22/03/2012

Le financement de la partie française du CEVA

Lors du lancement des travaux du CEVA à l'automne dernier, Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes avait re-re-re-re-re-confirmé, au nom des collectivités locales et de l'Etat, que la partie française financerait ses engagements y compris les augmentations de prix.

Tous les cofinanceurs ont confirmé qu'ils augmenteraient leurs contributions proportionnellement à l'actualisation des prix de la construction : cela représente plus des deux tiers de l'augmentation de prix et 85% du coût total. Il y a encore quelques surcoûts liés à des aménagements supplémentaires dans les gares, sur les aiguillages et sur les quais. La répartition de ces surcoûts est en cours de discussion entre les collectivités locales. Un travail de vérification sur l'origine de ces coûts supplémentaires est en cours pour déterminer la répartition des financements : s'il s'agit de mauvaises évaluations techniques alors les responsables techniques devront en répondre et les collectivités qui les emploient l'assumer, s'il s'agit de demandes supplémentaires de l'un des partenaires alors les demandeurs devront être les payeurs. Le tour de table financier sera bouclé lorsque l'origine des surcoûts sera clarifiée. L'Etat français qui devrait être moteur dans le tour de table y met à peu près autant de bonne volonté que Genève à construire des logements, mais peu importe si l'Etat se marginalise, la région Rhône-Alpes et le département de la Haute-Savoie avancent. Notamment avec les efforts de Christian Dupessey et Jean Jack Queyranne à la région et de Christian Monteil au département.

A titre personnel, j'ai honte des délais que mettent les partenaires français à clarifier comment ils vont se répartir leur engagement commun : encore une preuve de l'utilité la simplification administrative. Le dossier n'a pas beaucoup avancé depuis un an. Mais pour autant, l'engagement est rappelé à chaque occasion... et les travaux sur la partie française du tracé ne doivent de toute façon pas démarrer avant plusieurs années. On ne peut pas mettre sur un même plan l'absence de construction de 7000 logements depuis 5 ans et l'absence de clarté sur les modalités du tour de table pour un financement de travaux qui commenceront dans plusieurs années. Dans un cas on parle de 14 000 Genevois chassés du canton et autant d'habitants du Genevois français chassés de leurs communes, soit 28000 pendulaires supplémentaires et dans l'autre on parle de l'inconfort insupportable de ne pas connaitre déjà dans le nanocosme politique genevois le tour de table de la partie française pour des travaux qui commenceront dans 2 ou 3 ans !?!  Dans un cas on parle de nuisances massives pour des milliers d'habitants depuis plusieurs années et pour plusieurs décennies, dans l'autre on parle d'un inconfort intellectuel théorique pour les populistes genevois qui se sont opposés au CEVA voulu par la majorité des habitants. Dans un cas on parle d'un aménagement absurde qui réduit à néant l'impact d'amélioration de la qualité de vie et de la mobilité des habitants apporté par le CEVA, dans l'autre on parle de rien. Dans un cas on parle d'un aménagement absurde de notre région qui réduit à néant l'utilité publique des 2 milliards de CHF investit sur le CEVA par les partenaires français et suisses, un aménagement qui crée plus de pendulaires supplémentaires que le CEVA ne pourra en transporter, de l'autre on parle de modalités pratiques entre partenaires français.

Les engagements financiers sur le CEVA ont été pris par les partenaires français. Les engagements pris seront tenus comme doivent l'être les engagements de construction de logements au coeur de notre agglomération. En revanche, pour l'avenir, la collaboration sur les transports en commun transfrontaliers ne peut se poursuivre que si la construction de logements au coeur de notre agglomération rattrape son retard en passant la seconde vitesse, la troisième, la quatrième puis la cinquième. Cela suppose que les communes genevoises commencent à se montrer corresponsables de notre avenir commun, que les partis politiques genevois assument leurs responsabilités et expliquent publiquement à leurs électeurs respectifs l'urgence qu'il y a à construire des logements pour les Genevois, pour l'environnement, pour l'économie comme pour mettre fin à la spéculation immobilière. Que les élus genevois attachent autant d'importance à la date de livraison des logements qu'à leurs caractéristiques.

Sur les logements à Genève on a accumulé 30 ans de retard et les habitants en subissent les conséquences, sur le financement français du CEVA on est en train de perdre 2 ans d'avance et il n'y a aucune incidence sur la vie des habitants !

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