15/02/2012

L'Hôpital Universitaire de Genève (HUG) viole les accords de libre circulation

A ce jour environ 6% des frontaliers genevois travaillent pour un seul et unique employeur : l'hôpital cantonal de Genève ! A ma connaissance ils sont près de 4500 actifs de toutes nationalités dont environ 600 suisses, à travailler aux HUG et à résider en France... en réalité plutôt 5000 si on y ajoute les environs 600 collaborateurs suisses qui résident en France en ayant officiellement une résidence principale à Genève. Sur les 8557 collaborateurs cela fait près de 60% qui résident en France ! C'est énorme... comme dans toutes les professions où il y a pénurie. Le problème c'est qu'un Genevois qui souhaite payer un loyer à Genève n'a pas intérêt à être aide soignant, conducteur de bus, policier ou enseignant.

Le jour même où l'UDC annoncait avoir récolté les signatures nécessaires contre les billatérales, les HUG proposait de donner la priorité aux Suisses plutôt qu'aux frontaliers dans les recrutements à compétences égales. Vu que les compétences égales ça existe en mathématique mais pas en ressources humaines, cela signifie clairement que le Directeur place la nationalité au dessus de la compétence lorsqu'il recrute les cadres de direction. Discrimination interdite par les accords de libre circulation. Une évolution plutôt inquiétante pour les patients des HUG. Une évolution inquiétante pour les collaborateurs des hôpitaux qui rejoindront peut être le flux grandissants de frontaliers qui commencent à préférer gagner moins mais être traités en être humain "libres et égaux en droits", plutôt que de subir ces vexations, ces jalousies, ces discriminations, ces pneus crevés dans certaines entreprises. Des vexations qui étaient marginales il y a quelques années et qui sont maintenant reprises à leur compte par des conseillers d'état et des directeurs d'hôpitaux.. et même parfois par des socialistes.

Si nous nous contentions de regarder les choses à court terme, nombre d'élus locaux, du Genevois français se réjouiraient en silence de la décision des HUG. 5000 professionnels de santé discriminés aux HUG, voilà qui va permettre à la filière de soin française de bénéficier à nouveau de ces 5000 professionels formés en France gratuitement au service de Genève. On parlera ensuite de concurrence fiscale pour qualifier le dumping fiscal Suisse au détriment des pays qui forment le personnel soignant. Car la situation est dramatique dans le domaine de la santé. La pénurie est mondiale. Les adolescents préfèrent se constituer des books de photos pour devenir mannequin au chômage plutôt que de suivre les filières d'enseignement à la santé pour un emploi à vie garantie, à aider les autres. Mais dans notre région la pénurie est telle que nous avons du fermer des lits à la maison de retraite de St Julien et renvoyer 30 personnes âgées dépendantes dans leurs familles.. faute de personnel.. et alors que les locaux sont là. Oui, les élus français demandent depuis longtemps que l'hôpital cantonal cesse de débaucher dans les hôpitaux frontaliers. Que le canton de Genève cesse de débaucher dans les administrations avec lesquelles elle concoit le projet d'agglomération. Mais il s'agit là simplement de mode de fonctionnement propre à une agglomération qui a besoin de fonctionner pas de la généralisation d'un processus discriminatoire.

La discrimination généralisée ne règle rien à long terme. Essayer de régler nos problèmes par des discriminations serait totalement contre productif sur l'efficacité de nos services publics, sur la cohésion de notre agglomération binationale. Des solutions simplistes et totalement innefficaces. Accessoirement cela ne changerait rien à nos problèmes de logements et de mobilité... car les Valaisans et Vaudois qui travaillent à Genève ont aussi besoin de s'y loger et sont obligés de le faire loin des réseaux de bus.

Ce qui me frappe, c'est que cette proposition apparait le jour même du dépôt par l'UDC des signatures contre la libre circulation. De toute évidence il y a un malaise en Suisse. Un malaise légitime.. et à vrai dire totalement partagé à Bruxelles. L'afflux de population est massif.. et l'exode de Suisse en France tout autant. Les Suisses peuvent effectivement accuser à tort les accords de libre circulation, et jeter à la poubelle ce qui a contribué à générer toute la croissance économique du pays ces 15 dernières années. Pour ma part, le diagnostic est claire, le problème vient surtout de la conjonction de l'entrée en vigueur des billatérales.. alors que les discriminations sur la fiscalité des entreprises étrangères perduraient. Lorqu'il y avait des quotas, la Suisse avait un outil pour maitriser son attractivité. Aujourd'hui elle est la première victime d'une attractivité fiscale excessive dans un environnement ouvert. Elle en subit les conséquences. Bruxelles veut mettre un terme à cette concurrence fiscale déloyale qui propose aux entreprises européennes des taux de fiscalité inférieurs à ce qui est imposé aux entreprises suisses. Les négociations trainent. Le paradoxe c'est qu'il faudrait qu'elles aboutissent immédiatement si la Suisse ne veut pas que le peuple rejette en bloc toute la voie billatérale.

