux équipements culturels, scolaires et sportifs. La plupart des communes du canton ont d'ailleurs supprimé cet abattement. Pas St Julien. La suppression de cette exonération rapporterai environ 160 000 euros en 2013 et en 2014 à St Julien tout particulièrement avec la livraison de plus de 500 logements à Chabloux. Une contribution modeste mais utile pour le financement de la nouvelle école de Chabloux qui a déjà un an de retard.

All the posts