02/06/2012

Proposition #10 : pour que les lois permettent aux frontaliers d'être soignés

21 propositions pour un député de terrain.jpgNous nous engageons pour que les lois permettent aussi aux travailleurs frontaliers d'être soignés librement au delà de 2014 et qu'ils aient l'assurance d'une retraite conforme à leurs versements.

Tôt ou tard, les accords billatéraux entreront définitivement en vigueur sans clause de sauvegarde. Ce jour là, l'exception de l'assurance privée finira par tomber et les frontaliers seront soumis au régime commun qui s'applique tant aux résidents suisses (LAMAL) qu'aux salariés en euros (cotisation sécu sur salaire). Si la LAMAL et la sécu coûtent chères c'est que 60% du coût est dû aux malades longues durée et en particulier les personnes âgées. Un coût élevé de solidarité auquel les frontaliers ont la chance d'échapper depuis plusieurs décennies car les assureurs privés n'assurent que des actifs qui sont moins malades et moins âgés que le reste de la population. Par des questionnaires de santé ou des augmentations de primes, ils réduisent la charge des malades longues durées et graves : ce système est moins cher quand on est frontalier et en bonne santé, c'est humainement dramatique lorsqu'on finit par être en mauvaise santé et qu'on a perdu son emploi en Suisse. 

En tant que candidat, on pourrait prétendre que ces échéances seront prolongées indéfiniment et que les frontaliers resteront les seuls habitants de Suisse et de France à ne pas participer à la solidarité santé avec les malades : ce serait mentir, ce serait malhonnête.. et d'ici quelques mois vous diriez "ces politiques sont tous des menteurs". On pourrait éviter le sujet comme d'autres candidats le font, mais ce serait perdre du temps pour avancer sur la question de l'accessibilité aux soins pour les frontaliers sur leur lieu de travail. On pourrait comme Claude Birraux et Martial Saddier ce matin envoyer un communiqué de presse pour dire qu'on a écrit une lettre au ministre pour lui demander de repousser l'échéance - en sachant la vanité d'un tel courrier et l'intérêt électoral d'entretenir les fausses illusions. Je préfère l'honnêteté, la franchise et la sincérité. A vous revient la liberté de choisir le parfum suave des mensonges et des lendemains qui déchantent, ou la vérité qui permet de construire l'avenir. A vous revient la liberté, et la responsabilité.

Je pourrai aussi défendre l'intérêt des assureurs privés si j'avais un conflit d'intérêt. Mais ils savent, comme tout le monde, depuis plus de 10 ans que cette échéance arrive. Les bons professionnels se sont préparés et se sont diversifiés. Les autres font un vain lobbying pour repousser l'échéance. Mais je ne suis pas là pour représenter les intérêts des assureurs privés mais l'intérêt général tant des habitants que des frontaliers.

L'intérêt des habitants c'est que tous participent équitablement à la solidarité avec les malades car nous serons TOUS un jour vieux et malades et ce jour-là nous aurons, nous aussi, besoin de solidarité. Puisque tôt ou tard, les frontaliers paieront leur assurance maladie aussi cher que tous les autres habitants, il faut impérativement qu'ils puissent être soignés comme les autres. Ce n'est pas ce qui est prévu aujourd'hui et il y aura besoin d'un sacré travail de terrain pour que ce soit le cas.

Il faut un député de terrain efficace et pertinent pour que les frontaliers puissent à l'échéance du droit d'option être soignés sur leur lieu de travail. Rien n'est prévu à ce jour et si votre député n'est pas efficace ou perd du temps sur des combats illusoires, les frontaliers devront pendant leurs heures de travail revenir à Annemasse ou St Julien pour un RDV de dentiste ou de généraliste. Il faut qu'ils puissent être soignés aussi le soir et le week end dans les filières de soin français. Ce n'est pas le cas aujourd'hui car les hôpitaux et les médecins seront totalement débordés lorsque, à l'échéance du droit d'option, ils devront du jour au lendemain prendre soin de 70 000 habitants supplémentaires. Nous avons besoin d'un député de terrain pour continuer de tirer toutes les sonnettes d'alarme auprès des responsables de la santé. Il faudra qu'il y ait suffisament de médecins de ville : nous en avons trop peu déjà aujourd'hui et nous en aurons encore moins lorsque ces derniers ne pourront plus facturer plus cher les frontaliers qui seront passés à la CMU. De toute évidence, les pouvoirs publics français ne sont pas préparés à assumer l'échéance de 2014.

L'une des solutions possibles c'est une réouverture du droit d'option entre LAMAL et CMU afin que les frontaliers participent comme tous les autres habitants à une solidarité nationale, soit la Suisse (LAMAL) soit la Française (CMU). Cela aura l'avantage de mieux répartir les 70 000 frontaliers sur les deux systèmes de soin pour éviter la saturation de l'un ou de l'autre.

Nous devons aussi travailler à permettre aux frontaliers de pouvoir rappatrier leur capital retraite pour toucher une rente durable pour leurs vieux jours en évitant les risques de change. Cela nécessite là aussi un travail de terrain efficace et pertinent, libéré des influences partisanes.

Retrouvez ici nos 31 propositions dans notre dépliant téléchargeable et partagez-le avec votre entourage.

PS : pour rappel, à titre d'exemple un homme célibataire de 40 ans paie les montants suivants pour son assurance maladie :

  1. s'il est résident en Suisse : environ 450 francs suisses par mois pour une assurance individuelle
  2. s'il est frontalier assuré en assurance privée : 130 euros seulement pour une assurance individuelle
  3. s'il est résident en France et salarié en euro : environ 13,5% de son revenu pour une assurance familiale et assurance perte de gain incluse
  4. demain s'il est frontalier assuré à la CMU : environ 8% de son revenu pour une assurance familiale

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