Commentaires

On se calme un peu cher Monsieur.
Il en aucun cas question des postes d'infirmières ou autre personnel soignant, mais des postes de cadres responsables d'unités de soins.

Écrit par : bob | 15/02/2012

Je vous assure être aussi calme que déterminé.. le fait qu'il ne s'agisse que de cadre de direction ne change rien sur le principe discriminatoire qui n'est pas vraiment pertinent dans notre agglomération transfrontalière.. même s'il serait bienvenue effectivement que l'hôpital cantonal ne cible pas tous ses recrutements dans les hôpitaux de l'agglomération.
Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 15/02/2012

De toutes les facons GRUSON aura du mal à les trouver ces purs genevois aptes à postuler à des postes de direction. La qualité de la formation assurée par le DIP ne déparre pas avec la qualité de la politique genevoise du logement. Pour l'instant Beer est bien au calme, mais je ne vois pas tant de différence en matière de résultats en comparaison de ceux du projet d'agglo. La seule mesure publique en la matière est le classement Pisa qui montre bien dans quelle mozarelle patauge les collèges et cycles genevois.

Jusqu'à preuve du contraire les multinationales ne sont pas venues pour recruter du directeur genevois, sinon ça se saurait.

Écrit par : Cedric de Merteuil | 15/02/2012

Les postes d'unité de soins sont des postes dits ICUS qui signifie Infirmières Chef Unité de Soins, ce sont bien des infirmières !? Elles sont elles-mêmes infirmières soignantes et répondent seulement de l'organisation de l'équipe et de sa cohésion au niveau délicat de répartition des tâches et... horaires, ainsi que des relations avec les cadres médicaux.

Écrit par : Damataire | 15/02/2012

Bonsoir Antoine,

" l'attractivité fiscale excessive " ?

L'attractivité fiscale d'où viendrait tout le mal ne joue qu'un rôle marginal dans ce contexte.

Non, le véritable problème, dont on ne voit pour l'instant que les prémisses d'un clasch annoncé - j'en ai bien peur - réside dans l'insolente prospérité économique de Genève adossée à un bassin de main-d'oeuvre disponible et formée, une région susceptible de lui fournir à profusion ce dont elle a besoin et dont elle manque cruellement, notamment un arrière-pays et de l'habitat. Le problème résulte d'un déséquilibre économique entre Genève et le genevois français, mais la fiscalité "dérogatoire" comme vous aimez à la nommer, ne joue ici qu'un rôle secondaire.

Dans de telles conditions, comment voulez-vous qu'il n'y ait pas de problèmes entre deux partenaires, Genève et la France voisine, - oui, je sais que vous n'aimez pas cette expression, mais je n'ai rien trouvé de mieux - qui vivent sous deux juridictions totalement différentes, deux régions qui se complètent économiquement mais dont les relations entre résidents se tendent au fil des mois du fait de méconnaissances et d'incompréhensions réciproques ?

Méconnaissance des institutions, méconnaissance des cursus de formations professionnelles, méconnaissance du droit du travail, méconnaissance des prestations sociales, méconnaissance de la fiscalité, du coût de la vie, de la culture, de la géographie, etc.

Bien sûr qu'il faudrait construire de l'habitat à Genève et développer l'emploi dans le Genevois français - c'est votre cheval de bataille - ceci afin d'équilibrer un peu mieux le bien-être et les nuisances, mais le problème bute toujours sur les interfaces institutionnelles que sont la fiscalité, le droit du travail, bref la législation en général. Or il serait illusoire dans ce domaine d'attendre une convergence au cours de ces prochains mois. Il faut donc s'adapter tant bien que mal, plutôt mal que bien, car les frictions entre résidents genevois et frontaliers risquent fort de s'aggraver entre les laissés-pour-compte de part et d'autre de la frontière, une frontière l'on souhaiterait virtuelle, mais qui est bien réelle.

Ce qui m'inquiète le plus en tant que Genevois résidant à Genève, c'est de constater que les incidents tels que celui qui nourrit votre billet, se produisent de plus en plus fréquemment. Car même si elle est en soi formellement critiquable, la mise au point de M. Gruson n'en reflète pas moins une véritable préoccupation qui devrait faire réfléchir nos autorités sur la vulnérabilité et la pérennité de certains secteurs stratégiques (HUG, TPG, etc.) dans lesquels les emplois sont majoritairement occupés par des frontaliers. Je ne suis pas sûr que l'on en ait mesuré toutes les conséquences et les risques potentiels, dans l'hypothèse, toujours possible, d'un conflit sur la poursuite des relations entre la Suisse et l'UE.
Le Conseil d'Etat a-t-il procédé à une telle analyse de risques ?

Bien à vous !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 15/02/2012

@Jean d'Hotaux : L'attractivité fiscale n'a rien à voir avec l'hôpital de toute évidence, je suis bien d'accord avec vous. En revanche l'attractivité fiscale à avoir avec le déséquilibre entre la production annuelle de 1200 logements par an sur le canton et les besoins croissants lié à l'afflux de 15 000 nouveaux habitants. Le tout se traduit par une hyperinflation immobilière qui font que seuls des aides soignants frontaliers peuvent encore avoir un pouvoir d'achat décent. Le lien est ici indirect. Mais le problème est le même pour toutes les professions intermédiaires. Contrairement au rève de tous les responsables des finances publiques du canton, un canton ne peut pas vivre seulement avec des banquiers, des forfaits fiscaux, des traders et des expatriés.. c'est très bien pour les finances cantonales.. mais un canton a aussi besoin d'enseignants, d'aides soignants, de policiers, de maçons.. qui eux n'ont plus les moyens de vivre à Genève.

Il y a une idée aussi fausse que répandue à Genève : il serait impossible de créer des emplois dans le Genevois français. A nouveau détrompez vous : c'est l'une des régions de France où il se crée le plus d'emplois. La croissance des emplois est aussi forte que la croissance démographique.. la seule chose que le freine, c'est que les salariés ne peuvent plus se loger. Les collaborateurs qui travaillent à Archamps vivent à 20km de là.. et parfois plus.

La solution est simple :
1) une imposition équitable entre les entreprises locales et les entreprises étrangères qui fonde le développement économique non pas sur l'attractivité fiscale visant à déplacer des emplois mais sur le développement de l'économie locale. Cette mesure permettra de réduire le flux de 15 000 nouveaux habitants par an. Il suffira de maintenir des taux compétitifs pour que les entreprises présentes restent, mais que les nouvelles cesse d'affluer.
2) doubler la production de logements dans le canton pour rattraper les 20 ans de retard.
=> cela conduira à la fin de la spéculation, une amélioration du pouvoir d'achat des professions intermédiaires et leur retour dans l'agglo.
=> cela permettra aux habitants d'avoir à nouveau les moyens de vivre à proximité des réseaux de transport et réduira le traffic automobile dans l'agglomération
=> cela réduira la consommation d'énergie tant pour les transports que pour le chauffage (habitat collectif plutot qu'individuel).
=> cela permettra aux salariés des entreprises françaises de se loger à des prix raisonnables et d'avoir un pouvoir d'achat décent.

Bref, la solution existe. Elle est écrite sur le papier. IL s'agit du projet d'agglomération.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 16/02/2012

Vous avez raison, Jean, notre ami Antoine est un peu excessif, comme à son habitude. Genève et le Genevois bénéficient d'une attractivité tout court, née de de leur bonne santé économique, de l'emploi abondant, des lois sur le travail helvétiques et de la force des salaires qui en découlent. L'attractivité fiscale, ce n'est que la cerise sur le gâteau.
De même que le problème du prix des loyers dans le Genevois est certes influencé par Genève, mais découle aussi d'une bulle immobilière hexagonale: le niveau des prix a augmenté de 160% dans toute la France depuis 1998 ! la crise est partout, mais ici, certains se contentent de pointer uniquement la proximité de Genève, qui n'explique pas pourquoi Annecy est plus chère que Saint-Julien !
Antoine est malheureusement un peu le pendant savoyard du MCG et l'on voit où ça mène: aux pires excès de langage. Pour commencer, car lorsqu'on lit ce qui s'écrit dans les commentaires de la TdG sur cette affaire, on se demande surtout où cela va s'arrêter ! Et j'aimerais vous lire sur ce sujet.
La dépendance de certains secteurs aux frontaliers n'a jamais été un réel problème: je me souviens d'un temps, il y a 35 ans, où quasi tous les typographes de la TdG étaient frontaliers. Et alors ?
En 1938, la frontière était presque inexistante, en tout cas bien moins présente qu'aujourd'hui, malgré les récentes améliorations dans ce domaine. Les trams, les paysans, les commerçants, les genevois et les zoniens la passaient tous les jours. C'est la guerre de 39 et l'occupation allemande qui l'ont fermée, donnant aux gens de mauvaises habitudes d'isolement.
Si d'aventure il fallait redresser les toblerones et les barbelés aux frontières, on ferait avec. Mais ce serait une catastrophe, d'abord économique bien sûr, pour les deux côtés de la frontière. La vraie question à poser serait celle-là: quelle serait la conséquence économique d'un retrait des frontaliers ou d'une renaissance de la frontière, en terme de recul du PIB cantonal? Donc en termes de recettes fiscales en baisse, de chômage en hausse, de drames humains pour les gens transbahutés d'un pays à l'autre, d'un système de droit à l'autre (car on passe un peu vite sur les 60 000 suisses de l'Ain et de la Haute-Savoie dans cette affaire).
Combien ça coûterait de se faire plaisir et de s'emmurer à nouveau derrière nos fortifications vertes ? Cher, très cher, très certainement. Certainement beaucoup plus que de trouver rapidement une solution pour la part de la population active qui constitue le problème, à savoir les chômeurs de longue durée, qui sont entre 1 et 2% selon que l'on y ajoute ou pas certaines personnes prises en charge par les services sociaux.
Soit quelques 5 000 personnes. Qui sont de toute manière indemnisées ou prises en charge. En période de crise, ne pourrait-on imaginer leur trouver un emploi quitte à le créer ? Quelque chose qui soit utile à la collectivité et payé correctement. Cela coûterait 300 millions par an, moins tout ce qui est d'ores et déjà dépensé en indemnités et prises en charge diverses. Resterait environ 100 millions de dépense vraiment nouvelle. Qu'est-ce que l'on pourrait bien construire ou fabriquer pour ce prix là, qui soit à la portée de gens majoritairement sans qualifications et souvent déshabitués du travail ?

Écrit par : Philippe Souaille | 16/02/2012

Une petite inexactitude, monsieur Gruson parle de résidants genevois et non de Suisses.
Mon souci, et je vous l'ai souvent soumis, c'est que la France (en particulier Paris) s'en fout du projet d'agglo.
La France n'aime pas la Suisse (je parle de la France officielle).
Vous voulez des emplois, mais tant que vous continurez à travailler 35 heures,à avoir des lois tellement compliquées que même le ONG préfèrent payer des loyers exorbitants à Genève que de s'intaller chez vous, rien ne changera.
Lorsque monsieur Bayrou est venu en France voisinne, pourquoi ne l'avez-vous pas fait rencontrer des genevois et discuter de ce projet que je tiens pour novateur et précurseur.
Même chose pour Hollande, même chose pour Sarkosy.
Il faut nettoyer devant sa porte avant de faire la leçon aux autres.
Je ne suis pas sûr que je puisse trouver une emploi de cadre dans un hôpital français.
Je ne suis pas sûr que je puisse devenir professeur dans une université.
La préférence nationale est bien plus forte chez vous.

Écrit par : Bertrand Buchs | 16/02/2012

@Philippe : Ce qui est excessif est insignifiant, tu me permettra de ne pas répondre sur le fond à ton commentaire excessif. Et si tu juges mes notes excessives alors juge les insignifiantes, mais j'observe que tu les commentes tout de même.

@Bertrand Buchs : Merci pour la précision. Mais alors dites moi est-ce que les Genevois chassé du canton de Genève faute de logements - et en particulier ceux qui sont contraints de vivre à plus de 100km seront aussi discriminés ?

Pour ce qui est des barrières à l'emploi, je reconnais là le mythe le plus partagé à Genève. Il serait bien qu'un jour les responsables genevois se documentent sur cette question de l'emploi comme je le fais sur celle du logement. Nous pourrions alors avoir des échanges interessants fondés sur des faits plutôt que des images d'épinal. Vous vous apercervriez que a) le Genevois français est l'un des territoires de France où la création d'emploi est la plus dynamique, strictement dynamique que l'absurde croissance démographique (+30% d'emplois et d'habitants en 10 ans). b) que le taux de chômage est très similaires entre le Genevois français et Genève : les frontaliers ne travaillent pas à Genève faute d'emplois en France, mais tout simplement de plus en plus parce que lorsque les loyers deviennent genevois, il faut des salaires genevois pour payer de tels loyers. Le résultat c'est que les emplois créé dans le genevois français sont occupés de plus en plus par des personnes contraintes d'aller se loger à 20,30,50km. Une situation absurde qui contribue à l'engorgement général de l'agglomération.

Concernant le projet d'agglomération, franchement, un candidat aux présidentielles à vraiment d'autres sujets plus brulants et vous en soulignez très justement quelques uns dans votre commentaires. Aucun candidat aux présidentielles ne va faire la tourner des projets de toutes les agglomérations du pays. Il me semble qu'avant de demander qu'un candidat aux présidentielles ne s'intéresse au projet d'agglo, il serait bien que les Maires du canton de Genève en prenne connaissance avant d'émettre des avis négatifs sur un plan directeur cantonal qui en est une application très modeste.

Pour ce qui est de trouver un emplois de cadre à l'hôpital : chiche ? essayez. Je veux bien vous aider le cas échéant. Concernant la préférence nationale, je veux bien répondre sur des éléments précis.

Dans notre agglomération binationale, instaurer la préférence nationale revient à créer des ghettos, des ségrégations, des oppositions.

Jamais j'oserai énoncer de telles propositions concernant le droit d'acquérir un logement en France : je dénonce l'insuffisance de la production de logements par le canton de Genève mais au contraire, je prends bien soin de défendre les Genevois contraints de se loger en France en raison de politiques publiques absurdes et incohérentes. Une position aussi responsable de la part d'élus genevois concernant la proportion de frontaliers à l'hôpital consisterai à réaliser des investissements importants sur l'attractivité des formations de santé à Genève, plutôt que de s'en prendre aux personnes.

Concernant les relations bilatérales entre la France et la Suisse, si vous souhaitez comme moi oeuvrer à une meilleure entente, je vous recommande de prendre position sur les forfaits fiscaux attribué généreusement aux contribuables français, sur la complicité de fraude fiscale contre la France et les autres pays érigée en industrie nationale, ou sur les lois fiscales qui fixent des taux d'imposition inférieures aux multinationales venues de l'étranger pour l'essentiel par rapport aux entreprises locales. Je suis sûr que lorsque ce différend fiscal qui porte sur des dizaines de milliards par an sera rêglé, les relations seront beaucoup plus chaleureuses.
Cordialement,

Antoine

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 16/02/2012

Je ne partage pas les propos de monsieur GRUSON.
Pour moi le mot de frontalier m'indispose.
Nous habitons tous la même région : le Genevois et si Geneve était restée catholique la question ne se poserait pas pas.
Par contre je maintiens mes autres remarques.
Arrêtez de nous fatiguer avec la fraude fiscale.
Posez-vous la question du pourquoi ?
la vitalité de la Suisse ne repose pas sur la question de la fiscalité, mais sur la qualité du travail et la formation.
Vous pouvez faire la même chose. Qu'attendez-vous ?

Écrit par : Bertrand Buchs | 16/02/2012

@Bertrand Bush: rassurez vous vous pourrez trouver un emploi sans difficulté dans un hôpital ou une université française (http://vosdroits.service-public.fr/F13272.xhtml) pas de préférence nationale! encore faut-il accepter d'être payer au tarif d'un fonctionnaire français... je doute que les condaidats soient nombreux... à juste titre d'ailleurs!

matthieu

Écrit par : matthieu | 16/02/2012

@ Antoine :

Merci de votre réponse !

Certes le Genevois français est une région prospère, relativement à la moyenne française, mais bon nombre d'emplois qui y sont créés sont des emplois induits par la proximité de Genève : surfaces commerciales, artisanat, hôtellerie, "Vitam'sParc" à Neydens, etc. Contrairement à ce que vous affirmez, ce ne sont pas les problèmes de logement qui freinent l'emploi, mais avant tout les conditions-cadre : droit du travail, fiscalité, stabilité institutionnelle, aménagements publics, etc.

Quant au projet d'agglomération, il bute sur les interfaces institutionnelles que j'ai invoquées plus haut. En ce sens, je partage les propos de Bertrand Buchs, non seulement Paris se fout royalement du projet d'agglomération, mais même à Annecy on s'en fout, demandez donc à Accoyer ce qu'il en pense !

L'image de la Suisse en France est mauvaise, elle est snobée et ce n'est un secret pour personne, mais cette image relève malheureusement bien souvent de poncifs, de clichés que l'on entend en boucle sur les médias de l'Hexagone, lesquels à défaut d'apprendre à connaître et à étudier le fonctionnement des institutions helvétiques, certes complexes, préfèrent se complaire dans la facilité et le sensationnel. Ce n'est pas ainsi que nous pourrons progresser. Malheureusement !

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/02/2012

@ Philippe Souaille,

Oui, je sais que vous avez commis un billet traitant du même sujet sur votre blog et, infidélité oblige ;o), j'ai posté mon commentaire ici sur le blog de la concurrence ...

Mais soyez sûr que je vous ai lu :

" Pour commencer, car lorsqu'on lit ce qui s'écrit dans les commentaires de la TdG sur cette affaire, on se demande surtout où cela va s'arrêter ! Et j'aimerais vous lire sur ce sujet. "

Je ferai un passage chez vous pour intervenir.

Je dirais juste en préambule que l'évolution de la situation, je parle des relations humaines transfrontalières, commencent à m'inquiéter et c'est pourquoi j'ai évoqué "la vulnérabilité et la pérennité de certains secteurs stratégiques du secteur public genevois dans lesquels les emplois sont majoritairement occupés par des frontaliers". Cela me préoccupe dans la perspective des futures négociations entre la Suisse et l'UE d'une part, par rapport aux coups de boutoir donnés par l'UDC aux accords bilatéraux d'autres part, mais également de propos d'illuminés lus sur les médias français.

Il faudrait être fou pour imaginer que l'on puisse comme ça boucler hermétiquement la frontière, tant l'interdépendance est grande entre Genève et la France - mais ces propos valent également pour d'autres régions frontalières -, cependant certains y pensent et pas seulement en Suisse, si vous parcourez un peu les blogs français.

Mais gouverner c'est prévoir, c'est pourquoi un tel scénario devrait être étudié et analysé par nos autorités politiques. C'est dans ce sens que j'interprète les propos de Bernard Gruson qui ne sont qu'un pis-aller à une situation qui se dégrade. Pour s'en rendre compte, il suffit de lire les propos haineux rédigés par certains commentateurs en relation avec l'article de la TdG, comme vous le relevez dans votre blog.
La situation est urgente, il faut agir !

Excusez-moi d'avoir "changé de crémerie" pour réagir à vos propos.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 16/02/2012

Vous tirez dans le même sens que le patron des HUG Antoine, mais vous en rendez vous seulement compte ?
Les accords fiscaux qui vous dérangent tant ne semblaient pas vous émouvoir plus que celà à l'époque où ils vous nourissaient.
Et que compte faire Bruxelle pour les pays qui la concerne directement (irlande, hongrie, lituanie, lettonie) ???

Écrit par : eric | 16/02/2012

M. Bruson dit, enfin, tout haut ce que la majorité des genevois pense tout bas ! Ras-le-bol des frontaliers qui squattent les places de parkings, qui refusent de se déplacer avec les TPG (alors que c'est des ex-RATP qui ont pondu le nouveau réseau), qui pense faire la pluie et le beau temps dans les entreprises qui les emploient. Si la décision de M. Bruson ne leur convient pas, qu'ils aillent bosser à l'hôpital de St.-Julien où il manque du personnel ! Les salaires ? Logique pour 35 heures de présence (et non pas de travail).

Écrit par : Ibesh Tasheur | 16/02/2012

Messieurs GRUSON et UNGER, si vous trouvez un ou deux cadres genevois de valeur, s'il vous plait réservez le pour le conseil d'état, mettez d'urgence une option sur lui, il y a deux trois personnes dont le remplacement devient urgent et on aimerait bien de na pas y voir un zozo du MCG ou de l'UDC au contraire de leurs alliés respectifs.

Écrit par : Paul Mahé | 17/02/2012

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